Skip to main content

Full text of "Bulletin Societe D'Histoire Naturelle de Toulouse (et de Midi Pyrenees)."

See other formats


r _r 



SOCIETE 




D'HISTOIRE NATURELLE 



DE TOULOUSE 



ONZIEME ANNÉE. — 1876-1877 



BULLETIN 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE BONNAL ET GIBRAC 

BDE SilNT-ROME, 44 

1877 




BULLETIN 



DE LA 



SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 



DE TOULOUSE. 



r" *"/ — " 



BULLETIN 



DE I\ 



r r 



SOCIETE 



D'HISTOIRE NATURELLE 



DE TOULOUSE 



ONZIEME ANNÉE. — 1876-1877 



.. ■-- 






TOULOUSE 

TYPOGRAPHIE DE BONNAL ET GIBRAG. 

RUE SAINT-ROME, 44. 



1876-1877 



- 5 — 

ÉTAT 

DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 
DE TOULOUSE. 
15 Février 1877. 

IHembres nés. 

M. le Préfet du département de la Haute-Garonne. 

M. le Maire de Toulouse. 

M. le Recteur de l'Académie de Toulouse. 

Membres honoraires. 

MM. 

1866 D r Clos, Directeur du Jardin des Plantes, 3, Jardin-Royal, Toulouse. 

— E. Dulàurier & , Membre de l'Institut, Professeur à l'Ecole des 

Langues orientales vivantes, 27, rue Nicolo, Paris. 

— D r N. Joly ifr, Professeur à la Faculté des sciences, membre 

correspondant de l'Institut, 23, quai de Brienne, Toulouse. 

— D r J.-B. Noulet $s Directeur du Musée d'histoire naturelle, 14, 

rue du Lycée, Toulouse. 

— Lavocat $s Directeur de l'Ecole vétérinaire, Toulouse. 

1868 Daguin $s Professeur à la Faculté des sciences, 44, rue Saint - 
Joseph, Toulouse. 

— D l " Léon Soubeyran, Professeur à l'École supérieure de pharmacie 

de Montpellier. 

1872 L'abbé D. Dupuy $f, Professeur au Petil-Séminaire, Auch (Gers). 

— Paul de Rouville ft , Prof, à la Faculté des sciences, Montpellier 

(Hérault). 

1873 Emile Blanchard 0. $s membre de l'Institut, Professeur au 

Muséum. Paris. 
1 875 Delesse $* , Ingénieur en chef des mines, Professeur de géologie 
à l'Ecole Normale, rue Madame, 37, Paris. 

membres titulaires. 

Fondateurs. 

MM. D'Aubuisson (Auguste), 1 , rue du Calvaire, Toulouse. 
Bonnal (Edmond), 44, rue Saint-Rome, Toulouse. 



— 6 — 

MM. Cartailhac (Emile), directeur des Matériaux pour VHistoire de 
l'Homme, 5, rue de la Chaîne, Toulouse. 
Chalande (J. -François), 1 1, rue des Paradoux, Toulouse. 
Fouque (Charles), 29, rue de la Pomme, Toulouse. 
D r Félix Garrigou, 38, rue Valade, Toulouse. 
Lacroix (Adrien), 20, rue Peyrolières, Toulouse. 
Marquet (Charles), U, rue Saint-Joseph, Toulouse. 
De Montlezun (Armand), Menville par Lévignac-sur-Save(H.-G.). 
Trutat (Eugène), Conservateur du Musée d'histoire naturelle, rue 
des Prêtres, 3, Toulouse. 

MM. 

4 866 Colonel Belleville (Eugène) , #s 28, rue Saint-Rome, Toulouse. 

— Bordenave (Auguste), Chirur. -dentiste, 1 , rue du Taur, Toulouse. 

— Calmels (Henri), propriétaire à Carbonne (H. -G.). 

— Lassère (Raymond) #, capitaine d'artillerie en ret., 9, rue Mata- 

biau, Toulouse. 

— De Malafosse (Louis), château des Varennes, près ïîaziége (H. -G.). 

— De Planet (Edmond), Ingénieur civil, 46, rue des Amidonniers, 

Toulouse. 

— Regnault (Félix), 28, rue des Balances, Toulouse. 

— Rozy (Henri), Professeur à la Faculté de Droit, 10, rue Saint- 

Antoine-du-T. Toulouse. 

1867 De Constant-Bonneval (Hippolyte), 18, rue des Arts, Toulouse. 

— D' Thomas (Philadelphe), Gaillac (Tarn). 

1868 Gantier (Antoine), Château de Picayne, près Cazères (H. -G.), et 

grande rue Nazareth, 9, Toulouse. 

— Comte de Samrucy-Luzençon (Félix), rue du Vieux Raisin, 31, 

Toulouse. 

1869 Izarn, Commis principal des douanes, 22, rue St-Antoine-du-T. 

Toulouse. 

1870 Bcffet del Mas, 33, rue des Couteliers, Toulouse. 

— Fagot (Paul), notaire à Villefranche-de-Lauragais (H. -G.). 

— Flotte (Léon), Crépy- en- Valois (Oise). 

1871 Delevez, Directeur de l'École normale, à Toulouse. 

— Desjardins (Edouard), Jardinier en chel à l'Ecole vét. Toulouse. 
Guy, Directeur de l'Aquarium Toulousain, 1 5, rue de Cugnaux. 

Toulouse. 

— De M alafosse (Gaston) , avocat, 1 3 , G rande r ue Nazareth , Toulouse. 

— D r Resseguet (Jules), 3, rue Joutx-Aigues, Toulouse. 

1872 L'abbé Avignon, 13, rue Romiguières, Toulouse. 

— D r Bégué, directeur du Musée, Albi (Tarn). 

— Bidaud (Louis), professeur à l'Ecole vétérinaire, Toulouse. 

— Biocub (Alphonse), avocat, 57, rue de Rennes, Paris. 



MM. 

1872 Du Bourg (Gaston), 6, place Saintes-Scarbes, Toulouse. 

— Castel (Julien), chimiste, 31, rue de Vaugirard, Paris. 

— Delisle (Fernand), 1 2, rue Racine, Paris. 

— Detroyat (Arnaud), banquier, Bayonne (B.-Pyr.). 

— Esparseil (Marius), Architecte, Carcassonne (Aude). 

— Fontan (Alfred), Receveur de l'enregistrement, Mazamet (Tarnj. 

— Gèze (Louis), 17, place d'Assézat, Toulouse. 

— Gourdon (Maurice), à Luchon (H. -G.). 

— De Gardenal (Joseph), substitut du procureur de la République, 

Lectoure (Gers). 

— Huttier, agent-voyer en chef du département d'Alger, Rue Mus- 

tapha-Ismaël, 1. Alger. 

— Général de Nansouty (Charles), G tfc Bagnères-de-Bigorre (H. -P.). 

— Pougés (Gabriel), Membre du Conseil d'arrond., 5, rue St- Aubin. 

Toulouse. 

— Rey-Lescure. Faubourg du Moustier, Montauban (T.-et-G.). 

— De Rivals-Mazères (Alphonse), 50, rue Boulbonne, Toulouse. 

— Rouquet (Baptiste), pharmacien, Villefranche-de-Lauragais (H. -G.) 

— De Saint-Simon (Alfred), 6, rue Tolosane, Toulouse. 

— Seignette (Paul), Principal du Collège, Castres (Tarn). 

— Teulade (Marc), 8, rue Malcousinat, Toulouse. 

1873 Areille de Perrin (Elzéar), 7, r. deGrignan, Marseille (B.-du-R.) 

— Acloque (Paul), député de l'Ariége, boulevard de Strasbourg, 36, 

Toulouse. 

— Balansa, botaniste, rue Riquet, 3, Toulouse, (en mission dans le 

Paraguay). 

— Baysselance, ingénieur de la marine, rue Saint-Genesse , 64, 

Bordeaux (Gironde). 

— Cazeneuve de Laroche, docteur-médecin, rue du Lycée, 11, à 

Pau (B.-P.) 

— Chaplain-Duparc, ancien officier de marine, 11, r. Royer-Collard . 

Paris. 

— Gourso, manufacturier, rue des Récollets, 41, à Toulouse. 

— Doumet-Adanson, à Cette, (Hérault). 

— Duc (Jules), pharmacien, à Caylux, (T.-et-G.). 

— Farre (Georges) , sous-inspecteur des Eaux et Forêts , Alais 

(Gard) 

— D r Folie-Desjardins ft , médecin-major au 2 e génie, à Montpellier 

(Hérault). 

— Fournie, ingénieur des ponts-et-chaussées , directeur des travaux 

publics de la province de Pernambuco (Brésil). 



— 8 — 

MM. 

— Genreau, ingénieur des mines, place du Palais, 17, à Pau 

(Basses-Pyrénées), en mission dans la Tunisie. 

— Gobert, docteur-médecin, à Mont- de- Marsan, (Landes). 

— Lecacheux , directeur des hauts fourneaux de la Société métallur- 

gique de l'Ariége. à Tarascon. 

— Mazuc, rue des Chapeliers, 14, Toulouse. 

— De Nerville $S inspecteur général des mines, boulevard Males- 

herbes, 85, Paris. 

— De Raymond-Caiiuzac (Georges), attaché au parquet, rue du Vieux- 

Raisin, 18, Toulouse. 

— D r de Senti (Louis), aide-major au Val-de-Grâce. Paris, 

— Tissandier (Gaston) , directeur du journal La Nature, 3, rue 

Bleue, à Paris. 

— Vaïsse (Louis), docteur -médecin, inspecteur des eaux de Rennes, 

à Quillan (Aude). 

— De la ViEuviLLE (Prosper), boulevard de Strasbourg, 36, Tou- 

louse. 

1874 Bastide, négociant, place Saint-Etienne, 9, Toulouse. 

— Chalande (Jules), 11, rue des Paradoux, Toulouse. 

— L'abbé Delherm de Larcenne, professeur au collège de Gimont 

(Gers). 

— De Gréaux (Laurent), naturaliste, 1 26, rue Consolât, Marseille 

(Bouches-du -Rhône) . 

— Monclar, propriétaire, à Albi (Tarn). 

— Pianet (Sébastien), à Toulouse. 

— Rousseau (Théodore), sous-inspecteur des Eaux et Forêts, Square 

Sainte-Cécile, 22, Carcassonne (Aude). 
< Qrr 5 Akcely ^Georges), 63, rue de la Pomme, Toulouse. 

— Du Boucher (Henri), président de la Société scientifique de Borda, 

Dax (Landes), 

— Cothonay (Auguste), négociant, 6, rue Sainte-Hélène, Lyon (R). 

— Estelle, avoué au tribunal de première instance, 13, rue Sainte- 

Ursule, Toulouse. 

— Fabre (Charles), secrétaire de la Société photographique de Tou- 

louse, 13, allée St-Etienne, Toulouse. 
Focn (Charles), à Lédar, près Saint-Girons, (Ariége). 

— Garcin (Francis), ingénieur civil, Narbonne, (Aude). 

— De J allé range (Philibert), château de Jallerange , canton d'Au 

deux (Doubs). 

1875 LàJOTB (Abel), Reims (Marne). 

— Martel (Frédéric), place St-Sernin, 5 Toulouse. 

— Paquet (René), avocat, 3 5. rue de Vaugirard, Paris. 



MM. 

1875 Peyronnet (Charles), pharmacien, à Rabastens (Tarn). 

— Pugens (Georges), ingénieur des ponts et chaussées, r. Çantegril, 2. 

Toulouse. 

— Tassy, garde-général des Eaux et Forêts, 26, rue du Taur, 

Toulouse. 

1876 Blaquières de Lavalmalle, à Bessan (Hérault). 

Crouzil (Victor), instituteur primaire, Lardenne près Toulouse. 
L'abbé Froument, ficaire à l'église St-François, Castelnaudary, 

(Aude). 
De Lavalette (Roger), Cessales près Villefranche-de-Lauragais, 

(Haute-Garonne). 

— D r Mellier (Alfred), Vallègue près Villefranche-de-Lauragais, 

(Haute-Garonne). 

Membres correspondants. 



MM. 

1866 D r Bleicher, Médecin-major, Châlons. 

— D r Délaye ^ , médecin, rue de Cugnaux, Toulouse. 

1867 D 1 Caisso, Clermont (Hérault). 

— Fourcade (Charles), naturaliste, Bagnères-de-Luchon (H. -G.) 

— Joly (Arthur), 32, rue des Paradoux, Toulouse. 

— D r Bras, à Villefranche (Aveyron). 

— Chantre (Ernest), attaché au Muséum de Lyon, 37, Cours Morand, 

Lyon (Rhône). 

— Desrrochers des Loges, Percepteur, Gannat (Allier). 

— Lalande (Philibert), Receveur des Hospices, Brives (Corrèze). 

— Massenat (Elie), Manufacturier, Brives (Corrèze j. 

— Paparel, Percepteur, Mende (Lozère). 

— Poujol (Henri), Meyrueis (Lozère). 

— Rorert, Conservateur du Musée d'hist. nat. Le Puy (H. Loire). 

— Comte de Saporta (Gaston). âfc, correspondant de l'Institut, Aix, 

(Bouches-du-Rhône) . 

— Valdemar Schmidt , attaché au Musée des antiquités du Nord, 

Copenhague (Danemarck). 

— Venker, Naturaliste, Charleville (Belgique). 
1869 Malinowski, Professeur au Collège, Cahors (Lot). 

— De Messemeker, Bergues près Dimkerque (Nord). 
1871 Biche, Professeur au Collège, Pézénas (Hérault). 

— Peyridieu , ancien Professeur de Physique dans l'Université , 

Faubourg Matabiau, 31. Toulouse. 



- 10 - 
MM. 

1871 Piette (Edouard), Juge de paix, Graonne (Aisne). 

— De Cuapel-d'Espinassoux (Gabriel), avocat, :> 5, Boulevard de l'Es- 

planade, Montpellier (Hérault). 

— Marquis de Folin (Léopold, Commandant du port, Bayonne (B.-P.) 

— Pasteur Frossard, Président de la Société Ramond, Bagnères-de- 

Bigorre (H. -P.). 

— Gassies, Conservateur du Musée préhistorique, Bordeaux (Gironde) 

— Issel (Arthur), Professeur à l'Université, Gênes (Italie). 

— Lacroix, Pharmacien, Mâcon (Saône- et-Loire). 

— Lacroix (Francisque). Id. 

— Linarès, Limeuil (Dordogne). 

— Marinoni (C ), attaché au Musée civique, Milan (Italie). 

— D' De Montesquiou (Louis), Lussac, près Casteljaloux (L.-et-G). 

1873 Berthelot, ingénieur civil, rue de la Charité, 36, Lyon. 

— l'Abbé Boissonade, professeur de sciences au Petit-Séminaire à 

Mende (Lozère). 

— Cavalié, prof, d'hist. naturelle au collège deSt-Gaudens (H.-G.). 

— De Courréges (Félix), propriétaire, château de Labernède, près 

Cazères (Haute-Garonne). 

— D r Delas (Adolphe), médecin de la marine, Hôpiial militaire, 

Fort de France (Martinique). 

— Germain (Rodolphe) *fc, vétérinaire au 29 e d'artillerie, à Nouméa 

(Nouvelle-Calédonie). 

— Comte de Limur, Vannes (Morbihan). 

— Pottier (Raymond), Correspondant de la Commission de Topogra- 

phie des Gaules, rue Boulbonne, Toulouse (Haute-Garonne). 

— Poubelle (J.), professeur à la Faculté de Droit, rue des Couteliers, 

43, Toulouse. 

— D r Retzius (Gustave) , professeur à l'Institut Karolinien de 

Stockholm. 

— Reverdit (A.), vérificateur de la culture des tabacs, à Montignac- 

sur-Vézère (Dordogne). 

— D r de Rociias (Victor), place de la Nouvelle-Halle, Pau (B.-P.). 

— D r Sauvage (Emile), aide-naturaliste au muséum, rue Monge, 2, 

Paris. 

— Triadou (Jean-François), propriétaire, k Pezénas (Hérault). 

— Vaussenat, ingénieur civil, à Bagnères-de-Bigorre (H. -P.) 

1874 Cadié, à Stockholm (Suède). 

— Combes, pharmacien, à Fumel (Lot-et'Garonne). 

— Jougla (Joseph), conducteur des Ponts et Chaussées, à Foix (Ar.). 

— L'abbé Landesque, à Devillac (Lot). 

— Lbmarié, imprimeur-libraire , à Saint Jean-d'Angély (Char.-Inf.). 



— 41 — 

MM. 

1874 Lucànte, naturaliste, à Lectoure (Gers). 

— Molard (Victor), homme de lettres, à Copenhague (Danemarck). 

— Penfold (William), esq. Westminster-bank, 217 Strand, London, 

W. C. 

— Schmidt (François), conducteur principal des Ponts- et-Chaussées, 

à Foix (Ariége). 

— Sers (Eugène), ingénieur civil, à Saint-Germain, près Puylaurens, 

(Tarn). 

1875 Caillaux (Alfred), Ingénieur civil des mines, rue Saint-Jacques, 

240, Paris. 

— D r Raillard, Médecin aux eaux de Dax (Landes). 

— Richard, 1, rue Esprit des Loix (Bordeaux). 

— W. de Maïnof , secrétaire de la Société de géographie, St-Péters- 

bourg. 

— A. de l'Isle, à Nantes. 

1876 D r Gros (Antoine), * i, rue Jacob. Paris. 

1877 Ladevèze, au Mas-d'Azil (Ariége). 



LISTE 
des Académies et Sociétés savantes 

Avec lesquelles la Société d'Histoire naturelle est en correspondance. 



FRANCE. 

Académie des Sciences. — Institut. 

Académie des sciences., inscriptions et belles-lettres de Toulouse. 

Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen (Calvados). 

Académie des sciences, belles-lettres et arts de Clermond-Ferrand (Puy- 

Dôme). 
Académie delphinale, à Grenoble (Isère). 

Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon (Côte-d'Or). 
Académie des sciences et lettres de Montpellier (Hérault). 
Académie du Gard, à Nîmes. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon (Rhône). 
Académie des sciences, arts et belles-lettres de Màcon (Saône-et-Loiie). 
Académie des belles-lettres, sciences et arts de La Rochelle (Charente-Inf.,. 



_ 42 - 

Académie des sciences, belles-lettres et arts de la Savoie, à Chambéry. 

Académie des sciences, belles-leltres et arts de la Somme, à Amiens. 

Académie Stanislas, à Nancy (Meurthe). 

Association scientifique de France, à Paris. 

Association française pour l'avancement des sciences, à Paris. 

Institut des provinces à Paris. 

Observatoire de Montsouris, à Paris. 

Réunion des officiers, à Paris. 

Société d'anthropologie, à Paris. 

Société enlomologique de France, à Paris 

Société géologique de France, à Paris. 

Société de géographie à Paris. 

Société zoologique d'acclimatation, à Paris. 

Société d'agriculture de la Haute-Garonne, à Toulouse. 

Société archéologique du midi de la France, à Toulouse. 

Société de médecine, chirurgie et pharmacie de Toulouse. 

Société d'émulation d'Abbeville ( c omme). 

Société d'agriculture, sciences et arts d'Agen (Lot-et-Garonne.). 

Société scientifique et littéraire d'Àlais (Gard). 

Société des sciences physiques, naturelles et climatologiques, à Alger. 

Société d'émulation de l'Allier, à Moulins. 

Société centrale d'agric, d'hortic. et acclimatation des Alpes-Maritimes, à Nice. 

Société des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes, à Nice. 

Snciété linnéenne du nord, à Amiens 

Société d'études scientifiques d'Angers (Maine-et-Loire). 

Société linnéenne d'Angers (Maine et Loire). 

Société littéraire, scientifique et artistique d'Apt (Vaucluse). 

Société des sciences naturelles de l'Ardèche, à Privas. 

Société d'études d'Avallon (Yonne). 

Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, à Rodez. 

Société des sciences et des arts de Bayonne (Basses-Pyrénées). 

Société académique d'archéologie de Beauvais (Oise). 

Société archéologique, scientifique et littéraire de Béziers (Hérault). 

Société des sciences et lettres de Blois (Loir-et-Cher). 

Société linnéenne de Bordeaux (Gironde). 

Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux (Gironde). 

Société académique de Brest (Finistère). 

Société des sciences naturelles et historiques de Cannes (Alpes-Maritimes). 

Société académique de Cherbourg (Manche). 

Société d'histoire naturelle de Colmar. 

Société d'agriculture, sciences et arts de Douai (Nord). 

Société d'études scientifiques et archéologiques de Draguignan (Var). 

Société départementale d'archéologie et de statistique de la Drôme. 

Société Dunkerquoise pour l'encouragement des lettres, des sciences des et arts, 

à Dunkerque (Nord). 
Société (commission) scientifique d'Eure et-Loir à Chartres. 
Société Qorimontane d'Annecy (Hte- Savoie). 
Société hâvraise d'études diverses, au Havre (Seine-Inférieure). 



— 13 — 

Société de statistique, des sciences naturelles et des arts industriels de l'Isère à 

Grenoble. 
Société d'émulation du Jura„ à Lons-le-Saulnier. 
Société des sciences, de l'agriculture et des arts, à Lille (Nord). 
Société d'agriculture, industrie, sciences, arts et belles-lettres de la Loire, à 

Saint-Etienne. 
Société académique de la Loire-Inférieure,, à Nantes. 
Société des études scientifiques du Lot, à Cahors. 
Société d'agriculture, industrie, sciences et arts de la Lozère, à Mende 
Société d'agriculture, histoire naturelle et arts utiles de Lyon (Rhône). 
Société botanique de Lyon. 
Société linnéenne de Lyon. 
Société académique de Maine-et-Loire, à Angers. 
Société d'agriculture, d'archéologie et d'histoire naturelle de la Manche à 

Saint-Lô. 
Société d'histoire naturelle de Metz. 
Société d'émulation de Montbéliard (Doubs). 
Société polymathique du Morbihan, à Vannes. 
Société des sciences de Nancy. 

Société nivernaise des sciences, lettres et arts, à Nevers. 
Société linnéenne de Normandie, à Caen (Cavaldos 1 ). 
Société d'agriculture d'Orléans (Loiret). 
Société des sciences de Pau (Basses-Pyrénées). 

Société agricole, scientifique et littéraire de Perpignan (Pyrénées-Orientales). 
Société d'agriculture, sciences et arts de Poligny (Jura). 
Société d'agriculture, sciences., arts et commerce du Puy (Haute-Loire). 
Société académique des Hautes-Pyrénées, à Tarbes. 
Société Ramond, à Bagnères-de-Bigorre (Htes-Pyrénées). 
Société des amis des sciences de Rouen (Seine-Inférieure). 
Société industrielle de Rouen. 

Société académique des sciences de Saint- Quentin (Aisne). 
Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe, au Mans. 
Société d'agriculture, sciences et arts de la Haute-Saône, à Vesoul. 
Société d'archéologie, sciences, lettres et arts de Seine-et-Marne, à Melun. 
Société des sciences historiques et naturelles de Semur (Côte-d'Or). 
Société des sciences, belles-lettres et arts de Tarn-et-Garonne. 
Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de Troyes (Aube). 
Société d'agriculture et d'horticulture de Vaucluse, à Avignon. 
Société des sciences naturelles et médicales, à Versailles (Seine-et-Oise). 
Société d'agriculture, des sciences et des arts de la Haute-Vienne, à Limoges. 
Société d'émulation des Vosges., à Epinal. 
Société des sciences naturelles de Vitry-le-Français (Marne). 
Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, à Auxerre. 
Club alpin, section savoyarde à Chambéry (Haute-Savoie). 



— 14 - 



ETRANGER. 

Angleterre Zoological society of London. 

Belgique Académie royale des sciences, à Bruxelles. 

— Société entomologique de Belgique, à Bruxelles. 

— Société belge de microscopie, à Bruxelles. 

Brésil Archivos do Museu nacional, Rio-de-Janeiro. 

Espagne Societad geografica, de Madrid. 

Etats-Unis d'Amérique. Smithsonian Institution, Washington. 

— United states Geological and Geographical survey of the 

territories, Washington. 

— Connecticut academy of arts and sciences, New-Haven. 

— Chicago academy of sciences. 

Italie Societa italiana di scienze naturali, in Milano. 

— Societa dei naturalisa, in Modena. 

— Societa Toscana di scienze naturali, in Pisa. 

Japon Deutsche Gesellschaft fiir natur und Volkerkunde Osta 

sien's, Yokohama. 

Russie Société impériale des naturalistes de Moscou. 

Suisse Schweizeren Naturforchenden Gesellschaft, Lucerne. 

— Société vaudoise des sciences naturelles, à Lausanne. 



Revues et Recueils. 

L'Abeille, mémoires entomologiqnes. 

Matériaux pour servir à l'histoire primitive et naturelle de l'homme. — Paris 

et Toulouse. 
Revue des sciences naturelles de Montpellier. 
Revue agricole du Midi, Toulouse. 
Revue et Magasin de zoologie. Paris. 
Revue savoisienue, Annecy. 
Revue scientifique, Paris. 
Revue vétérinaire'de Toulouse. 
Journal d'agriculture pratique pour le midi de la France, Toulouse. 



BULLETIN 



r r 



SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 

DE TOULOUSE. 
ONZIÈME ANNÉE 1876-1877 



Séance de rentrée du 22 novembre 1876. 



Présidence de M. Alfred de Saint-Simon, vice-président. 

La correspondance comprend les publications des sociétés 
savantes avec lesquelles la Société est en correspondance, et 
les fascicules de différentes revues (1). 

Parmi les autres ouvrages on remarque: 1° Comité mé- 
téorologique de l'ouest méditerranéen, bulletin du départe- 
ment de l'Aude. \ vol. in-4°, 1875, dont l'auteur M. Rousseau, 
membre titulaire de la Société. 

2° Introduction à la description géologique du département 
de l'Hérault, \ vol. in-8°, et 4 cartes offerts par le Conseil 
général de l'Hérault à la demande de l'auteur, M. Paul de 
Rouville, membre honoraire de la Société. 

(4) La liste générale des ouvrages reçus sera publiée à la fin de ce 
volume. 



- 16 - 
M. Alfred de Saint-Simon prononce le discours suivant : 

Messieurs, 

Je viens, en votre nom, m'acquitter d'un devoir qui 
nous est imposé dans de bien douloureuses circonstances. 
C'est à moi qu'il appartient de rendre un triste, un sympa- 
thique, un dernier hommage à la mémoire du collègue si 
digne de nos regrets, que nous avions mis à notre tête et 
qui justifiait si bien la confiance que nous avions dans ses 
lumières, ses connaissances approfondies, ses qualités 
personnelles enfin, notre regretté Président, M. le docteur 
Jean Gourdon. La nouvelle de sa mort nous a fait éprou- 
ver un étonnement douloureux. Quand nous avons sus- 
pendu nos séances, l'été dernier, notre cher collègue 
semblait appelé à rendre de nouveaux services à la science 
et à notre Société, par des travaux dont l'importance au- 
rait été aussi grande que celle des nombreux ouvrages 
qu'il laisse comme héritage scientifique à ses successeurs. 
11 nous a été enlevé dans un temps où nous étions séparés 
de lui. Nous avons été privés ainsi de la triste consolation 
de lui rendre les derniers devoirs. Il ne nous reste donc 
plus qu'à rappeler, avec l'expression de nos regrets, tout 
ce qui a été accompli par lui, pendant une existence trop 
courte et néanmoins si bien employée sous tous les rap- 
ports; c'est la lâche que je vais m'efforcer de remplir. 

Oui, Messieurs! la mort est venue frapper d'une ma- 
nière si rapide et si prématurée notre cher collègue quand 
il était encore dans toute la force de l'âge (cinquante- 
deux ans). Il pouvait donc espérer de voir de nombreuses 
années se dérouler devant lui et lui permettre d'achever 
les travaux utiles et multipliés qu'il avait entrepris; il se 
flattait de pouvoir mener à bonne fin aussi, d'autres œu- 
vres qui auraient agrandi le champ de la science et fait 
connaître sous ce rapport, certaines des nombreuses ri- 



— 17 - 

chesses de notre Midi. Toutes ces espérances se sont éva- 
nouies et il a suffi de quelques jours seulement pour que 
ces projets fussent ensevelis dans la tombe de notre re- 
gretté président. Je vois en cela un enseignement profond 
pour nous et le voici : n'étant pas sûrs du lendemain, l'on 
doit s'efforcer de réunir autour de soi, des amis et des 
élèves qui puissent continuer notre tâche si nous venons à 
disparaître avant qu'elle ne soit accomplie; c'est ce qu'avait 
compris notre regretté collègue et grâce au dévoûment de 
ses amis, les travaux qu'il laisse inachevés, ne seront pas 
perdus et seront continués, j'ensuis certain, d'une manière 
digne de lui. 

M. le docteur Jean Gourdon, président de notre Société 
pendant les années 1873 et 1876, professeur à l'Ecole 
nationale vétérinaire de Toulouse pendant onze ans, mem- 
bre de nombreuses sociétés savantes était né le 28 février 
1824 à Lyon. A vingt ans, il avait obtenu le diplôme de 
vétérinaire à l'Ecole de cette ville et en 1858, il était reçu 
docteur en médecine à la Faculté de Montpellier. 

Le 11 mai 1845, il était nommé sous- aide vétérinaire 
au 3 e régiment du génie à' Oran et le 21 octobre 1847, il 
obtenait au concours, les fonctions de chef des travaux 
anatomiques à notre Ecole vétérinaire qu'il ne devait plus 
quitter désormais ; c'est ainsi qu'il est venu résider à 
Toulouse qui l'a possédé pendant près de vingt-neuf ans. 

De 1846 à 1849, il fait, par intérim, les cours d'hy- 
giène générale, de zootechnie et de botanique à la même 
Ecole. 

De 1848 à 1865, nous l'y voyons chargé par suppléance 
du cours de chirurgie et il y occupe d'autres chaires à diffé- 
rentes époques. 

C'est en 1865 qu'il est nommé professeur titulaire, il 
est chargé des cours de chirurgie d'extérieur et de quatre 
autres cours ; enfin le 1 er août 1 866, il obtient par muta- 
tion, la chaire de botanique, d'agriculture, d'hygiène et de 
zootechnie. 

2 



— 18 - 

Nous pouvons, d'après tout ce que nous venons de voir, 
apprécier combien étaient étendues et variées les connais- 
sances de notre regretté collègue. 

En 1866, il est envoyé en mission spéciale, par M. le 
ministre de l'agriculture et du commerce, au concours de 
Pampeiune, au concours régional de PAriége et en 1867 à 
celui de Tarbes. 

C'est en 1866 également, dès la première année d'exis- 
tence de la Société d'Histoire naturelle, que notre regretté 
collègue nous avait prêté son concours si assidu, il avait 
fait partie du bureau plusieurs fois avant d'être appelé par 
nos suffrages à la présidence de la Société. 

Les ouvrages de notre regretté collègue, peuvent se di- 
viser en deux catégories : 

1° Celle des ouvrages publiés: 

2° Celle des publications insérées dans les journaux. 

Le premier des ouvrages publiés par M. le docteur 
Gourdon remonte à 1850, c'est un très-beau travail de 
230 pages in-8° qui obtint une médaille d'or au concours 
de la Société centrale de Médecine vétérinaire. Il a été 
publié en collaboration avec M. Naudin et traite des ani- 
maux domestiques en Algérie; c'est un mémoire d'une 
grande importance au point de vue zoologique et agri- 
cole. 

Ce mémoire a été suivi de 17 autres travaux parmi les- 
quels je citerai : Les Eléments de chirurgie vétériuaire, 
2 volumes de 800 pages chacun, avec plus de 400 figures, 
publié de 1854 à 1856. 

Une brochure de 100 pages sur les Réformes à intro- 
duire dans l'alimentation des animaux domestiques (1856). 

Un ouvrage important sur les plantes fourragères et sur 
les plantes nuisibles de France publié de 1865 à 1867 en 
collaboration avec M. Naudin ; un fort volume in-8° accom- 
pagné de 120 planches coloriées. 

Un rapport sur la situation agricole et économique de la 



— 19 — 

Navarre, ses animaux domestiques et sur les ressources 
que ceux-ci peuvent offrira F agriculture et à l'améliora- 
tion des races françaises ; résultat de la mission de notre 
collègue auprès du concours de Pampelune, 1866. 

Les six derniers travaux publiés par M. le docteur 
Gourdon de 1865 à 1875, ont pour objet l'Agriculture et la 
Botanique. 

Ce sont : 

La Revue agricole du Midi, journal dirigé par lui et qui 
a paru de 1865 à 1870. 

En 1870, une brochure sur la création d'une Ecole régio- 
nale agricole dans le Midi de la France et un Mémoire sur 
la culture de la pomme de terre. 

En 1871, un Tableau synoptique des graminées indigè- 
nes et un Projet de réorganisation de Part agricole en 
France. 

Enfin, il y a tout au plus un an, c'est-à-dire en 1875, 
un ouvrage avec atlas sur les Principes botaniques. 

On voit que les travaux scientifiques de M. le docteur 
Gourdon traitent : De la Médecine vétérinaire, de la Zoo- 
logie, de la Botanique et de l'Agriculture ; ils montrent 
encore une fois combien l'esprit de leur auteur était ency- 
clopédique. 

Mémoires qui ont paru dans les divers journaux. 

Le nombre de ces travaux, dont le premier remonte à 
1845, est de 170 environ ; la plupart traitent de la patho- 
logie des animaux. Je me bornerai à citer ceux qui ren- 
trent dans l'ordre de nos études et qui ont paru dans notre 
Bulletin. 

Ce sont : 

1° Un Mémoire sur le Rôle véritable des aliments dans la 
nutrition, 17 juin 1870; 

2° Un Aperçu géologique de la région de Rennes-les- 
Bains (Aude), avec deux planches, 12 mars 1873 ; 



— 20 — 

3° Une nouvelle Classification des minéraux, avec ta- 
bleaux synoptiques, 14 mai 1873; 

4° Une Excursion géologique et botanique dans le Qué- 
rigut (Ariége), 28 juillet 4875. 

L'auteur, dans le premier de ces trois Mémoires, étudie 
de la manière la plus consciencieuse, les faits qui se rat- 
tachent à la nutrition de l'homme et des animaux. Il ré- 
fute l'opinion émise antérieurement; que les aliments 
doivent se diviser en deux ordres : « 4° Les aliments plas- 
» tiques qui fournissent les principes azotés nécessaires à 
» la reconstitution des tissus; 2° les aliments respiratoires 
» qui approvisionnent l'économie du carbone et de l'hy- 
» drogène consommés par la respiration. » 

Il arrive, par l'observation des faits, à cette conclusion : 
que tous les aliments constituent, au même titre, des ali- 
ments respiratoires, et qu'il n'existe entre eux de différence 
dans leur puissance nutritive, que par le plus ou moins de 
chaleur qu'ils dégagent en s'assimilant aux parties consti- 
tuantes de l'être vivant. 

Dans les deux autres Mémoires, notre regretté collègue 
va nous prouver que ses connaissances en Géologie sont 
aussi sérieuses que celles qu'il possède en Zoologie, Bota- 
nique et Agriculture. Le premier intitulé : Aperçu sur la 
Géologie de la région de Rennes-les- Bains, résume une longue 
série de recherches sur les terrains de cette région. Nous 
avons parmi nous des collègues qui pourront faire ressortir 
mieux que moi toute l'importance de ce travail qui, joint à 
d'excellentes coupes géologiques, jette un jour nouveau sur 
la constitution de cette partie si intéressante des Pyrénées. 

Le second Mémoire traite d'une nouvelle classification 
de minéraux au moyen d'une série de tableaux synopti- 
ques ; c'est la mise en exécution d'une idée très-ingénieuse 
et très -utile à la science , car on peut saisir ainsi avec 
beaucoup plus de facilité les rapports des minéraux entre 
eux. 

Je viens vous parler d'un travail très-intéressant sur la 



- 21 - 

géologie et la botanique du Quérigut. M. le docteur Gour- 
don, parti de Foix, nous fait étudier, sous le rapport géo- 
logique, la région supérieure de la vallée de FAriége, avec 
ses alternatives de terrains crétacés, jurassiques et de gra- 
nit. Il quitte Ax pour remonter la vallée d'Ascou, arrive au 
port de Pailhères, nous initie à la faune botanique et à la 
constitution géologique du Quérigut, pays assez peu connu 
sous ce rapport jusqu'à présent, et revient par Escoulou- 
bre, Pierre- Lisse et Quillan. 

Notre regretté collègue nous a laissé, comme dernier 
héritage, une belle monographie des Rudistes des environs 
de Rennes-les-Bains. Il a trouvé le moyen de découvrir des 
faits nouveaux après tant d'études sur ces fossiles et cette 
région. Ainsi, les espèces admises jusqu'à ce jour dans le 
genre Hippurites, doivent être réduites à deux d'après 
lui. 

Ce Mémoire, dont notre regretté collègue n'a pas pu 
surveiller l'impression, ne sera pas perdu pour notre Bul- 
letin et sera mis en état d'être publié. 

Je viens d'examiner les titres scientifiques de notre cher 
et regretté collègue; je dois maintenant, au nom de 
nous tous, rendre hommage aux qualités éminentes que 
nous avons pu apprécier quand il présidait nos séances. 
Nous avons conservé le souvenir de la fermeté, du calme, 
du tact et de l'impartialité qui le caractérisaient dans l'ad- 
ministration de nos affaires, ainsi qu'en présence des dis- 
cussions scientifiques si variées qui ont eu lieu pendant 
qu'il occupait le fauteuil de président. Il les résumait avec 
une clarté peu commune, et les observations qu'il ajoutait 
à ces intéressants débats, nous ont prouvé qu'aucun des 
divers sujets traités devant lui ne lui étaient pas étrangers. 
Il a toujours regardé notre Société comme sa famille scien- 
tifique. Les démarches qu'il a faites en notre faveur, les 
services qu'il nous a rendus dans de nombreuses circons- 
tances, sont présents à notre esprit. 

Que la mémoire de notre cher collègue reçoive ici le té- 



- 22 - 

moignage de notre reconnaissance ainsi que celui de nos 
regrets. 

De nombreux et remarquables travaux ont signalé la 
session où nous avons entendu le dernier ouvrage de notre 
regretté président. Il appartient à notre savant Secrétaire- 
général d'en faire ressortir l'importance dans son rapport 
qu'il va nous communiquer. 

La Société d'Histoire naturelle compte dix années d'exis- 
tence. 

Elle s'est proposé : 

De grouper autour d'elle le plus grand nombre de natu- 
ralistes; de faire connaître la faune, la flore et la consti- 
tution géologique du Midi de la France; enfin, d'augmen- 
ter les collections de notre Musée d'histoire naturelle. C'est 
une noble mission qu'elle s'est donné3 ; ses bulletins 
prouvent qu'elle a marché avec énergie vers le but qu'elle 
voulait atteindre : une grande partie des productions de 
nos pays a été consciencieusement étudiée. Notre Musée a 
vu ses richesses s'accroître de plus en plus. Un grand nom- 
bre de questions se rattachant à nos études ont été trai- 
tées d'une manière qui prouve que nos membres titulaires 
et nos correspondants n'ont pas entrepris des travaux 
dépassant leurs forces. 

Faut-il s'arrêter? Non, Messieurs. Inspirons-nous des 
souvenirs de notre regretté président; continuons à faire 
vivre parmi nous cet esprit d'union et de cordialité, ce 
dévoûment aux intérêts de la science, qu'il a contribué 
longuement à maintenir dans notre Société. Nous rendrons 
ainsi de nouveaux services aux études qui nous sont chères 
et nos efforts seront récompensés par de nouveaux succès. 

M. A. de Saint-Simon dépose sur le bureau la liste sui- 
vante, dont l'impression est immédiatement votée. 

MM. Bidàud et G. de Malafosse expriment, au nom de 
tous, des remerciements à M. A. de Saint-Simon pour l'éloge 
si justifié qu'il vient de prononcer. 



— 23 — 

Sur la proposition de M. G. de Malafosse, la Société dé- 
cide que le portrait de M. le D«- Gourdon sera placé dans la 
salle des séances. 



Travaux scientifiques de M. Gourdon (Jean) 

(Né à Lyon, le 28 février 1824). 

1° TITRES ET SERVICES SCIENTIFIQUES. 

Le 24 août 1844, a obtenu le diplôme de vétérinaire à l'Ecole Vétéri- 
naire de Lyon. 

Le 11 mai 1845, nommé sous-aide vétérinaire au 3* régiment du génie, 
à Oran, en Algérie. 

Le 21 octobre 1847, nommé au concours chef des travaux anatomiques 
à l'Ecole impériale vétérinaire de Toulouse. 

Le 31 mars 1858, reçu docteur en médecine à la faculté de Montpellier. 

1848-1865. — Chargé, par suppléance, à l'Ecole impériale de Toulouse, 
du cours de Chirurgie. 

1847-1849. — Chargé, par intérim, à la même Ecole, des cours d'Hy- 
giène générale, d'Hygiène appliquée [Zootechnie), de Zoologie et de 
Botanique. 

1850-1856. — Du cours $ Extérieur. 

1865. — Des cours d'Anatomie générale et d'Extérieur. 

Le 20 septembre 1865, nommé professeur titulaire à la même Ecole 
pour la chaire de Chirurgie, Extérieur, Maréchalerie, Jurispru- 
dence et Police sanitaire. 

Le 1 er août 1866, nommé, par mutation, professeur de Botanique, 
d'Agriculture, d'Hygiène et de Zootechnie. 

1866. — Chargé par M. le ministre de l'agriculture, du commerce et 
des travaux publics d'une mission spéciale au concours de Pampe- 
lune (Espagne), tenu au mois de juillet 1*56. 

1866-1867. — Membre du jury, en 1866, au concours régional de 
Foix (Ariége), et en 1 867, au concours résional de Tarbes (Hautes- 
Pyrénées). 

1873-1876. — Président de la Société d'Histoire naturelle de Toulouse. 

2° OUVRAGES PURLIÉS. 

1850. — Les animaux domestiques en Algérie. En collaboration avec 
M. Naudin, vétérinaire militaire. Mémoire ayant obtenu le 1 er prix 
[Médaille d'or de 400 fr.), au concours de 1849, ouvert par la 



- 24 - 

Société centrale de médecine vétérinaire. Publié dans les Mémoires 
de la Société (t. III, année 4 856 ; 230 pages, in-8°). 
Comprend : 

4° Une étude des animaux domestiques dans leurs rapports avec 
l'agriculture et la colonisation algérienne; 

2° L'histoire ancienne et moderne des espèces animales en Algé- 
rie, description des races actuelles et exposé des moyens propres à 
les améliorer. 
3° La médecine des animaux en Algérie. 

1 854-1 856. — Eléments de chirurgie vétérinaire (2 forts volumes in-8° 
de 800 pages chacun, avec 478 fig dans le texte, Paris-Toulouse). 

1856. Articulations (article dans le Nouveau dictionnaire de médecine 
vétérinaire). 

1858. — Des réformes à apporter dans l'alimentation des animaux do- 
mestiques (Br. in-8° de 100 pages. Toulouse). 

1860. — Traité de la castration des animaux domestiques, étudiée au 
point de vue chirurgical et économique (I vol. in-8°, de 530 pages 
avec 7 fig. Paris-Toulouse). 

1860. — Sur l'origine du vaccin (Br. in-8°. Toulouse). 

1864. — Du cheval oriental et de son emploi dans l'amélioration des 
races françaises (Br. in-8° de 48 pages, Toulouse). 

1865-1867. — Nouvelle iconographie fourragère. Histoire botanique, 
agricole et économique de toutes les plantes fourragères et des plan- 
tes nuisibles qui se trouvent en France, dans les champs et les 
prairies. En collaboration avec M. Naudin (1 fort vol. grand iu-8°, 
avec atlas de 120 planches gravées sur cuivre et coloriées. Paris). 

1866. — Du la corne du sabot du cheval : Etudes microscopiques et 
expérimentales sur la structure, la nature intime et le mode de 
formation de cette substance (Br in-8°, avec 2 planches lithogra- 
phiées. Toulouse). 

1866. — Affection typhoïde épizootique, ayant régné, en 1865 et en 
1866, dans les Hautes-Pyrénées, sur les chevaux d'un chantier de 
construction de chemin de fer (Br. in-8°, Toulouse. 

1867. — Les ferrures nouvelles. Etude sur les divers systèmes'de ferrure 
proposés pour remplacer la ferrure actuelle ou remédier à ses incon- 
vénients (Br. in- 8°, Toulouse). 

1866. — L'Agriculture et le bétail en Navarre, mémoire transmis, à la 
suite d'une mission en Espagne, à M. le ministre de l'agriculture 
et comprenant les matières suivantes : 1° situation agricole et éco- 
nomique de l'Espagne et particulièrement de la Navarre; 2° ani- 
maux domestiques de cette province; 3° ressources qu'ils peuvent 
offrir à l'agriculture et à l'amélioration des races françaises 

1865-1870. — Revue agricole du Midi. Jonrnal bi-mensuel publié à 
Toulouse. 



— 25 — 

4 870. — De la création d'une Ecole régionale agricole dans le Midi de 

la France (Br. in-S°). 
4 870. — La pomme de terre et sa culture (Br. G. in-8° de 68 pages). 
4 871. — Les graminées indigènes. Tableau synoptique de la famille. 
4 871. — V Enseignement agricole en France. Projet de réorganisation. 
1 875. — Principes botaniques avec atlas naturel. 

3° travaux insérés dans les divers journaux. 

Journal de médecine vétérinaire (Lyon). 

4845-1847. — De l'emploi de l'eau froide dans plusieurs maladies chi- 
rurgicales. 

1846. — Considérations sur les races bovines algériennes. 

1847. — Observation d'un cas de fracture des os de la face et du nez, 
avec broiement de toute la région, chez un mulet, et suivie de gué- 
rison. 

Journal des vétérinaires du Midi (Toulouse). 

Rédacteur en chef de 1848 à 4 851. 

(Principaux articles). 

1848. — De l'affection farcino-morveuse chez l'homme. 
1848. — De la race canine. 

1848. — Loisirs d'un vieil agriculteur (Lettres anonymes consacrées à 
des études sur diverses questions du moment). Les concours en 
agriculture; Haras, courses, reniontes; Assurances contre la mor- 
talité de bestiaux, etc. 

1849-1851. — Chronique agricole et vétérinaire (Etudes sur diverses 
questions agricoles et zootechniques) : Enseignement agricole; 
emploi du sel dans l'alimentation du bétail ; insectes nuisibles ; pro- 
création dés sexes; concours agricoles, etc. 

1849. — De la cause de la périodicité dans la fluxion périodique du 
cheval. 

1849-1850. — La médecine vétérinaire dans l'armée (articles divers). 

1850. — La médecine vétérinaire en Espagne; l'Enseignement vétéri- 
naire à l'Ecole de Madrid ; la circulation du sang avant G. Haï vey 
{traductions de l'Espagnol). 

1 850, — Plan de réorganisation de l'enseignement vétérinaire. 
4 850. — La zootechnie et son enseignement à l'Institut de Versailles. 
4 850-1851. — Etudes sur les affections typhoïdes du cheval (6 arti- 
cles). 
4 854. — Exemples de fécondité chez les mules. 



- 26 — 

4 851. — L'alimentation du cheval de troupe. 

1851. — Etude sur l'exposition universelle de 1851, à Londres, aux 
points de vue agricole, vétérinaire et médical. 

4848-1851. — Travaux, sur des sujets divers : Enseignement, intérêts 
professionnels, etc.; revues critiques, analytiques et bibliographi- 
ques ; traductions d'ouvrages espagnols et anglais, etc. 

Annales de la colonisation algérienne (Paris). 

4853. — La nécessité du bétail en Algérie. 

4 854. — L'histoire comparée du cheval arabe et du cheval barbe. 

1 85 5. — L'élève du cheval en Algérie. 

Recueil de médecine vétérinaire (Alfort). 

4 855. — Sur l'hirudiculture. 

4 855. — La médecine vétérinaire à l'Exposition universelle de Paris. 

4 855-4 858. — Revues analytiques : du Boletin de veterinaria de Ma- 
drid ; des journaux vétérinaires français ; travaux bibliographi- 
ques, etc. 

Journal de Toulouse (feuille quotidienne de la Haute-Garonne). 

4 853. — De la production chevaline dans le Midi de la France (8 ar- 
ticles). 

1854. — Le cheval arabe et le cheval barbe au point de vue du croise- 
ment des races françaises parle sang oriental (7 articles). 

4 854-4 857. — De l'élève de l'espèce ovine dans le Midi de la France ; 
de son croisement avec les races anglaises perfectionnées (articles 
divers). 

4 857. — Avantages d'une école de dressage pour l'espèce chevaline. 
Utilité à Toulouse d'un concours de boucherie. Situation des espèces 
ovinn et porcine dans les environs de Toulouse. Emploi des engrais 
liquides en agriculture. De la division de la propriété au point de 
vue des intérêts agricoles (articles divers, etc.) 

1858-1867. — Revue scientifique et agricole (Revue régulière et études 
diverses sur différentes questions agricoles et zootechniques, scien- 
tifiques et médicales, etc.) 
— — Etudes sur les concours agricoles régionaux et départe- 
mentaux, les courses, etc. 

1867. — Etudes sur l'exposition universelle de Paris (11 articles). 

Revue de Toulouse (publication mensuelle). 

4 857. — Des lois de population, à propos du recensement officiel de la 
France. 



~ 27 - 

1858 — Le monde antidiluvien. Étude sur ses diverses périodes, et les 

espèces animales propres à chacune d'elles. 
1757-1859. — Etudes diverses sur des sujets multiples touchant aux 

sciences, à la médecine, à l'agriculture et à l'industrie. 
1867. — Les courses de Toulouse en 1867. 

Gazette des hôpitaux (Paris). 

1860. — Observation d'un cas d'apoplexie séreuse chez l'homme. 

Communiqué à la Société de médecine, de chirurgie et de pharmacie de 

Toulouse. 

1861. Du vitalisme et de l'organisme au point de vue de la pratique 
médicale (écrit à propos de la discussion en 1860 à l'Académie de 
médecine. 

1861. — De l'emploi thérapeutique des alcalins dans les fièvres inflam- 
matoires.) 

1864. De l'emploi chez l'homme du perchlorure de fer dans le traitement 
des engines couenneuses [Mémoires de la Société). 

Journal des vétérinaires du Midi (Toulouse). 

Rédacteur en chef de 1861 à 1866. 

{Principaux articles). 

1861. — La question du pur-sang et des courses d'hippodrome. 

1861. — Sur la curabilité de la morve, à propos de la discussion à 
l'Académie de médecine (4 articles). 

1 862. — Sur l'origine de la vaccine, à propos de la discussion à l'Acadé- 
mie de médecine. 

1863. — Sur la théorie de la fourbure chronique. 
1863. — De l'élasticité du sabot du cheval. 

1 664. — La question de la rage et de la vaccine à l'Académie de méde- 
cine. 

1865. — Etudes sur les courses à propos de Gladiateur. 
1865-1866. — Le typhus contagieux du gros bétail (articles divers). 

1866. — Les trichines et la trichinose. 

1860-1866. — Revues analytiques et bibliographiques; travaux sur des 
sujets divers : enseignement, questions professionnelles, etc. 

Bulletin hebdomadaire de l'Académie des sciences. 

1862. — La consanguinité chez les animaux domestiques (note lue à la 
séance du 11 août 1862). 



- 28 — 

Journal d'Agriculture du Midi (Toulouse). 

1864. — L'agriculture à l'exposition internationale de Bayonne. 

1865. — La transhumance en Espagne. 

1865. — De la détermination rationelle des rations chez les animaux 
herbivores domestiques. 

1867. — Les helminthes chez les animaux domestiques. 

1868. — Amélioration de l'espèce ovine dans le Midi et le Centre de la 
France par les races espagnoles. 

1 869. — Etude sur la maladie de la pomme de terre. 

1 870. — Rapport sur le concours agricole de Villefranche. 

1 871 . — Etude sur la fertilisation des terres. 

1872. — Les fossés au point de vue de l'intérêt agricole. 

1873. — Notes sur le Phylloxéra vastatrix. 

1873. — Le prix de la viande et l'industrie du bétail. 

1874. — La betterave et son rôle dans l'économie rurale. 

1 875. — Les races bovines du Sud-Ouest et les concours régionaux. 

Dans le Bulletin de la Société d'histoire naturelle. 

1870. — Du rôle véritable des aliments dans la nutrition. 
1873. — Nouvelle classification des minéraux avec tableau synoptique. 
1873. — Aperçu géologique sur la région de Rennes -les-Bains (Aude), 
avec 2 planches. 

Journal oV agriculture pratique (Paris). 

1866. — Concours agricole de Pampelune. 

1867. — La maréchalerie à l'Exposition universelle. 
1869. — Les races ovines espagnoles. 

1876. — Concours régional agricole de Rodez. 

Progrès libéral (de Toulouse). 

1869-1872. — Revue scientifique et revue agricole (articles hebdoma- 
madaires). 

4° RECHERCHES EXPÉRIMENTALES DIVERSES. 

Sur les maladies du sang. Sur les lésions des artères et des veines. Sur 
les effets immédiats et consécutifs de l'application du feu. Sur le 
mode de cicatrisation des plaies résultant de la castration. Sur les 
sections sendincnses sous cutanées. Sur le moJe de formation et de 
division des tissus cornés Sur les fonctions physiologiques du 
pied, etc. 

Les résultats de ces expériences se trouvent indiqués dans les Eléments 



— 29 - 

de chirurgie, dans le Traité de la castration, dans quelques-uns des 
Mémoires cités plus haut, et dans les comptes-rendus annuels de 
l'Ecole nationale vétérinaire de Toulouse. 



M. E. Cartailhac, comme secrétaire-général de la Société, 
exprime à son tour ses regrets et s'associe aux sentiments 
manifestés par M. le Président. M. Gourdon était son ami 
personnel depuis dix ans, et sa mort prématurée l'a doulou- 
reusement surpris. 

Dans toutes les Sociétés savantes, un petit nombre de per- 
sonnes se multiplient pour assurer l'intérêt des séances et 
des publications, l'activité scientifique delà compagnie. Elles 
sont sur la brèche dans l'intérêt de tous et suppléent par leur 
activité à l'indifférence du plus grand nombre. Gourdon 
était ainsi dévoué, et la Société d'Histoire naturelle aura des 
efforts à faire pour ne point ressentir les effets de la perte 
de son président. 

11 y a précisément dix années qu'un petit nombre de na- 
turalistes fondait la Société. Tout d'abord une soixantaine 
de volontaires se réunirent avec empressement aux fonda- 
teurs, et l'on pouvait espérer beaucoup de l'institution nou- 
velle. Qu'a-t-elle fait depuis dix ans? Quelle est son impor- 
tance parmi les autres Sociétés savantes ? 

La Société avait pour but d'étudier le sol, la flore, la faune 
du pays toulousain, de contribuer aux progrès du muséum 
de la ville. 

Or on trouve dans ses bulletins la plupart des catalogues 
d'histoire naturelle publiés depuis Lapeyrouse. Il est certain 
que sans elle ces travaux n'auraient pas vu le jour ; et tan- 
dis que les autres sociétés provinciales, en général, forment 
leurs annales avec des discours solennels lus dans les séan- 
ces publiques , les séances d'ouverture ou les séances de 
réceptions, avec des comptes-rendus d'ouvrages, et des rap- 
ports sur des excursions plus ou moins scientifiques , la 
Société d'Histoire naturelle a consacré son budget à impri- 



- 30 — 

mer des œuvres dont la lecture est aride mais la valeur in- 
contestable. 

On peut citer par exemple : 

Mémoires sur les Coquilles fossiles des terrains d'eau douce 
du sud-ouest de la France, par M. J.-B. Noulet. 

Catalogue des Lépidoptères de la Haute-Garonne, par 
M. Auguste d'Aubuisson. 

Catalogue des Insectes coléoptères du Languedoc , par 
M. Marquet. 

Catalogue des Insectes hyménoptères du Languedoc, par 
le même. 

Catalogue des Mollusques terrestres et fluviatiles recueillis 
dans les départements des Basses-Pyrénées , des Hautes- 
Pyrénées et des Landes, par M. le général de Nansouty. 

Catalogue raisonné des Oiseaux observés sur le versant 
français des Pyrénées et de la région, par M. A. Lacroix. 

Catalogue raisonné des Insectes coléoptères des Landes, 
par M. Emile Gobert. 

Catalogue des Mollusques de la région de Toulouse, par 
M. Paul Fagot. 

Catalogue des Mollusques des Pyrénées de la Haute-Ga- 
ronne, par M. Alfred de Saint-Simon. 

Un des mérites de la Société est d'avoir provoqué un 
mouvement considérable en faveur du rétablissement de 
l'histoire naturelle dansles programmes du baccalauréat. Elle 
avait tenté les premières démarches à une époque où per- 
sonne n'espérait le succès. Elle recevait les confidences de 
nombreux professeurs des lycées ou des facultés, de Paris, 
et de la province; à son appel, quarante Académies et 
Sociétés n'hésitaient pas à répondre favorablement, et les 
lettres d'adhésion, les rapports motivés de ces compagnies 
forment la moitié d'un volume (1 ). Plusieurs membres du con- 
seil supérieur de l'instruction publique ont reconnu avec 

(4) Voir le Bulletin, quatrième année, tome IV, p. 27 et passim. 



- 34 - 

justice que l'on doit à la Société le résultat partiel de cette 
revendication solennelle. * 

La Société n'exécute plus depuis quelques années les 
grandes excursions lointaines qu'elle avait l'habitude de 
faire à son origine. Mais elle a donné à ses membres le goût 
des excursions individuelles, moins bruyantes mais plus sé- 
rieuses et plus productives. 11 est , en effet , bien difficile 
d'associer avec succès pour quelques jours et sur la même 
route des géologues, des paléontologistes, des botanistes, des 
entomologistes, etc. Les uns doivent marcher vite, les au- 
tres stationner avec patience ; l'excursion est uniquement 
faite au profit d'une seule branche des sciences malgré la 
présence des divers spécialistes ; en dépit du plaisir incon- 
testable de ces courses pittoresques, ceux-ci regrettent à la 
fin leur temps et leur argent. Ce sont là d'ailleurs les deux 
choses nécessaires qui manquent d'ordinaire aux jeunes 
hommes et aux gens du monde, qu'il faudrait pouvoir en- 
traîner par les excursions vers l'étude de l'histoire naturelle. 

Le nombre des adhérents que l'on peut faire est trop 
limité dans un pays où les notions même élémentaires 
d'histoire naturelle manquent tout-à-fait On est douloureu- 
sement surpris de voir combien peu d'ouvrages d'histoire 
naturelle concernant la région dont Toulouse est le centre 
ont été mis au jour depuis cinquante années, et cette pénu- 
rie permet déjuger avec impartialité le rôle de la Société, 
son action, ses résultats. Elle a formé une biblothèque de 
plus de mille volumes parfaitement classée , comprenant 
une série d'ouvrages que l'on chercherait en vain dans les 
autres dépôts de Toulouse. Fidèle à ses statuts, elle a lar- 
gement contribué à l'organisation du Muséum d'histoire 
naturelle. Il est facile de reconnaître que la liste des bien- 
faiteurs du Muséum est presque exactement la liste des Mem- 
bres de la Société. 

En 1871, des questions personnelles avaient, bien à tort 
.et par accident, occasionné un instant de trouble au sein 



— 32 - 

de la Société d'histoire naturelle; quelques-uns de ses mem- 
bres voulurent se retirer ; les autres, groupés autour de la 
majorité des fondateurs, revinrent immédiatement aux tra- 
vaux scientifiques et n'ont plus voulu se laisser distraire. 

Aujourd'hui, avec une centaine de membres titulaires et 
un budget de 2,500 francs, la Société peut envisager cou- 
rageusement l'avenir et reprendre avec confiance ses occu- 
pations ordinaires. Pour servir les études qui lui sont chères, 
elle n'a qu'un devoir : continuer. 

M. le Président annonce plusieurs présentations 



Séance du 3 décembre. 

Présidence de M. A. de Saint-Simon. 

La correspondance comprend les publications des Sociétés 
savantes et des Revues (liste dressée à la fin du volume). 

M. le Président, après avoir lu les articles du règlement 
concernant les élections, fait ouvrir les lettres des membres 
titulaires qui ont envoyé leur vote écrit. 

Le dépouillement du scrutin donne les résultats suivants : 
Président. M. Alfred de Saint-Simon. 

Vices-Présidents. 1 er M. d'Aubuisson. 

2 e M. BlDAUD. 

Secrétaire- général. M. Emile Gartailhac. 
Secrétaire-adjoint. M. Gaston de Malafosse. 
Trésorier. M. A. Lacroix. 

Archiviste. M. le colonel Belleville. 

Membres du Conseil d'administration . 
MM. Marquet et Lasserre. 

Membres du Comité d'impression : 
MM. Bidaud, Fabre, Gaston de Malafosse , Trutat. 
M. le Président proclame membres titulaires de la Société: 
M. Roger de Lavalette, Gessales, près Villefranche-de-Lau- 
ragais, Haute-Garonne. 



— 33 - 

M. Alfred Mellier, Vallègues, près Villefranche de Laura- 

gais, Haute-Garonne ; 
M.Victor Crouzil , instituteur primaire, Lardenne, près 

Toulouse ; 
présentés par MM. Fagot et de Saint-Simon. 
M. Blaquière de Lavalmale, à Bessan, Hérault, présenté par 

MM. Desjardins et de Saint-Simon. 

Le Secrétaire-général communique à la Société le Mémoire 
suivant, envoyé par M. P. Fagot. 

Catalogue des Mollusques des petites Pyrénées de la 

Haute- Garonne comprises entre Cazères et Saint-Martory 

par M. P. Fagot, membre titulaire. 

I. 

Moquin-Tandon, grâce au concours que lui prêtèrent son 
ami M.leD r Noulet et quelques-uns de ses élèves de Reyniés, 
Partiot et Saint-Simon, grâce aussi à ses propres recherches, 
recueillit un certain nombre d'espèces des alluvions de la 
Garonne dont il donna la nomenclature dans son Mémoire 
sur quelques mollusques terrestres et fluviatiles nouveaux 
pour la faune des environs de Toulouse (in Mem. Acad. scien. 
Toulouse, t. VI, p. 467, 184, 4843. Ces espèces sont : 

Hélix aculeata. 
Bulimus obscurus. 
Clausilia laminata. 
— parvula . 
Pupa avenacea. 

— r ingens. 

— pyrenearia. 

— frumentium. 

— polyodon-Pupa ringicula. 

— Goodallii-Azeca Nouletiana. 

— inornata. 

— bigranata-Pupa muscorum. var. Bigranata 

— anglica-Vertigo Moulinsiana. 

— edentula-Vertigo edentula. 

— pusilla. 

3 



— 34 - 

Cydostoma fuscum-Acme Dupuyi. 
Paludina abbreviata-Paludinella abbreviata. 

— bulimoidea. 

— ? vitrea-Moilessieria Simonia. 

Les compilateurs (de Grateloup, Drouet), s'emparant du 
travail de Moquin-Tandon citèrent quelques-unes de ses 
espèces et, après avoir supprimé même, pour certaines d'en- 
tr'elles la mention de « recueillies dans les alluvions de la 
Garonne » purent laisser croire qu'elles vivaient réellement 
à Toulouse. 

En 1855, dans son histoire naturelle des mollusques, Mo- 
qu'm reproduisit à peu près les mêmes erreurs, rapportant 
toutefois l'espèce qu'il avait appelée Pupa anglica au Vertigo 
Moulinsiana (Dupuy) et la Paludina ? vitrea à son acme Si- 
moniana. 

Dans notre catalogue des mollusques de la région de Tou- 
louse (voir Bullet. Soc. hist. nat. Toulouse, p. 101 etsuiv. 
1875) nous avons établi que le Pupa ringicula avait été trouvé 
à Toulouse dans les alluvions de l'Hers et non dans les 
alluvions de la Garonne, cette espèce étant probablement 
venue des Pyrénées-Orientales par l'Aude; nous avons 
ajouté que le Pupa frumentum n'avait jamais été recueilli 
ainsi que les Vertigo inornata et pusilla. 

II. 

M. de Saint-Simon, ayant effectué des recherches dans les 
environs de Cierp et à Roquefort près Boussens (vallée de la 
Garonne) a pu, aidé par les quelques indications que nous 
lui avons fournies, donner une liste assez complète des es- 
pèces qui avaient été signalées dans les alluvions de la Ga- 
ronne et qu'il a retrouvées vivantes dans les parties moyen- 
nes et supérieures de la vallée (Mollusques des Pyrénées de 
la Haute-Garonne : Bullet. Soc. hist. nat. Toulouse, t. X, 
p. 122, 444, 1876). 

Nous venons aujourd'hui essayer de démontrer d'une ma- 
nière évidente que presque toutes les espèces entraînées à 
Toulouse par les alluvions viennent du massif éocène et cré- 
tacé situé entre Cazères et Saint-Martory. 



- 35 - 
III. 

La vallée de la Garonne, de Toulouse à Cazères est bordée 
des deux côtés par des chaînons de collines appartenant au 
terrain miocène. L'espace compris entre le pied des collines 
bordant la rive droite du fleuve et le chaînon qui court sur 
la rive gauche à moins de 5 kilomètres dans les endroits 
les plus éloignés et qui s'en rapproche peu à peu de 
Cazères à Martres-Tolosane, est recouvert par une nappe 
de cailloux roulés, étagée en terrasses diluviennes ; ce man- 
teau s'étend, sur la rive gauche seulement, depuis Cazères 
jusqu'aux environs de Boussens. En remontant la rive droite 
du fleuve, à partir du ramier de Palaminy, on aperçoit : 
1° Une bande constituée par le poudingue de Palassou; 
2° une deuxième bande étroite qui doit être rapportée au 
garumnien de M. Leymerie; 3° la continuation du poudin- 
gue de Palassou ; 4° et un îlot de terrain dont la bordure 
étroite est constituée par l'étage nummulitique, tandis que 
toutes les autres parties rentrent dans la formation crétacée. 
Si l'on parcourt au contraire la rive gauche de Boussens à 
Saint-Martory on a, en face du garumnien de la rive oppo- 
sée, le poudingue de Palassou; puis une bande très-mince 
de craie inférieure limitée à peu près par une ligne droite 
formée par la prolongation du poudingue de la rive droite ; 
en dernier lieu un petit massif exclusivement calcaire qu'avec 
notre regretté collègue Henri Magnan, nous croyons appar- 
tenir à la craie moyenne. 

L'ensemble de ces terrains peut être divisé, au point de 
vue de la répartition des mollusques, en trois régions : 1° le 
miocène, avec le diluvium qui le recouvre en certains points 
sur lequel vivent les espèces de la plaine; 2° l'éocène qui, 
grâce à la présence de strates calcaires régnant au milieu 
des argiles, reçoit plusieurs espèces de la craie; 3° Et le cré- 
tacé sur lequel sont répandus la plupart des mollusques 
propres à la région pyrénéenne. Lorsque nous disons qu'une 
région est caractérisée par certaines espèces, nous ne pré- 
tendons point affirmer que ces espèces ne se retrouvent 
point sur les formations qui les suivent ou les précèdent ; 
notre intention est seulement de montrer que certains mol- 



— d6 — 

lusques ont leur centre de répartition dans une région dé- 
terminée et ne s'aventurent dans une autre qu'accidentelle- 
ment ou par diffusion. Cette proposition sera établie dans le 
catalogue suivant : 

IV. 

Genus 1 . — Arion. 

1 . Arion rufus. 

Limax rufus Linnœus. Syst. nat., édit. X, p. 652, 1758. 
Arion rufus. Michaud. Compl. Drap., p. 4, n° 2, 1831 . 

2. Arion subfuscus. 

Limax subfuscus, Draparnaud, Hist. Moll., p. 8, tab. IX, 
tig. 8, 1805. Arion subfuscus. Michaud, Compl. Drap., p. 4, 
n<> 4, 1831. 

Ces deux espèces sont communes à tous les terrains. 

Genus 2. — Krynickillus. 
1 . Krynickillus Bourguignati. 

Krynickillus Bourguignati. J. Mabille, Hist. malac. bass. 
parisien, p. 8, 1871. 

Fossé d'écoulement de la fontaine de Saint- Vidian, près 
Martres (diluvium) sur les briques humides. R. 

Il est intéressant de retrouver cette espèce, assez commune 
dans la plaine du Lauragais, aux pieds même des petites 
Pyrénées. 

Genus 3. — Limax. 

1 . Limax agrestis. 

Limax agrestis. Linnœus. Syst. nat. édit. X, p. 652, 1758. 
Partout. C. C. 

Genus 4. — Vitrina. 

1 . Vitrina Draparnaudi. 

Vitrina Draparnaldi. CuVier, Régn. anim., p. 405 (en note), 
1817. Vitrina Draparnaudi. Leach. Brit. Moll., p. 80, 1820 
(inédit), teste. Turton. man. 1831. 



- 37 - 

Roquefort près Boussens où elle a été découverte par 
M. de Saint-Simon. 

4 . Vitrina elongata. 

Vitrina elongata. Draparnaud. Hist. Moll., p. 420, tab. 
VIII, fig. 40-42, 4805. 

Bois de Bordier (rive gauche) : nummulitique. Bois de 
Mauran (rive droite) : Poudingue de Palassou. 

Il n'est point impossible que cette espèce soit descendue 
jusqu'à Toulouse où elle a été recueillie par M. de Saint- 
Germain avant 4843, sans pouvoir être retrouvée depuis. 

Genus 5. — Succinea. 

1. Succinea Pfeifferi. 

Succinea Pfeifferi. Rossmassler. icon. der land and suswas. 
Moll. Heft. I, p. 96, fig. 45, 1835. 

Très-commune dans la rigole d'écoulement de la fontaine 
de Saint- Vidian, près Martres, sur les plantes aquatiques, 
seule localité où nous l'avons rencontrée jusqu'à ce jour. 
Cette espèce nous paraît venue de la plaine où elle pullule, 
malgré qu'elle ait pénétré jusques dans les Pyrénées propre- 
ment dites. 

Genus 6. — Zonites 

4 . Zonites fulvus. 

Hélix fulva. Muller. Verm. hist. t. II, p. 56, n° 24, 4774. 
Zonites fulvus. Moquin-Tandon, Hist. nat. Moll France, t. II, 
p. 67, 4 855. 

Bois de Bordier et route de Marignac près Martres (éocène). 
Espèce répandue dans tous le département à l'exception des 
points élevés. 

2. Zonites stœchadicus. 

Zonites stœchadicus. Bourguignat (4). 
Bois de Bordier (éocène). Route de Saint-Martory à Salies 
(crétacé). 

(1) Espèce inédite que notre ami M. Bourguignat se propose de dé- 
crire prochainement dans le deuxième fascicule de ses « species novissimse 
molluscorum in Europaeo systemati detectse. » 



— 38 - 

Cette espèce, tenant à la fois des Zonites lucidus et cellarius 
a été trouvée déj^t dans les Pyrénées-Orientales et dans les 
Pyrénées de l'Ariége; elle semble remplacer, dans la partie 
mon tueuse, le Zonites cellarius. 

3. Zonites nitens. 

Hélix nitens Gmelin. Syst. nat. édit. XII, p. 3633, n° 66, 
1788. Zonites nitens, Bourguignat. Cat. coq. d'Orient in voy. 
mer Morte, p. 8 (en note), 1853. 

Crétacé et éocène. 

Régnant principalement dans les montagnes moyennes et 
les petites Pyrénées, ce Zonite est arrivé jusqu'à Toulouse, 
mais sans dépasser là les rives de la Garonne. 

4. Zonites incer 'tus. 

Hélix incerta. Draparnaud, Hist. Moll. p. 109, tab. XIII, 
fig. 8-9, 1805. 

Paraît avoir dans la Haute-Garonne les mêmes limites 
géographiques que le précédent. 

5. Zonites diaphanus. 

Hélix diaphana. Studer, Kurzes. Verzeichm., p. 86, 1829. 
Zonites diaphanus. Moquin-Tandon, Hist. nat. Moll. France, 
t. II, p. 90, 1855. 

Cette espèce qui habite les montagnes moyennes (Cierp) 
vit aussi dans les petites Pyrénées. Route d'Aspet à Sengoua- 
gnet sur les schistes; Montpezat, sur les calcaires, où nous 
l'avons trouvée nous-meme. Roquefort où elle a été prise 
par M. de Saint-Simon. Elle s'avance jusqu'à Saint-Michel- 
du-Touch, près Toulouse, mais elle njy est point commune; 
on peut la considérer comme montagnarde. 

6. Zonites crystallinus. 

Hélix crystallina. Muller, Verm. hist. t. II, p. 23, n° 233, 
1771. Zonites crystallinus. Leach. Brit. Moll., p. 105, 1820 
(inédit, teste Turton. manual., p. ,1831. 

Alluvions de la Garonne à Martres, R. 

Ce zonite est sans doute venu de la plaine où il est com- 



- 39 — 

mun, il ne paraît point se disperser dans les petites Pyré- 
nées. 

Genus 7. — Hélix. 

1. Hélix rotundata. 

Hélix rotundata. Muller, Verni, hist. t. 11, p. 29, n° 231, 
1774. 

Cette espèce qui vit sur les formations commençant aux 
terrains de transition et finissant à l'éocène inclusivement, 
passe dans le miocène et arrive jusqu'à Saint-Michel-du- 
ïouch près Toulouse, plus rare à mesure qu'elle s'éloigne 
du crétacé sur lequel elle se plaît. 

2. Hélix obvoluta. 

Hélix obvoluta. Muller. Verni, liist., t. Il, p. 27, n° 229, 
1774. 

Même remarque que pour le précédent; toutefois ce der- 
nier peut être recueilli sur le diluvium, tandis qu'il n'en 
est point de même pour YHelix obvoluta confiné sur les 
coteaux. 

3. Hélix squammatina. 

Hélix squammatina. Marcel de Serres , in litt. et sched. 
teste Dupuy, hist. moll. France, 2 e fasc. p. 155. tab. VI, fig. 
5, d. 1848. 

Montpezat (rive gauche), — Coteaux vis-à-vis Saint-Vidian 
(rive droite) ; crétacé sur les gros blocs de rochers au pied 
des escarpements calcaires. 

Quoique vivant sur les terrains secondaires (jurassique : 
Saint-Girons, crétacé , loc. cit,), cette espèce s'est avancée 
autrefois jusqu'au bord du Touch, où elle fut recueillie par 
M. de Saint-Germain, et où elle existe peut-être encore. 

4. Hélix lapicida. 

Hélix lapicida. Linnaeus. Syst. nat. édit. X, p. 768, n° 572. 
1758. 

Sa distribution géographique est à peu près celle de Y Hélix 
rotundata ; pourtant elle est plus robuste, ce qui lui permet 
de s'avancer plus franchement dans le miocène et le qua- 
ternaire. 



— 40 - 

5. Hélix nemoralis. 

Hélix nemoralis, Linnœus. Syst. nat. edit. X, p. 773, 
n° 604. 1758. 

Règne à peu près exclusivement sur le diluvium, le mio- 
cène et le tertiaire ; elle s'avance bien sur les terrains plus 
anciens au milieu delà suivante, mais y occupe un rang très 
intérieur. 

6. Hélix hortensis. 

Hélix hortensis, Muller. Verm. hist. t. II, p. 52 , n° 249. 
1774. 

V Hélix hortensis est très-abondante sur les terrains de 
transition ; elle passe dans les terrains secondaires en deve- 
nant moins nombreuse, devient rare dans le tertiaire et ne 
se rencontre qu'exceptionnellement sur le quaternaire. 

7. Hélix aspersa, 

Hélix aspersa. Muller. Verm. hist. t. Il, p. 59, n° 253. 
1774, 

Vit sur tous les terrains mais est moius répandue sur les 
formations secondaires et de transition. 

8. Hélix pulchella. 

Hélix pulchella. Muller. Verm. hist. t. Il, p. 30, n« 232. 
1774. 
Montpezat. 

9. Hélix limbata. 

Hélix limbata. Draparnaud. Hist. mol!, p. 100, n° 28, 
tab. VI, fig. 29. 1805. 

Cette espèce est très-abondante sur tous les terrains, seu- 
lement elle disparaît dans plusieurs points du miocène et 
s'arrête à peu près aux coteaux de Pech-David ; en consé- 
quence, sa diffusion paraît avoir eu lieu par les parties mon- 

tueuses. 

10. Hélix carthvsiana. - 

Hélix carthusiana. Muller. Verm. hist. t. Il, p. 15, n°214. 
1774. 

Très-abondants dans la plaine, YHelix carthusiana remonte 
la vallée de la Garonne jusqu'à Cierp. 



- 41 - 

11. Hélix hispida, 

Hélix hispida. Linnaeus. Syst. nat. edit. X, p. 771 , n° 91 . 
1758. 

Espèce de la plaine qui nous semble préférer le fond de la 
vallée. 

12 Hélix ericetorum. 

Hélix ericetorum. Muller- Verm. hist. t. II, p. 33, n° 236, 
1774. 

L'on rencontre dans le département deux formes très- 
distinctes de cette espèce ; l'une, de grande taille, préfère la 
partie pyrénéenne et s'avance pourtant jusqu'à Pech-David ; 
l'autre, de taille moyenne ou petite, est plus abondante dans 
la plaine ; elle ne s'avance qu'exceptionnellement dans les 
petites Pyrénées et les Pyrénées proprement dites. 

13. Hélix neglecta. 

Hélix neglecta. Draparnaud. Hist. moll. p. 108, tab. VI, 
fig. 12-13. 1805. 

Venue évidemment des bords de la Méditerranée, cette 
espèce a franchi la Garonne et a remonté peu à peu la vallée 
de ce fleuve puisqu'on la retrouve jusqu'à Montréjeau et 
même dans les Hautes-Pyrénées. Nous l'avons recueillie 
nous-même à Martres, Valentine et Montréjeau. 

14. Hélix caperata. 

Hélix caperata, Montagu. Test. Brit., p. 430, tab. XII, fig. 
15. 1803. Ayant suivi la même route que V Hélix neglecta, 
cette coquille a trouvé une station favorable sur les calcaires 
crétacés exposés au soleil et abrités, et a établi une nom- 
breuse colonie à Saint-Martory et dans les environs. 

15. Hélix rugosiuscula. 

Hélix rugosiuscula. Michaud , compl. Drap., p. 14 , n° 8, 
tab. XV, fig. 11-14. 1831, 

Même observation que pour la précédente. 

Genus 8. Bulimus. 

1. Bulimus obscurus. 

Hélix obscura. Muller. Verm. hist. , t. Il , p. 103, n° 302. 



- 42 - 

1774. — Bulimus obscurus. Draparnaud. Tabl. moll, p. 65, 
n«» 1. 1801. 

Cette espèce monticole, dans notre département, descend 
jusque sur les calcaires crétacés de Montpezat, où nous l'avons 
recueillie dans l'intérieur du château de ce nom , sous les 
gros blocs de roches entassées au pied des murailles en 
ruines. 

Genus 9. — Ferussacia. 

1 . Ferussacia exigua. 

Achatina exigua. Menke. Synops. moll. edit. II, p. 29. 
1 830. — Ferussacia exigua. Bourguignat. Moll. nouv. lit. ou 
peu connu. 4 e décade, p. 122. 1864. 

Alluvions de la Garonne : Boussens, Martres, etc. 

Si, malgré l'opinion de plusieurs auteurs, nous maintenons 
la Ferussacia exigua au rang d'espèce, c'est qu'elle nous pa- 
raît spéciale à la région pyrénéenne. Nous ne l'avons trouvée 
vivante que jusqu'aux environs de Boussens, quoiqu'elle 
doive se rapprocher davantage de Toulouse ; dans le mio- 
cène et le diluvium , elle est remplacée par la Ferussacia 
subcylindrica. 

Genus 10. — G^cilianella. 
1. Cœcilianella Lesviellei. 

Cœcilianella Lesviellei. Bourguignat. Monogr., genre Cœci- 
liam. in amén. malac, t. I, p. 217, tab. 18, fig. 6-8. 1856. 

Nous avons recueilli plusieurs individus bien caractérisés 
de cette coquille dans les alluvions de la Garonne entre 
Boussens et Martres ; il est très-probable que nous la retrou- 
verons dans la région pyrénéenne, où elle n'a jamais encore 
été signalée, M. de Saint-Simon ayant recueilli à G ierp la 
Cœcilianella eburnea. 

Genus 11. — Clausilia. 

1. Clausilia laminata. 

Turbo laminatus. Montagu. Test. Brit., p. 359, tab. XI , 
lig. 4, 1803. — Clausilia laminata, Turton. Man. of land and 
ireshwat. etc., p. 70, 1831. 



— 43 — 

Cette espèce n'a encore été signalée dans la Haute-Ga- 
ronne que sur la montagne de Gagire, où elle a été trouvée 
vivante par M. Lespés. Il est peu probable qu'elle a effectué 
un aussi long trajet pour être charriée par les alluvions jus- 
qu'à Toulouse. Elle doit exister sur les éminences crétacées 
bordant la Garonne, et c'est là probablement qu'on la dé- 
couvrira. 

2. Clausilia nigricans. 

Turbo nigricans. Pultney. Gat. of Dorset, edit II, p. 58, 
tab. XVIX, fig. 10, 1799. — Clausilia nigricans. Jeffreys. 
Synops. testac. in Trans. Linn. Lond.,t. XVI, p. 351. 1828. 

Var. meridionalis. 

Cette variété qui vit dans la plaine, sous l'écorce des vieux 
saules , se retrouve dans les mêmes conditions sur les bords 
de la Garonne, à Martres (diluvium). 

3. Clausilia Andreana. 

Testa vix rimata, fusiformi , nitida, subpellucida , fusco- 
cornea, unicolore aut rarius circa suturam passim albo- 
strigillata (supremi 3 Isevigati exepti) lamellata ; lamellse de- 
biles fere rectœ, regulares , in ultimo validiores ac magis 
distantes; — spira reguiariter acuminata, superne subma- 
millata; apice obtuso , mamillato ; lsevigato; — anfracti- 
bus 11 (supremi convexi, ultimi convexiusculi); lente ac 
reguiariter crescentibus, sutura sat im pressa separatis ; — 
ultimo externe vix impressiusculo ad basim leviter sulcato 
ac bicristato (crista supera minima, obsoleta, ante marginem 
evanescens; crista infera valida, arcuata , producta, margi- 
nem attingens ; — apertura fere verticali, subalbida autpal- 
lide castanea, subobliqua, oblonga, superne angulata, intus 
in margine externo callosa (callus exiguus , cum apertura 
obliquus , lamellam palatalem simulans) , plicata scilicet : 
— - A. pariétales duae quarutn superior marginalis, tenuis 
cum spirali juncta; inferior subremota, mediocris, aliquando 
lamellam exiguam mittens ; — B. plica subcolumellaris cons- 
picuu, arcuata ; — palatales duae; supera tenuis, ultra lunel- 
lam prolongata ; infera callosa, valida, parum arcuata, 
in fauce remota ac lunellam fere attingens ; — D. lunella 
crassa, aperta, subrecta. exterius apparens ; — E. plicœ in- 



— 44 - 

ter lamellares nullœ ; peristomate continuo, soluto, albido, 
reflexo ; — ait. 11 , diam. 2 1/4 millim. 

Cette espèce, que nous nous faisons un plaisir de dédier à 
notre parent et ami, M. André Bellecour, a été trouvée à 
Martres (diluvium) sur les murs couverts de mousses et dans 
les bois (éocène). Cette nouvelle Glausilie, quoique ressem- 
blant extérieurement à la Clausilia rugosa, (Drap.) par la 
force et l'écartement de ses stries, fait partie, à cause de la 
compression de sa lamelle pariétale inférieure, d'un groupe 
spécial aux Pyrénées. 

4. Clausilia nana. 

Clausilia nana. Kuster in Chemnitz und Martini edit. II, 
gen. Clausilia. p. 156, pi. XVII, fig. 27, 29. 1850? 

Mamelon du château de Montpezat (crétacé). 

Nous sommes portés à croire que c'est cette espèce qui aura 
été entraînée à Toulouse au milieu des alluvions de la Ga- 
ronne et aura été prise pour la Clausilia parvula, coquille que 
nous n'avons point encore observée dans les Pyrénées. 

5 Clausilia Rolphi. 

Clausilia Rolphii. Leach. Brit, moll., p. 119. 1820 (inédit), 
teste Gray.nat arrang. moll. in medic. Repos., t. XV, p. 329. 
1821. 

Avec V Hélix squammatina (crétacé). 

Cette espèce habite principalement les Pyrénées moyen- 
nes ; elle s'est avancée jusqu'aux environs de Toulouse par la 
vallée de la Garonne et aussi par celle de l'Ariége, ainsi que 
nous l'indiquerons plus tard. 

Genus 12. — Pupa. 

1 . Pupa cereana. 

Pupa cereana. Muhlferdt, mss., teste Kuster in Ghemn. und 
Martini, edit II, gen. Pu/m. p. 47, pi. IV, fig. 9-11. 1845. 

Mamelon de Montpezat (crétacé). 

Cette espèce vit à cet endroit à quelques mètres de la 
Garonne; il n'est point étonnant qu'un petit nombre d'indi- 
vidusroulés parles eaux ait été entraîné dans le lit du fleuve 
et soit arrivé jusqu'à Toulouse. 



- 45 - 

Le Pupa cereana remplace, dans les parties basses de la 
chaîne, le Pupa avenacea des Alpes, comme le Pupa Bigor- 
riensis, dans les parties moyennes, prend le lieu du Mega- 
cheilos. 

2. Pupa pyrenœaria. 

Pupa pyrenœaria. Boubée (Bombey err. typ.)> in Michaud, 
compl. Drap., p. 66, n 15, tab. XV, fig. 37, 38. 1831. 

Saint-Martory, sur les escarpements de VEscalère (cré- 
tacé) . 

Cette espèce monticole arrive jusqu'à Saint-Martory qu'elle 
ne dépasse guère. C'est positivement de cette localité qu'ont 
été entraînés les individus recueillis dans les alluvions de la 
Garonne à Toulouse, puisqu'on y retrouve la variété plus 
allongée que le type dont Moquin avait fait son Pupa 
saxicola. 

3. Pupa Baillensi. 

Pupa Baillensii. Dupuy , not. espèc. genr. maill. nouv*. 
extr. soc. agric Gers , fig. juillet 1873. 

Var. GarumnicaM. hi Testa major, minus acuminata, cumplica 
palatali superiore magis elongata ac prominente. 

Cette variété, qui semble caractériser la vallée de la Ga- 
ronne, commence à se montrer à Luchon, vit sans interrup- 
tion jusqu'à Montpezat, sur la rive gauche de la Garonne ; 
sur la rive droite, elle atteint presque la limite de l'éocène à 
Mauran. Si on la rencontre plus fréquemment dans les allu- 
vions de la Garonne à Toulouse, c'est qu'elle vit sur les 
bords même du fleuve, tandis que les Pupa cerema et pyre- 
nœaria en sont toujours un peu éloignés. 

4. Pupa granum. 

Pupa granum. Draparnaud, Tabl. Moll., p. 50, n° 9, 4801. 

Espèce commune surle mamelon du château de Montpezat 
(craie) et qui n'avait point encore été signalée dans les peti- 
tes Pyrénées de la Haute-Garonne. 

5. Pupa muscorum. 

Turbo muscorum. Linseus. Syst. nat., édit. X, p. 767, 
1758. 



- 46 - 

Pupamuscorum. Lamark, Hist. nat. anim. sans vert., t. VI, 
2 e part., p 114, 1822. 

Montpezat, Saint-Martory (crétacé). 

Var. Bigranata (Pupa bigranata. Rossmassler, Icon. der 
land and susswass. Moll., Helt't., IX, X, p. 25, fig. 645, 
1839). 

Avec le type. 

Genus 13. — Planokbis. 
1 . Planorbis rotundatus. 

Planorbis rotundatus. Poiret, coq. fluv. et terr., Aisne et 
env. Paris. Prodrom., p. 93, n° 6, 1801. 

Fossés à Martres (diluvium). 

Cette espèce, venue de la plaine, s'arrête à la limite de 
l'éocène. 

Genus 14. — Physa. 

1 . Physa acuta. 

Physa acuta. Draparnaud, Hist. Moll. , p. 55, tab. III, 
fig. 10, 11, 1805. 
Avec le Planorbis rotundatus. 

Gentts 15. — LimnjEa. 

1 . Limnœa auricularia. 

Hélix auricularia. Linnseus , syst. nat. édit. X, p. 774, 
n* 617, 1758. 

Limneus auricularius . Draparnaud, Tabl.Moll., p. 48, n° 1, 
1801. 

Limnœa auricularia. Rossmassler , Icon. der land and 
susswass Moll. Heft. I, fig. 35, 1835. 

Pont du canal de Saint-Martory, sur la route de Marignac 
(diluvium). 

Cette limnée, propre à la plaine, a plus tard remonté la 
vallée de la Garonne jusqu'à Saint-Béat; 

Limnœa limosa. 

Hélix limosa. Linmeus, Syst. nat. édit. X, p. 774, n° 615, 

1758. 



- 47 — 

Limnœa limosa. Moquin-Tandon, Hist. nat. Moll., France, 
t. Il, p. 465, 1855. 

Cette espèce ne quitte guère le fond de la vallée et se 
trouve en abondance dans les flaques d'eau sur les bords de 
la Garonne. Elle a suivi la même route que la précédente. 

3. Limnœa peregra. 

Buccinum peregrum. Muller, Verni., Hist., t. Il, p. 4 30, 
n° 234, 1774. 

Limnœa peregra. Lamark, Hist. nat. anim., sans vert., 
t. VI, p. 461, n° 2, 4821. 

B var. Boubeeiuna. Noulet, Moll., d'Ax (Ariége). Extr. 
Mém. acad. scienc. Toulouse, p. 13, 14, 1869. 

Fossés bordant le chemin de Martres à la propriété appe- 
lée Labatut. G G. G. 

G. var. Martrensis. Testa minor, Vix diaphana, Limo nigro 
obducta, Prope marginem externum albo labiata. Alt. 11, 12, 
diam. 6 1/2 mil 1. 

Fossés sur la route, entre Martres et le village de Sana 

La Limnœa peregra habite, sous plusieurs formes, les mon- 
tagnes moyennes et les petites pyrénées du département ; 
elle s'aventure pourtant sur le diluvium, mais à une faible 
distance de l'éocène. 

Limnœa truncatula. 

Buccinum truncalulum. Muller, Verm., Hist, t. II, p. 130, 
n° 325, 1774. 

Limneus truncatulus. Jeffreys, Suppl. synops , test, in 
Trans. Linn. Lond., t. XVI, p. 377, 1830. 

Limnœa truncatula. Moquin-Tandon, Hist. nat., Moll., 
France, t. II, p. 473, 4855. 

Toute la plaine de Martres. Cette espèce vit aussi dans les 
Pyrénées. 

Genus 16. — Gyclostoma. 

1 . Cyctostoma elegans. 

Nerita elegans. Muller, Verm., Hist., t. II, p. 177, n° 363, 
1774. 

Gyclostoma elegans. Draparnaud, Tabl., Moll., p. 38, n° 1, 
1804. 

Cette espèce vit sur toutes les formations géologiques. 



- 48 — 

GENUS 17. POMATIAS. 

1, Pomatias obscurus. 

Cyclostoma obscurum. Draparnaud, Tabl. Moll., p. 39, n°14, 
4804 . 

Pomatias obscurum. Cristofori et Jan, Gat. gén., XV, 
n° 3, p. 6, 1832 

Pomatias obscurus. L. Pfeiffer. in Zeitschr., F. Malak, p. 110, 
1847. 

Ce Pomatias, assez commun à Mauran, sur l'éocène, de- 
vient rare dans le miocène, quoiqu'il se soit avancé autre- 
fois jusqu'à Toulouse où il était relativement abondant sur 
les flancs des coteaux de Pech-David. 

Pour nous, ce prétendu Obscurus, rapporté par tous les 
auteurs à l'espèce de Draparnaud, n'est qu'une variété à 
péristome , plus mince du Pomatias crassilabris , espèce 
caractéristique des Pyrénées. 

2. Pomatias crassilabris. 

Promatias crassilabrum. Dupuy, Gat. extram, Galliae, test., 
ir> 225, 1849 et Hist., Moll. France, 5 e fasc, p. 510, 
tabl. XXVI, % 14, 1851. 

Pomatiat crassilabris. Stabile in Saint-Simon, Observ. 
anat. sur quelq. Pom,, Midi, France, p. 5, 1867. 

Très-bien caractérisée dans les Pyrénées de la Haute- 
Garonne, cette coquille se maintient avec ses caractères, 
mais moins accusés, jusqu'à Montpezat, sur la rive gauche 
et jusqu'à Mauran sur la rive droite. A partir de Saint-Mar- 
tory. on rencontre avec elle, des deux côtés du fleuve, plu- 
sieurs individus qu'on serait tenté de rapporter à YObscurus 
tant ils semblent peu en différer au premier examen. Le 
même fait se reproduit dans l'Ariége, comme nous le ferons 
connaître dans notre catalogue des mollusques d'Aulus. 

Dès que nous aurons rassemblé un plus grand nombre de 
matériaux, nous espérons faire partager à nos lecteurs la 
conviction qui s'est emparée de notre esprit et nous a porté 
à croire que le nom de Draparnaud devait être à jamais sup- 
primé dans tous les catalogues de la région pyrénéenne et 
sous-pyrénéenne. 



- 49 - 

3. Pomatias marquetianus. 

Pomatias arriensis. De Saint-Simon, mém. sur quelq. Pom. 
Midi, France, p. 10, 11,1867. 

Pomatias arriacus. Bourguignat in Sched., teste J.Mabille. 
Espèc. France, fam. Gyclost. In rev. et magas. zool., 3 e sér., 
t. III, n« 4, p. 150, 1875. 

Pomatias marquetianus. De Saint-Simon. Moll. rég. Pyr., 
Haute-Gar., in bullet. soc. hist. nat, Toul., t. X, p. 142, 
1876. 

Cette espèce, dont le type se trouve sur la montagne d'Ar- 
ries, près Saint-Béat, règne communément sur les calcaires 
crétacés jusqu'à Montpezat;ellese retrouve moins abondante 
sur le terrain nummulitique près Bordier; enfin, quelques 
individus s'avancent sur le poudingue de Palassou àMauran. 
Partout ses caractères sont constants ; la seule variation con- 
siste dans la taille des individus. Il est permis de dire qu'elle 
est propre à la vallée de la Garonne, comme le Pomatias 
Partioti aux Hautes-Pyrénées et le Pomatias Nouleti aux val- 
lées de l'Ariége. 



Quoique ne faisant point partie de la région dont nous 
avons indiqué la constitution géologique, nous croyons inté- 
ressant de signaler deux espèces qui n'en sont point éloignées 
et que l'on y trouvera sans doute. Ces espèces sont : 

1 . Ancylus fluviaîilis. 

Ancylus fluviatilis. Muller , Verm. Hist., t. II, p. 201, 
n« 386, 1774. 

2. Ancylus lacustris. 

Ancylus lacustris. Muller, Verm. Hist. t. II, p. 199, n<>385, 
1774. 

Toutes deux recueillies sur les murs humides d'une fon- 
taine près Saint-Gaudens (miocène). 

Les individus de V Ancylus fluviatilis sont plus petits que le 
tvpe et possèdent des stries longitudinales sensibles. Cette 

4 



— 30 — 

forme est dans notre département propre à la région pyré- 
néenne. 

VAncylus lacustris avait été déjà trouvé par Boubée dans 
le lac de Barbazan, près Saint-Bertrand (Haute-Garonne). 
Notre nouvelle découverte prouve que cette espèce doit être 
comprise dans la faune pyrénéenne. 

VI. 

Ici se termine la liste des espèces que nous avons recueil- 
lies jusqu'à ce jour. 

Ce Catalogue permettra de constater les localités précises 
d'où sont descendues les espèces trouvées dans les alluvions 
de la Garonne, à Toulouse, dont voici les noms : 

Hélix aculeata. Cierp et probablement points plus rap- 
prochés. 
Bulimus obscurus. Montpezat. 
Clausilia laminata. Massif de Cagire. 
Clausilia nana. Montpezat. 
Pupa cereana. Même localité. 
Pupa ring eus. Mauran, etc. 
Pupa pyrenearia. Saint-Martory. 
Pupa bigranata. Montpezat, Saint-Martory. 

Il nous reste encore à connaître la provenance des Azeca 
Nouletiana , Vertigo edentula , Vertigo Moulinsiana, Acme 
Dupuyi , Paludinella abbreviata et Moitessieria Simoniana , 
qu'avec M. de Saint-Simon nous croyons venues de l'Ariége. 
De nouvelles recherches, que nous entreprendrons prochai- 
nement, nous permettront, sans doute^ d'éclaircir ce point 
intéressant de la faune malacologique de notre région. 



- 51 - 

Séance du 20 décembre 

Présidence de M. A. de Saint-Simon, Président. 

La correspondance comprend les publications des Sociétés 
savantes et des Revues (liste dressée à la fin du volume) . 

Le président annonce une présentation. 

M. E. Trutat donne lecture du mémoire suivant : 



Le Massif de la Maladetta et la station de la 
Dent de la Maladetta, 

Par M. E. Trutat, Membre titulaire fondateur. 

Il y a déjà longtemps que les naturalistes ont déterminé 
avec une grande exactitude les phases diverses des gla- 
ciers : leur mode de formation, leur marche, les effets 
qu'ils produisent ont été étudiés avec tout le soin dési- 
rable. Et cette connaissance exacte des conditions néces- 
saires à leur développement nous permet de déchirer un 
coin du voile qui couvre encore les âges passés de notre 
globe et de reconstituer avec les plus grandes probabilités , 
l'état de l'atmosphère, la température et jusqu'à la physio- 
nomie même de pays entiers recouverts autrefois par les 
glaces de la montagne, et qui aujourd'hui se trouvent placés 
à des distances considérables des lieux encore couverts par 
les glaciers. 

Mais il semble que les Alpes seules aient eu le privilège 
de donner aux observateurs la solution de ces diverses ques- 
tions ; c'est à peine si les glaciers des autres régions ont 
été signalés dans les chaînes de montagnes, et pour beaucoup 
de gens du monde les Alpes seules ont des glaciers. 



— 52 - 

Il est vrai de dire que cette erreur est facile à expliquer, 
car la Suisse est certainement le pays le mieux organisé 
pour ces recherches : partout des chemins, partout des abris 
et enfin une population intelligente, dévouée, et qui a com- 
pris tout ce qu'elle devait aux magnificences de ses monta- 
gnes et aux naturalistes qui les faisaient connaître. 

11 serait cependant fort important de répéter dans les diffé- 
rentes régions possédant des glaciers, les expériences insti- 
tuées par Agassiz et ses courageux compagnons et si habile- 
ment continuées par toute une phalange de savants : Forbes, 
Martins, Tyndall, etc. 

Les Pyrénées possèdent des glaciers : sans doute ils ne 
peuvent prétendre lutter contre ces immenses fleuves de 
glace qui descendent dans les basses vallées des Alpes et 
mesurent des lieues de longueur. Mais les amas de glace de 
la Maladetta, de la région d'Oô, du Mont-Perdu, du Vigne- 
male ont une importance réelle et une physionomie toute 
spéciale. 

Le massif de la Maladetta est, sans contredit, un des plus 
intéressants sous ce rapport; les glaciers qui couvrent ses 
pentes Nord peuvent être cités comme un des exemples les 
plus remarquables des glaciers de sommets ; et leur position 
.toute méridionale, à quelques pas des chaudes régions de 
l'Espagne, leur donne une physionomie toute spéciale. 

Nous avons déjà indiqué sommairement dans notre Essai 
sur les Pyrénées, (I) les caractères propres aux glaciers Pyré- 
néens ; et nous nous contenterons aujourd'hui de rappeler 
que : 

La plus grande dimension de presque tous nos glaciers 
est transversale et leurs bords inférieurs sont presque tou- 
jours parallèles aux crêtes contre lesquelles ils prennent 
naissance. 
Les crevasses sont toutes transversales, elles ont presque 

(4) V. Revue scientifique, 2 e série, 4e année n° 4. — 25 juillet 1874. 






- 55 - 
toujours une grande étendue par suite delà forte inclinaison 
du sol sous-jacent. 

Mais les accidents produits par les abrupts sont rares ; 
aussi les cascades de glaces ne se rencontrent que sur 
quelques points. Nous parlerons tout à l'heure d'une de ces 
cascades, celle de la rue d'Albe. 

Mais un des caractères spéciaux aux glaciers des Pyrénées 
et plus particulièrement à ceux de la Maladetta , est la ma- 
nière d'être de leurs moraines frontales. La forte pente de la 
surface (elle atteint au glacier du Néthou 40 cent, par mètre) 
ne permet guère aux rochers qui tombent des parois envi- 
ronnantes de rester en place, ils glissent tous immédiate- 
ment et, s'ils ne sont pas arrêtés par les crevasses, ils ga- 
gnent à l'instant le bas des glaciers; aussi est-il fort rare de 
trouver des abrupts de glace comme en présente si souvent 
l'extrémité terminale des glaciers Suisses. 

Le massif isolé de la Maladetta est essentiellement composé 
d'une arête granitique qui court N. E. S.O. et qui commen- 
cerait au mont Bentuoso, au-dessus des bains de Vénasque, 
pour aller se terminer aux pics des Salenques. De cette crête 
médiane se détachent à droite et à gauche des contre-forts 
placés deux à deux et se rejoignant régulièrement aux som- 
mets principaux. Le plus remarquable est celui qui vient 
gagner le pic de la Maladetta et qui s'étend du pic de la Ren- 
cluse au col Grégonio, séparant sur le versant Nord le glacier 
du Néthou, de celui delà Maladetta; cette arête est connue 
sous le nom de crête du Portillon, du nom de l'échancrure 
qui permet de passer des glaciers de la Maladetta dans celui 
du Néthou. Enfin, au pied Nord de ce contre- fort deux gouf- 
fres symétriques, ouverts à la rencontre du granité et des 
calcaires dolomitiques donnent passage aux eaux qui descen- 
dent des deux glaciers ; mais tandis que les eaux du glacier 
du Néthou entrées sous terre au trou de Toro donnent nais- 
sance après leur course souterraine à la Garonne, celles du 
glacier de la Maladetta, entrées dans le gouffre de Turmes à 



— 56 - 

la Rencluse, vont former la rivière de l'Esserra ; le Néthou 
jette donc ses eaux dans l'Océan et la Maladetta dans la Mé- 
diterranée. 

Le Néthou est également placé au point de croisement d'un 
de ces curieux contre-forts, mais la crête Nord est beaucoup 
moins isolée que celle du Portillon, elle sépare cependant 
encore le petit glacier de Y épaule de Néthou du glacier prin- 
cipal et vient se terminer dans la gorge des Salenques. Au 
Sud, cette même crête descend vers la grande vallée de Ma- 
libierne. Au-delà enfin le petit Néthou ne possède que son 
contre-fort Sud, mais celui-ci lance bientôt après un second 
chaînon parallèle à l'axe principal, de même qu'à l'extrémité 
opposée le contre-fort d'Albe se détache du côté Nord au 
contraire et possède aussi son chaînon parallèle qui vient se 
terminer à l'hospice Espagnol. 

Un simple coup-d'œil sur la carte du massif de la Mala- 
detta permet de se rendre compte de cette singulière for- 
mation , et il serait difficile de donner un meilleur exemple 
de chaîne principale étayée par des contre-forts. 

Ces contre-forts offrent, enfin, cette particularité, c'est de 
descendre avec une pente régulière au Nord et au Sud. 

Lors de mon ascension au Posets, (4) j'avais été frappé de 
cette régularité des pentes de la Maladetta, et fort heureuse- 
ment une bonne épreuve photographique a pu servir à établir 
un profil en travers alors que du sommet de Sauvegarde je 
pouvais obtenir un profil en long. 

Cette disposition se voit parfaitement, si l'on étudie à la 
fois les figures 2 et 3. 

La figure 2 a été gravée d'après une de mes épreuves pho- 
tographiques faite au sommet des Posets lors de mon excur- 
sion de 1875, elle a paru déjà dans la Géographie Universelle 
de M. Elisée Reclus, et la maison Hachette a bien voulu nous 
autoriser à la reproduire dans le Bulletin de la Société. 

(1) Voir annuaire Clu b Alpin-Français. — 1 s 7 5 . 



I 

te» 







H o 



-1 .s 



q i 

te o 



«* ^ 

a * 



- 59 — 

La ligure 3 a été dessinée également sur une épreuve 
photographique : ces deux dessins sont l'un et l'autre d'une 
exactitude parfaite. 

Dans la figure 2 : l'on voit la crête principale commençant 
à gauche par le massif de l'hospice Espagnol et atteignant 
bientôt une élévation considérable dans le massif d'Albe : là 
commencent les glaciers, mais leur étendue est des plus res- 
treintes, ils s'accrochent aux flancs abruptes de la montagne, 
et grâce à la déclivité trop grande du sol et à leur exposition 
en plein Sud, ils ne peuvent fournir une longue course. Le 
plus important, celui du Néthou entoure le pied du sommet 
principal et va se terminer au-dessous du val de Grégonio. 

Sur un plan plus au Sud (à droite du dessin) des pentes 
dénudées, des crêtes décharnées, donnent une idée de la dé- 
clivité de toute cette région ; je dois ajouter cependant que 
les pentes sont encore plus considérables dans les parties 
supérieures de ce revers méridional, en partie caché dans 
notre dessin par le chaînon de Grégonio. 

Dans la figure 3 le glacier de la Maladetta couvre presque 
tous les flancs de la montagne, et les pentes de ce versant 
septentrional sont bien moindres que celles du côté opposé. 

Dans les deux cas, les glaciers s'appuyent contre l'axe du 
massif, mais tandis qu'au Sud, les crêtes rocheuses servent 
de réflecteur des rayons solaires et hâtent la fusion des 
masses de glaces: du côté Nord au contraire, les glaciers 
sont protégés par ces murailles et c'est grâce à elles qu'ils ont 
pris tout leur développement Tandis qu'au Sud ils sont main- 
tenant réduits outre mesure, alors que naguère ils occupaient 
toutes les hautes vallées, où partout ils ont laissé des traces 
irrécusables de leur passage : 

Au Nord, au contraire, ils ont encore conservé une impor- 
tance considérable et ils mesurent encore près de 4 kilomè- 
tres de travers, des Salenques au massif d'Albe et plus d'un 
kilomètre de large. 

Le versant Sud presque dégarni de glaciers présente sou- 



- 60 - 

vent de grandes murailles de rochers, tandis qu'au Nord les gla- 
ces remplissent tous les cirques ou plus tôt les quadrilatères 
formés par les contre-forts dont nous venons de parler elles 
ont nivelé tous les accidents du sol. Du port de Vénasque, ob- 
servatoire ordinaire des touristes qui viennent voir la Mala- 
detta, l'on ne se rend pas compte de cette pente du glacier, 
mais si l'on prend la peine de gravir le Port-Vieux d'Estaouas 
l'on a une idée complète de l'ensemble de ces pentes Nord. 
Gomme je l'ai déjà dit la figure 3 a été faite sur une photo- 
graphie prise de ce point. 

J'aurais encore bien des particularités à signaler, mais 
je me contente pour le moment de ces quelques indications 
remettant à plus tard une description détaillée de ce mas- 
sif et de ses glaciers. 

Nous avons déjà raconté (1) nos premières tentatives sur 
la marche du glacier de la Maladetta, malheureusement des 
circonstances défavorables avaient fait échouer ces pre- 
mières expériences ; mais ce n'était pas là une raison suffi- 
sante pour nous faire abandonner notre station de la Mala- 
detta. 

Je partais donc l'année dernière de Luchon le 27 août avec 
mon excellent camarade M. Maurice Gourdon et nous arri- 
vions le soir même à la Rencluse. Cette année tout est 
rentré dans l'ordre dans ce beau pays d'Espagne, plus de 
Carlistes, ou de prétendus tels, et plus de déserteurs prépo- 
sés à rançonner les touristes. 

A notre arrivée, quel n'est pas notre étonnement de trou- 
ver le cirque de la Rencluse dans le silence le plus profond, 
et nous ne pouvons comprendre tout d'abord quelle cause 
nous empêche d'entendre le bruit ordinaire du torrent; 
nous avons bientôt l'explication de ce fait, car nous trou- 
vons le gouffre de Turmes complètement à sec; un Espagnol 
nous raconte que le torrent s'est engouffré tout d'un coup, 

(\) Annuaire du Club alpin, 1875. 




mMM 










VvWM HHh 



WM' 1 



■ tf 







- 63 - 

quelques jours auparavant, dans une cavité qui s'est formée 
quelque 500 mètres plus haut : cet accident, tout singulier 
qu'il peut paraître tout d'abord, ne nous surprend guère, 
car toute cette région est affreusement disloquée par la ren- 
contre du granité et des calcaires dolomitiques. 

Le lerïdemain, la pluie nous réveille tristement ; à 8 heu- 
res, cependant, une éclaircie permet à nos hommes de 
monter au pied du pic de la Rencluse pour faire quelques 
piquets pendant qu'un rayon de soleil nous donne le temps 
de photographier le goulfre desséché. 

A notre départ, le temps s'assombrit de nouveau, mais le 
vent chasse encore une fois les nuages et le soleil nous re- 
joint au pied du glacier ; nous avons suivi pour cette ascen- 
sion la rainure de la Rencluse, sorte de couloir érodé par les 
eaux du torrent. Nous gagnons le sommet de l'éperon qui 
sépare le val de la Rencluse du val de Paderne et nous fai- 
sons halte une première fois. De ce point, il nous est facile 
d'embrasser du regard l'extrémité toute entière du glacier 
et de constater les modifications survenues depuis l'année 
dernière. 

Le val de Paderne s'est encore rempli dans sa partie su- 
périeure, et le grand éboulement de 1874 commence à se 
modifier ; les eaux, descendues de la dent de la Maladetta, 
ont fortement raviné le dépôt et peu à peu entraîné les 
menus débris qui remplissaient les interstices laissés entre 
les grands blocs. Enfin, nous pouvons constater de près que 
le bourrelet morainique qui entoure d'une vaste ceinture 
tout le glacier a complètement changé de physionomie, il est 
redevenu Pyrénéen, caractère que l'hiver de 4874 avait fait 
disparaître. 

Hier déjà, de la crête de Pena Blanca, nous avions pu 
constater ce fait, et il est facile de s'en rendre compte sur 
l'épreuve photographique qui accompagne ces lignes, et qui 
représente le glacier de la Maladetta. Au-dessous de la crête 
et du pic de la Maladetta, à notre gauche, le talus de débris 



- 64 - 

a augmenté beaucoup de hauteur: il domine de plusieurs 
mètres l'extrémité des glaces; au-dessus de la rainure de la 
Rencluse, la pente plus considérable du sol n'a pas permis 
aux débris de se maintenir et la digue rocheuse s'est abaissée 
au niveau de la glace, qu'elle semble continuer. Plus loin 
enfin (au point où nous stationnons en ce moment), la décli- 
vité entière du glacier a lancé avec une vitesse extrême les 
blocs descendus des crêtes supérieures, et ils ont été projetés 
soit à gauche dans le val de la Rencluse, soit à droite dans 
le val de Paderne. 

Nous prenons alors la hauteur minima du glacier, elle 
serait, d'après nos calculs, de 2,550 m . En 1809, de Charpen- 
tier quittait la Rencluse, mesurait la hauteur au-dessus du 
niveau de la mer du pied du glacier de la Maladetta , évi- 
demment dans la région où nous nous trouvons; il la trou- 
vait de 4,173 toises, soit 2,286 m , ce qui nous donne un recul 
de 274 mètres pour une période de 67 ans. 

Ainsi donc, voilà un retrait énorme constaté par ces deux 
observations ; du reste, tous les montagnards s'accordent à 
dire que les glaciers diminuent considérablement ; pour ma 
part, depuis que j'explore les Pyrénées, je vois pour ainsi 
dire les glaciers fondre sous mes yeux, et dans la vallée du 
Lys et dans la région d'Oô le retrait est énorme. 

Nous n'avons encore aucune observation qui nous per- 
mette d'établir si ce recul est constant ou si des périodes 
d'avancement ne sont pas venues regagner rapidement le 
terrain perdu pendant des années exceptionnelles. 

Je travaille depuis plusieurs années à rassembler des do- 
cuments à cet égard, et j'ai déjà une collection de photogra- 
phies assez nombreuses, avec dates et repères. Enfin, grâce 
aux relevés des officiers d'état-major, nous connaissons , 
d'une manière fort exacte, la position du front des glaciers 
français ; et l'année prochaine, j'espère bien terminer un 
premier relevé détaillé des deux massifs du Lys et d'Oô ; l'abri 
des Crabioules sera prêt dès les premiers beaux jours et il y 




Fig. 4. 



STATION DE LA DENT DE LA MALADETTA. 



Plantation des piquets , le 27 août 1876, par les guides Courrège père et Bar- 
thélémy Gourrège. Les quatre piquets, dont deux seulement sont visibles sur 
le dessin, sont enfoncés dans la glace à 50 mètres de distance les uns des autres 
et dans Taxe d'une ligne partant du repère de la Dent de la Maladetta à un 
second repère gravé dans le roc, au pied de la rainure de l'Éperon d'AIbe. 



- 67 - 

aura moyen de travailler dans cette région sans être obligé 
de coucher tous les jours à la belle étoile ou de descendre 
chaque soir, et de perdre en chemin la moitié ,et souvent les 
deux tiers de la journée. 

Mais nous avons hâte d'attaquer le glacier nous prétendons 
couper droit, vers la dent de la Maladetta, et éviter ainsi l'es- 
calade désagréable de l'éboulis de la Dent. La pente de 
glace est tellement forte que, seul, M. Gourdon, armé de ses 
formidables crampons Nansouty, grimpe facilement. Pour 
moi, je tiens à peine avec mes petits crampons Suisses, et nos 
trois hommes, chargés fortement, ne peuvent se maintenir 
qu'à la condition de tailler des marches. 

Ces difficultés sont rapidement passées; la corde cepen- 
dant nous devient utile au débouché sur un petit plateau, 
car l'un de nos porteurs s'enfonce dans une crevasse, nous en 
sommes quittes pour une bonne secousse. Heureusement le 
soleil n'a pas encore eu le temps de fondre la glace, et le gla- 
cier ne lance sur notre passage que deux ou trois pierres ; le 
point où nous sommes n'est pas ordinaire ment aussi com- 
mode, car pendant les chaudes journées d'été, l'on s'y trouve 
exposé à un véritable bombardement. 

C'est là du reste un accident commun à ces régions, et le 
mois dernier M. Russel se trouvait exposé aux mêmes dangers 
lors de son ascension au Néthou par le Nord-Est. Voici ce 
qu'il en dit: 

« A peine entrés sur le glacier, nous vîmes les dernières 
pierres. Mais là, près des moraines, il n'y en avait que trop, 
car elles tombent toutes d'en haut, ce sont des projectiles. 
Ces pluies de pierres, si communes dans les Alpes, sont un 
fort beau spectacle ; mais on en jouit très peu quand on est 
sur leur trajectoire ; le contact ou le frôlement de quelque 
uns de ces rochers, tombant du haut des pics, aussi vite que 
la foudre, pulvériserait un éléphant et anéantirait un homme 
Heureusement qu'il y avait de la place à côté, comme dit le 
proverbe. » 



- 68 - 

Nous voilà enfin sur la dent, et nous constatons une fois 
encore que nos piquets ont tous disparu. Le glacier s'est 
profondément modiiié, les crevasses qui entourent le pied 
de la table sont tellement tourmentées que nous ne pouvons 
penser à l'atteindre encore cette année. D'un autre côté, il 
nous reste encore à faire un assez long travail et le ciel se 
charge de nouveau. 

Nous procédons aussitôt à la plantation de trois nouveaux 
piquets ; je les fais placer à 30 mètres les uns des autres et à 
100 mètres environ au-dessus des premiers alignements: 
ils sont enfoncés à 2 mètres de profondeur. 

Pendant cette opération je fais une photographie qui sépa- 
re la Table de la Maladetta de la Dent, ces deux pointes 
rocheuses ne sont autres que des témoins d'une crête paral- 
lelle à la crête du Portillon; dans la partie supérieure du 
glacier, elle ne paraît pas exister sous les glaciers, car la 
surface de la glace est unie et sans accident; mais entre la 
Table et la Dent le sol sous-jacent est certainement disloqué 
et doit présenter un escarpement considérable reliant les 
deux pointes rocheuses. A ce point en effet le glacier est pro- 
fondément crevassé. Dans la partie supérieure les crevasses 
sont étoilées, mais une direction dominante perpendiculaire 
à l'axe de dislocation, c'est là que sont les pentes les plus 
fortes, tandis que dans la partie supérieure les crevasses s'ar- 
rondissent et forment de véritables puits à parois verticales, 
et que séparent quelques crêtes de glace. 

On voit parfaitement sur la figure 4 cette disposition ; 
mais je dois ajouter que les années précédentes ces caractères 
n'étaient pas aussi nettement tranchés ; seul l'alignement des 
crevasses existait toujours. 

Cette opération terminée, nous descendons rapidement 
le couloir pour aller à la recherche du bloc Charles ; nous 
traversons sans la moindre difficulté la région des cre- 
vasses inférieures ; elles sont presque fermées cette année et 
nous n'apercevons plus notre bloc. Nous ne le retrouvons 



— 69 — 

qu'à plus de 100 mètres plus bas, et au moment de quitter 
sa route glacée pour atteindre la moraine, deux mètres encore 
et il aura perdu toute son individualité pour se confondre 
dans la foule vulgaire qui forme la moraine. 

Malgré le temps couvert, je dresse de nouveau ma cham- 
bre obscure, car je tiens à conserver cette dernière étape du 
bloc que j'avais baptisé du nom de Charles, le chasseur in- 
trépide de Saint-Mamet, le premier montagnard Luchonnais 
qui ait monté sur ses épaules, en plein glacier, un tronc de 
sapin, un de mes premiers piquets. Pendant le temps de la 
pose, je longe le bord du glacier et j'ai la vive satisfaction 
de retrouver un de mes piquets de \ 872 encore engagé sous 
la glace ; il porte heureusement sa marque et son authenti- 
cité est incontestable. Nous reprenons alors courage et nous 
mesurons rapidement la distance de ce point à la ligne de 
piquets : elle se trouve être de 400 mètres environ ; le gla- 
cier marcherait donc de 400 mètres par année. Ce chiffre 
est plus élevé que celui observé dans les grands glaciers de 
Suisse où la moyenne est de 80 mètres et surtout de beau- 
coup supérieur à la vitesse observée dans les glaciers de 
second ordre où les pentes sont aussi fortes que dans cette 
partie du glacier de la Maladetta. 

Gomment alors expliquer ce fait? En Suisse, il semble 
avoir été démontré que si les glaciers de second ordre pro- 
gressent plus lentement que les glaciers principaux, cette 
différence est en raison de leur moindre épaisseur et non 
en raison de leur pente. A ces causes , il est bon d'ajou- 
ter encore la force énorme de projection qui provient du 
poids colossal des masses supérieures. Toutes les observa- 
tions faites dans les glaciers de second ordre de Trift, Grun- 
berg, Silberberg, Zinkenstock, ont été faites, en effet, en des 
points fort rapprochés du bord supérieur du glacier, et cette 
cause si importante du poids de la masse supérieure est ici 
infiniment réduite ; enfin, il est constant qu'en ces mêmes 
points l'épaisseur du glacier est peu considérable. 



- 70 - 

Dans notre station de la Maladetta, les conditions ne sont 
plus les mêmes : la pente est considérable, l'épaisseur du 
glacier est très-forte, ce qu'il nous a été facile de constater 
dans la région des crevasses de la Table. Enfin, la masse su- 
périeure des glaces accumulées au-dessus de la Dent et de 
la Table, ne ressemble en rien aux glaciers de second ordre 
observés par Agassiz. 

Nous pouvons donc dire que si le glacier de la Maladetta, 
par sa configuration, semble devoir être rangé parmi les gla- 
ciers de second ordre, la rapidité de sa marche le rapproche 
des glaciers de premier ordre. 

Nous voilà donc cette année en possession de deux élé- 
ments nouveaux : retrait général du glacier, conclu d'une 
observation de 69 ans ; enfin, vitesse de marche constatée 
par la position du bloc Charles et par celle du piquet planté 
quatre ans auparavant. 

Ce retrait des glaciers n'est pas spécial aux Pyrénées ; la 
plupart des glaciers des Alpes reculent rapidement dans ces 
dernières années, et M. Tyndall, dans une de ses dernières 
publications, entrevoit-il déjà le moment où « nos beaux 
glaciers ne pourraient plus être bientôt qu'un lointain sou- 
venir. » 

En douze ans, de 4853 à 4865, le glacier de Bossons a re- 
culé de 322 mètres, celui des Bois de 488, celui de l'Argen- 
tière de 484, celui du Tour de 520. Mais, depuis cette 
époque, le recul a toujours continué et ces mêmes glaciers 
sont remontés à plus de 800 mètres. 

Les glaciers de la région de Zermatt ont énormément perdu 
aussi; et, dans la seule année de 4875, le glacier de l'Aar 
a reculé de 30 mètres. 

A quelles causes peut-on attribuer cet état de choses ! 

D'après M. Gruner, la question serait assez facile à ré- 
soudre, et voici en quelques mots l'opinion de cet auteur : 

(1) Bulletin de la Société géologique de France, 6 déc. 1875. 



— 71 — 

Le fait de l'amoindrissement des glaciers est général dans 
les Alpes, mais la rétrogradation n'est pas identique pour 
tous : les causes de ces différences paraissent être : 

4o Accumulation plus ou moins grande de débris de ro- 
ches à la surface des glaciers. Les roches protègent la glace 
contre la fusion : c'est le cas des glaciers de l'Aar, dont la 
surface, sur deux et trois kilomètres de longueur, est pres- 
que horizontale et entièrement ensevelie sous un manteau 
de roches et de débris sableux ; 

2° L'étendue relative de leurs bassins d'alimentation : un 
glacier qui a de nombreux et de longs affluents est moins 
sensible aux variations du climat que celui dont le champ 
de neige est restreint; 

3° L'orientation et l'encaissement : un glacier, tourné au 
Midi ou à l'Ouest, librement exposé aux vents du Sud, fon- 
dra plus rapidement vers son extrémité inférieure , lors 
d'une série d'étés chauds et secs, qu'un glacier s'abaissant 
vers le Nord ou vers l'Est, et plus ou moins protégé par 
de hautes cîmes contre la puissante action des vents du 
Sud. 

En résumé : deux glaciers voisins peuvent bien ne pas 
toujours marcher d'accord, mais la persistance des mêmes 
causes générales finit pourtant par produire des effets identi- 
ques de retrait. 

« Or, quelles sont les causes qui ont amené depuis vingt 
ans le retrait général des glaciers Suisses? MM. Martins et de 
Billy mentionnent la succession de plusieurs étés exception- 
nellement chauds et la rareté des chutes de neige. Il semble 
bien, même à priori, qu'on ne peut guère chercher ailleurs 
les causes prédominantes de l'amoindrissement des glaciers ; 
mais, pour conclure, d'une façon positive, il convient de 
citer des observations précises. Heureusement, nous pouvons 
recourir ici aux tableaux annuels dressés, avec le plus grand 
soin, par M. le professeur Plantamour. » 

D'après les chiffres donnés par M. Plantamour, il est po- 



- 72 - 

sitif que « depuis quinze ans, la température s'est élevée, 
dans les Alpes, de près de 1 d. c. au-dessous de la moyenne 
de vingt années antérieures, que l'atmosphère y est plus 
sèche, que les chutes d'eau y sont moindres, que les chutes 
de neige en particulier ont éprouvé une considérable réduc- 
tion. 

» Le phénomène de l'amoindrissement général des gla- 
ciers depuis vingt ans est une conséquence évidente de 
l'exactitude de ces observations faites à Genève et au Saint- 
Bernard et relatées par M. Plantamour. » 

Mais ce qui est devenu facile à expliquer dans les Alpes 
grâce aux observations déjà anciennes de Genève et du Mont 
St-Bernard, ne l'est pas autant dans les Pyrénées. Les opéra- 
tions météréologiques n'ont été entreprises que fort tard dans 
nos montagnes, et encore sont-elles presque toujours fort in- 
suffisantes. Jusqu'à présent l'on ne peut guère citer que les 
observations si rigoureusement exactes de l'observatoire du 
Pic du Midi, mais elles datent d'hier et il nous faudra atten- 
dre plusieurs années encore pour avoir un nombre suffisam- 
ment grand d'observations pour en tirer quelque parti. 

Il existe cependant dans la région du Midi une merveilleuse 
collection de registres d'observations météréologiques, je 
veux parler de celles du Canal du Midi; malheureusement 
pour la question qui nous occupe, ces observations sont fai- 
tes trop loin de nos montagnes et déjà dans une région to- 
talement différente du régime Pyrénéen. 



- 73 - 
M. Desjardins donne lecture de la note suivante : 



Plantes nouvelles et Nouvelles localités pour quel- 
ques plantes rares aux environs de Toulouse. 

Par M. Desjardins , membre titulaire. 



Tous les ans, pendant la belle saison, nous avons fait, 
sous la direction de M. le D r Gourdon, notre regretté Prési- 
dent, avec les élèves de l'Ecole vétérinaire, des excursions 
botaniques dans les environs de Toulouse. Je viens vous ren- 
dre compte des plantes nouvelles que nous avons rencon- 
trées, ainsi que des nouvelles localités où croissent celles qui 
y sont rares. 



I. 



Glaucium corniculatum, Curt. 

Trouvée au-dessus du pont des Demoiselles sur le bord du 
canal du Midi, près d'un four à chaux. 

Plante méridionale dont les graines ont été probablement 
amenées là avec les pierres à chaux qu'on y décharge chaque 
jour. 

Arabis brassicœformis, Wahlr. 

1° Dans un terrain vague près du Pont des Demoiselles, 
au milieu des débris du curage du canal ; 

2° Sur les bords de la Garonne, à Tembouchure. 

Plante des montagnes, très-commune à Saint-Béat et dont 
les graines ont pu descendre par la Garonne, lors de l'inon- 
dation. 

Lythrum thymifolia, L. 

Plante des lieux humides de la région méditerranéenne, 
trouvée dans un terrain inculte près le pont de la Colom- 
bette, entre le canal et le chemin de fer du Midi, à l'endroit 
où avaient été disposés des tas de sel pendant la guerre. 

Les graines ont dû se trouver parmi le sel et germer en cet 
endroit. 



En 1875, il n'en avait été vu que quelques échantillons, et 
cette année nous avons pu la récolter en grande quantité. 

Coriandrum sativum, L. 

Assez commune sur le premier coteau de Pech-David, 
parmi les blés. 

Bifora radians, Biéb. 

Il n'en a été trouvé qu'un seul pied, très-toui'fu, il est 
vrai, dans un champ de fèves à Balma, quartier des Para- 
doux. 

Cette plante est très-commune dans les moissons du Midi. 

Scrophularia peregrina, L. 

Dans le fossé d'un chemin qui se trouve à droite de l'église 
de Croix-Daurade. 

Chenopodium hybridum, L. 

Bords de la Garonne, à l'Embouchure. 

Vulpia geniculata, Link. 

Terrain vague sur le bord du canal du Midi , près d'un 
four à chaux, au-dessus du port Saint-Sauveur. 
Plante de la région méditerranéenne. 

Glyceria distans, Wahl. 

Même endroit que la précédente. 

Plante des bords de la Méditerranée et de l'Océan. 

Sphœrocarpus Michelii, Bell. 

Cette petite plante, de la classe des Hépatiques, famille 
des Ricciées, a de \ à 2 centimètres de diamètre ; la fronde 
est arrondie, sinuée, appliquée sur la terre, à bords insensi- 
blement relevés, d'un vert-jaunâtre. 

Les involucres, qui sont très-petits et nombreux, sont dres- 
sés, obovales, obtus, en forme de petites capsules, percés 
d'un pore au sommet. 

1° Quatre pieds sur la terre de Bruyère d'un vase, à l'Ecole 
vétérinaire ; 

2° En grande abondance sur la terre sablonneuse d'un 
champ de blé, à Périole ; 



- 75 - 

3° Dans un jardin en friche, près du cimetière. Cette 
plante est dans tout son développement en février et mars, 

Auzonium auricomum, Link. 

Champignon de couleur marron plus ou moins foncé res- 
semblant à du feutre. 

Est-ce le champignon à son complet développement, ou 
bien n'est-il qu'au commencement? Et dans ce cas serait- 
ce le Mycélium? 

Ce champignon est très-commun à Avignon; c'est, au 
reste, M. Fabre, d'Avignon, qui l'a déterminé. 

Trouvé entre le bois et l'écorce d'un marronnier mort sur 
pied, et sur la terre humide qui l'entourait. 



11, 



Fumaria speciosa, Jord. 

Au pied d'une haie, à l'Embouchure. 

Diplotaxis viminea D. C. . 

Cette plante, que nous avions trouvée pour la première 
fois en 1870, dans les pépinières de la Colonne, s'était telle- 
ment multipliée qu'elle envahissait presque toutes les terres 
cultivées du plateau, tend à disparaître : nous n'avons pu 
en trouver que quatre ou cinq pieds cette année. 

Dorycnium suffruticosum, Yill. 

Terrain inculte sur le bord du canal du Midi, entre le 
pont du chemin de fer de Bayonne et celui des Demoiselles. 

Lotus hispidus, L. 

Forêt de Bouconne vers Brax, et bois de Balma. 

Tetragonolobus siliquosus, Roth. 
Au même lieu que le Dorycnium. 

Psoralea bituminosa, L. 

Talus du chemin de fer, près l'École vétérinaire, où il se 
multiplie tous les ans. 



- 76 - 

Coronilla varia, L. 

Fossé près d'une briquetterie, un peu avant Périole. 

Lathyrus sylvestris, L. 

Lisière d'un petit bois à Balma, quartier des Paradoux. 

Umbilicus pendulinus, D. C. 

Revers d'un fossé, sous une haie, près de l'église d'Au- 
camville. 

Bifora testiculata, D. C. 

\° Dans un fossé, près de la briquetterie Borie-Chanal; 

2° Bords de l'Hers, entre le pont de Balma et celui de 
Périole ; 

3 J Bords de la Garonne, à l'Embouchure. 

Cette plante n'est indiquée que sur le premier coteau de 
Pech-David. 

Erica cinerea, L. 

Forêt de Bouconne, vers Brax. Nous n'en avons vu qu'un 
seul pied. 

Anagallis tenella, L. 

Sur les parois d'une fontaine, à Balma, quartier des 
Paradoux. 

Leonurus cardiaca, L. 

Dans une haie à Montaudran, près le passage à niveau du 
chemin de fer de Cette. 

Cette plante n'était indiquée que le long du chemin de 
ronde de l'Ecole vétérinaire où elle n'existe plus depuis 
longtemps. 

Spiranthes autumnalis, Rich. 

Très-commune dans les clairières d'un petit bois à Pou- 
vourville. 

Juncus capitaius, Weigel. 

Très-petite plante, commune sur les bords d'un sentier 
dans la foret de Bouconne, vers Brax. 

Bromus seoalinus, L. 

A Brax, dans un champ de blé qui en était envahi. 



— 77 — 

Glyceria spectabilis, Mert. et Koch. 

Plante rare aux environs et que nous avons cherché à 
multiplier en en plantant un petit pied sur le bord droit de 
l'étang de la Pujade, en 4872. 11 y a tellement prospéré, 
qu'aujourd'hui, il couvre une surface d'au moins 45 mètres 
carrés. 

Le pied planté là provenait de la rive droite du canal au- 
dessous du pont Matabiau. 

Cette plante fleurit bien tous les ans. 

Agrostis verticillata, Vill. 

Très-commune sur la rive droite de la Garonne, entre le 
pont de la Poudrerie et le Port-Garaud. 
On ne la connaissait que sur les bords du canal. 

Sclerochloa dura, P. Beauv. 

Plante très-rare qu'on ne rencontrait qu'à l'Embouchure, 
sur le chemin de halage, où elle se maintient. 

Nous l'avons trouvée formant une bordure de 30 à 40 mè- 
tres de longueur sur la rive droite du canal, un peu avant le 
pont des Mimimes. 

Polypogon monspeliense, Desf. 
4° Autour de l'étang de la Pujade, où elle abonde; 
2° Fossé, près de la briquetterie Borie-Ghanal ; 
3° Terrain vague, près le pont des Demoiselles, où l'on 
dépose les produits du curage du canal. 

M. A. de Saint-Simon présente les mêmes observations 
pour les mollusques. VHelix vermiculata ne s'est pas accli- 
maté. Une colonie de mollusques comprenant le Cochli- 
cella acuta entr'autres, s'est établie au bord de la Garonne 
près d'un endroit consacré à la réparation des barques ; 
l'inondation les a presque fait disparaître. 

M. Fagot demande si , pour un certain nombre de plan- 
tes cités, il n'y aurait pas entre la région de Toulouse et les 
côtes de la Méditerranée des colonies intermédiaires. 

Une discussion s'engage à ce sujet. 



- 78 - 

Séance du 3 janvier. 

Présidence de M. A. de Saint-Simon, Président. 

La correspondance comprend les dernières livraisons des 
Revues et des Sociétés savantes correspondantes ( liste pu- 
bliée à la fin du volume). 

M. Ch. Fouque , membre titulaire fondateur , écrit pour 
demander un extrait des procès-verbaux. 

L'Archiviste, M. le colonel Belleville, dépose son rapport 
annuel, dont l'examen est renvoyé à une commission, sui- 
vant les prescriptions du règlement. 

Situation des archives et de la bibliothèque, et rapport pour 
l'année 1876. 

La bibliothèque qui se composait de 582 ouvrages à la fin 
de 1875, en compte aujourd'hui 632. 

La Société a reçu dans le courant de 1876, 50 ouvrages de 
la manière suivante : 

Echanges 13 i 

Dons 36 50. 

Abonnement 1 ) 

11 n'a été fait aucun achat. 

Nous possédions à la même époque 1086 volumes de di- 
vers formats, brochures, atlas, cartes, etc. Aujourd'hui ce 
nombre est porté à 1340. 

Nous correspondions avec 111 sociétés savantes; aujour- 
d'hui notre Société est en relation avec 125 sociétés réparties 
ainsi qu'il suit, savoir : 

Sociétés françaises 111 

— italiennes 3 

— belges 2 

— suisses 2 

— russe 1 ' 

— américaines 3 

— allemande au Japon 1 

— anglaises 2 



- 79 - 

Les échanges se font avec régularité ; plusieurs sociétés, 
sur nos instances, ont mis beaucoup d'empressement à nous 
envoyer le complément de leurs publications ; très-peu sont 
encore en retard. 

Les Etats-Unis d'Amérique continuent à nous envoyer des 
documents aussi intéressants que nombreux- Notre Société 
ferait bien de se montrer aussi libérale en envoyant en retour 
un certain nombre d'exemplaires de notre bulletin. 

Plusieurs ouvrages qui manquaient à la bibliothèque sont 
rentrés ; beaucoup encore sont restés entres les mains des 
détenteurs qui les retiennent très-probablement à leur insu, 
mais au détriment de la Société qui en est privée depuis 
longtemps. Or, à un moment donné, il faudra les remplacer 
par voie d'achat ou les rayer du catalogue. 

Les catalogues sont au courant. 

Les dépenses relatives à la bibliothèque se montent à la 
somme de 138 francs environ, savoir : 

Abonnement à la Revue scientifique 25 » 

— à la Revue des sciences de Mont- 

pellier 20 » 

— à la Revue zoologique 21 » 

— à l'Abeille 12 » 

78 » 
Ce dernier abonnement ne peut être complet 
qu'au prix de 25 francs. 
Reliure et brochage 60 » 

138 » 

11 n'a été fait aucun achat. 

En résumé, la situation de la bibliothèque est aussi satis- 
faisante que possible; elle sera meilleure du jour où on 
pourra lui accorder une subvention plus sérieuse; à ce sujet, 
nous pensons qu'il serait utile de nommer une commission 
qui serait chargée de diriger l'emploi des fonds destinés à 
l'entretien de la bibliothèque et de désigner au bibliothé- 
caire les ouvrages à acheter ou les revues scientifiques 
auxquelles il devra souscrire, afin de mettre la Société au 
courant des progrès de la science et des découvertes que 
l'esprit de recherches et d'étude font surgir. 



- 80 — 

tes archives sont classées avec soin, (le manière à facili- 
ter les recherches. 

Les procès- verbaux, toutefois, manquent depuis la fin de 
1874. 

M. Gaston de Malafosse fait passer sous 'es yeux de la 
Société un fragment de quartzite taillé des Varennes, près 
Villefranche (Haute-Garonne) . 




QUARTZl TE TA ILLE 

Les Varennes, près Villefranche (Haute-Garonne). 

M. Gartailhac dit que ce quartzite reproduit la forme 
caractéristique des alluvions anciennes de l'époque quater- 
naire. 






— 81 - 

Les plus anciennes œuvres de l'homme aux 
environs de Toulouse. 

Par M. E. Gartailhac, membre fondateur. 

Lorsqu'on dresse la carte archéologique d'une région, 
on trouve que les signes s'accumulent sur certains points, 
tandis que les autres parties restent blanches. Cela peut te- 
nir à une distribution vraiment inégale des antiquités, mais 




QUÀRZ1TE TàILLÉ, VU DE PROFIL. 
Les Varennes (Haute-Garonne). 

en général les coins privilégiés indiquent tout simplement 
la présence d'un explorateur attentif. Il faut donc être très- 
prudent si l'on veut tirer de ces cartes quelques conclusions. 
Pendant une quinzaine d'années, M. le D r Noulet était 

6 



le seul à recueillir des pierres taillées par éclats de forme 
quaternaire (1). 11 ne les faisait chercher qu'aux environs de 
ses métairies, soit à Clermont, soit à Venerque, localités 
au sud de Toulouse. Ces spécimens étaient trouvés isolés 
à la surface des champs ; mais trois fois on les rencontra 
in situ : une première fois, dans le gravier sous lehmien 
de PInfernet , avec mammouth , rhinocéros , felis spelœa , 
megaceros hibernicus , etc.; une seconde fois, une pointe 
plate, triangulaire, tranchante sur tous les bords, en silex 
et identique, pour la forme et la matière, à certains types 
communs dans la Touraine , gisait dans Palluvion an- 
cienne, près de Venerque, au contact du mammouth et 
du renne ; enfin, une pointe grossière en quarzite taillé 
à grands coups et deux éclats de la même roche pro- 
viennent aussi des couches quaternaires voisines de Ve- 
nerque, mais de points différents (2). 

Vers 1867, M. le comte Victor d'Adhémar se mit à cher- 
cher les mêmes vestiges des temps préhistoriques au nord- 
est de Toulouse , le long des petites vallées de la Sausseet 
de la Ceillonne et principalement sur la terrasse qui do- 
mine de 7 à 8 mètres le cours d'eau actuel; les cailloux de 
la Garonne, quelquefois fort bien taillés malgré la mauvaise 
qualité des roches (même du granit), se rencontraient grou- 
pés çà et là et donnaient l'idée de véritables stations (3). 

La collection de M. d'Adhémar fut bientôt plus riche 



(1) C'est-à-dire identique aux types reconnus quaternaires dans le 

bassin de la Somme. Mémoire sur un dépôt alluvien Mémoires de 

l'Académie des Sciences de Toulouse. 5« série, tome IV, p. 265. — Fos- 
silles et cailloux travaillés des dépôts quaternaires de Clermont et de 
Venerque, dans Revue arch. du Midi, I, p. 67. Etude d'archéologie 
primitive, loc. cit. II, p. 57. 

(2) Il est possible et même probable que ces divers gisements ne sont 
pas contemporains ; ils appartiennent à divers moments de la période 
quaternaire qui dura fort longtemps. La prédominance du renne ca- 
ractérise sans doute les plus récents, et cependant l'industrie humaine 
est identique dans ces étages. 

(3) Faits nouveaux concernant l'âge de la pierre taillée. Revue 
arch. du Midi. II, p. 63. 



- 83 - 

que celle de M. le D r Noulet ; toutes deux sont au Muséum 
de Toulouse, mais M. d'Adhémar a donné une bonne série 
au Musée de Saint-Germain. 

M. E. Trutat à Fontsorbes, M. G. Fouque à Cintegabelle, 
et moi-même dans la vallée du Lhers, nous trouvions des 
quartzites taillés toujours à la surface du sol. Mais l'un de 
mes spécimens en quartzite offrait toutes les apparences 
d'une pointe fortement roulée. Quelques échantillons des 
collections Noulet et d'Adhémar se présentaient aussi avec 
toutes leurs arêtes émoussées. 

Enfin, plus récemment encore, MM. Gavarret ont fait 
une ample moisson dans la vallée du Lhers, aux environs 
de Balma et en vue de Toulouse. 

Dans un rayon plus éloigné de notre ville, les découver- 
tes se multipliaient en même temps. Sur la rive gauche 
du Tarn, à une hauteur supérieure aux alluvions ancien- 
nes (21 m ), dans les champs voisins de Real, M. Alphonse 
Jaybert récoltait une admirable série (plus de cent) de 
pointes lancéolées, quelques-unes en quartz blanc semi- 
transparent, cailloux empruntés sans doute aux dépôts du 
Tarn, tandis que pour les autres les fabricants étaient res- 
tés tributaires de la Garonne. 

A peu près à la même altitude, du même côté du Tarn 
mais plus loin, dans le canton de Rabastens, à droite et à 
gauche du ruisseau dit le Passé, à Guidai et à Grasac prin- 
cipalement, M. G. Lauzeral a pu former une belle collec- 
tion. Quelques-unes de ses pointes sont en silex d'eau 
douce. 

M. E. Gabié, à Roqueserière, rive gauche du Tarn, n'a 
pas manqué de recueillir des cailloux taillés à grands 
éclats dans sa région, qu'il explore avec un soin bien rare. 
Il les a toujours trouvés isolés. Ils paraissent empruntés 
par égale part aux alluvions Pyrénéennes et Cévennoles , 
si distinctes comme on le sait. 

Des découvertes semblables ont été faites aux environs 
de Montauban, dans le vaste triangle formé au-dessous de 



- 84 — 

PAveyron avant sa jonction avec le Tarn et le long des ruis- 
seaux importants tributaires de ces deux rivières ; les 
coteaux qui les bordent et sur lesquels gisent les pierres 
taillées, ne dépassent guère de 100 mètres la hauteur des 
eaux de l'Aveyron et du Tarn dans ces parages. MM. les 
docteurs Rattier et Alibert ont formé deux collections où 
l'on voit quelques pièces vraiment remarquables. Le silex 
n'a permis nulle part de faire mieux que ces types en quartz, 
quartzite, eurite, grauwackes diverses, etc. 

J'ai surtout étudié la série de M. le D r Alibert, qui l'a 
mise à ma disposition avec une obligeance parfaite. Elle 
offre un échantillon unique en silex, opaque, blond, qui 
rappelle certains silex de la Touraine(l); ir gisait dans une 
couche tourbeuse au fond de la vallée du Tescou, rivière 
qui se jette dans le Tarn à Montauban. Les ossements qui 
raccompagnaient n'ont pas été encore étudiés. Ce gise- 
ment mérite cependant la plus grande attention. 

Il résulte de renseignements précis que presque par- 
tout où l'on recherche ces vestiges du passé on les ren- 
contre. 

Le fait que ces objets présentent un aspect parfaitement 
reconnaissable, que groupés et même isolés ils ont leur 
cachet, leur physionomie, est indiscutable. Si nous portons 
les yeux uniquement sur noire région, nous admettrons 
sans peine que leur âge doit être fixé par les cas où on 
les a trouvés associés à une faune quaternaire ancienne. 
Le mammouth, le rhinocéros, le grand chat, nous disent 
avec certitude que ces instruments sont du même âge, qu'ils 
sont contemporains des phénomènes post-pliocènes anciens. 



(1) Le fait que la Touraine, dans les temps préhistoriques, a fourni 
du silex à diverses parties de la France est connu ; mais ce commerce 
d'exportation paraît surtout à l'âge de la pierre polie. Il est d'ailleurs 
certain que les gisements si riches du bassin de la Creuse, qui ont tous 
les caractères d'ateliers de fabrication, possèdent, en grand nombre, des 
types de tous les temps, et les pointes lancéolées types de Saint-Acheul 
y abondent. 



- 85 - 

On arrive à la même conclusion en s'occupant des dé- 
couvertes identiques du territoire de l'ancienne Gaule, de 
l'Angleterre et de l'Espagne. 

Cependant, on conçoit l'hésitation de certains explora- 
teurs qui n'ont jamais trouvé ces objets dans le diluvium 
proprement dit, celui-ci parfaitement caractérisé avec sa 
couche de cailloux roulés et d'argile surmontant les assi- 
ses tertiaires. C'est dans le niveau supérieur, dans l'allu- 
vion moderne ou terre arable, que les travaux d'agriculture 
ont rencontré et mis à découvert les vestiges en question. 

On pouvait croire qu'ils n'avaient pas été arrachés, parla 
charrue ou autrement, au diluvium proprement dit, lorsqu'on 
eut constaté leur groupement correspondant à des stations. 
On faisait observer que des objets entraînés par les cours 
d'eau quaternaires devraient être irrégulièrement répartis 
dans l'alluvion et soumis d'ailleurs aux lois ordinaires de 
l'hydraulique. Mais nous n'acceptons pas ces objections 
comme sérieuses. Le fait de l'Infernet, où l'on a retrouvé 
au-dessous du lehm des débris de repas, des ossements et 
les œuvres des hommes qui avaient occupé ce point, prouve 
que de larges cours d'eaux pouvaient recouvrir ces osse- 
ments sans les entraîner, d'autant plus que les stations 
devaient être à la limite des crues ordinaires. 

On s'expliquerait ainsi pourquoi MM. d'Adhémar, Jay- 
bert et moi-même nous avons remarqué le groupement de 
ces vestiges sur certains points, avec tous les caractères 
de stations, et pourquoi ces stations, comme l'a constaté 
M. d'Adhémar, occupent d'ordinaire sur les coteaux la 
hauteur qui correspond à la première terrasse du cours 
d'eau, soit à la dernière berge quaternaire (1). 

(1) Il faut se rappeler que M. Leymerie, dès 1851, a fait connaître 
la constitution de la vallée de la Garonne. Au voisinage du Tarn, le 
fleuve étant à 90 mètres d'altitude, le fonds de la vallée est à 108, la 
terrasse inférieure à 122, la terrasse supérieure à 160, le point culmi- 
nant à l'ouest étant à 291 mètres. Ces terrasses sont surtout visibles à 
gauche du fleuve ; elles s'y développent parallèlement sous l'aspect, de 
plaines étagées. Il est superflu d'ajouter que dans une vallée les couches 
d'alluvions les plus élevées sont les plus anciennes. 



- 86 - 

On comprendrait aussi pourquoi parmi tant de spéci- 
mens, quelques-uns ont une fraîcheur de taille que des 
yeux inexpérimentés ont pu prendre pour la révélation 
d'une œuvre fausse et moderne, tandis que la plupart ont 
une patine et un glacis inimitables, et que plusieurs sont, 
comme je l'ai dit, fortement roulés. 

Il faut avouer enfin que malgré des efforts conscien- 
cieux dans cette voie, l'histoire des alluvions anciennes du 
Midi reste à faire. Les relais successifs des grands fleuves, 
leurs dépôts divers, depuis ceux qui restent en lambeaux 
épars sur quelques plateaux élevés jusqu'aux plus récents, 
l'influence du cours d'eau principal sur ses affluents la 
marche du travail alternatif de remplissage et d'érosion, 
les résultats des glaciers et des pluies, à la fois inégaux 
et pareils selon les lieux et le temps, et surtout la con- 
temporanéité de tous les phénomènes avec ceux des autres 
bassins, tout cela constitue une série de questions à ré- 
soudre, de problèmes à peine entrevus. Il serait téméraire 
de tracer à ce moment l'histoire des temps pliocènes et 
post-pliocènes dans le bassin sous-pyrénéen. 

Nous sommes donc réduits pour nos types à peu de 
renseignements , et nous ne saurions trop recommander 
aux personnes à même de les rencontrer, de noter avec 
soin les gisements et les circonstances des trouvailles, de 
les rechercher surtout dans les couches d'alluvions mises à 
jour et recoupées par les chemins creux et les tranchées. 

Il est à remarquer que jusqu'ici on n'a jamais trouvé de 
pareils instruments dans les massifs montagneux. On a 
dit, mais sans l'établir nettement, que la Suisse en avait 
un (1). Voilà pour les Alpes. Dans les Pyrénées, rien en ce 
genre n'a été rencontré. Je refuse toute analogie avec le 
type de Saint-Acheul au quartzite cassé, taillé sans doute, 



0) De Bonstetten : Carte archéologique du canton de Vaud, 1874. 
Cette hache en silex aurait été trouvée en 1873 au Chatelard, commune 
de Lutry. 



- 87 — 

que notre collègue M. Félix Regnault a recueilli dans la 
grotte de Gargas (Haute-Garonne) (1), au milieu des osse- 
ments d'un repaire d'ours des cavernes, mais associé 
précisément à des os roulés, traces d'un courant sur ce 
point et cause possible de remaniements dans tous les cas. 

On s'expliquerait cette absence si générale de l'indus- 
trie primitive dans les hautes montagnes, par ce fait que 
celles-ci étaient alors inhabitables sous leur linceul glacé. 

C'est exactement le même fait constaté pour le nord de 
l'Europe. La Scandinavie est restée, selon toute probabilité, 
inhabitable durant l'époque glaciaire. Ces pays où l'âge de 
la pierre polie a duré si longtemps et avec un grand éclat, 
on peut le dire, n'ont pas livré le moindre instrument cor- 
respondant à notre âge de la pierre taillée. 

Les plateaux du centre de la France, à cinq, six, sept 
cents mètres d'altitude, n'ont pas été plus riches à cet 
égard. M. l'abbé Cerés, de Rodez, a recueilli dans le do- 
maine de la Garde, commune de Salles-la-Source (Avey- 
ron), un silex qui rappelle à peu près le type ovale, large, 
aplati, taillé à moyens éclats, aux bords tranchants de Saint- 
Acheul. C'est là le seul fait connu dans l'Aveyron et la 
Lozère. Dès que l'on arrive sur les plateaux inférieurs, 
comme ceux de la Dordogne, qui se maintiennent entre 
deux et trois cents mètres, les pointes lancéolées se trou- 
vent en quantité d'autant plus considérable que Ton est 
dans le voisinage des gisements de silex. 

Dans le gisement classique de Saint-Acheul, les silex 
taillés sont surtout à la base des couches fluvio-marines ; 
comme nos quartzites, les uns sont en parfait état, d'au- 
tres plus roulés ; Lyell et Prestwich , frappés aussi de 
leur abondance sur certains points, supposent que « les 
cours d'eau étaient gelés tout l'hiver, et que, sembla- 



(1) Bulletin de la Société d'anthropologie, 2 e série, tome IX, 1874, 
p. 759. J'ai fait exécuter un moulage de ce quartzite pour le déposer 
au Muséum de Toulouse. 



- 88 ~ 




Poinlo en h rès siliceux taillé. Ousidaa près Tlemcen (Algérie) 



- 89 - 

blés à certains Indiens d'Amérique de la baie d'Hudson, 
les naturels perçaient la glace pour avoir de Peau ou jeter 
leurs filets. Pour peu que ces chasseurs et pêcheurs aient 
fréquenté les mêmes lieux pendant des centaines et des 
milliers d'années, le nombre des instruments de pierre 
perdus dans le lit de la rivière n'a rien qui doive nous 




Silex taille de Saint-Acheul (Somme) 



surprendre. Des ciseaux pour entamer la glace, des ha- 
chettes de pierre ont pu glisser accidentellement à travers 
ces ouvertures maintenues constamment libres. » Cette ex- 
plication est loin de nous satisfaire ; on n'en propose pas 
d'autres. Je ne pense pas qu'il soit possible de l'admettre 
un seul instant pour nos régions méridionales, où lesdites 
pointes paraissent plus abondantes dans la boue des inon- 
dations que dans le gravier, où même plusieurs gisements 



- 90 - 

sont en dehors de l'action des anciens courants d'eau. 

Dans le bassin de la Somme et ailleurs, l'observateur a 
l'impression, les preuves, la certitude que ces silex sont 
contemporains d'un régime fluvial sans comparaison avec 
celui d'aujourd'hui, et l'esprit songe forcément aux chan- 
gements de tous ordres qui se sont accomplis depuis cette 
époque si reculée. Dans le bassin de la Garonne et en 
particulier dans le Périgord, on a la même impression 
mais bien moins vive. 

Or, n'est-ce point là une simple apparence ? Il y aurait 
une explication à chercher , le fait certain étant que les 
grands phénomènes quaternaires ont été généraux. Que 
nous soyons sur les bords de la Somme, de la Vezère ou de 
la Garonne, nous sommes en présence de la même faune ; 
les mêmes animaux disparus nous fournissent la même date, 
nous apportent les mêmes données sur l'état du pays. 

Dans quel pays que nous soyons, ces pierres travaillées 
suivant certains types très-reconnaissables et suffisamment 
caractérisés, paraissent les œuvres les plus anciennes de 
l'homme, — la question de l'existence de l'homme à l'é- 
poque tertiaire étant réservée. 

Pour comprendre tout l'intérêt de ces questions, il est 
bon de ne pas perdre de vue le résultat auquel on est 
arrivé en fait de classifications : Dans l'Europe occiden- 
tale, la période quaternaire , au point de vue ethnologi- 
que, se divise en diverses époques offrant chacune des 
caractères qui ne peuvent être que l'œuvre du temps; elles 
portent le nom des gisements les plus importants ou les 
plus connus : Saint-Acheul, Le Moustier, Solutré, la Ma- 
deleine. — Les Pyrénées ne sont pas plus riches en fait 
de reliques des époques du Moustier et de Solutré que de 
celle de Saint-Acheul. Les gisements semblables à celui de 
la Madeleine (Dordogne) sont au contraire communs : (Mas- 
sât, Gourdan, Lortet, Les Vaches, Lourdes, Izeste, etc.). 
L'âge de la pierre polie vient à la suite. 



- 91 - 

Dans les environs de Toulouse, précisément dans la 
plaine qui a fourni les quartzites acheuléens, nous n'a- 
vons guère l'espoir de trouver des gisements caractérisés des 
époques postérieures. Les traces de ces industries succes- 
sives se présentent bien clairsemées, sans ossements. Elles 
sont même le plus souvent pêle-mêle. Il y a certains 
points naturellement désignés à l'occupation, qui ont donné 



Silex taillé, demi grandeur. Chez-Pourré près Brives (Corrèze). 

à la fois les pointes lancéolées anciennes, les fines lames 
et les nuclei de lage du renne, la pierre polie. Si nous 
n'avions que ces gisements et ces objets, jamais nous n'au- 
rions pu établir la moindre classification. 

En quittant notre plaine tertiaire, en arrivant aux ter- 
rains plus anciens, plus élevés, plus caverneux, nous trou- 
vons alors vers le nord, l'est et le sud, des grottes à osse- 
ments fort riches. 



- 92 — 

Là nous ne recueillons, je l'ai dit, aucun type de Saint- 
Acheul en quarlzite ou en silex. Inutile d'énumérer les 
grottes : il n'y a pas d'exception, sauf en Périgord, et je 
reviendrai sur ce point. De plus, on constate que les caver- 
nes quaternaires, parmi leurs milliers de pierres taillées, ne 
comptent guère que du silex. C'est à peu près le même fait 
qui se présentait, en Belgique, à M. Edouard Dupont; le 
savant directeur du Musée de Bruxelles en a conclu, un peu 
vite, à l'occupation de la plaine et des montagnes par deux 
populations distinctes, l'une utilisant les formes dites de 
Saint-Acheul, l'autre les types de l'âge du renne ; il croit 
au parallélisme des deux industries. Mais les questions 
d'archéologie primitive ne peuvent pas se trancher par 
l'examen d'une seule région. Il faut voir l'ensemble de 
l'Europe avant de conclure. Or, dans la Dordogne, nous 
avons la preuve que les plus anciens chasseurs de renne 
ont, comme industrie, la suite de l'outillage dit de Saint- 
Acheul ; des raison de tous ordres, archéologiques, paléon- 
tologiques, stratigraphiques, affirment, non la contempo- 
ranéité, mais la succession. Il paraît même certain que les 
tribus célèbres par les dessins et sculptures qu'elles nous 
ont laissés, étant à la recherche du silex, exploitaient les 
vestiges de leurs lointains devanciers, et telle pointe lan- 
céolée recueillie erratiquement dans les couches du bel âge 
du renne, offre une patine et des caractères qui ne peuvent 
être que l'œuvre des actions atmosphériques longtemps 
prolongées; ces silex avaient donc séjourné à l'air avant 
d'être utilisés de nouveau, enfouiscette fois dans des assises 
qui ne devaient pas être remaniées. 

Dans la vallée de la Vézère, si riche et en même temps 
si bien fouillée , on trouve tous les âges ; on a tous les 
moyens d'information, et les résultais auxquels vous con- 
duit l'étude des stations du Moustier, de Badegols, de Lau- 
gerie haute et basse, etc., ont une grande netteté, une 
valeur capitale, et peuvent s'imposer pour tout le bassin et 
même pour l'Europe occidentale elle-même. Ils étaient na- 






- 93 - 

guère absolument confirmés par l'étude des cavernes du 
comté de Derby, en Angleterre. Je ne doute pas que cette 
classification , due à M. Edouard Lartet, complétée par 
M. G. de Mortillet, ne trouve de nouvelles preuves dans les 
découvertes futures. Ainsi dans la grotte de Bize (Aude), 
au-dessous de la couche néolithique avec animaux domes- 
tiques et poterie, est une couche quaternaire qui corres- 
pond au gisement de la Madelaine avec un caractère un 
peu archaïque. Je n'ai pas été surpris que la commission 
archéologique de Narbonne y ait recueilli des objets et 
spécialement une pointe de lance du type de Solutré. Au 
dessous de tout cela s'étend un dépôt d'un aspect différent, 
dont l'argile rappelle celle des alluvions les plus anciennes 
des cavernes, et dans lequel j'ai recueilli non plus des si- 
lex comme dans la couche de l'âge du renne, mais des 
quartzites que l'on pourrait identifier aux types du Mous- 
tier. La roche de ces pierres taillées gît sous forme de 
cailloux roulés dans l'alluvion ancienne du ruisseau qui 
passe devant la grotte. 

Un jour nous pourrons tracer les limites des quartzites 
taillés de la Garonne. Nous verrous ainsi quelle était l'éten- 
due occupée par des peuplades privées de rapports avec 
les pays en possession du silex des terrains soit marins, 
soit d'eau douce. Ce ne sera pas un des résultats les moins 
précieux de ces études que cette reconstitution bien nette 
des anciens territoires , des centres d'approvisionnement 
des matières premières, des voies commerciales. 

Chose vraiment étonnante ! à cette époque règne dans 
l'industrie de l'humanité une complète uniformité qui sera 
bientôt à jamais perdue. Sans vouloir entrer ici dans une 
discussion soulevée dans une Revue spéciale (1), nous pou- 
vons admettre que si l'époque des grands courants et d'une 
période glaciaire voit l'homme tailler la pierre suivant des 

(1) Matériaux pour l'histoire primitive et naturelle de l'homme, 
4 875, dixième volume, passim. 



- 94 - 




Pointe de lance (type de Solutté) ; lame de silex retaillée sur les deux faces 
Grotte de Bise (Aude). 



- 95 - 

types peut-être assez variés déjà, c'est là le point discuté, 
il n'en est pas moins certain qu'un de ces types, celui qui 
porte le nom de Saint-Acheul, est caractéristique ; eh bien, 
il est peu de grandes vallées qui n'ait à cette heure livré 
ses pointes de Saint-Acheul. La Tamise et la Seine, la Ga- 




Silex taillé vu de face et de proûl. Le Moustier (Dordogne). 

ronne, le Mançanarés, ont donné des gisements nombreux 
et indiscutables. En Italie, en Egypte, en Algérie (1), on a 
fait la découverte des mêmes objets dans des conditions qui 
permettent à l'archéologie seule de se prononcer ; il faut 
accepter l'argument d'analogie. Les alluvions au pied de 



(1) M. Harvé, ingénieur des ponts et chaussées à Tarbes, a recueilli 
un de ces types dans une grotte près de Tlemcen , mais sans aucun 
indice paléontologique. J'ai fait mouler ce bel échantillon dont on peut 
voir le fac-similé au Muséum de Toulouse. (Voir Matériaux, 1875, 
p. 493.) 



- 96 — 

Babylone ont peut-être parlé plus clairement. Dans l'Inde, 
il n'y a aucun doute, et c'est en grand nombre que les 
pointes de Saint-Acheul , là aussi en quartzite, sont sor- 
ties des couches quaternaires de Madras (1). Enfin, on an- 
nonce qu'une semblable constatation a eu lieu dans les 
dépôts glaciaires de la vallée de la Delaware, près Trenton, 
New-Jersey (2). N'avais-je pas raison de témoigner la plus 
vive surprise en présence de ce fait : l'humanité a peuplé 
le monde au plus tard pendant ce que nous appelons 
l'époque glaciaire. Elle a fait cette conquête avec une unité 
absolue d'armes et d'outils qui prouvent des habitudes, 
des mœurs identiques. Combien cette migration générale 
a-t-elle demandé de temps? Nul ne le saura, mais tous les 
géologues pourront le soupçonner. 

Ajoutons un mot : il est merveilleux de voir un homme 
de l'âge de pierre se perfectionner, modifier ses coutumes 
et son industrie. Une bonne partie du monde était naguère 
encore occupée par des sauvages privés de la connaissance 
des métaux , mais ils polissaient la pierre, ils étaient bien 
loin d'être aussi primitifs que les fabricants de silex et de 
quartzites du type des alluvions de Saint-Acheul. Ceux-ci 
sur quelques points ont-ils survécu? On peut répondre 
hardiment non. Même en Australie, ce continent qui offre 
à tant d'égards une réminiscence des époques passées, 
l'Australie, malgré l'infériorité évidente d'une partie de sa 
population, n'offre pas de gens qui soient comparables à 
nos ancêtres quaternaires. On y trouve bien une arme dont 
la pierre offre quelque ressemblance avec celles qui nous 
occupent, mais il y a un grand intervalle entre elles : les 
Australiens polissent le tranchant. 

Selon toute apparence, les cailloux travaillés de nos 

(1 ) Un long mémoire avec planche a été publié dans les compte-rendus 
du congrès de Norwich, 1868, sous le titre de : On quartzites imple- 
ments of palœolilhic types frorn the latent formation of the east coast 
of southern lndia, par Bruce Foole. 

(2) Revue d'Anthropologie, «877, p. 699. 



- 97 - 

régions s'empoignaient avec la main. En étudiant à ce 
point de vue les séries que possède le Muséum de Toulouse, 
on a de la peine à ne pas se ranger à cet avis, qui est 
celui de MM. V. d'Adhémar et G. de Mortillet. Cependant, 
lorsque la pierre est plate avec des bords tranchants de 
toutes parts, ou qu'elle est de petit volume, nous hésitons 
à renoncer à l'hypothèse d'une emmanchure. 

(Cette note est accompagnée d'une carte géographique, 
avec l'indication des gisements dont il a été question et des 
autres lieux de découvertes paleoethnologiques. On s'est 
servi pour cette carte des signes adoptés par une commis- 
sion internationale, qui a fonctionné à la suite du congrès 
de Stockholm grâce à l'initiative de M. E. Chantre, de 
Lyon, membre correspondant de la Société d'Histoire 
naturelle de Toulouse.) 

L'auteur du mémoire suivant en donne lecture : 

Observations ornithologiques pendant les 
années 1873 à 1877 

Par M. Adrien Lacroix , Membre titulaire fondateur. 

ff. — AIGLE DOUÉ. — AQUILA CHRYSAETOS (Lin.). 

Un magnifique Aigle doré a été capturé dans les envi- 
rons de Montréjeau (Haute-Garonne), le 16 octobre 1875, 
et monté en chair par M. Larroche, préparateur d'histoire 
naturelle à Toulouse, dans l'atelier duquel j'ai pu l'étudier. 

C'est la première fois que je constate la présence de ce 
beau rapace dans notre contrée. Il existe de notables diffé- 
rences entre l'Aigle fauve , Aquila fulvus , et l'individu 
dont je m'occupe. Quelques auteurs en font une espèce 
particulière*, d'autres le considèrent seulement comme 
l'expression de l'état très-adulte chez Y Aigle fauve. Cette 
dernière opinion me paraît erronée , ainsi qu'il ressortira 
de la description suivante : 



— 98 — 

Taille: 1 ,n ,18. 

Dessus de la tête et occiput d'un roux assez vif; partie 
supérieure du corps brun-ferrugineux , un peu plus clair 
vers le cou ; partie inférieure couleur de rouille avec quel- 
ques taches brun-sombre ; plumes de la poitrine étroites, 
effilées , sombres et lavées de rouille ; celles des tarses 
blanc-roussâtre ; absence complète de blanc à la partie 
supérieure de la queue , qui est d'une teinte cendrée- 
roussâtre avec des bandes transversales plus foncées, irré- 
gulières et dentelées ; sous-caudales lavées de roux ; le bec 
peu recourbé, couleur de corne; la bouche est très-fen- 
due et dépasse les yeux ; la commissure du bec et les 
doigts sont jaune-citron ; les ongles noirs et l'iris brun- 
roux. 

». — AIGLE ESPAGNOL. — AQUILA HISPANENSIS. 

(Lacroix). 

Aquila A dalberti major, Brehm Ber. Vers, Deutsch. Orn. 
Gesellsch XIII, Beit. VII, p. 55 (1860). 

Aquila heliaca, Barboza du Bocage, p. 76 (1862). 

Aquila leucolena, Dresser, p. z. s., p. 864 (1872). 

Aquila Adalberti , Dresser a History of the Birds of 
Europ., p. XVIII, June(1873). ' 

Une femelle, presque adulte, de l'Aigle d'Espagne a été 
tuée le 17 novembre 1876 dans les environs d'Ax (Ariége), 
et envoyée en chair à Toulouse où on l'a montée. J'avais 
déjà eu, mais il y a longtemps, deux fois l'occasion d'ob- 
server ce superbe rapace, et je pensais que c'était V Aigle 
impérial ordinaire, dont les caractères étaient plus ou 
moins modifiés par l'âge des sujets que j'examinais. C'est 
grâce aux observations de M. Howard Saunders , et aux 
planches du magnifique ouvrage d'ornithologie de M. Dres- 
ser, de Londres, que j'ai pu déterminer le spécimen dont 



— 99 — 

il s'agit ici. C'est aussi la première fois qu'on constate la 
présence de cet oiseau dans les Pyrénées Françaises. On ne 
l'avait rencontré qu'en Espagne et en Portugal. Entre cette 
espèce et l'Aigle impérial ordinaire, il y a des différences 
sensibles : par exemple , les jeunes sont d'une teinte isa- 
belle uniforme, tandis que ceux de l'Aigle impérial de l'est 
de l'Europe ont des taches claires longitudinales. 

L'Aigle d'Espagne adulte a le sommet de l'aile complè- 
tement blanc (1). 

L'Aigle impérial , dans le même âge , n'a que quelques 
plumes blanches sur le dos. Ce sont là des caractères es- 
sentiels qui suffiront toujours à faire distinguer les deux 
espèces. 

3. — FAUCON ÉLÉONORE. — FALCO ELEONOR^E (Gêné.). 

Un jeune sujet de cette espèce a été capturé à Castel- 
maurou, près Toulouse, le 11 mars 1876, et monté par 
M. Traverse, préparateur de notre ville. 

La livrée de cet oiseau non adulte a de grands rapports 
avec celle de la femelle jeune du Hobereau ; cependant la 
teinte générale en est plus foncée. 

4. - FAUCON CONCOLOft. — FALCO CONCOLOR (Temm.). 

Cet oiseau, extrêmement rare en Europe, n'avait jamais 
été pris en France. Celui-ci a été tué à Gaillac (Tarn), 
le 3 octobre 1873. M. Rey, amateur d'ornithologie, à 
Nissan (Hérault), qui en est possesseur, m'a fourni les dé- 
tails suivants : se trouvant à Gaillac (Tarn), on lui apporta 
ce faucon qui venait d'être abattu ; il fut surpris de sa 



(1) Un sujet en cette livrée figure sous le nom à' Aigle impérial, au 
Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. 



— 100 - 

couleur sombre , et s'empressa de l'acquérir et de le 
monter. 

Description : il mesure, de la pointe du bec à l'extré- 
mité de la queue, m ,345. Le plumage , d'un bleu Irès- 
sombre, presque noir en dessus, est noir de suie en-des- 
sous et sans aucune tache ; le dessous du bec et la gorge 
sont un peu plus clairs ; queue bleu sombre en dessus , le 
dessous brun clair, barré en travers et à peine visible ; 
tour des yeux, tarses et doigts jaunes; bec bleu de- corne 
avec légère teinte de jaune à la base ; iris brun-clair. 
L'aile au repos excède la queue de. . . m ,022 

Aile fermée m ,32 

Queue m ,18 

Echancrure des barbes internes de la 

première rémige m ,040 

Tarses 0, m 030 

Doigt interne , ongle compris 0, m 039 

Doigt médian m ,052 

Doigt interne m ,034 

Pouce 0, m 028 

5. — CORBEAU CORNEILLE. — CORVUS CORONE (variété). 

Le 25 novembre 1876, j'ai capturé, à Portet, près Tou- 
louse, un sujet d'une variété très-remarquable du Cor- 
beau-Corneille. De même taille que les types ordinaires, il 
est blanc-ferrugineux-isabelle , même sur les ailes et la 
queue; mais le haut du cou et la tête sont restés noirs et 
semblent ne pas appartenir au même oiseau. 

6. — MERLE DORÉ. — TURDUS AUREUS (Hollandre). 

En visitant le Musée d'Histoire naturelle de Bayonne, qui 
possède une belle et riche collection ornithologique propre 
aux Basses-Pyrénées, formée par feu M. Darraq, amateur 



— 101 - 

de grand mérite, j'ai remarqué un Merle doré qui avait été 
pris dans les environs de Bayonne ; Darraq , ne connais- 
sant pas cet oiseau l'avait étiqueté Grive draine, variété. Il 
est fort probable que ce Merle a été capturé plusieurs fois 
dans nos contrées et dû rester inaperçu. 

Jaubert et Barthélémy Lapommeraye l'ont trouvé dans 
les environs de Marseille (1); et tout récemment M. Au- 
guste Besnard en a cité une capture dans les environs du 
Mans, le 10 décembre 1875 (2). 

Caractères essentiels : 

Brun-olivâtre en-dessus, avec des lunulles noires à l'ex- 
trémité des plumes, partie inférieure d'un blanc-jaunâtre ; 
gorge et poitrine blanc pur avec plumes terminées par des 
taches noires en forme de croissant et coupées carrément 
en ligne droite. 

Il vit en Sibérie, et ce n'est que de loin en loin que les 
ornithologistes le signalent chez nous ; mais je crois que sa 
rareté ne tient qu'au défaut d'attention. 

7. — ALOUETTE HAUSSE-COE. — ALAUDÂ ALPESTRIS (Lin.). 

Un de ces rares oiseaux a été pris vivant à Castel- 
nau d'Estrétefonds, près Grenade (Haute-Garonne), le 20 
novembre 1875; il était avec une bande d'Alouettes com- 
munes (Alauda arvensis). Apporté à M. Brun, directeur du 
Musée d'Histoire naturelle de Montauban , il fut conservé 
en cage pendant trois mois ; il figure maintenant dans les 
galeries du Musée de cette ville. 

Un autre individu de cette espèce fut pris à Castanet , 



(1) Richesses ornithologiques du midi de la France. Paris et Marseille. 
1862. 

(2) Voir le Bulletin de la Société zoologique de France, %° et 3 e par- 
ties (novembre, 1876). 



- 102 - 

près Toulouse, le M novembre 1876; il a été monté en 
chair par M. Larroche. 

Cette Alouette, qui a pour patrie le nord de la Russie 
d'Europe et la Sibérie, passe à peu près annuellement dans 
l'Inde et le sud de la Russie. Ce n'est qu'à de rares inter- 
valles qu'on en cite des captures en Allemagne, en Belgi- 
que et dans quelques parties de la France. 

Les caractères qui peuvent servir à la faire reconnaître 
sont : 

Front, sourcils et gorge jaunes ; bande noire qui, partant 
du bec, remonte sur les côtés delà tête; deux petites huppes 
que l'animal redresse à volonté ; large plastron noir en 
forme de hausse-col. 

8. — CHARDONNERET ÉLÉGANT. — CARDUELÏS ELEGANS 

(variété mélanique). 

Un de mes amis a bien voulu me donner un Chardonne- 
ret ordinaire, mais d'une couleur très-foncée et dont plu- 
sieurs parties sont complètement noires. 

Voici sa description : 

Tête, cou, gorge d'un noir franc; le rouge de la tête est 
très-peu apparent et presque effacé; dessus du corps fuli- 
gineux: ailes très-noires, le jaune n'y est représenté que 
par une ligne mince; absence complète de blanc à l'extré- 
mité des rémiges ; poitrine fuligineuse ; ventre d'un blanc 
pur; queue noire sans trace de blanc aux pennes latérales. 

Les renseignements qu'on m'a fournis sont les suivants : 

Cet oiseau a été pris le 15 août 1876, et c'est sa 
couleur plus sombre qu'à l'ordinaire , qui attira l'atten- 
tion du chasseur et le lui fit conserver. A la mue d'octo- 
bre, grand fut l'étonnement du propriétaire en le voyant 
devenir pour ainsi dire tout noir, et tel que je le possède. 



- 103 — 

9. — PLECTROPHANE DES NEIGES. — PLECTROPHANES 

N1VALIS (Mey. et Wolf. ex Lin.). 

Cet oiseau , qui fait des apparitions régulières dans le 
nord de la France, n'apparaît que très-accidentellement 
dans le midi, où nous restons souvent plusieurs années 
sans en voir. Ces jours-ci, le '16 novembre 1876, un 
de ces Plectrophanes ( vulgairement Bruant des Neiges), 
a été pris vivant par un chasseur d'alouettes, à Thil , 
près Grenade ( Haute-Garonne) , et conservé en cage 
par M. Estelle, avoué de notre ville; il n'est nullement 
sauvage; on le nourrit de petit millet, chanvre et 
avoine. 

Ce Bruant habite les régions arctiques, où il se repro- 
duit. 

Caractères essentiels : 

En hiver, le dessous du ventre est blanc ; il porte une 
longue tache blanche sur les ailes ; la tête est marbrée de 
roux; les pieds sont noirs, et l'ongle du pouce un peu re- 
courbé. 

10. — PERDRIX ROUGE. — PERDIX RUBRA. 

Le 10 janvier 1876, j'ai pu me procurer une nouvelle 
variété de cette Perdrix ; elle avait été tuée à Colomiers, 
près Toulouse. 

Sexe constaté : femelle. 

Grande raie sourcillière d'un blanc pur plus longue et 
plus large qu'à l'ordinaire ; collier noir pareil à celui de 
la Bartavelle ; absence complète de la grande tache noire 
qui existe, sur la poitrine, dans les types. Le collier est 
prolongé par des taches très-régulières qui complètent le 
tour du cou ; le bleu de la poitrine est très-pâle et parsemé 
de plumes blanches. 



— 104 — 

La personne qui me l'apporta en avait deux pareilles , 
mais l'une d'elles était tellement mutilée que je ne pus la 
monter. 

il. — CIGOGNE NOIRE. — C1CONIA NIGRA (Gesn.). 

Une jeune Gigogne noire a été tuée à Thil, près Gre- 
nade (Haute-Garonne), le 15 octobre 1876 par M. Estelle, 
avoué à Toulouse; c'est en chassant au lever du jour qu'il 
tira sur cette belle pièce, qui fait maintenant partie' de sa 
collection. 

Cette Cigogne a pour patrie l'est de l'Europe et la partie 
occidentale de l'Afrique; elle est de passage annuel en Alle- 
magne, mais non dans nos contrées ; elle n'est pas fami- 
lière, et évite autant les villes que la Cigogne blanche les 
recherche. 

Caractères : 

Plumage brun noirâtre; ventre et sous-caudales d'un 
blanc pur ; partie nue des orbites et pieds rouges chez les 
adultes, olivâtres chez les jeunes. 

Taille : 1 mètre à 1 m ,05. 

12. — PORPH1RION RLEU. — PORPHYRIO CŒSIUS B arrère). 

J'ai reçu, le 11 octobre 1876, une Poule sultane qui 
avait été caplurée dans les marais de Vendres, près Bé- 
ziers (Hérault). Je n'ai pu avoir de renseignements à son 
égard. Le chasseur qui l'avait tuée l'apporta à un de mes 
amis qui s'empressa de me l'adresser ; c'était un mâle adulte 
en très-belle livrée. 

Caractères : 

Côtés de la tête et dessous du cou bleu-turquoise; sous- 
caudales blanches; tout le reste du plumage bleu-indigo 
nuancé de gris ; bec et plaque frontale rouge -carmin, jam- 
bes et pieds rose-chair; iris rouge-laque. 



— 105 — 

Taille : m ,49. 

Cet oiseau habite la Sicile, la Sardaigne, l'Espagne, le 
Portugal et l'Algérie, surtout les environs de Bone. 

13. — PHALAROPE PLATYRHYNQEE. — PHALAROPUS 

PLATYRHYNCHUS (Temm.). 

Deux Phalaropes Platyrhynque ont élé tués dans nos 
environs, le 25 octobre 1875; ils font partie de ma collec- 
tion. 

Un autre a été pris, le 20 novembre de la même année, 
à Fonsorbes, près Toulouse ; il est aussi en ma possession. 

Ce n'est que par les grands coups de vent ou les tempêtes 
en mer que ces oiseaux peuvent arriver dans l'intérieur 
des terres (1). 

Cette espèce a pour habitat le cercle arctique des deux 
mondes ; en hiver, elle pousse ses migrations jusque dans 
le midi de l'Europe. 

14. — PILET ACUTICAUDE. — DAFILA ACUTA 

( Eyton ex Linn., variété). 

Le 31 mars 1876, à Braqueville, sur les bords de la 
Garonne , banlieue de Toulouse , j'ai pu m'emparer d'un 
Canard Pilet, ayant une teinte générale rouge-brique; les 
parties blanches en sont elles-mêmes nuancées, et tout le 
corps est rougeâtre sauf le miroir qui a conservé sa pu- 
reté, ce qui donne à l'animal une physionomie toute parti- 
culière. 

15. — CANARD SIFFLEUR HUPPÉ. — ANAS RUFINA (Pall.). 
RRANTE ROUSSATRE. — BRANTA RUFINA (Boie ex Pall.). 

J'ai acquis, le M janvier 1877 , un mâle très-adùlte 
de cette espèce qu'on avait tué sur les étangs qui se 

(4) M. Auguste Besnard a relaté une capture dans les environs du 
Mans, le 15 novembre 1875 (Bulleti?i de la Société zoologique de France; 
novembre 1876). 



— 106 — 

trouvent entre Narbonne et La Nouvelle. Il est probable 
que ce sujet ne s'y trouvait pas seul; car M. Rey, de Nissan, 
m'a écrit à la date du 24 décembre 4876, qu'il venait de 
monter un très-joli Canard siffleur huppé qui avait été cap- 
turé sur les étangs de Vendres, près Béziers. Ces rencon- 
tres semblent indiquer qu'un passage de ces canards a eu 
lieu dans notre Midi pendant l'hiver 1876-77. 

16. — CANARD COURONNÉ. — ANAS LEUCOCEPHALA (Scop.). 

Un mâle adulte a été tué par M. Rey, de Nissan, le 28 
janvier 1876, sur les étangs de Vendres (Hérault). 

Observation très importante sur ce canard. M. Rey 
m'a dit n'avoir jamais mangé chair plus exquise et plus 
délicate ; et si ses formes ingrates et sa couleur terne s'op- 
posent à ce qu'il devienne oiseau de luxe, l'acclimatation 
en serait avantageuse au point de vue alimentaire. 

Habitat. Les contrées orientales de l'Europe ainsi que 
le centre et le sud de la Sibérie; il se montre, en hiver, 
dans la mer Noire; mais très-accidentellement en Sardai- 
gne, en Sicile et dans le nord de l'Algérie. 

Caractères : 

Tête blanche, calotte noire, bec très-gibbeux à la base et 
fortement déprimé vers la pointe; ailes sans miroir, attei- 
gnant à peine la naissance du croupion ; queue pour ainsi 
dire retournée à l'envers. 



Séance du 17 janvier 1877 

Présidence de M. A. de Saint-Simon. 

La correspondance comprend : 

Une lettre de M. le docteur Delvaille, de Bayonne, mem- 
bre titulaire de la Société, qui envoie sa démission en 



— 107 — 

exprimant un vit' regret de ne pouvoir continuer à prendre 
part aux travaux de la Société. 

La correspondance imprimée comprend les publications 
de plusieurs Sociétés savantes, parmi lesquelles la Société 
zoologique de Londres et la Société géographique de Madrid, 
avec qui l'échange a été récemment établi. 

Molluschi terrestri e d'aqua dolce viventi nel territorio 
d'Enno, per Napoleone Pini, Milano, 1876. Envoi de l'auteur. 

La Société scientifique de Saint-Jean-d' Angély demande la 
collection des bulletins de la Société, et propose en échange 
des objets d'histoire naturelle. Accepté. 

M. le Trésorier dépose l'état de ses comptes pour l'année 
écoulée. MM. Trutat et Lasserre sont chargés de les exa- 
miner. 

M. Rey-Lescure fait une communication intitulée : Dis- 
location dans les terrains du Sud-Ouest de la France. Systè- 
mes du Quercy, du Castrais, des Pyrénées et de l'Auvergne. 
(Ce travail ayant été imprimé dans le Bulletin de la Société 
géologique de France, 1877, p. 199, on n'en donne ici que les 
conclusions] : 

« Dans la région du Sud-Ouest les axes de dislocation, de 
bombement , de redressement des couches , de fracture, 
d'émission de substances utiles, d'apparition de sources, de 
creusement des vallées, sont presque toujours dirigés N. 
N.-O. et E. N.-E., principalement du côté du Plateau cen- 
tral, et plus souvent 0. N.-O. et N. N.-E. du côté des 
Pyrénées. Les directions N.-O. ou N.-E., E.-O. ou N.-S., 
y sont bien plus rares. 

» L'ensemble des faits observés implique donc des dislo- 
cations considérables, des relèvements et des affaissements 
combinés. 

» Les causes générales probables sont, d'une part, le refroi- 
dissement des masses sous-jacentes de l'écorce terrestre, le 
dessèchement des terres émergées, le tassement et l'érosion, 
le retrait et les fractures consécutives dans les parties les 
plus résistantes ; et, d'autre part, la surcharge des sédiments 
qui ont invinciblement cédé partout à la loi de la pesan- 
teur. 



- 108 — 

» Les effets directs consécutifs ont été, surtout dans les ter- 
rains jurassiques, les affaissements à peu près verticaux, 
avec faille ou rupture et dénivellation des masses et des 
couches suivant les plans de moindre résistance ; sur d'au- 
tres points, le refoulement latéral et le relèvement des cou- 
ches voisines ; ailleurs, le glissement sur les plans inclinés, 
l'incurvation en divers sens suivant les plans de plus grande 
plasticité, le laminage, l'écrasement et la destruction des 
couches meubles (marnes, argiles et sables) sur les points de 
moindre cohésion. 

» Les effets accidentels ont été la propulsion plus où moins 
énergique au dehors de liquides de température et de teneur 
en principes minéraux diverses suivant la profondeur et la 
nature des terrains traversés, la venue au jour de masses 
plastiques plus ou moins pâteuses et refroidies. 

» Mais quelle conclusion tirer au point de vue de l'époque 
de ces dislocations ? 

» Là commence la difficulté réelle, car l'action des mêmes 
causes a dû produire des effets analogues pendant des épo- 
ques successives, et les phénomènes les plus récents ont eu 
lieu suivant les directions d'emprunt et déplus facile ébran- 
lement des phénomènes antérieurs. 

» Or, il est certain qu'il y a eu dans notre région des 
mouvements considérables de l'écorce terrestre entre l'épo- 
que jurassique et l'époque crétacée, entre le Crétacé infé- 
rieur et le Crétacé supérieur. Dès lors, qu'on rattache les 
premières dislocations du Sud-Ouest au système de la Côte- 
d'Or (N.-E.), ou à un système antérieur liasien (E. N.-E), ou 
au système du Mont-Viso (N. N.-O.), ou qu'on les en déclare 
indépendantes, il n'en est pas moins vrai que les dislocations 
antérieures ont emprunté à peu près les mêmes directions. 
Qu'on rapporte les fractures 0. N.-O, au système des Pyré- 
nées et des Alpes-Maritimes, les fractures N. N.-E. à celui 
des Alpes occidentales, ou qu'on les considère comme régio- 
nales, il n'en est pas moins vrai que les forces ont agi en 
même temps dans les Pyrénées et à une distance plus ou 
moins éloignée, parallèlement ou perpendiculairement, syn- 
chroniquement ou par récurrence. 

» Aussi, sans vouloir systématiser plus qu'il ne convient 



- 409 - 
l'œuvre des grandes actions naturelles, nous pensons qu'on 
sera tôt ou tard amené à reconnaître la réalité et le rôle 
considérable d'un ensemble ou d'un système de dislocation 
perpendiculaires, orientés N. N.-O. et E. N.-E., qui a affecté 
plus spécialement le revers occidental du Plateau central, et 
auquel nous proposons de donner le nom de Système du 
Quercy On pourrait peut-être en rapprocher synchronique- 
ment et perpendiculairement le système du Sancerrois de 
M. Raulin, dirigé E. N.-E., et plus spécialement dans notre 
région le Système du Castrais. 

» Il est aussi probable que l'étude des failles attentivement 
poursuivie sur les bords du Plateau central amènera bien- 
tôt la constatation d'un système perpendiculaire à celui des 
Pyrénées, et, selon toute vraisemblance, très-voisin comme 
époque de ce dernier. Nous rangerons provisoirement sous 
le nom de Système d'Auvergne, du Rouergue, ou du Cantal, 
les dislocations plus ou moins importantes observées dans la 
direction N. N.-E., afin de pouvoir rattacher à ce groupe les 
failles de l'Aveyron, de la Bonnette et de la Seye, signalées 
par Magnan, et celles qui semblent s'accuser dans les dépar- 
tements voisins. 

Tout semble démontrer que la fin de l'époque crétacée 
et le commencement de l'époque tertiaire ont été le moment 
de grandes dislocations, soit en France, soit en Europe. 11 
semble même que les forces éruptives et soulevantes et les 
forces volcaniques aient été en croissant jusqu'à une époque 
récente dans le monde entier. L'étude de ces questions pré- 
sente donc le plus grand intérêt. Si elle est poursuivie avec 
la plus haute .compétence par les maîtres de la science dans 
le Nord-Ouest, en vue surtout du percement du tunnel 
sous-marin, n'est-il pas permis d'espérer qu'un jour le Sud- 
Ouest aura aussi la bonne fortune d'attirer de plus en plus 
leurs regards, en vue de l'augmentation de nos richesses 
scientifiques et industrielles? En attendant ce jour, nous 
continuerons, avec de bien faibles forces, ce genre de recher- 
ches, essayant d'apporter quelques pierres au pied de l'édi- 
fice. Nous aurions désiré pouvoir montrer le résultat de ces 
investigations sur une carte accompagnée de coupes, mais 
ce travail n'est pas encore assez avancé. Nous présenterons 
toutefois prochainement aux délégués des Sociétés savantes 



- 110 — 

a la Sorbonne, une carte au 320000 e où ces indications seront 
ramenées sommairement. Elle montrera notamment que, si 
l'on recherche avec soin les bords de l'ancien lac tertiaire du 
Périgord à la Montagne-Noire, on les trouvera avec poudin- 
gues, brèches, émissions de substances utiles, dans le voi- 
sinage des axes de dislocation orientés. 

» Pour n'en citer qu'un exemple, nous mentionnerons, en 
manière de résumé, sur une ligne principale de 200 kilomè- 
tres de longueur et sur les lignes secondaires parallèles ou 
transversales, qui constituent les bords de l'ancien lac, les 
argiles et sables réfractaires de Mussidan, les grès de Berge- 
rac, les gypses de Sainte-Sabine, les oxydes de Manganèse 
du Périgord, les sables ferrifères de la Lémance, les argiles 
et sables réfractaires et peut-être alunifères ou kaoliniques 
d'Albas, les phosphates du Quercy, les failles de la Vère et de 
l'Ave yron, les gypses de Varen et de Saint-Martin, les cal- 
caires hydrauliques d'Albi avec Palœotherium, les limonites 
des environs de Réalmont, les assises à Lophiodon des envi- 
rons de Castres, les calcaires hydrauliques et à chaux ordi- 
naire des environs de Mazamet, si utiles pour le chaulage 
des terrains granitiques et gneissiques, enfin les gypses du 
Mas-Saintes-Puelles, près de Castelnaudary. » 

M. Garrigou donne à la Société les résultats de Y analyse 
de la source vieille des Eaux-Bonnes, qui lui a été demandée 
parle conseil municipal de la localité et par le médecin 
inspecteur de la station, M. Pidoux. 

L'auteur montre d'abord l'importance qu'il y a à ratta- 
cher l'étude des eaux minérales à celle de la médecine, de 
la chimie et de la géologie. L'hydrologie est une science 
qui ne s'improvise pas et qu'il faut avoir préparée par des 
études spéciales. 

Les eaux minérales nous portent les résultats du travail 
de décomposition et de synthèse que la nature produit dans 
un laboratoire, dont on ne peut pénétrer les secrets qu'en 
portant aux recherches l'absence de tout parti pris et la 
bonne foi la plus absolue. 

L'étude du principe sulfuré de la source Vieille a surtout 
préoccupé M. Garrigou. Par des expériences directes, il est 
arrivé à prouver que ce principe est multiple. On y trouve- 



- 111 - 

rait, en effet, de l'acide sulfhydrique, soit libre, soit à l'état 
de sulfhydrate, des monosulfures, des polysulfures et des 
hyposulfites alcalins. 

Le dosage du soufre par le suif hydromètre lui ayant donné 
le nombre de gr. 0088, et le dosage du soufre par la pesée 
directe gr. 0123, il s'ensuit, d'après les lois les plus élémen- 
taires de la chimie, que l'eau renferme un polysulfure (bisul- 
fure). De plus, chose fort importante pour les Eaux-Bonnes, 
le degré de sulfuration calculé en monosulfure de sodium 
serait, non plus gr. 021, ainsi qu'on l'avait cru jusqu'à 
présent, mais gr. 029. 

Parmi les métalloïdes, M. Garrigou signale l'arsenic sen- 
sible sur un litre et même sur un demi-litre d'eau ; l'iode, 
dont le poids trouvé était de gr.0007 par litre. 

La lithine est tellement abondante aux Eaux-Bonnes, 
qu'il suffit de quelques centimètres cubes d'eau pour la 
constater, soit au spectroscope, soit aux simples réactifs. 

Les autres substances indiquées par M. Garrigou, sont: 
le chlore, les acides sulfurique, carbonique, phosphorique, 
borique, nitrique, la potasse, la soude, le rubidium, la 
chaux, la baryte, la strontiane, la magnésie, l'alumine, la 
glucine, le fer, le manganèse, le zinc , le nickel , le cobalt, 
le cuivre, le plomb, l'antimoine, l'étain, etc. 

Tel est l'avantage des analyses d'eau faites sur des mètres 
cubes : elles décèlent des substances dont les chimistes na- 
turalistes pouvaient seuls prévoir l'existence. 

En agissant ainsi sur de grandes masses de liquide, on 
est certain d'obtenir, en suivant certaines règles que l'expé- 
rience peut seule faire connaître, des résultats d'une exac- 
titude très-grande, qui ouvrent une voie nouvelle à l'hy- 
drologie. 

M. Fabre demande comment la pesée directe et la sulfhy- 
drométrie peuvent donner des résultats divergents, ainsi que 
cela résulte de la communication de M. Garrigou. 

M. Garrigou répond en décrivant brièvement la méthode 
qu'il a employée et qui lui paraît la plus sûre. Il reconnaît 
d'ailleurs que bien des phénomènes chimiques sont encore 
aujourd'hui inexpliqués dans l'étude des eaux minérales. Il 



— 112 — 

y a de nombreuses découvertes à faire sur ce terrain : l'ex- 
périence directe s'exerçant , ainsi qu'il l'a dit , sur de 
grandes masses de liquide, pourra seule donner la raison 
des faits que la théorie actuelle est impuissante à élucider. 

M. Félix Regnault fait passer sous les yeux des membres 
de la Société un fragment très-volumineux de dent d'élé- 
phant récemment découvert dans la grotte du Mas-d'Azil 
(Ariége). 

M. Marquet donne lecture du Rapport suivant : 

M. Rouget a présenté à V Académie des Sciences et belles- 
lettres de Dijon, un travail sur les Coléoptères parasites des 
Guêpes ou Vespides. 

Il décrit six espèces de Vespides dont voici les noms : 
V. crabo, média, sylvestris , ru fa, germanica et vulgaris et 
mentionne une espèce très-commune partout et voisine des 
Guêpes, c'est le Polistes gallicus avec sa variété Diadema. 

Les Vespides vivent en société ou colonie; ces sociétés sont 
composées de trois sortes d'individus : les femelles, les neu- 
tres ou ouvrières (femelles atrophiées) et les mâles ; à la 
différence des abeilles, ces sociétés ne durent seulement 
que pendant la belle saison. 

Les Guêpes construisent des nids plus ou moins volumi- 
neux proportionnés à la population ; elles les placent prin- 
cipalement dans la terre, les arbres creux et à l'intérieur des 
bâtiments, quelquefois à l'air libre : c'est ordinairement des 
galeries abandonnées par les taupes et par divers mûriers 
qui sont utilisées par les guêpes pour la construction des 
nids. 

M. Rouget entre dans beaucoup de détails sur les périodes 
de nidification des Vespides, sur leur nourriture, etc. 

Tout le monde connaît le nid du Polistes gallicus; il est ordi- 
nairement placé sur les rameaux des arbustes ; quelquefois 
il est fixé à la paroi inférieure des pierres plates servant à 
couvrir, dans certains pays, les murs de clôture. 

Espèces d' insectes parasites. — Quedius dilatatus. 
— Ce gros staphylin vit en parasite dans le nid du Frelon 
{Vesta crabro), c'est surtout la larve de cet insecte qui ha- 
bite ce nid; en se plaçant de très-grand matin, ouïe soir, 



- M3 — 

près du nid des frelons, on peut être assez heureux pour 
prendre le rarissime staphylin précité à l'état parfait. 

Quant à la larve, M. Rouget procède d'une autre manière 
pour se la procurer ; il introduit un tube en verre dans l'in- 
térieur du nid des frelons, en laissant l'extrémité dépasser 
au-dehors ; il bouche hermétiquement avec de la terre glaise 
l'orifice de ce nid, de façon à ce que tous les frelons soient 
obligés de passer dans le tube ; chaque individu est saisi et 
tué en sortant ; quant aux frelons qui se trouvent à l'exté- 
rieur, ils sont saisis à l'aide d'un filet à papillons et écrasés 
au fur et à mesure qu'on les capture. M. Rouget emploie 
encore d'autres moyens, tel, par exemple, celui qui consiste 
à se couvrir la tête d'un masque en toile métallique et de 
se garantir les mains à l'aide de gants spéciaux. 

Quelques naturalistes pensaient que la larve du Quedius di- 
latatus faisait la guerre à celles du frelon. M. Rouget affirme 
qu'il n'en est rien ; les larves du staphylin se nourrissent 
des déjections miellées de cet hyménoptère. 

Le Ripiphorus paradaxus est un insecte de la famille des 
Mordelles, il vit en parasite dans les nids souterrains de la 
Guêpe commune. La femelle dépose ses œufs dans les cellu- 
les des nids; les larves, aussitôt écloses, dévorent celles des 
guêpes. M. Rouget donne beaucoup de détails sur la ma- 
nière de vivre des larves dé Ripiphorus. 

Pour s'emparer des nids -de guêpes, M. Rouget emploie 
ordinairement un procédé assez simple : au moyen d'un 
tampon de coton en rame, trempé dans le chloroforme, il 
bouche l'entrée du nid ; quelques minutes après, alors que 
les guêpes sont anesthésiées, il extrait le nid avec une 
bêche et le place dans une cage ayant la forme d'un garde- 
manger; puis, rentré chez lui, M. Rouget visite toutes les 
cellules afin d'y trouver les larves des Ripiphores qu'il élève 
dans de petits tubes. Il faut à chaque larve de Ripiphore 
une ou deux larves de Guêpe. 

Xenos vesparum.-^De la famille des Stylopides, ordre d'in- 
sectes dont la place n'est pas bien arrêtée ; certains natura- 
listes étrangers en font des coléoptères ; d'autres, les Fran- 
çais, en font un ordre à part. 

Les Xenos vesparum mâles ont seuls une métamorphose 
complète. Les femelles sont vivipares. Les œufs, dont le 

8 



— 114 — 

nombre s'élève à 5 ou 6,000, éclosent dans l'intérieur du 
corps des Polistes gatlicus ; les larves en sortent bientôt 
après et se meuvent sur l'abdomen de cette vespide ; 
de là elles passent dans les cellules du nid du Po- 
liste et pénètrent ensuite dans le corps des larves de cet 
hyménoptère où elles vivent en parasites sous une forme 
nouvelle ; elles se nourrissent du suc graisseux de ces der- 
nières qui continuent à vivre et accomplissent leurs méta- 
morphoses. 

Pour arriver à l'état d'insecte parfait, la larve femelle du 
Xenos fait sortir sa tête entre les segments abdominaux du 
Poliste , qui a lui-même acquis , à cette époque , son entier 
développement. 

Pour obtenir des Xenos (insectes fort rares), il faut chas- 
ser les polistes dont l'abdomen paraît relevé à l'insertion 
d'un des segments abdominaux ; on lâche ces hyménoptères 
sous une cloche en toile métallique dans laquelle on a mis 
un peu de miel ou autres substances sucrées ; par ce moyen, 
on peut surveiller l'éclosion des Xenos et étudier leurs 
mœurs. 

On cite encore, comme parasites des Vespides, dans les 
coléoptères : le Clerus alvearius, dont les larves dévorent 
celles de la guêpe vulgaire ; 

Dans les hyménoptères, le Tryphum vesparum, Ichneumo- 
nien, vivant aux dépens des Vespa germanica et vulgaris; 

Le Crypturus argiolus, parasite des Polistes gallicus ; 

Et, entin, dans l'ordre des Diptères, plusieurs espèces des 
genres Volucella et Anthomya. 

M. Tiujtat rend compte à la Société d'une visite faite le 
27 décembre dernier à l'Observatoire du Pic du Midi de 
Bigorre, en compagnie de M. Maurice Gourdon, membre ti- 
tulaire de la Société. 

Les neiges nouvelles avaient rendu l'ascension assez diffi- 
cile pour que la montée de Gripp à l'Observatoire ait 
demandé neuf heures de marche, malgré les quatre monta- 
gnards qui frayaient le chemin. 

M. Trutat constate avec regret l'indifférence qui semble 
s : attacher maintenant à l'entreprise courageuse de la société 
Hamond, et tout particulièrement du général de Nansouty. 



— 115 - 

Peut-être, cependant, l'organisation maintenant terminée 
de l'Observatoire du Puy-de-Dôme fera que le gouverne- 
ment s'occupera du Pic du Midi et y consacrera les sommes 
nécessaires à une installation définitive. 



Séance du 21 février. 

Présidence de M. A. de Saint-Simon, Président. 

On remarque dans la correspondance la collection des 
mémoires de l'Académie des Sciences et Lettres de Mont- 
pellier. 

MM. Garrigou et Rey-Lescure demandent à être inscrits 
pour les réunions de la Sorbonne. 

Sur la proposition de M. le colonel Belleville, la Société 
vote l'acquisition d'une presse à copier, au prix de 12 francs 
environ, et décide d'assurer ses propriétés contre l'incendiP 
(valeur 6,000 francs). ' "icenoie 

Au nom de la Société, le président remercie la Société 
de photographie qui l'avait invitée à deux de ses séances 
Des remerciements sont aussi votés à M. Trutat auteur de' 
communications faites dans ces réunions, et à M le colone* 
Belleville qui les avait facilitées de tout son pouvoir. 

M. Gaston de Malafosse entretient la Société de l'organi- 
sation et des > travaux de la Société Toscane des sciences natu- 
relles Fondée à Pise en 1874, cette compagnie savanie 
compte actuellement quatre-vingt-treize membres titulai- 
res. Parmi les travaux figurant dans le dernier fascicule de 
ses mémoires, on remarque : 

1» Deux notes du professeur Richiardi sur diverses espè- 
ces de sphœnfer et de philichthys. Ces curieux crusta'cls 
vivent en parasites dans les canaux mucipares des poisson 
de mer. Les femelles atteignent en longueur 2 ou 3 cent 
au maximum Les mâles sont de si petite taille que leur 
observation offre de sérieuses difficultés Q 

Le professeur Richiardi estime qu'il est impossible de 
rattacher ces animaux à l'une des familles actuellement 



— 116 - 

admises dans la classe des crustacés. Il pense qu'on devrait 
les réunir en un groupe particulier. 

Les transformations que subissent ces parasites sont des 
plus étranges , et leur étude est en ce moment tout- à-fait 
à l'ordre du jour dans les laboratoires de zoologie, en 
Italie. 

2° Un travail du docteur Feroci sur les éruptions cuta- 
nées causées par les poils de la chenille du bombyx proces- 
sionnaire. 

Ces poils, abondamment répandus dans les nids des 
bombyx, peuvent s'introduire dans les pores de la peau et 
déterminer divers accidents plus ou moins graves, plus ou 
moins persistants. L'éruption ainsi occasionnée peut durer 
quatre ou cinq jours. L'auteur croit que l'action des poils 
de bombyx sur la peau n'est pas purement mécanique ; ces 
poils renferment, d'après lui, de l'acide formique , comme 
ceux des orties. 

Divers remèdes sont indiqués pour combattre l'éruption 
causée par les poils de bombyx : frictions avec des feuilles 
de persil, dissolutions alcalines, cataplasmes et bains tièdes. 

Enfin, le docteur Feroci rappelle que l'action urticante des 
poils de processionnaires pourrait être utilisée dans la pra- 
tique médicale. Au témoignage de Dioscoride, on employait 
jadis ces poils en guise de sinapismes. 

3° Une très-courte note du professeur d'Achiardi sur les 
ammonites du lias. 

Le savant italien critique les nombreuses créations d'es- 
pèces nouvelles faites, par M. Dumortier, dans son ouvrage 
sur le lias supérieur du bassin du Rhône. Il fait remarquer 
combien les caractères admis comme distinctifs ont en 
réalité peu de valeur ; la configuration des lobes de la 
coquille doit être surtout prise en considération : l'irré- 
gularité des ornements extérieurs pouvant ne tenir qu'à 
des causes individuelles, comme la maladie, ne saurait justi- 
fier la création de nouveaux types. 

Au nom de la Commission chargée de vérifier les comptes 
du Trésorier pour 1876, M. Trutaf expose la situation 
financière de la Société : 



— 147 - 

Les recettes pendant l'année 1876-77 se 

sont élevées à 3.482 fr. 62 

Les dépenses se sont élevées à \ .839 20 

Le reliquat est donc de \ . 643 fr. 42 

M. Trutat propose d'approuver les comptes et de voter 

des remerciements au Trésorier, M. Lacroix pour le zèle et 

l'habileté dont il a fait preuve dans sa gestion. 
Ces conclusions sont adoptées à l'unanimité. 
Le secrétaire donne lecture d'un projet de budget établi 

par le conseil d'administration. Discuté article par article, 

ce projet est établi dans la teneur suivante : 

RECETTES PREVUES. 

Cotisations de l'année courante et droits de diplôme. . 1 .100 fr. 

Cotisations arriérées 500 

Loyer de la Société photographique 50 

Part, contributive de cette Société aux frais d'entretien . 1 5 

Subventions de l'Etat, du Département, de la Muni- 

palité 1.200 

2.865 
Encaisse actuel 1 . 643 42 

Total 4.508 fr. 42 

DÉPENSES PRÉVUES. 

Loyer de la salle 250 fr. 

Frais d'entretien de la salle 60 

Impression du bulletin et planches \ . 500 

Convocations et comptes-rendus autographiés 60 

Impressions diverses 60 

Frais de bureau , ports et affranchissements 150 

Entretien de la bibliothèque 100 

Abonnements '. 80 

Souscriptions aux congrès 30 

Frais de recouvrement 30 

Somme en réserve, à la disposition du président pour les 

cas imprévus . . 100 

Total 2.420 fr. 

Soit en résumé • i Recettes P^vues 4.508 fr. 42 

aoit en résume . | Dépenses prévues 2.420 

Excédant 2.088 fr. 42 



— 118 — 

L'auteur donne lecture du travail suivant : 

Note sur l'Hélix nubigena , 

Par M. A. de Saint-Simon, membre titulaire. 

En 1852, M. Félicien deSaulcy inséra, dans le Journal 
de Conchyliologie, la diagnose d'une Hélice à laquelle. M. de 
Charpentier avait donné le nom d'Hélix nubigena. Ce mol- 
lusque était signalé dans cette description, comme habi- 
tant les sommets des Pyrénées. 

Dans le premier numéro de Tannée suivante du même 
recueil (p. 77, 78 et 79), on trouve des détails plus cir- 
constanciés sur cette espèce, qu'un certain nombre d'au- 
teurs rapportent à VHel. ericetorum et que Charpentier a 
placée dans son catalogue entre VHel. carascalensis et VHel. 
destituta du midi de l'Italie. 

Cette note finit par l'examen comparatif de ce mollusque 
relativement à VHel. carascalensis. D'après M de Saulcy, 
VHel nubigena aurait été découvert dans les Abbruzzes 
en 1841. Dans ce cas, il y aurait mélange de deux espèces 
différentes, car les hélices pouvant ressembler à celles en 
question des Pyrénées centrales, et que je possède dans ma 
collection comme provenant des Abbruzzes, appartiennent 
au groupe de VHel cespitum. La coquille est moins large 
et moins bombée autour de l'ombilic et l'ouverture m'a 
paru moins grande et plus arrondie chez les individus ap- 
partenant à cette partie des Appennins que chez ceux des 
sommets de nos Pyrénées. 

M. Moquin, dans son Histoire des Mollusques terrestres et 
fluviatiles de France, considère VHel. nubigena comme une 
variété de VHel. cespitum ; plus tard, mon savant ami 
M. Gloyne la réunit à VHel. carascalensis, dans une note 
publiée récemment; mais, par une lettre du 10 du mois 
dernier, ce savant observateur m'annonce que cette Hélice 



— 119 - 

n'était qu'une variété de YHel. ericetorum. Je possède la mâ- 
choire et le ruban lingual de ces deux types ainsi que ceux 
de VHel. carascalensis . L'examen de leur organisation sem- 
ble démontrer que cette manière de voir est fondée. En 
outre, j'ai pu examiner les vésicules multifides chez VHel. 
nubigena ; elles présentent la même disposition que celles 
de YHel ericetorum; il en est de même pour la double po- 
che à dard qui est plus développée que chez YHel. caras- 
calensis. Tout cela semble donc confirmer l'opinion émise 
précédemment ; mais, bien que voisins, la mâchoire et le 
ruban lingual m'ont paru si différents qu'il me paraît bien 
difficile de les réunir. 

Les individus que j'ai pu étudier avec attention et qui 
appartiennent kYHel. nubigena m'ont été envoyés par mon 
savant ami, M. le général de Nansouty, dont le dé- 
vouement à la science est connu de nous tous. Il a trouvé 
cette espèce auprès du lac d'Oncet, en compagnie de VHel 
carascalensis. 

VHel. nubigena diffère de Vericetorum par ses premiers 
tours plus larges que dans celui-ci qui en présente, en ou- 
tre, un de plus (sept au lieu de six). La coquille de l'Hélix 
pyrénéenne est aussi plus fortement striée en dessus et le 
dessous est plus bombé •, l'ombilic est beaucoup moins ou- 
vert. L'ouverture de la coquille est arrondie, descend très- 
peu et le bord libre dépasse médiocrement le bord colu- 
mellaire. 

Dans son Histoire naturelle des Mollusques de France, 
2 me volume, p. 256, M. Moquin -Tandon regarde cette 
Hélice comme n'étant qu'une variété de VHel. cespitum. A 
l'époque où cet ouvrage parut , le cespitum était confondu 
avec une autre espèce décrite sous le nom tfArigonis par 
Rossmassler qui l'avait signalée comme provenant du 
nord de l'Espagne. Celle-ci a été recueillie dans les 
Pyrénées-Orientales et dans la partie des Basses-Pyrénées 
qui touche à la Bidassoa ; elle se trouve abondamment 
surtout à Urrugne et à Hendaye, où elle remplace notre 



— 120 - 

Hcl. ncglecta. J'ai examiné sa mâchoire et son ruban lin- 
gual et j'ai pu les comparer à ceux de YHel. nubigena. 
J'avais été d'abord tenlé de réunir celui-ci à YArigonis,- 
mais il y a entre eux les mémos différences que celles qui 
l'éloignentdel'en'ceJorum, c'est-à direquesa coquille est plus 
épaisse, ses stries plus fortes et plus écartées, et que les pre- 
miers tours sont plus larges et plus aplatis. Les mâchoires 
et les plaques linguales prouvent aussi que ces trois hélices 
constituent trois types bien distincts qu'on ne peut réunir 
en une seule espèce. Je ne possède pas la mâchoire de 
V Hélix décrit, par MM. l'abbé Dupuy et Moquin, sous le 
nom d' Hélix cespitum et que j'ai rapporté de Nice ; car, 
malheureusement, les individus que j'ai recueillis étaient 
morts et je n'en ai pas vu l'animal. 

La mâchoire est figurée dans l'ouvrage de M. Moquin 
(voy. pi. XIX, fig 4, et décrite 2 me volume, p. 256). Il 
résulte de la description que cet appareil est fauve , peu 
arqué, ses extrémités sont un peu atténuées; on y remar- 
que 5 à 6 côtes plates, à crénelures très-émoussées. 

La mâchoire de YHel. nubigena est d'un roux fauve 
foncé, arquée; ses extrémités vont en s'atténuant au bout; 
mais les côtes sont fortes, saillantes, très -rapprochées et 
dépassent le bord libre ; elles sont au nombre de six, les 
deux médianes plus fortes que les autres ; les crénelures 
sont obtuses. Les stries d'accroissement sont très-visibles. 
Ainsi, la forme générale et la saillie des côtes prouvent que 
le nubigena diffère du cespitum. 

Celle de YHel. ericeiorum a été figurée par M. Moquin 
(pi. XVIII. fig. 30, et décrite 2 me volume, p. 254). D'après 
la figure et la description, elle est large, à eNtrémités ob- 
tuses, d'un fauve jaune, munie de six côtes presque égales, 
robustes, convergeant un peu vers le bord libre, les deux 
médianes quelquefois plus épaisses ; les crénelures sont 
obtuses 

La mâchoire que j'ai examinée sur un individu recueilli 
à Toulouse, présente les mêmes caractères, seulement les 

i 



— 421 - 

côtes sont moins robustes et moins recourbées que celles 
de la figure ; les deux médianes sont plus épaisses et les 
côtes beaucoup plus rapprochées. 

La mâchoire deYHel. nubigena est beaucoup plus trapue 
que la précédente ; au lieu d'être jaune fauve, elle est 
d'un roux foncé; les côtes se touchent et sont en même 
temps plus robustes que celles de l'espèce précédente; 
les deux médianes sont fortes et dépassent peu le bord 
libre. 

La mâchoire de YHel Arigonis est médiocrement trapue 
et médiocrement arquée, obtuse aux deux bouts, d'un roux 
foncé, couleur de bois, à peu près opaque; munie de huit 
côtes, robustes, égales, saillantes, presque droites, se 
touchant presque et terminées par des crénelures assez 
saillantes, celles-ci un peu émoussées. 

Elle diffère de celle de Yericetorum en ce qu'el'e est moins 
arquée, moins large, beaucoup plus foncée; les côtes sont 
plus nombreuses, égales, les crénelures sont plus obtuses 
et dépassent davantage le bord libre; elle n'a de commun 
avec celle de YHel. nubigena que la couleur. Il est impossi- 
ble de confondre ces trois mâchoires tant elles diffèrent 
entre elles. 

La mâchoire de VHel. Arigonis ressemble à celle du 
neglecta, mais celle-ci ne présente que sept côtes plus ro- 
bustes ; elle est plus arquée, de couleur plus claire et les 
côtes médianes sont plus courtes et plus épaisses, comme 
dans Yericetorum. 

Les rubans linguaux des Bel. nubigena^ ericetorum et 
Arigonis sont recouverts de dents disposées en lignes plus 
ou moins sinueuses ; de même que chez les autres Hélices 
de France, elles se divisent en dents marginales dépour- 
vues de lamelles et composées de deux à quatre denti- 
cules, de dents latérales qui se divisent chacune en deux 
dents de grandeur inégale et de dents rachiales formées 
par une grande dent cà la base de laquelle sont accolées 
deux dents rudimentaires ; les dents latérales et rachiales 



- 122 - 

sont munies de lamelles échancrées et terminées en pointe 
de chaque côté de l'échancrure. 

La formule dentaire des trois espèces dont il s'agit est la 
suivante : 

Hel. nubigena (18 + 14 + 14- 14 +18) X 70 
Hel. ericetorum (1 4 + 1 2 + 1 + 1 2 + 1 4) X 80 
Hel. Arigonis (24 + 16 + 1 + 16 + 24; X 120 

Les dents marginales de Y Hel. nubigena présentent un 
support assez grand, presque quadrangulaire et surmonté 
de deux pointes inégales, la i lus grande est bifide et forme 
le passage de la dent simple aux dents disposées en ciseauj; 
d'un grand nombre d'Hélices. Les dents latérales et ra- 
chiales m'ont paru un peu plus grosses et plus écartées 
que celles de Yericelorum et de Y Arigonis. 

Chez YHel. ericetorum, le support des dents marginales 
est composé de deux parties ; chacune d'elles s'adapte à la 
denticule correspondante, les dents elles-mêmes sont plus 
courtes et plus trapues que celles de YHel. nubigena. 

Les formes des dents marginales de YHel. Arigonis sont 
plus variées que celles que l'on observe dans les deux 
Hélices précédentes ; une partie des supports est simple 
comme dans YHel. nubigena, et l'autre bifide comme dans 
YHel. ericelorum; on y remarque de quatre à cinq denti- 
cules parfois, et d'autres ne présentent que deux dents 
inégales ; généralement le support est moins trapu que 
celui des deux espèces avec lequel j'ai comparé celle des 
Basses-Pyrénées. Il existe donc des différences marquées 
qui ne permettent pas de réunir les trois espèces qui font 
le sujet de cette étude. 

Il ne me reste plus qu'à parler rapidement de YHel. 
Carascalensis ; la mâchoire et les dents linguales de cette 
espèce présentent de grands rapports avec celle de YHel. 
Carthusiana ; les côtes se touchent et les crénelures dépas- 
sent à peine le bord libre ; les dents marginales sont très- 
allongées. La forme des pièces de la bouche de ce mol- 



— 123 - 

lusque est tellement différente que Ton ne peut pas confon- 
dre cette espèce avec celles dontje viens de parler. 

L'individu appartenant à VHel. nubigena que j'ai eu à ma 
disposition étant mort depuis longtemps, je n'ai pu voir 
que d'une manière incomplète son système reproducteur. 
La poche à dard est double, et les vésicules multifides sont 
au nombre de cinq qui se dichotomisent ; il en résulte 
que Ton peut compter ainsi une dizaine de branches ; on 
voit que l'organisation de tous ces organes ressemble à 
celle de VHel. ericetorum. 

D'après les observations de M. Moquin, le nombre des 
vésicules multifides de cette dernière Hélice est plus con- 
sidérable. En outre, ces vésicules m'ont paru plus allon- 
gées chez le nubigena. 



Séance du 7 mars 1877 

Présidence de M. A. de Saint-Simon. 

La correspondance imprimée comprend les publications 
des Sociétés correspondantes et des Revues. 

M. Ravel exprime à la Société ses regrets que des occupa- 
tions multipliées ne lui permettent plus de prendre part à 
ses travaux. 

M. E. Gartailhac donne lecture du rapport suivant : 
Un de nos collègues, ancien médecin de la marine, connu 
par ses études sur les Néo- Calédoniens {Bull. Soc, d'anthrop., 
t. II, 389, 1860), son Essai sur la population de Cuba et d'autres 
travaux anthropologiques, M. le docteur V. de Rochas, nous 
fait hommage d'un ouvrage qui mérite de retenir votre 
attention. 

Ce volume est intitulé : Les Parias de France et d'Espagne 
(Cagots et Bohémiens^. Paris, Hachette, 1876 (7 fr. 50). Il 
nous intéresse doublement, puisqu'il s'agit d'une partie de 
la population de nos Pyrénées. 



— 124 — 

S'il est un phénomène social capable de piquer la curiosité 
et de solliciter la réflexion, c'est bien l'existence parmi nous 
de certaines classes de parias comparables à celles de l'Inde. 
Apparues vers la fin du moyen-âge, elles ont traversé l'ère 
moderne sans livrer le secret de leur énigme et l'on dispute 
encore jusque sur leur nom. Ce sont les Bohémiens d'une part, 
les Cagots, Gahets, Cacous, Agots, etc. Le problème des Bo- 
hémiens était le plus avancô jusqu'ici. On croit être assuré 
que le berceau des nomades Zincani, Zigneuner , Tchinguiâ- 
nfis, Tziganes, Gypsies, Gitanos, Bohémiens, doit être fixé 
dans l'ancienne tribu des Jatt ou Djutt, établis dans le Sind, 
près de l'embouchure de l'Indus. Le problème des seconds 
était encore à l'étude. 

Dans son Histoire des races maudites de France et d'Espagne, 
Francisque Michel n'avait pas réussi à concilier les diverses 
hypothèses émises depuis le seizième siècle sur l'origine des 
Cagots ; M. de Rochas, sans épargner les voyages, les pei- 
nes, les dépenses, a étudié ces parias par l'observation an- 
thropologique et médicale. Il a repris aussi les vieux titres 
et les traditions. 

Dans des considérations générales sur la lèpre et les lé- 
preux, M. de Rochas a réuni un grand nombre de renseigne- 
ments sur le terrible fléau, probablement aussi ancien que 
les premières annales de l'humanité dans l'Orient sémitique. 
Il suit ses traces dans le monde et dans le temps, en France 
jusqu'à La Renaissance, vers le milieu du xvi e siècle lorsqu'il 
tempère ses fureurs. Il y avait encore quelques lépreux dans 
le Béarn ; la Provence et le comté de Nice en ont conservé 
plusieurs familles jusque vers 1830. La lèpre observée de 
nos jours en Europe et en Amérique est bien la même que 
celle du moyen-âge, et il n'est pas permis de dire que « la 
nature et l'origine de la lèpre au moyen-âge ne sont pas plus 
connues que celles delà lèpre dont parlent les livres saints. » 
La terreur d'une telle maladie, atroce, incurable, ne sur- 
prend pas. On la considéra comme une plaie du ciel ; de là 
l'idée d'une double souillure physique et morale qui entraî- 
nait non-seulement la séparation d'avec le peuple, mais 
encore l'interdiction d'approcher des choses saintes. Des me- 
sures rigoureuses ne visaient pas seulement la contagion, 



- 125 — 

mais peut-être plus encore l'hérédité. — Malheureusement 
la sagesse de nos pères, à qui les générations nouvelles doi- 
vent leur salut, se trouva en défaut sur un point : la mesure. 
La législation qu'ils avaient instituée dépassa son but... 
L'Eglise et l'Etat avaient voulu faire disparaître les lépreux, 
l'ignorance et le fanatisme créèrent du même coup les 

MAUDITS. 

En même temps que les lépreux, à côté d'eux, dirait-on , 
se place une autre classe de parias dont la condition sociale 
n'était pas beaucoup meilleure. Dans les grandes villes de 
l'ouest et du midi de la France , dans celles du nord de 
l'Espagne, ils étaient relégués et comme parqués dans un 
faubourg. Dans les campagnes, ils habitaient des huttes 
isolées ; au cimetière même, ils avaient une place à part. 
Bûcherons ou charpentiers pour la plupart, on utilisait leurs 
services et quelquefois malgré eux. M. de Rochas a réuni 
tous les textes, tous les extraits de manuscrits qui s'occu- 
pent d'eux et en définitive fait leur histoire complète jus- 
qu'au moment où, les proscrits trouvèrent des défenseurs, 
où ils obtinrent justice. Au xvir 3 siècle, on reconnut qu'il n'y 
avait aucune raison pour les laisser dans un état d'où ils 
demandaient à sortir moyennant finances. Louis XIV pou- 
vait bien affranchir les Gagots de certaines servitudes léga- 
les, mais non pas des préjugés revêches des Basques et des 
Béarnais, qui ne s'effacèrent qu'à la fin du siècle dernier. 
Aujourd'hui les alliances mixtes de leurs descendants ne 
rencontrent plus de difficultés. 

Les Gahets de Guienne, anciennement dits Gafets, font 
leur apparition dans l'histoire en même temps que les Ghres- 
tiaas du Béarn et de la Navarre (xni 8 siècle). Leur nom vient 
du roman gafet, croc, crochet. Gafo, en espagnol, désigne 
celui qui a les doigts crochus, — symptôme de la lèpre 
anaisthétique. Les Gafets (les ladres) de Bordeaux furent, 
comme les Chrestiaas, isolés, traqués et tués quelquefois. 
Au commencement de ce siècle, les Capots n'étaient pas 
encore fondus avec le reste de la population. En 1407, 
Charles VI, par une ordonnance aux seneschaulx de Tou- 
louse, Carcassonne, etc., veut que les Capots ou Casots ne 
fréquentent point les saines personnes et portent leur ensei- 



— 126 — 

gne accoutumée. Le 10 juillet 1439, le dauphin Louis, fils 
du roi Charles VII, se trouvant à Toulouse, donna diverses 
lettres et nomma des commissaires pour visiter plusieurs 
personnes « qui étaient malades ou entichés d'une très- 
horrible et grieve maladie appelée maladie de la lèpre et 
capoterie, pour empêcher qu'ils ne se meslassent avec les ha- 
hitants du pays et les tenir séparés ». Mais en 1600, 15 juin, 
une enquête médicale, faite par ordre du Parlement de Tou- 
louse, attesta que vingt-deux individus, tous charpentiers 
et menuisiers, soi-disant Capots, ayant été examinés, furent 
trouvés sains et nets de leur corps. En même temps, la 
même enquête dans le Béarn donnait un pareil résultat. Les 
Cagots attendirent un siècle les arrêts du Parlement de Bor- 
deaux et de Toulouse (1723), arrêts réitérés en 1746, qui 
les rendaient à la vie commune et libre. Le souvenir des 
Capots est encore plus effacé en Languedoc qu'en Gascogne. 

De son côté, la Bretagne avait ses Cacous, Caqueux , 
Caquots, ce qui est tout un, et dérive du mot celtique Kakod 
ou Cacod, qui veut dire ladre — Ils étaient adonnés à la 
profession de cordier. Sur eux aussi la tutelle ecclésiastique 
s'exerça d'une manière un peu lourde, et longtemps ils pas- 
sèrent pour lépreux sinon confirmés, du moins en puissance 
de la maladie, en vertu de leur descendance des vrais Cacous. 
Le préjugé dure toujours dans la traditionnelle Bretagne, 
surtout dans les campagnes. 

Les Gafos, les Christianos et les Agots d'Espagne fournis- 
sent à M. de Rochas une histoire et des faits identiques Ils 
apparaissent comme les parias de France à la même heure , 
subissent les mêmes changements d'état et de nom à tra- 
vers leur misérable existence, et se fondent presque en même 
temps dans la population ambiante. M. de Rochas montre 
l'inanité de la théorie qui veut en Espagne y voir les des- 
cendants des Goths, théorie née au xvi e siècle. 

Il n'y a plus de Cagots, disait M. de Rochas en terminant 
un de ses chapitres, mais seulement des descendants des 
Cagots. Or, M. Littré vient encore d'écrire dans son Diction- 
naire : « Cagols, peuplade des Pyrénées, affectée d'une sorte 
de crétinisme. » 

Bien d'autres auteurs contemporains partagent les mêmes 






- 127 - 

erreurs. Parmi tant d'écrivains qui ont traité de ces mysté- 
rieux Gagots, un seul, le grand naturaliste pyrénéen Palas- 
sou, s'est livré, en 1815, à une enquête sérieuse ; aussi est-il 
arrivé à conclure que les Agots ou Cagots ne diffèrent des 
Basques d'ancienne origine ni sous le rapport du physique, 
ni sous celui des mœurs. C'est la même enquête que M. de 
Rochas a recommencée pour fermer définitivement la bou- 
che aux faiseurs de contes. Tous les parias, a reconnu 
notre confrère, ne forment et n'ont jamais formé une race 
mais une caste. 11 a observé, en même temps, que les mariages 
consanguins n'avaient eu chez eux aucun effet pernicieux. 

Leur origine est-elle donc commune, ou du moins les 
mêmes circonstances ont-elle présidé à leur exclusion de la 
société? Après avoir examiné longuement les divers systè- 
mes qui ont joui à tour de rôle de la faveur du public, il 
développe cette proposition déjà pressentie par le lecteur, 
que les anciens Cagots, Cafos, Cafets, Chrestiaas et Cacous 
étaient des lépreux. 

La lèpre blanche n'est pas très-grave ; il n'est pas éton- 
nant que le mal ait fini par s'user et que ses victimes aient 
laissé des descendants sains ou à peu près. Il faut ajouter 
qu'il y avait beaucoup de ladres blancs et de faux ladres que 
l'on englobait dans la malédiction, à cause de la croyance 
générale à l'hérédité. Il est incontestable que les lépreux et 
les cagots ne font qu'un en face des lois et des coutumes, 
et que nous connaissons enfin l'origine des Cagots et de 
leurs congénères. 

Les Parias desquels s'occupe M. de Rochas dans la seconde 
partie de son livre, n'ont absolument rien de commun avec 
les précédents. Etrangers par la langue et par les mœurs, mis 
au ban delà société pour leurs méfaits, les Bohémiens sont 
restés jusqu'à ce jour des déclassés. Ils seraient sortis de l'In- 
doustan longtemps après la conquête Aryane, puisqu'ils 
parlent un dialecte néo-indien dérivé du sanscrit. Après une 
étude des pays Basques et des Gitanos du Roussillon et de 
l'Espagne, M. de Rochas donne un vocabulaire comparatif 
gitano et tsigane qui établit la communauté d'origine des 
Bohémiens espagnols et des Bohémiens allemands. 

Il est spécialem en ^intéressant pour nous de voir que M. de 



- 128 — 

Rochas n'a pas oublié la petite colonie de gitanos, un peu 
dispersée depuis l'inondation du faubourg Saint-Cyprien. 
Elle se compose d'une soixantaine de personnes en douze 
familles. Tous ces gens ont la même physionomie, la même 
industrie (tondeurs et maquignons), le même costume que 
leurs frères du Roussillon, avec lesquels ils restent en rela- 
tion. Gomme eux aussi, ils fréquentent toutes les foires à 
cinquante lieues à la ronde. Un second groupe se rencontre à 
Béziers et un plus petit à Narbonne. 

L'auteur donne lecture de la note suivante : 
Grotte du Mas-d'Azil (Ariège) 
Par M. Félix Regnault , Membre titulaire. 

D'après la carte géologique de M. Mussy, le calcaire à 
miliolites forme le centre de la formation nummuli tique, et 
court en bandes régulières et puissantes de l'Est à l'Ouest 
dans toute l'étendue de l'Ariège. 

Vers les deux extrémités du département, dans les cantons 
de Lavelanet et Sainte-Croix, ce calcaire s'ouvre et se di- 
vise en deux branches qui montrent entre elles les forma- 
tions nummulitiques inférieures ; au centre, vers le Mas- 
d'Azil, cette bifurcation débute par le bel accident du massif 
plissé de la Grotte du Mas, avec grandes fractures en divers 
sens. Ces fractures excavées et élargies par les eaux, ont 
donné naissance à une vaste grotte (1). 

Notre regretté confrère et ami H. Magnan, qui a étudié 
avec tant de soins cette partie du département de l'Ariège, 
avait reconnu que la dépression nummulitique mouvemen- 
tée de la grotte continue vers l'Ouest en modifiant son dé- 
tail stratigraphique. Les strates du calcaire à miliolites de la 
grotte se développent en larges bandes au plateau de Ca- 
marade. 

La grotte est traversée souterrainement sur 500 mètres 
environ par la rivière de l'Arize et la route de Saint-Girons 
au Mas. 

A l'Est, vers le milieu de la caverne, s'ouvrent des cou- 
loirs secondaires qui s'étendent latéralement. 

(1) Carte géologique de l'Ariège, par M. Mussy. Foix, 1 870, p. \ 86 . 



- 129 - 

A l'époque où la grande route fut établie, les ouvriers 
mirent à découvert une couche à ossements, dont une 
grande partie a servi à l'empierrement de la voie et au talus 
qui borde la rivière. Malheureusement, aucun géologue ne 
se trouvait là, et ce travail a fait périr un des plus beaux gise- 
ments paléo-archéologique. Cependant quelques matériaux 



Pointes de lances et de harpons de l'âge du Renne, 1/2 grandeur. 

épars ont été sauvés soit par MM. l'abbé Pouech, Tibule 
Ladevèze (du Mas), H. Filhol, Garrigou et Trutat ; ces mes- 
sieurs firent tour à tour des fouilles qui ont permis de 
rétablir l'ensemble des lieux et de connaître la faune con- 
temporaine des divers dépôts. 

La partie supérieure des terrains formant le sol de la ca- 
verne renfermait des ossements humains, des débris d'objets 
et d'armes en bronze, en fer, des haches en pierre polie, 
des ossements d'animaux domestiques, bœuf, cheval, etc. ; 



- 430 - 

enfin des débris de l'industrie de l'homme, depuis l'époque 
de la pierre polie jusqu'à nos jours. M. Ladevèze possède 
dans sa collection deux belles haches polies trouvées à l'ou- 
verture nord, dans les déblais. La bibliothèque de Foix con- 
serve d'autres vestiges de ce sol remanié. 

11 est peu de régions qui aient été davantage le théâtre 
des guerres religieuses. En 4725, le Mas soutint un siège 
mémorable par la résistance héroïque des religionnaires. 
« Jeanne d'Albret fit ajouter, dit l'historien Gramondi, à la 
» fortification naturelle de la grotte, des murailles et une 
» porte qui fermait à clef. Le maréchal de Thémines, aidé des 
» Toulousains, attaqua trois fois la grotte où s'était réfu- 
» giée la population, et après de sanglants combats, fut re- 
» poussé avec pertes et obligé d'abandonner son entre- 
r prise. » 

Donc, la grotte servait souvent de refuge à la population 
des villages voisins brûlés et dévastés par les religionnai- 
res. Il ne faut pas s'étonner de retrouver les débris de ces 
habitations récentes , mêlés souvent aux vestiges plus an- 
ciens. 

Un second dépôt occupe les couloirs latéraux. Il est ca- 
ractérisé par le Renne, qui y est abondant, et par d'autres 
animaux du même âge , enfin , par des foyers avec silex, 
charbons et ossements cassés. 

Le troisième dépôt occupant les galeries supérieures, ren- 
ferme des débris de l'âge du grand ours (ursus spœleus — 
rhinocéros - felisspœlea — elephas, etc ) 

J'ai souvent visité la grotte du Mas dans tous ses détails, 
et des fouilles superficielles me laissaient supposer que la 
stratigraphie des gisements, si importante à considérer dans 
l'étude de la haute antiquité, était constante dans toute l'é- 
tendue de la grotte. Depuis ma dernière fouille j'ai dû mo- 
difier cette croyance : les eaux, comme dans presque toutes 
les grottes, ont remanié certains couloirs. 

L'inondation de 1875 avait enlevé une partie de la route. 
(Voir la planche 2). En décembre dernier, je fus averti 
que l'administration des Ponts et Chaussées exécutait des 
travaux de sondage pour rétablir la roule et lui donner une 
nouvelle direction. Pour éviter le passage sud de la grotte, 



- m - 

qui est dangereux quand les eaux s'élèvent, la nouvelle 
route devait passer par un des vastes couloirs latéraux F. F. 
Grâce à l'obligeance de M. Galaup, ingénieur ordinaire à St- 
Girons, qui voulut bien prévenir M. Martin, conducteur des 
travaux, je reçus à mon arrivée au Mas le plus gracieux ac- 
cueil. M. Tibule Ladevèze, membre correspondant de notre 
Société, se mit aussi à ma disposition et facilitâmes recher- 
ches. M. Martin avait eu l'heureuse idée de garder les osse- 
ments trouvés dans la tranchée F et me signala la décou- 
verte que les ouvriers avaient faite la veille de deux beaux 
fragments de défense de mammouth. Ces précieux débris 
me servirent de guide et j'installai des ouvriers dans le cou- 
loir T (coupé). Nous recueillîmes bientôt une grande quan- 
tité d'ossements de renne, de cerf, de cheval et de bœuf; 
le renne dominait. La Société pourra examiner une belle 
série de mâchoires de renne, des bois brisés et sciés, por- 
tant de nombreuses stries faites par le couteau de silex, 
ainsi que des spécimens de tous les os de cet animal. 
Comme toujours , les os longs sont cassés pour l'extrac- 
tion de l'a moelle, mais ils ne sont pas tous fendus longitudi- 
nalement ; les têtes de fémur, d'humérus, sont seules en- 
levées; de nombreuses stries entourent les anciennes cassu- 
res. Il est probable que les habitants de la grotte, pour ex- 
traire la moelle très-abondaiîte et recherchée de cerf ou de 
renne, après avoir écrasé, enlevé les têtes ou extrémités des 
os, devaient faire sortir cette moelle en frappant! perpendi- 
culairement de petits coups sur une pierre. If n'était pas 
besoin de fendre l'os en long pour arriver au résultat désiré. 

Il est facile de constater que Tes cassures de ces ossements 
ne correspondent pas aux longues cassures des os des grands 
ours ni' à leurs cassures en bec de flûte. 

Nous avons dit que le renne était abondant; il y en avait 
de tout âge. Sur certains points existaient de véritables accu- 
mulations de bois de renne presque entiers qu'il était mal- 
heureusement impossible d'enlever sans les briser. On re- 
marquait qu'il y avait beaucoup de très-jeunes individus. 
M. Ladevèze en a recueilli à différentes reprises de beaux 
spécimens. Là, étaient sans doute des lieux d'approvisionne- 
ment de bois destinés à' être travaillés dans une autre partie 



- 132 - 

de la caverne. Ce couloir, en effet, ne renferme ni cendres 
d'os calcinés, ni poteries comme les dépôts qui sont dans 
la partie F (planche 2) de la grotte. 

Les silex sont très-rares dans cette partie de la grotte, les 
instruments et objets divers en os travaillé, encore plus. Le 
vaste couloir F, avec ses ossements de renne, de cerf, de 
cheval, de bœuf, semble avoir été un immense charnier. 

Le couloir dont j'ai parlé est large de 2 m 17 à 3 m 23 environ 
(voir coupe T) ; il monte légèrement et a une longueur de 
12 à 15 mètres. La tranchée avait 1 m 25 à 1 m 80 environ. Au 
fond du couloir, au point D, nous avons eu, M. Martin et moi, 
la bonne fortune de recueillir un troisième fragment de dé- 
fense d'éléphant (17 cent, de diamètre sur 30 de longueur). 

A mesure que la tranchée s'approchait de l'extrémité de 
la galerie, le terrain changeait d'aspect ; des cailloux roulés, 
du sable, apparaissaient mêlés à de l'argile. Ce terrain, re- 
manié par les eaux, renfermait également en petite quantité 
des ossements de renne, de cheval et de bœuf (grande es- 
pèce). Enfin le couloir qui semble se terminer en cul-de- 
sac, se relève brusquement vers le haut suivant une fissure 
du calcaire qui communique au dehors de la grotte. 

Les travaux des ponts et chaussées ayant continué quel- 
ques jours après mon départ, M. Martin a bien voulu me 
communiquer des renseignements précis sur la nature du 
terrain au point où la défense d'éléphant avait été trou- 
vée. Le 14 janvier 1877, il m'écrivait les lignes suivantes 
qui confirment mon opinion : 

« Je suis heureux de vous adresser les renseignements 
» que vous désirez. Votre hypothèse relative au passage des 
» eaux à travers les galeries est, à mon avis, parfaitement 
» fondée. A un mètre cinquante environ en avant du point 
» où a été trouvée la défense d'éléphant, les fouilles ont mis 
» à nu du sable et du gravier mélangés. Ces matières se 
» présentaient sous forme de boyaux ou filons assez nette- 
» ment déterminés et séparés distinctement des blocayes et 
» de l'argile qui les entourent. Je n'ai pas remarqué de 
» couches régulières indiquant une stratification quelconque. 

» La roche intérieure qui nous avait servi d'échafaudage 
» naturel durant l'ouverture de la galerie venant à se rele- 



- 133 - 
» ver tout à coup, le forage a dû être interrompu. Néan- 
» moins, l'examen attentif du terrain joint aux résultats 
» fournis par les sondages du dehors, me donnent la presque 
» certitude d'une communication naturelle entre l'intérieur 
» et l'extérieur de la grotte à cet endroit. 

J'ai exploré rapidement le côté gauche de la grotte du Mas, 
principalement la partie K (plan), au Sud. Au milieu d'é- 
normes éboulis et de gros blocs calcinés, j'ai pu constater la 
présence de foyers avec silex et ossements cassés. Cette 
partie de la grolte n'ayant jamais été fouillée, je crois devoir 
la signaler aux explorateurs. 



Note sur la présence du Gecinus Sharpii S. 

(variété espagnole du Pic-vert) dans les Pyrénées 
françaises; 

Par M. Adrien Lacroix, membre titulaire fondateur. 

Le 14 mars 1877, un de mes chasseurs de Saint-Martory 
(Haute-Garonne), m'envoyait un Pic-vert qui, contrairement 
aux habitudes de cette espèce, s'était laissé approcher et 
très-facilement. Je le reconnus de suite pour une variété 
remarquable de l'espèce ordinaire , et en consultant l'ou- 
vrage : A history of the Birds o" Europe, de M. E. Dresser, 
je retrouvai sur ce sujet tous les caractères attribués au 
Gecinus Sharpii de Saunders. 

Cette espèce étant encore très-peu connue des ornitholo- 
gistes, je crois ne pouvoir mieux faire que de transcrire 
ici la diagnose qui lui est attribuée dans l'ouvrage que je 
viens de mentionner. 

Mâle : Suprà viridis, uropygio et supra caudalibus lœtissimè 
aureo-flavis, vix aurantiacis : tectricibus al arum dorso conco- 
loribus. sed paulb olivaceo lavatis; remigibus et alâ spuriâ ni- 
gricnnti-brunneis extus albo, basim versus pennorum sordide 
viridl maculatis, secundariis viridibus tectricibus concoloribus 
caudâ nigricante, basin versus olivaceo lavai à, recticibus duabus 
centralibus et extimis brunneo et viridi alterne transnotatis ; 
pileo et vittâ latâ malari lœtè coccineis ; facie laterali çinereâ, 



- 134 - 

loris et gmis anticis vix nigricantibus ; regione paroticâ et 
collo laterali pallidè viridibus ; subtùs flavescens, hypochondriis 
viridi lavatis; subalaribus albis, flavo lavatis, nigro irregula- 
riter transfasciatis ; rosir o nigricanti corneo, mandibulœ basi 
lœlisstmè flavâ ; pedibus saturatè plumbeis ; iride cœrules- 
cenii-albâ. 

Femelle : Mari similis, sed vittâ malori nigrâ dislingaenda. 

Jeune mâle : Viridis, dorsi plumis albido indistincte trans- 
noiatis ; subtùs albicans, gutture minute, corpore reliquo subtùs 
magis distincte fusco transnotatis; pileo et fasciâ mystacali 
coccineis. 

Jeune femelle : Mari similis, sed fasciâ mystacali fiucâ dis- 
tinguera. 

A cette description si complète, nous joindrons un tableau 
comparatif des caractères essentiels des deux variétés : 

PIC-VERT ORDINAIRE. PIC-VERT ESPAGNOL. 

Taille: 32 centimètres; Taille : 33 centimètres; 

Mâle adulte .- front, vertex, occi- Mâle adulte : front, vertex, occi- 
put, moustaches, rouge brillant put, moustaches, mouchetés de 
sur tond noir profond ; rouge Irès-briU'ant sur fond cen- 
dré; 

Dessus du corps et cou d'un vert Dessus du corps et cou d'un vert 

jaunâtre; brillant légèrement jaunâtre ; 

Région ophthalmique noire ; Région ophthalmique gris foncé; 

Joues noires; Joues cendré clair; 

Côtés et dessous du cou Vert-olive Côtés et dessous du cou cendré clair; 
très-crair; 

Queue barrée en dessous ; Queue très- faiblement barrée ; 

Bec noirâtre en dessus, jaune en . Bec noirâtre en-dessous, jaune sur 

dessous ; les côtés et en dessous ; 

Iris blanc. Iris blanc très-légèrement paille. 

Je dois ajouter que c'est grâce aux obligeantes observa- 
tions de M. Saunders, lors de son dernier voyage à Tou- 
louse, que j'ai pu établir avec certitude les caractères qui 
différencient cette espèce de celle que nous rencontrons 
habituellement dans notre région. 

« M. Dresser ajoute que cette espèce avait été regar- 
dée , jusqu'à ces derniers temps , comme identique au Pic- 
vert ordinaire, et rapportée au Gecinus viridis par tous les 
auteurs qui ont traité de l'ornithologie espagnole ; c'est 



M. Howard Saunders qui l'a reconnue le premier. D'après 
lui, cette espèce doit prendre la place du véritable Gecinus 
viridis dans toute cette partie de l'Espagne, qui est au sud 
du Guadarrama, et même, suivant toute probabilité , son 
habitat s'étend à la vallée de TEbre. 

Il serait intéressant de savoir si on la trouve au pied 
des Pyrénées, du côté de l'Espagne. Tous les spécimens que 
j'ai examinés du côté de la France appartiennent au vérita- 
ble Gecinus viridis, et lorsque je publiai ma liste des oiseaux 
du sud de l'Espagne, dans VIbis, en 1871, page 65, je le dé- 
crivis par erreur comme le Pic-vert commun. Il est vrai 
qu'au premier abord il lui paraît semblable en tout ; mais 
dans une série de 5 à 6 œufs, j'ai remarqué des différences 
avec les œufs du Pic-vert ordinaire ; ces derniers sont sen- 
siblement plus petits. 

Mes échantillons en oiseaux et œufs viennent de Valence, 
de Grenade, d'Andalousie et de Castille. 

Le major Irby ne l'a jamais trouvé dans le voisinage de 
Gibraltar. Je l'ai observé, dit-il , abondant dans les envi- 
rons de Séville ; il semble que cet oiseau y soit un type tout-à- 
fait local. 

Lord Lifford l'a trouvé très-abondant aux environs d'Aran- 
juez et de Madrid, en 1865 ; il l'avait également confondu 
avec Le type et croit aujourd'hui que c'est le Pic-vert com- 
mun de l'Espagne. 

Manuel de la Torre ne pense pas qu'il habite les provinces 
basques et l' Aragon. » 

Il semble donc bien établi par ces différents extraits : 

4° Que le Gecinus Sharpii est une espèce distincte du 
Gecinus viridis ; 

2° Que cette espèce est entièrement propre à l'Espagne. 

On voudra bien me permettre de faire quelques restric- 
tions : 

En, premier lieu, les caractères attribués par les auteurs 
ont-ils une, importance suffisante pour ériger le Gecinus 
Sharpii au rang d'espèce ? Nous ne le croyons pas et nous 
citerons à l'appui de notre opinion , la confusion faite jus- 
qu'à présent par tous les ornithologistes. 

En second lieu, cette. particularité que le Gecinus Sharpii 



- 436 - 

est confiné à la Péninsule Hispanique , confirme notre opi- 
nion et autorise , ce me semble , à ne regarder cette pré- 
tendue espèce que comme une variété constante et locale. 

Maintenant que l'attention des ornithologistes va êlre atti- 
rée sur ce point, je ne doute pas que de nouveaux sujets ne 
soient signalés sur le versant français des Pyrénées ; je 
m'attends même à en rencontrer un jour ou l'autre qui pré- 
senteront les caractères mixtes des deux espèces, ou plutôt 
des deux variétés. 

Malgré le peu de disposition de cette espèce aux migra- 
tions, la distance qui sépare la vallée de la Garonne des 
plaines de l'Espagne, n'est pas assez considérable pour que 
quelques individus ne viennent s'égarer chez nous ; et je ne 
doute pas un seul instant qu'il n'y ait accouplement entre 
les Pics- verts communs et les Pics de Sharpe. 

Je proposerai donc de rétablir ainsi la synonymie de cette 
espèce, en lui rendant le nom générique de Picus; car, à ne 
considérer que les espèces européennes, les Gecinus ne peu- 
vent se séparer des vrais Pics. 

Picus Sharpii. 

Gecinus viridis auct. (ex Hisp. merid.). 

Gecinus Sharpii (Saunders). P. Z. S. 4872, p. 153. 

— { Dresser;, a History of the Blrds of Europe, 

Part XIII, oct. 1872. 

— 'Saunders), B. S. Z F. 4" année, p. 325. 
Picus Sharpii (Pic vert espagnol) (Lacroix). 1877. 



Séance du 21 mars 1877. 
Présidence de M. A. de Saint-Simon. 

La correspondance comprend, en outre des publications 
périodiques des Sociétés et des Revues, l'ouvrage suivant: 

Contributions à la faune malacologique de la région externe 
S.-O. de la France, par MM. de Folin et Berillon. Hommage 
de M. de Folin, membre correspondant de la Société. 

Le Secrétaire- général fait remarquer à la Société que 



SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 1.87677. 



PL 2 



iïorJL. 



Sied 




C. CALCAIRE DE LA MONTAGNE . 

T. TERRE A OSSEMENTS ENLEVÉE POUR LA NOUVELLE ROUTE . 

D. DÉFENSE " D'ÉLÉPHANT DANS m DEPOT DE TERRE GLAISE, SABLE ET CAILLOUX ROULÉS 



F. FOUILLES 



F' FOYERS 




GROTTE DU MAS-D'AZIL (Ariége) 

Coupe et Plan dressés par- M r F RÉGMAULT 



— 137 — 

suivant le désir qu'elle avait exprimé, un portrait de feu 
M. le docteur Gourdon, ancien président, est placé dans la 
salle des séances. 

L'auteur donne lecture du mémoire suivant : 

Notes pour servir à l'histoire naturelle des 
insectes Orthoptères du Languedoc; 

Par M. Marquet, membre titulaire. 

L'ordre des Orthoptères renferme les plus grands insectes ; ils sont 
particulièrement répandus dans le midi et le centre de la France. Un 
certain nombre d'espèces, à système alaire atrophié, se trouve dans les 
régions alpines, tandis que celles dont les organes du vol sont très- 
développés, vivent dans les plaines et surtout sur le littoral. 

Ce sont des insectes broyeurs par excellence ; le rôle des pièces 
buccales a été très-bien expliqué par M. Maurice Girard, dans un 
ouvrage récent (i) auquel nous ferons de temps en temps quelques 
emprunts. 

Voici comment s'exprime à cet égard ce savant entomologiste : 

« Le labre empêche les objets mordus de s'échapper ; les mandibules, 
» qui agissent comme une paire de ciseaux, servent à saisir les aliments 
» et à les couper en gros morceaux ; la lèvre, un peu mobile de bas en 
» haut et légèrement articulée, et les maxilles, débitent en petits mor- 
» ceaux les matières déjà saisies et diminuées et les amènent dans la 
» bouche, les palpes articulés aidant ; ces derniers ont, en outre, un 
» rôle tactile par la pelote molle qui termine leur dernier article. » 

Ces insectes diffèrent des coléoptères par leur forme générale ; ils 
n'ont d'analogie avec eux que dans la forme de la bouche. Leurs méta- 
morphoses sont tout-à-fait différentes. Tandis que les coléoptères, 
comme les hyménoptères, ont des métamorphoses complètes, les insec- 
tes qui nous occupent ne subissent que des transformations insensibles 
pendant toute leur vie. 

L'orthoptère, en naissant, ressemble à ses parents, sauf la taille, et, 
chez la plupart, l'absence d'ailes. On évalue de cinq à sept les diverses 
mues ou changements de peau que subissent ces insectes avant d'arriver 
à l'état parfait. 

Leur mode d'accouplement est variable dans les diverses sections. 
Chez les forficuliens et les blattiens, l'accouplement a lieu à reculons 
sur une ligne droite, comme cela a lieu dans les hémiptères ; tandis 
que ceux des autres sections s'accouplent en se superposant comme 
dans les coléoptères. 

(1) Traité élémentaire d 'entomologie. Paris., librairie Baillière et fils, 1876» 

iO 



- 438 — 

On est à peu près d'accord pour diviser les orthoptères en deux 
sous-ordres ; dans le premier, on classe les Labiduroïdes d'Erichson 
(forficulaires de Latreille), dont les élytres ne se recouvrent pas l'une 
sur l'autre, avec les ailes pliées primitivement en éventail, dans le sens 
de la longueur, et ensuite pliées en deux dans le sens inverse, de 
manière à se loger sous les élytres. Le second sous-ordre [(orthoptères 
propres) renferme ceux dont les élytres croisent un peu l'une sur 
l'autre à leur jonction, avec les ailes pliées seulement dans le sens 
longitudinal. 

Les insectes orthoptères ont de tout temps attiré noire attention, 
sans pour cela nous décider à les collectionner. 

Cependant, au mois d'août dernier, dans un court séjour à Cette 
(Hérault), nous avons voulu faire connaissance avec cet ordre d'in- 
sectes, afin d'étudier leurs caractères et de savoir quelles sont les 
espèces qui vivent autour de nous ; voici l'en umérat ion de celles que 
nous avons observées ou qui existent dans notre région, au dire des 
auteurs : 

DERMAPTERA OU LARIDUROID^E 

fam. FORFICULINA, burm. 

G, Labidura. 

gigantea, Fabr , Cette espèce est très-commune sous les pierres 

et dans les crevasses qui bordent tous les cours 
d'eau ; elle se trouve fréquemment enfoncée 
dans le sable humide, là où il y a agglomération 
de plantes aquatiques. 

G. Brachylabis, Dohrn. 

mœsta C'est une forficule noire, aptère, que Ton trouve 

en grande abondance parmi les fucus du rivage 
de la mer, sous les bouses et sous les pierres ; 
je l'ai vue en quantités innombrables dans les 
détritus de l'étang de Vendres -, elle habite aussi 
les environs de Toulouse dans les champs et les 
terrains incultes. 

G. Eabia, Leach. 

minor, Linné Vit sur les fumiers et autres matières pourries ; 

cette espèce, très-petite (5 mm environ), ressem- 
ble à un slapbylinide ; il m'est arrivé souvent 
de la saisir au vol ; parfois elle vient se heurter 
contre le visage des personnes. 



- 139 - 

G. Forflcula, Linn. 

auricularia, Lin Espèce des plus communes, fourmillant partout, 

sous les pierres, où elle dévore tous les in- 
sectes qui s'y trouvent ; dans les fissures et sous 
l'écorce des arbres où elle passe la saison d'hi- 
ver. Pendant la belle saison, elle abonde sur 
les branches et sur les haies et devient un véri- 
table fléau pour certaines plantes utiles ou d'a- 
grément dont elle dévore les pétales. 

pubescens. Serv Je n'ai trouvé jusqu'à ce jour que deux exemplaires 

de cette espèce, très-commune en Italie ; cet 
insecte ressemble à la F. auricularia, mais sa 
taille est bien plus petite et ses pinces caudales 
différemment faites. 
On trouve dans les Pyrénées de la Haute-Garonne 
une autre espèce (Biguttata-Lin.), qui très- 
probablement doit être amenée à Toulouse par 
les inondations. Avec cette espèce vivent d'au- 
tres forficules du genre Chelidura (Latr.) ; nous 
citerons la Ch. Dufouri. Serv. et Dilatata. 
Burm. Cette dernière habile aussi les monta- 
gnes de l'Ariége. 

ORTHOPTERA. PR. (Oliv.) 

Sect. 1. — Cursoria. Latr. 

FAM. 1.BLATTINABURM. 

Ces insectes sont des coureurs par excellence ; ils vivent dans les 
fissures des murs ou sur les végétaux ; presque tous sont lucifuges et 
se nourrissent principalement de substances animales et végétales ; ceux 
qui habitent nos maisons exhalent une odeur nauséabonde qui souille 
les objets avec lesquels ils sont en contact. Ils ont divers parasites qui 
limitent un peu leur multiplication ; ainsi, parmi les coléoptères, les 
Rhipidius ; dans les hyménoptères, les Evania et quelques Chalcidiens. 
Les diptères fournissent les genres Conops et Tachina. 

G. Polyzosteria , Buriïl. 

decipiens, Germ Je n'ai trouvé jusqu'à ce jour qu'un seul exemplaire 

de cette espèce, en battant une haie sur le 
coteau dit de Terre-Blanche, à Béziers ; on la 
dit très-commune en Espagne et en Italie. 



- 140 - 
G. Ectobia, Westv. 

livida, Fab On trouve par milliers cet insecte, d'un blanc 

jaunâtre diaphane, sur les arbres, les buissons, 
dans la mousse ; c'est surtout en juillet, août et 
septembre qu'on se le procure en battant les 
chênes, les ronces et généralement toutes les 
baies. 

G. Blatfa, Lin. 

Germanica, Lin Espèce d'un testacé sale, avec deux lignes noires 

longitudinales sur le prothorax 5 elle abonde à 
Cette dans les navires, où elle s'est fixée à la 
suite de leurs stations dans le nord et le midi 
de l'Europe ; sa voracité est extraordinaire ; les 
provisions de riz et de pain sont dévorées par cet 
insecte. 

G. Loboptera, Br. de W. OU Polyzosteria, Burm. 

limbala, Charp Très-commune sous les algues au bord de la mer 

et de l'étang de Tbau ; elle est reconnaissable 
par sa couleur d'un noir brillant, avec un liseré 
blanc autour du corps. 

G. Periplancta, Burm. 

Orientalis, Lin Notre dévastateur de provisions dans le midi de la 

France ; cet insecte pullule la nuit dans les 
fournils [et les cuisines et attaque tout ce qu'il 
rencontre. Invisible dans le jour, si la nuit on 
pénètre dans les lieux précités avec une lampe, 
on se trouve en présence d'une légion noire de 
Caf fards qui, aussitôt, fuient dans leur retraite 
avec une rapidité étonnante. Les élytres du mâle 
sont aseez courtes -, celles de la femelle sont 
comme avortées. 

Americana , Lin Cancrelat des Marins. Insecte long de 3 centimè- 
tres, d'un roux ferrugineux qui nous a été ap- 
porté, dit-on, de l'Amérique méridionale. Il est 
répandu surtout dans le port de Cette, où il a 
été importé par les navires ; on s'efforce de le 
chasser des docks et des magasins dont il attaque 
les denrées coloniales. La poudre insecticide est 
un excellent moyen pour se débarrasser de cet 
hôte importun ainsi que de son congénère YO- 
rieniaîis. 



— 141 — 
Sect. 2. — Gressoria. Fieb. 

fam. 2. MANTODEA burm. 

Insectes grimpeurs et carnassiers : partant nos auxiliaires. Ils font 
une guerre acharnée aux insectes phytophages, ce qui ne les empêche 
pas de se dévorer entr'eux ; on assure que le mâle est quelquefois dé- 
voré par sa chère épouse. On a occasion de voir les grosses espèces, 
notamment la Mantis religiosa, saisir, au moyen de leurs pattes anté- 
rieures, des criquets (œdipoda ; stenobothrus) ; elles leur enfoncent les 
griffes dans le corps et, les tenant fortement embrassés, elles les 
dévorent en commençant par la tête et malgré les efforts de la victime 
dont la force musculaire est pourtant extraordinaire. Les diptères du 
genre Eristalis ont dans la Mante religieuse un ennemi redoutable. 

L'habitude qu'ont ces insectes, dans la posture d'affût, de se tenir 
comme agenouillés avec leurs pattes ravisseuses élevées, leur donne un 
air suppliant ; l'imagination des paysans aidant, on a nommé ces 
orthoptères: Prie-Dieu (Préga Diou en patois), Saint- Jacques..., etc. 

G. Mantïs, Burm. 

religiosa, Linné.. «... Ce que nous venons de dire au sujet des Mantodea 
en général, s'applique surtout à l'espèce pré- 
sente, que l'on rencontre fréquemment de juillet 
à octobre sur toutes les plantes et arbustes, 
notamment sur ceux qui bordent les fossés. 
Cet insecte vole surtout au coucher du soleil ; sa 
couleur est d'un vert clair uniforme ; le mâle 
est moins grand que la femelle, avec les anten- 
nes beaucoup plus longues. 

G. Ameles, Burm. 

decolor, Gharp Espèce fort rare dans le bas Languedoc; je n'en 

ai vu qu'un seul exemplaire sur une vigne 
bordant le littoral, à Cette. Sa taille est petite 
(2 à 3 centimètres), et sa couleur est verdâtre 
passant au testacé sale. 

G. iris, de Saussure. 

oratoria, Lin Cet insecte est extrêmement abondant sur toutes 

les graminées et autres plantes du littoral médi- 
terranéen ; on le trouve également en grand 
nombre sur la montagne de Cette. Rien de plus 
beau que le spectacle qu'offrent ces insectes 
vulant au coucher du soleil ; leurs ailes infé- 
rieures, ornées d'une grande tâche violette en 



- U2 — 

œil de paon, produisent en se développant un 
effet magnifique. La couleur de cet insecte est 
d'un vert un peu plus foncé que dans Mantis 
religiosa. 

G. Empusa , Illiger. 

egena, Charp. (paupe- 

rata. Serv) Insecte très-anciennement connu, vivant, comme 

les Mantis, sur les végétaux, où il fait la chasse 
aux autres insectes à téguments mous. On se 
procure facilement celte espèce en secouant 
fortement les branches basses des ormeaux ; 
elle ne se trouve à Toulouse qu'assez rarement. 
Sa couleur est d'un vert pâle avec la base des 
élytres d'un ferrugineux clair ; elle est presque 
aussi grande que la Mante religieuse et a la tète 
très-allongée en forme de triangle. 

fam. 3. PHASMODEA burm. 

Nous n'avons en Europe qu'une ou deux espèces de cette famille, 
qui en renferme une multitude à l'étranger. Le corps de ces insectes 
aptères est généralement mince, allongé, en forme de baguette ; ils sont 
phytophages, s'attachant surtout aux bourgeons. 

G. Baciiius, Latreille. 

Gallicus, Charp dont le B. Rossii, de Charpentier, n'est peut-être 

qu'une simple variété. Cet insecte, d'un vert 
grisâtre passant au brun plus ou moins clair, se 
trouve dans tout le Languedoc, sur les arbustes, 
les cistes et notamment sur les ronces 5 il est 
très-lent d'habitude et reste immobile pendant 
plusieurs heures de la journée, ce qui, joint à 
sa couleur, le fait paraître inaperçu. C'est en 
battant fortement les haies, qu'on peut se le 
procurer dans le parapluie de chasse. 
Les membres amputés de ces insectes repoussent 
facilement; j'ai en collection un exemplaire 
dont la jambe postérieure gauche est dans ces 
conditions ; mais elle est atrophiée et d'un tiers 
plus courte que la droite. 

fam. ACRIDIODOEA burm. 

Les acridiens diffèrent des locusliens par la brièveté de leurs anten- 
nes et par d'autres caractères secondaires dont on trouve les détails 



— U3 — 

dans les ouvrages spéciaux ; le mode de stridulation des mâles n'a 
aucune analogie avec celui que mettent en pratique les grylliens et les 
locustiens. « Si ces derniers, dit Girard, jouent en quelque sorte du 
» tambour de basque, les acridiens sont des violonistes. Quand un 
» criquet veut chanter, il se pose sur ses quatre pattes antérieures, 
» replie les jambes postérieures contre les cuisses, où elles sont logées 
» dans des rainures pratiquées exprès, puis il frotte avec rapidité les 
» cuisses postérieures contre les élytres appliquées au corps. » Sur le 
flanc des criquets existe un espace discoïdal plus ou moins translucide 
et formé d'une membrane sèche et élastique ; une forte nervure longi- 
tudinale, que M. Goureau appelle chanterelle, est accompagnée, en 
dessus et en dessous, de deux nervures beaucoup plus fines ; chacun 
des deux espaces transparents est divisé, en aréoles parallélogrammiques, 
par des nervures perpendiculaires à la chanterelle. Toutes ces nervures 
sont saillantes au-dessus de la membrane de l'élytre, et l'on ne peut 
pas faire glisser sur elles la pointe d'une épingle sans les accrocher et 
mettre les nervures, puis la membrane, en vibration. Cette région à 
aréoles transparentes est comparée, par l'auteur précité, à un violon. 
La cuisse postérieure de l'insecte a une sculpture externe compliquée. 
Les faces, en dedans et en dehors, offrent chacune un compartiment où 
semble dessinée une fronde de fougère encadrée entre des rebords sail- 
lants. Le long de la face interne règne un sillon où se loge la jambe à 
la volonté de l'insecte. Contre celle rainure et le compartiment à fronde 
de fougère, est une petite côte saillante s'étendant tout le long de la 
cuisse, et striée en dentelure comme une lime : c'est l'archet du violon. 
Quand le criquet passe ses cuisses contre les élytres en les appuyant, 
l'archet frotte sur la chanterelle et y excite des vibrations sonores qui 
se propagent dans toute l'élytre et produisent des sons d'autant plus 
vifs et plus intenses que le mouvement est plus rapide et la pression 
plus considérable. 

C'est dans cette famille que sont classés ces grands dévastateurs des 
contrées orientales et méridionales de l'Asie et de l'Afrique, qui même 
plusieurs fois se sont abattus en Europe sur les côtes de Provence. Les 
migrations des criquets sont de vraies calamités pour les pays envahis ; 
ils dévastent tout : plantations, moissons, herbes, feuilles, et quand 
tout cela est dévoré, ils s'attaquent aux écorces des arbres, aux toits de 
chaume des habitations et pénètrent même dans ces dernières pour 
manger les étoffes qui se trouvent à leur portée. 

PHYMATINÉES 

G. Pyrgomorpha, Serv. 

rosea, Charp Petit insecte varié de gris et de rose, à pattes an- 
térieures courtes avec les cuisses postérieures 
pas plus longues que Pabdomen et à ailes carmin 
oâle. 



— 144 — 

Les Pyrgomophes, autrefois réunies aux Truxales, 
à cause de la forme de leur tête très-déclive, en 
ont été récemment séparées ; elles ne sont pas 
très-communes. La P. ro=ea se trouve fort ra- 
rement dans les dunes de Vias (Hérault). 

PAMPHAGINEES 

Je n'ai encore trouvé dans le bas Languedoc aucune espèce des genres 
Porthetis et Acocera classés dans cette tribu ; il n'y aurait rien d'étonnant qu'à 
l'exemple de la Saga, les Porthetis canonica et l'Acocera hesperica se trouvas- 
sent dans les envirous d'Agde ou de Cette ; ces deux espèces vivent en Espagne, 
à Valence. 

ACR1DINÉES 

Acridiuni, Serville. 
segyptium Lin. ^ lineo- 

la et Tartarium, Serv). Ce gros insecte, d'une taille de 5 à 6 centimètres, 
gris, finement tacheté de noir et velu, est très- 
abondant sur les bords de la Méditerranée ; il 
s'en écarte à une assez grande distance. M. de 
Malafosse en a trouvé un exemplaire à Ville- 
franche de Lauragais. J'en ai un autre de Tou- 
louse. Ces insectes perchent ordinairement sur 
les arbres et se prennent souvent en plein hiver 
aux endroits abrités. Dans les contrées méri- 
dionales , où ils sont très-communs, on les 
trouve quelquefois mêlés aux Acridiums migra • 
teurs. 
G. Caloptenus, Burm. 

italicus, Linné Cette espèce est très-variable de couleur. Sur la 

montagne de Cette , où elle est extrêmement 
commune, on trouve des exemplaires ayant le 
corselet nettement linéolé de noir pur. 
Le Caloptenus italicus est aussi très commun à 
Toulouse ; on le reconnaît facilement à ses ailes 
d'un beau rose ; le mâle est d'un quart plus 
petit que la femelle ; il s'en distingue par ses cer- 
ques longs, recourbés et en forme de forceps. Il 
vit en grandes troupes dans les luzernes où il 
exerce ses ravages ; c'est cette espèce qui, en 
1805, dévasta les environs de Marseille. 

G. Platyphyma, Fiscll. Fr. 

Giornœ, Rossi Insecte à ailes avortées, d'un gris foncé ; le mâle 

est bien plus petit que la femelle (0 7 (M2 m ). Il 



— 145 — 

est excessivement commun partout ; il vit no- 
tamment dans les champs incultes, dans les lu- 
zernes et dans les prairies ; en septembre et en 
octobre, on voit les sexes presque toujours ac- 
couplés. 
G. Pezotettix, Buriïl. 

On place dans ce genre deux espèces des Pyrénées (P. pedestris, Lin. et Pyre- 
nœa, Fisch. Fr.), qui doivent nécessairement être amenées à Toulouse par les 
inondations de la Garonne -, ces insectes, de moyenne taille, d'un gris plus ou 
moins rosé, ont les élytres et les ailes atrophiées ; leur faciès est celui des 
Platypbyma. 

TRUXALINÉS 

G. Acrida, Lin. ^Truxalis, Fabr.) 

turrita, Lin. (A. nasuta. 

Fisch. Fr.) Ce grand insecte verdâtre, varié de noir et de rose, 

est fort commun sur tout le littoral méditerra- 
néen ; le mâle a 4 centimètres de longueur et 
la femelle 6 centimètres-, lorsqu'il s'envole, le 
bruissement de ses élytres étroites produit un 
son tout particulier. La forme allongée, conique 
et déclive de la tête des Truxales, ainsi que 
leurs antennes comprimées, larges et triangulai- 
res qu'ils tiennent dirigées en avant, serrées 
l'une contre l'autre, leur donnent un aspect bi- 
zarre. 

G. Paracinema, Fisch. Fr. 

tricolor, Thunb. (P. bisi- 

gnata. Fisch. Fr.). . . Joli insecte d'assez forte taille (mâle 0,027 m — fe- 
melle 0,038 m ), d'un vert olive, avec le pronotum 
orné de bandes claires en forme d'X ; les ailes 
subhyalines. Je l'ai trouvé sur la montagne de 
Cette ; il y est assez commun. 

G. Oxycoryphus, Fisch. Fr. 

compressicornis, Latr.. . Un seul exemplaire trouvé à Yias, dans les prairies. 

G. Gomphocerus, Thunb. (Stenobothrus, Fisch. Fr.) 

variabilis. Fieb Ce petit acridien est extrêmement commun dans 

tout le Languedoc; il est remarquable par la 
couleur rouge de l'extrémité de son abdomen ; 
on le rencontre en plein hiver lorsque la tempé- 
rature est douce ; sa stridulation peut être ex- 



— 146 — 

primée par une succession de syllabes : in 'in f 
in m, in in, produisant le sol du clinquant lé- 
gèrement secoué. Les deux notes durent ensemble 
une seconde et l'insecte les répète vingt fois 
chacune sans intermittence. Il aime beaucoup, 
en automne, à se tenir au pied des arbres ; nor- 
malement, il babite les terrains arides. 

viridulus, Lin Insecte voisin du variabilis, avec lequel on le 

trouve dans les terrains incultes ; il est plus 
rare. 

lineatus, Panz Mœurs et habitat des deux précédents , auxquels 

il ressemble beaucoup. 

pratorum, Fieb Celte espèce, assez rare en Languedoc, dont la 

couleur est variable comme dans tous les Gom- 
phocerus, est remarquable par la brièveté do ses 
élytres qui s'étendent un peu après le milieu de 
l'abdomen ; il vit dans les prairies. 

declivus, Bris 1 , de Barn. L'un des plus gros Gomphocerus (0,01 6 m à 
0,022 m ); il est excessivement commun dans le 
Midi ; sa couleur est d'un gris verdâtre avec 
deux bandes longitudinales noires sur le corselet; 
mais elle est très-variable ; en effet, on trouve 
des sujets dont les dessins sont nettement mar- 
qués, tandis que d'autres les ont très-diffus • 
certains sont blanchâtres, d'autres gris ou roses. 
C'est dans les terrains arides et brûlés par le 
soleil qu'on rencontre plus fréquemment cet 
acridien. 

F. Stauronotus, Fisch. Fr. 

Genei, Osckay Ce joli petit acridien se trouve assez communé- 
ment, en août et septembre, dans les dunes de 
Vias ; il vit côte à côte de PAcrotylus insubricus. 

G. Steteopbyma, Fisch. Fr. 

Le genre Steteopbyma doit avoir quelque représentant dans nos pays; l'espèce 
typique (St. grossum, Lin.) se trouve en Espagne, à la Rencluse, près de Lu- 
chon, et se disperse jusques en Allemagne. 

G. Epacromia, Fisch. Fr. 

thalassina, Fab Cet insecte, long de 0,017 à 0,026, pullule par- 
tout ; on le voit même en hiver sautiller dans les 
chemins et jusques dans les villes. Il est très- 
variable de couleur, passant du vert au rose et 



— 147 — 

au brun gris; les ailes sont diaphanes avec 
l'extrémité enfumée et la base verdâtre. « Les 
» mâles, dit M. Yersin, se réunissent plusieurs 
» ensemble, côte à côte, puis changent de place, 
» passent les uns sur les autres, s'éloignent, se 
» rapprochent vivement comme s'ils jouaient. 
» Tant que dure cette agitation, il exécutent, 
» sans produire un son sensible, des mouvements 
» très-étendus avec l'une ou plus souvent les 
» deux pattes postérieures à la fois. » 

ŒDIPODINÉES. 

G. Psophus, Fieber. 

Le Psophus stridulus, Lin. qui vit en Espagne, dans les Pyrénées et 
dans le nord de l'Europe, ne s'est pas encore montré à nous ; il est pro- 
bable que quelques sujets égarés doivent se trouver dans le haut Lan- 
guedoc. 

G. Pachytilns, Fieb. 

cineracens, Fab. (migrato- 

rius Serv) L'un des plus gros acridiens du Midi. Ce bel insecte, 

dont les ravages en Algérie sont malheureuse- 
ment trop connus, est extrêmement commun sur 
tout le littoral méditerranéen où il ne fait pres- 
que pas de mal, se contentant de brouter les gra- 
minées qui poussent dans les sables. A chaque 
pas que l'on fait, il s'envole des masses de ces 
insectes dont l'immense envergure les fait pren- 
dre pour des oiseaux. La couleur de cet ortbop- 
tère est variable ; on trouve des exemplaires 
verts, gris, rosés, bruns, avec des fascies noires 
sur le pronotum. 

nigrofasciatus, DeGeer.. Ce bel insecte, moins gros que le précédent (30- 
35 mm ), ne varie guère de couleur; il est agréa- 
blement peint de rose ou de jaune d'ocre sur un 
fond vert ou gris ; au corselet est dessinée une 
croix de St-André ; ses ailes sont diaphanes, 
légèrement verdâtres, avec une bande noire ar- 
quée; j'ai trouvé cet acridien sur la montagne 
de Cette où il est assez commun au mois d'août. 

G. Ctyphippus, Fieb. Stâl (OEdipoda, Stâl.) 
cœrulescens, Lin. . . . Très-commun dans tous nos pays; ce robuste 
acridien est ordinairement gris avec plusieurs 



- 148 — 

bandes noires, transversales sur les élytres. Ses 
ailes sont tantôt azurées, tantôt rosées (Var. 
Germanica Lat.) ; c'est surtout dans le3 terrains 
secs et arides qu'il vît en troupes considérables. 
« La nature des localités qu'il affectionne, dit 
» M. Girard, ne permet pas de le considérer 
» comme réellement nuisible. Cet OEdipode, 
m tantôt marchant, tantôt sautant, exécute, les 
)> jours de soleil, avec ses pattes postérieures, 
» deux sortes de mouvements, les uns étendus, 
» les autres très-courts, rapides, véritables vi- 
» brations dans lesquelles les deux pattes se meu- 
» vent toujours ensemble. Il n'est pas certain 
» que le premier mouvement soit accompagné 
» d'aucun son ; l'autre produit un son assez 
» distinct d'un timbre intermédiaire entre rrri 
» et rrru durant environ une demi-seconde. » 
Le Ctypbippus variabilis, Pallas, considéré par 
quelques auteurs comme variété du précédent, se 
trouve, dit-on, aux environs de Montpellier. 

G. Sphinctouotus, Fieber. 

cœrulans, Lin J'ai trouvé beaucoup de sujets de cet acridien sur 

la montagne de Cette ; il est d'un gris plus ou 
moins ochracé, avec les ailes d'un beau bleu 
d'azur à la base se fondant en blanchâtre vers 
l'extrémité qui est presque toujours privée de 
bande noire ; il est plus rare à Toulouse. 

G. Acrotyius. Fieber. 
insubricus, Scopoli. . . . Joli petit insecte velu, gris, à ailes carmin avec 
une demi bande arquée après le milieu, je le 
prends quelquefois dans les prairies au-dessous 
du Calvaire (Toulouse), en compagnie des cty- 
pbippus cœrulescens. 11 est très-commun à Cette 
et à Yias, dans les dunes. 

TETTIGINÉES. 

Cette tribu renferme de très-petits orthoptères remarquables par leur pronotura 
extrêmement prolongé ; ils n'ont pas de tympan abdominal, ce qui démontre 
qu'ils ne stridulent pas. Ils volent rarement mais sont très-vifs à sauter. 

G. Tettix, Charp. 

subulata, Lin Cet insecte, dont on ne trouve pas deux sujets 

peints de la môme façon, est extrêmement corn- 



- 4 49 — 

mun partout ; il habite sous les feuilles sèches, 
les mousses, et surtout dans les prairies dessé- 
chées pendant les mois de septembre et d'octobre 
et se cache au pied de végétaux en hiver. Sa 
couleur est grisâtre plus ou moins foncé avec 
des bandes blanchâtres transversales ; c'est l'es- 
pèce dont le prothorax est le plus allongé. 

bipunctata, Lin Cette espèce diffère de la précédente par la brièveté 

de ses ailes et de ses élytres ; sa couleur est 
aussi très-variable ; on la trouve mêlée à la pré- 
cédente. 

depressa, Bris 1 J'ai trouvé rarement ce Tettix dont la largeur du 

pronolum et la stature pi os courte sont très-ca- 
ractéristiques; de nouvelles recherches feront, 
sans doute, découvrir une station où cet insecte 
pullulera comme ses congénères. 

FAM. 5. LOCUST1NA BURM. 

G. Ephippigera, Serv. 

Les espèces de ce genre habitent principalement le midi de l'Europe ; 
elles sont remarquables par la forme du corselet qui, comme lenr nom 
l'indique, est en forme de selle. Les élytres ou écailles recouvrent des 
ailes très-rudimentaires ; l'abdomen est généralement très-volumineux 
dans les deux sexes. Chose remarquable , la femelle stridule aussi for- 
tement que le mâle. 

YÎtium, Serville Il est très-probable que cette espèce se trouve dans 

les contrées montagneuses des environs de Saint- 
Pons (Hérault). J'en ai pris quelques exemplai- 
res à Lampy, près de Saissac (Aude), en battant 
les chênes ; on entend la stridulation de cet in- 
secte dans tous les taillis de chênes de la Mon- 
tagne noire. On trouve à Toulouse et sur la rive 
gauche de la Garonne jusqu'à Carbonne, une 
variété plus grande avec le tubercule du vertex 
plus saillant, le pronotum moins élevé posté- 
rieurement et moins convexe, les carènes plus 
saillantes, les élytres-écailles plus petites et 
moins convexes-, les jambes antérieures de même 
longueur que le pronotum (elles sont un peu plus 
longues dans l'Eph. vitium type), dépourvues 
de l'épine moyenne sur la carène antérieure qui 
existe toujours dans le type ; les jambes posté- 



— 150 — 

ricures sont du double plus longues que les an- 
térieures. La forme des appendices abdominaux 
est à peu près la même que ehez le vitium type. 

Biterrensis. Nov. sp.. . . Gros insecte à abdomen fort volumineux, vivant 
en légions innombrables dans le Languedoc où il 
est connu sous le nom de Cousi 11 est très- 
friand de raisins, aussi est-ce dans les vignes où 
on le trouve en grand nombre. Sa couleur est 
peu variable ; il est ordinairement vert ou jaune 
avec une bande brun foncé sur le bord de chaque 
segment abdominal ; le corselet est blanchâtre 
avec quelques taches foncées sur le milieu. Sa 
stridulation, qu'il ne fait entendre que dans le 
milieu du jour, a de l'analogie avec celle de 
l'Ephippigera vitium ; on peut l'exprimer ainsi : 
quint. . quirit. ..quiririt...quirit. . .quiririt. 
Cette espèce est voisine de l'Eph. Cuni. Bolivar, 
de l'Eph. carinatus. Bolivar, et de l'Eph. pro- 
vincialis Yersin, avec laquelle on la confond ; 
elle diffère de cette dernière par la forme des 
cerques du mâle. Le pronotum de notre espèce 
est moins rugueux que dans l'Eph. Cuni ; sa 
taille est plus petite..., etc. Nous donnerons le 
dessin de cette nouvelle espèce dans un prochain 
bulletin. 

Durieui, Bolivar Insecte très-commun à Toulouse et dans la Mon- 
tagne noire; plus rare à Bézi ers, de juillet à 
novembre. On le trouve sur toutes les haies , 
sur les branches basses des chênes et sur les 
ronces dont il mange les fruits. Sa couleur est 
uniformément vert foncé, avec quelques taches 
vineuses ou jaunes sur les flancs ; l'abdomen est 
un peu cintré en dessus, caractère qui le distin- 
gue des deux autres espèces de nos pays dont 
cette partie est bombée ; un autre caractère qui 
lui est propre est la forme de l'oviscapte de la 
femelle ; dans les Ephippigères connues de 
France, cet organe est presque droit et long, 
tandis que dans l'espèce qui nous occupe, il est 
court et recourbé en forme de faucille. Sa stri- 
dulation est très-forte ; on peut le représenter 
par ziiiig... ziiiig... ziiiig,.. qu'il répète, sans 
s'interrompre, depuis le coucher du soleil jus- 



— 151 - 

qu'au crépuscule du matin. Les personnes qui 
voyagent de nuit ont Yagrément d'entendre cons- 
tamment le concert de trois sauterelles ayant 
élu domicile dans les haies qui bordent les che- 
mins ; ce sont les sauterelles vertes (Locusta vi- 
ridissima), les grillons blancs (aecanthus pellu- 
cens) et l'Ephippigère dont il est question dans 
cet article ; la stridulation de ces trois orthop- 
tères est si forte, qu'elle domine le bruit des wa- 
gons en marche. 

Gr. Meconema, SefV. 

varium, Fab Très-gracieux insecte fort commun sur les chê- 
nes des environs de Toulouse ; il est d'un joli 
vert tendre avec une bande ferrugineuse sur la 
tête et le corselet ; je n'ai jamais entendu slridu- 
ler le mâle. La Meconema se place souvent sur les 
feuilles les quatre pattes antérieures droites en 
avant et les postérieures étendues raides en ar- 
rière ; on prétend que cet insecte se nourrit 
de galles de chêne qui contiennent des larves 
de Cynips ; sa taille est petite (8 à 12 millim.). 

I*. Odontura, Ramb. 

punctatissima, Bosc. . . Je n'ai pris, jusqu'à présent, qu'un seul exemplaire 
de cette espèce, sur un chêne dans un des petits 
bois de Montaudran, près de Toulouse ; il est 
assez commun dans la Montagne noire -, j'en ai 
trouvé une trentaine d'exemplaires en battant 
les chênes le long de la rigole alimentaire du 
canal, entre Lampy et Alzau. 
Cet insecte est petit (8 à 1 2 millim. de long) -, le 
mâle est d'un beau vert, piqueté de noir et ta- 
ché de ferrugineux sur le dos par places ; ses 
pattes postérieures sont allongées. La femelle est 
plus forte et n'a que de faibles rudiments d'é- 
cailles. Le mâle, dit M. Girard, « stridule très- 
» doucement. Ce sont des insectes très-élégants 
» et très-vifs qui , lorsqu'ils marchent, élèvent 
» leurs pattes grêles sur le plan de position, 
» comme s'ils gravissaient des rochers. » Selon 
le même auteur, ils vivent aussi sur les ronces 
et les noisetiers. 



— lo* — 

G. Phaueroptera, Serville. 

liliifolia, Fabr Espèce très-commune sur la montagne de Cette ; 

elle se tient habituellement au pied des touffes 
de graminées, et, malgré ses pattes postérieures 
démesurées, il n'est pas difficile de la saisir. Sa 
couleur est très-variable -, elle est d'un gris jau- 
nâtre plus ou moins foncé , avec des taches 
noirâtres placées irrégulièrement ;. l'extrémité 
des ailes est verte ; les antennes sont d'une 
longueur extraordinaire. Le type , d'un vert 
presque uniforme, n'est pas rare à Yias, sur les 
plantes des dunes. 

falcata, Scop Elégant insecte uniformément vert pré, très-fine- 
ment taché de noir, excessivement commun à 
Toulouse sur les chênes et sur les ronces ; on 
le trouve depuis le mois de juillet jusqu'au mi- 
lieu de novembre, lorsque les hivers ne sont pas 
précoces. J'ai trouvé quelques rares exemplaires 
de cette espèce dans les marais du bas Langue- 
doc. Un caractère particulier aux deux espèces 
de nos pays, c'est que les ailes dépassent les 
élytres d'au moins un tiers. L'extrémité des 
ailes est du même vert que le corps. Sa stridu- 
lation a beaucoup d'analogie avec celle de l'E- 
phippigera Durieui 5 mais elle est plus faible 
et, au lieu d'être interrompue entre chaque note, 
elle est continue pendant plusieurs secondes. 

G. Conocephalus , Thunberg. 

mandibularis, Charp. . . Insecte d'un beau vert vif, à tête très-inclinée en 
dessous et de forme pyramidale ; sa longueur 
est d'environ 26 à 30 millimètres. 11 est exces- 
sivement commun dans les marais de Yias, près 
d'Agde ; c'est surtout aux roseaux et aux mas- 
settes qu'on le trouve accroché pendant le mois 
d'août. J'en ai pris quelques exemplaires à Tou- 
louse, fin juillet et août, au pied des saules et 
dans les fossés un peu humides. 

G. Locusta, Serv. 

viridissima, Linné. . . . Tout le monde connaît ce grand insecte vert, 
ayant 27 à 32 centimètres de longueur; on 
l'entend striduler dès le mois de juillet le long 



société d'histoire naturelle de Toulouse. 1877. 



ORTHOPTÈRES NOUVEAUX OU PEU CONNUS. 




Lîth. Cassan, TouJcl 



Marqaet, del. 

LEphippigera rugosicollis. ç A. Serv. [Durieui. Bolivar) 
2.Eph. Biterrensis ç NoL . 3Jhamnotrizon Sorrezensis ? Nob. 



— 153 - 

de tous les chemins ; il a une grande prédilec- 
tion pour le sureau yèble. Son chant, très-aigu, 
se fait surtout entendre après le coucher du 
soleil jusques vers les onze heures ou mi- 
nuit. Certains observateurs regardent cet insecte 
comme carnassier. M. de Milly assure qu'en 
1873, dans les Landes, cet insecte porta un 
très-grand préjudice à l'éducation des chenilles 
du Bombix de PAilante, en mangeant toutes 
celles qui furent à sa portée. 

G. Tbamuotrizon , Fischer. 

Sorrezensis. Nov. Sp. . . J'ai pris une femelle de cette jolie espèce en bat- 
tant les chênes qui bordent le chemin de Revel 
aux Cammazes. Elle a beaucoup d'analogie avec 
le Th. Chabrieri, et en diffère par les caractères 
suivants : son prothorax a la forme de celui des 
Platycleis, tandis que dans le Chabrieri il est, vu 
en dessus, fortement dilaté vers la partie anté- 
rieure et, partant, étranglé dans son milieu. L'o- 
viscapte est presque droit ; la couleur verte est 
plus vive et, sauf deux taches foncées sur les 
côtes du prothorax, elle envahit tout l'animal. 
Nous donnerons un dessin avec détails de cette 
nouvelle espèce dans un prochain fascicule. 
Les Tharanotrizons, dit M. Girard, « fréquen- 
» tent les vergers, les coupes de bois, les bruyè- 
» res, les forêts de conifères, les bords et les 
» éclaircies des forêts. Le mâle est plus rare 
» que la femelle et l'appelle, caché sous les 
» feuilles, par des sons brefs (tss, tss, tss) et, 
» moins souvent, avec une stridulation plus 
» continue, presque plaintive, à la façon des 
» Decticus. » 

G. Decticus, Serville. 

albifrons, Fabr Cet insecte, de grande taille (35 à 40 milllim.jest 

excessivement commun dans tout le Languedoc ; 
les exemplaires à ailes très-développées vivent 
surtout sur le littoral, en compagnie du gigan- 
tesque Pachytylus cinerascens. 
Le Decticus albifrons est varié de brun et de blanc 
sale ; sa face pâle est très caractéristique ; ses 
mâchoires sont très-fortes ; lorsqu'il mord, il se 

11 



— 154. — 

laisse plutôt décapiter que de lâcher prise. La 
femelle pond ses œufs dans la terre à l'aide de 
son oviscapte serriforme et retire cette tarière 
après le dépôt de chaque œuf ; le trou est 
ensuite bouché au moyen d'un peu de sable et 
ensuite foulé. Le mâle stridule presque tout le jour 
et même après le coucher du soleil ; on le voit 
très-souvent se livrer à cet exercice, suspendu, 
dans toutes les positions, aux chardons qui bor- 
dent les chemins ; il n'est pas étonnant, lorsque 
les hivers ne sont pas précoces, de l'entendra 
chanter encore en novembre. 
Il existe une variété à élytres et ailes très-courtes, 
à laquelle on a donné le nom de Monspeliensis ; 
je ne l'ai pas encore trouvée dans le bas Lan- 
guedoc. 

G. Piatycieis, Fieber. 

griseus, Fab, Var. inter- 

medius, Serv Insecte d'assez grande taille (22 à 26 millim.) , 

d'un gris plus ou moins foncé, passant au brun 
et au rosé ; on trouve rarement deux individus 
semblables de couleur ; il est excessivement 
commun dans les terrains incultes de tout le 
Languedoc ; c'est avec difficulté qu'on peut le 
saisir à cause de son extrême agilité ; aussitôt 
qu'on s'en approche, il se dérobe vite au chas- 
seur en se faufilant entre les pierres et les gra- 
minées, absolument comme le ferait un campa- 
gnol. Sa stridulation est presque semblable à 
celle du Decticus albifrons, mais elle est plu» 
faible. 

tessellalus, Charp On trouve dans les champs de luzerne, à Toulouse 

et dans tout le Languedoc, cette petite espèce en 
compagnie du griseus ; l'insecte est plus beau, 
d'un joli gris marqueté de noirâtre, avec une 
série de losanges noirs sur les élytres dans le 
sens de la longueur. 

G. Rhacodeis, Fieber. 

dorsata^ Bmnner Je n'ai pris qu'un seul exemplaire de cette espèce 

dans un petit bois de chênes, à Montaudran, 
près de Toulouse. L'insecte est d'un joli vert 
pré, avee deux bandes brunes sur les côtés du 



— Wq - 

pronotum ; sa taille est de 0,012 millimètres ; 
il se tient sur les branehes des chênes, à la fa * 
çon des Meconema. 

G. Xiphidium, Serv. 

fuscum, Fabr « . Cet insecte élégant est parfois très-commun 

dans les marais de Yias et vit en compagnie du 
Conocephalus, parmi les polygonum, les alisma 
et les joncs ; sa stridulation est à peine sensible, 
et c'est en montant ou descendant le long des 
feuilles ensiformes et en agitant vite et alterna- 
tivement l'une ou l'autre de ses antennes, que le 
mâle la produit. L'insecte est d'un vert tendre 
luisant, une bande brune bordée de noir s'étend 
sur le pronotum ; les élytres sont grisâtres et le 
dessous du ventre d'une belle couleur rosée. Sa 
longueur est de 1 4 à ï 6 millimètres chez la 
femelle, et de 10 à 13 millim. chez le mâle. 

G. Saga , Charp. 

serrata, Charp. . . . . \ Ce grand et curieux insecte est excessivement rare 
dans le bas Languedoc. M. Lichtenstein n'en a 
trouvé qu'un seul exemplaire dans les dunes de 
Cette. J'ai eu en ma possession trois sujets pris 
dans les vignes de Coussergues et de Rocaute, 
près d'Agde. L'espèce est orientale , et c'est uni- 
quement par hasard qu'elle est transportée sur les 
côtes de la Méditerranée -, chose extraordinaire , 
on n'a jamais trouvé le mâle dans nos contrées. 

Les Saga sont longs et grêles ; leur taille est d'en- 
viron 5 à 7 centimètres; le mâle a les élytres 
en écailles, et la femelle nulles. D'après Fischer 
de Waldheim, ces insectes sont carnassiers et 
saisissent les insectes qui passent à leur portée 
avec leurs pattes de devant, à la façon des 
Mantes; ceux pris à Rocaute se tenaient cachés 
sous les feuilles de vigne. 

J'ai essayé de nourrir une femelle de Saga en lui 
donnant en pâture des petits criquets ; elle n'a 
touché à aucun. Cependant M. Dubroni, savant 
orthoptériste de Gênes, en a gardé une pendant 
quelques jours : « elle dévorait une sauterelle 
verte à chaque repas et, ajoute-t-il, buvait assez 
souvent, à la manière des chevaux, dans une 
cuillère. » 



— 156 - 

La couleur de cet insecte est d'un joli vert pré, avec 
des taches blanchâtres bordées de brun, placées 
obliquement sur les côtés du corselet et sur 
chaque segment ventral. Les pattes postérieu- 
res sont très-allongées et garnies de fortes épines 
qui existent aussi sur les antérieures, les moyen- 
nes et aux côtés du sternum. L'oviscapte est 
assez long et à peine recourbé. 

Section III. — Saltatoria, Latr. 

FAM. 6. GRYLLODEA burm. 

Les Grylliens, dont le type vulgaire est le Grillon champêtre {Gril 
des gamins de Toulouse, Riquet dans le bas Languedoc), ont une grande 
analogie de formes avec la famille des locustiens ; ce sont des insectes 
généralement fouisseurs. Presque tous sont ailés; les mâles, à l'aide de 
leurs organes, produisent cette stridulation si bien connue de tout le 
monde. Les Grylliens ont un genre de nourriture assez varié; tandis 
que certaines espèces sont phytophages et rhizophages, d'autres vivent 
de substances animales. 

G. Grylius, Oliv. Burm. 

Burdigalensis, Latr. ... Cet insecte, de moitié moins grand que leGr. do- 
mesticus, est d'un gris jaunâtre varié de noir; 
il est très-commun dans tout le Languedoc 
pendant les mois de juin et de juillet. On l'en- 
tend striduler à partir du crépuscule jusqu'à une 
heure avancée de la nuit. Le quartier avoisinant 
le Jardin botanique en est extraordmairement 
peuplé ; c'est surtout le long des murs que le 
mâle aime à se placer pour appeler sa femelle 
par une stridulation un peu rauque et forte pour 
un insecte de cette taille. J'ai également trouvé 
cet insecte en grand nombre dans les déblais des 
briqueteries et dans tous les champs incultes, 
en allant à Pouvourville. 

mêlas, Charp Cette espèce habile tout le midi de la France ; elle 

est longue de 4 2 millim., le mâle est d'un noir 
terne avec la tête plus foncée et luisante ; la 
femelle gris foncé soyeux, les élytres courtes, 
enfumées, recouvrant une partie de l'abdomen. 
Elle est très-commune à Toulouse sur le sommet 
du Pech-David, dans les blés et les sainfoins. La 
stridulation du mâle a une grande analogie avec 



— 457 — 

celle du Gryllus carapestris, mais elle est plus 
faible et se compose d'une seule note rrrrri 
qu'il fait entendre trois ou quatre fois par se- 
conde. 

campestris, Lin.. » . . . Insec'e trop connu pour que j'en fasse la des- 
cription succincte. Dans toute la France, les 
gamins lui font, en avril et en mai, une chasse 
assidue en introduisant une paille dans la gale- 
rie tubulaire qui communique à son domicile 
souterrain ; d'autres emploient un moyen moins 
patient ; ils immergent complètement le trou et 
l'animal est forcément obligé de sortir de sa re- 
traite. 
« Si l'on examine, dit M. Girard, des grillons cap- 
» tifs, on voit très-bien la manière dont le 
» mâle chante. L'insecte commence à se poser 
» les pattes étendues, la poitrine contre terre et 
» l'abdomen un peu relevé; dans cette attitude, 
» il soulève ses élytres et les frotte rapidement 
» l'une contre l'autre. Le son produit est d'au- 
» tant plus vif et plus fort, que le mouvement 
» est plus rapide et la pression plus considéra- 
» ble... » 

domesticus, Lin Je n'ai jamais observé cette espèce à Toulouse, où 

cependant elle existe ; je l'ai trouvée très-com- 
munément dans les habitations, à Bordeaux, à St- 
Béat. Le Grillon domestique stridule pendant une 
grande partie de la nuit ; il se loge dans les fis- 
sures des murs extérieurs exposés à une chaleur 
artificielle ; c'est surtout derrière les plaques des 
cheminées qu'il fait élection de domicile ; on 
prétend qu'il fait la chasse aux Blattes des cuisi- 
nes ; le fait paraît douteux : c'est plutôt de débris 
alimentaires qu'il se nourrit. La présence de cet 
insecte dans une maison est, pour les habitants 
de nos campagnes, un heureux présage. 

G. Nemobius, Aud. Serv. 

sylvestris, Fabr Petit insecte ayant à peine 8 miliim., d'un brun 

grisâtre, poilu ; la tête variée de noir et de 
jaune, le corselet jaunâtre et l'abdomen noir. Il 
est très-commun en juin, dans les bois taillis de» 
environs de Toulouse ; celui de Pouvourville en 
est farci à cause des nombreux débris d'aliments 



— 158 — 

consommés par les promeneurs. Ce petit grillon 
ne se creuse pas de terrier ; il se blottit sous les 
feuilles sèches et sous les pierres. Le mâle, ainsi 
caché, stridule à la manière du Burdigalensis, 
mais son chant est un peu plus faible et déroute 
toujours le chasseur qui veut s'en emparer. 

G. Œcanthus, Serville. 

pellucens, Scop On trouve très-communément cet insecte sur les 

plantes, les arbustes et surtout sur les ronces qui 
bordent les chemins ; il est d'un blanc diaphane; 
très-mou. Par sa forme, il établit le passage des 
Gryllides aux Locustaires. Tout le monde con- 
naît la stridulation de l'OEcanthe qui ne craint 
pas de venir faire élection de domicile jusque 
dans les jardins situés au milieu des villes. A 
partir du crépuscule, le mâle stridule jusqu'au 
matin. Je suis parvenu, à force de patience, à 
le surprendre dans cette attitude : il reposait 
sur une feuille de lilas, les pattes étendues, le» 
élytres dressées perpendiculairement au corps et 
frottant, l'une contre l'autre, sur un rhythme 
plaintif que j'essaie de représenter par : rrrrou 

— rrrrou — rrrrou — rrrrou. 

L'œcanthus pellucens dépose ses œufs dans les tiges 
des végétaux, au lieu de les pondre en terre 
comme le font les autres grylliens ; toutes les 
plantes lui sont bonnes pour cette opération, car- 
duacées, malvacées, ombellifères, ronces, vi- 
gnes, etc. t Elle s'appuie, dit M. Girard, sur ses 
» longues pattes, taraude la partie ligneuse de 
» la tige obliquement de haut en bas, au moyen 
» du trépan terminal de l'oviscapte formé de 6 
» dents cornées, un peu crochues, et les fibres 
» corticales écartées constituent une sorte de 
» collerette autour de l'ouverture ; arrivé à la 
» partie centrale médullaire, l'oviscapte y creuse 
» une cellule verticale et y dépose un ou plusieurs 
» œufs... » 

G. Myrmccophila, Latl*. 

acervoruin, Panz Ici se place un très-petit insecte brun, ressemblant 

à une larve de Blatte minuscule et qui, selon 
toutes probabilités, habile notre pays. Cet in- 



— 159 — 

secte, comme le nom l'indique, vit en compagnie 
de diverses espèces de fourmis, pendant la 1 re 
saison. Il est commun en Provence. 

G. Gryllotalpa, Latr. 

vulgarif, Latr La Courtilière ou Taupe-grillon, le fléau des jar- 
dins potagers et des pépinières. Ce gros insecte, 
brun et roux, velu, d'un aspect repoussant, 
creuse, à l'aide de ses larges pattes antérieures, 
des galeries souterraines dans les terrains sablon - 
neux ; dans ce travail, il coupe tout ce qui 
s'oppose à son passage : tubercules, racines, rien 
n'est épargné, aussi nos maraîchers lui font- ils 
une guerre acharnée. Sa fécondité est extrême ; 
on évalue de 3 à 400 le nombre d'œufs pondus 
par la femelle. Le mâle a «ne stridulation très- 
faible qu'il fait entendre le plus souvent à l'entrée 
des galeries. L'espèce est omnivore j on assure 
que si l'animal perfore les racines, c'est sans 
doute pour y trouver des larves d'insectes dont il 
est très-friand ; à ce point de vue, il nous ren- 
drait quelques services et ne serait pas aussi 
coupable qu'on veut bien le dire. 

G. Tridactylus, Oliv. (Xya. Illig). 

variegatus, Charp. Illig. . Ces petits insectes, d'un noir bronzé, avec quelques 
taches blanches autour du corselet et à la base 
des élytres, semblent des courtilières minuscules; 
ils vivent au printemps en nombreuses familles 
au bord des flaques d'eau, dans des trous creusés 
par eux, dans le sable ; lorsqu'on asperge forte- 
ment ce sable, ils sortent de leur retraite et sau- 
tent à une grande distance, pour de si petits in- 
sectes (4 à 6 millim.) ; la plupart tombent dans 
l'eau et en deux ou trois sauts se dirigent vers 
leur retraite. Le bord des flaques d'eau douce, 
non loin du rivage, à Vias, en renferment des 
quantités considérables qui se nourrissent, dit-cn, 
de petits animalcules. 



— 160 — 
Séance du 11 avril 1879. 

Présidence de M. A. de Saint-Simon. 

La Société reçoit les publications des Sociétés correspon- 
dantes et des Revues périodiques. 

M. le Président de la Société de Borda, à Dax, demande 
réchange des publications, qui est accordé avec un empres- 
sement d'autant plus vif, que le président, M. du Boucher, 
est membre titulaire de la Société d'Histoire naturelle. 

M. le colonel Belleville fait don à la bibliothèque d'un 
exemplaire de Y Année scientifique et industrielle , de Louis 
Figuier, 20 e année, 1876. 

M. le colonel Belleville , membre titulaire , présente à la 
Société une collection ethnographique de la Nouvelle-Calé- 
donie, qui, sans être complète, est cependant assez nom- 
breuse et variée pour nous initier en quelque sorte à la 
vie d'un peuple encore nouveau pour nous. 

Les objets qui composent cette collection, dont la place 
est marquée par son propriétaire dans la salle de nos séan- 
ces, sont d'autant plus intéressants qu'ils ne se ressentent 
en aucune façon du contact de la civilisation. 

Aujourd'hui le Néo-Calédonien connaît nos moyens et 
nos ressources ; il commence à les appliquer à ses besoins 
si restreirts qu'ils soient, ce qui fait perdre aux objets qu'il 
fabrique ce caractère étrange commun à tous les peuples 
sauvages et laisse indifférents les archéologues avides des 
choses de l'homme primitif. 

[ci tout est primordial, brut, sauvage dans toute l'accep- 
tion du mot ; la matière végétale domine toutes les autres, 
parce qu'elle est plus à la portée du kanack ; le règne ani- 
mal lui apporte son concours mais sans prodigalité ; quel- 
ques minéraux s'y joignent aussi, les métaux jamais. 

En somme, si le Néo-Calédonien se trouve placé sur 
l'échelle des peuplades les plus misérables de ces contrées 
lointaines, il n'en occupe pas du moins le dernier échelon. 

Le vêtement de l'homme est on ne peut plus simple : un 
lambeau d'étoffe obtenue au moyen de l'écorce du niahou- 



— 161 — 

lis(\), battue à outrance, suffit; tantôt il le place sur la tête, 
le plus souvent il s'en couvre les reins et le ventre, de façon 
à cacher les parties sexuelles. 

En guerre ou dans les fêtes qu'animent les danses, il se 
coiffe d'un masque gigantesque ayant à peu près la forme 
d'un bonnet à poil de grenadier. Le masque proprement dit 
est en bois tendre, sculpté avec assez de soin et de goût, 
puis noirci. Il est garni par derrière d'un tissu végétal très- 
résistant et terminé au sommet d'un treillis de baguettes re- 
couvertes de bourre de noix de coco, simulant une épaisse 
chevelure. Ce masque se place de telle sorte que la bouche 
ouverte, agrémentée de coquillages blancs représentant les 
dents, et de graines rouges imitant tant bien que mal les 
lèvres, correspond aux yeux de celui qui le porte. 

Aux bords inférieurs du masque est fixée une espèce de 
pagne en filet à larges mailles, garni de plumes diverses 
retombant autour du corps du guerrier qui, avec cet attirail, 
se croit invulnérable et terrifiant, tandis qu'il n'est en réa- 
lité que très-grotesque. 

Ainsi que dans presque toutes les peuplades sauvages, 
nous retrouvons en Calédonie le sorcier, à la fois savant et 
médecin, celui dont l'esprit astucieux se développe sous 
l'influence d'une pointe d'intelligence et qui se distingue de 
la foule par un petit chapeau en sparterie, de forme cylin- 
drique, ouvert au sommet et orné par derrière d'une touffe 
de plumes de coq. C'est là plutôt un insigne ou une ensei- 
gne qu'une coiffure , car l'abondante chevelure du Kanack 
suffit pour abriter sa tête contre les ardeurs du soleil. 



(1) Niahouli ou Niaouli : Milalenea leucodendron (Gartner). Voici 
ce que nous trouvons dans la notice du capitaine Pierron : 

a Le bois du niahoulis est d'excellente qualité pour la construction et 
l'ébénisterie ; il se travaille parfaitement ; ses courbes peuvent être em 
ployées très-avantageusement dans la construction des embarcations et 
dans lecharronage. 

» L'écorce composée d'une quantité considérable de couches filamen- 
teuses excessivement minces, est très-propres à la fabrication du papier 
fin. 

» C'est de la feuille odorante de cet arbre que l'on relire l'huile de 
cacheput dont on fait un si grand cas en médecine. » 



— 162 — 

Le vêtement de la femme n'est guère moins simple que 
celui de l'homme : quatre mètres environ de frange fabri- 
quée avec les filaments qui enveloppent la noix de coco et 
teinte en ocre noire, seraient absolument tout si la coquette- 
rie, cette reine du monde féminin, n'apportait, en Calédonie 
comme ailleurs,2sa souveraine exigence. 

C'est d'abord le peigne en bois de bambou, plus ou moins 
enjolivé de dessins finement gravés. 

Les hommes, qui portent une chevelure longue et touffue, 
relèvent parfois leurs cheveux avec de longues épingles en 
bois effilé. 

Puis viennent les bracelets en pierre dure ou formés de la 
base sciée et évidée d'un conus ; les colliers tressés en poil 
de roussette, qui joue un grand rôle dans la vie domestique 
du Néo-Calédonien (1). 

Quelquefois ces objets de toilette sont ornés de petites 
coquilles, cyprea, ovulus, etc. 

La robe, large de douze centimètres environ, ceint 

trois ou quatre fois les reins et retombe de façon à couvrir 
les parties sexuelles. 

Gomme on le voit, le Néo-Calédonien est à peu près nu. 
Il faut dire que les peuplades qui avoisinent les tropiques se 
font une toute autre idée que nous de la nudité que leur im- 
pose d'ailleurs, moins la violence du climat, que le défaut de 
ressources pour se vêtir d'une façon plus hygiénique et aussi 
plus décente. Toutefois, nous devons remarquer que la plu- 
part mettent quelque soin à cacher certaines parties du corps ; 
ce qui ne veut pas dire que les femmes en soient plus pudi- 
ques, puisqu'en Néo Calédonie elles se vendent ou se don- 
nent volontiers; mais alors elles paraissent obéir moins aux 
besoins des sens, qu'à certaines lois hospitalières en usage 
dans le pays. 

Disons aussi que les naturels dépendant des missions se 
couvrent davantage. 

(1) Les roussetles sont de grands cheiioptères frugivores (Ptéropus)k 
corps couvert de poils laineux et faciles à feutrer. Cesl le seul mammi- 
fère indigène de ces contrées, lui seul pourrait donc fournir aux Néo- 
Calédoniens les matériaux propres à la fabrication des cordelettes 
nécessaires à l'cmnianchage des haches, et à diverses parties de leurs 
costumes. 



— 163 - 

En fait de religion, les Néo-Calédoniens ne se préoccu- 
pent guère que des bons et des mauvais génies ; le seul 
emblème que nous ayons sou^s les yeux est une sorte de 
flamme ou de gerbe en bois sculpté et peint, surmontant une 
figure, espèce de fétiche qui se place au sommet de chaque 
case, pour conjurer la mauvaise influence des uns, ou atti- 
rer la bienveillante intervention des autres. 

Aujourd'hui, tout Kanack chrétien se distingue au moyen 
d'un chapelet qu'il porte au cou. 

Leurs armes consistent en arcs, flèches, casse-têtes, sagaies, 
haches et frondes. 

Varc, qui est d'un bien pauvre aspect, paraît plutôt fait 
pour la chasse que pour la guerre; il en est de même 
des flèches qui sont en roseau ou en menus rejetons de 
bambous , terminées par une pointe en bois dur effilé ; 
elles ont quelquefois deux et même trois pointes, destinées 
sans doute à arrêter le vol des oiseaux qu'on veut prendre 
vivants; on sait qu'à la Nouvelles-Hollande les naturels se 
servent, pour la pêche, d'une sagaie terminée par quatre poin- 
tes à crochet ; d'autres encore sont terminées par une mas- 
sette arrondie et qui sert à la chasse de la roussette que les 
Calédoniens ne cherchent qu'à étourdir, pour ne pas enta- 
mer la peau. 

Les casse-têtes se fabriquent en bois dur, principalement 
en bois de fer, qui a l'avantage de joindre la solidité à la 
pesanteur. Les indigènes donnent à cette arme des formes 
bizarres et variées ; ici nous en voyons deux bien distinctes : 
une terminée en tulipe aux bords tranchants, une autre 
porte une tête d'échassier dont le long bec peut faire une 
profonde et large blessure ; les manches sont ornés do 
bandelettes tressées en poil de roussette, ou d'écorce et de 
coquillages. 

Les sagaies sont généralement faites en bois de fer ou de 
palétuvier ; on les teint au moyen d'une ocre noire que les 
Kanacks trouvent près des marécages. Ils sont d'une dexté- 
rité incroyable à lancer cette longue javeline et ils s'y exer- 
cent dès le premier âge. 

La sagaie sert aussi bien à la pêche le long des côtes, qu'à 
la guerre. 

La hache, formée d'un morceau de serpentine, ressemble 
fort à celles que nous trouvons dans les cavernes. 



— 164 - 

Les Néo-Calédoniens lancent les pierres avec une très- 
grande adresse au moyen d'une petite fronde en cordelette, 
qui tiendrait dans le creux de la main, tant elle est mignonne. 

Les pierres de fronde ont une forme ovoïde qui exige beau- 
coup de travail et d'efforts à cause de leur dureté. Elles sont 
contenues dans un sac en iilet à mailles serrées. 

Cette partie de la collection est la plus commune ; frappant 
plus que toute autre chose les yeux du voyageur, c'est aux 
armes qu'il donne la préférence, dédaignant les objets qui, 
pour être moins attrayants, n'en sont pas moins intéres- 
santes. 

Parmi ces derniers, on remarque : 

La navette à faire les filets de pêche, soin spécialement 
réservé aux femmes. 

Le marteau , ou plutôt la batte , en bois de gayac strié, 
qui leur sert à battre les écorces dont ils font leurs étoffes, 
seule opération qu'on leur fait subir. 

Le panier, cabas ou couffin , également tressé par elles, 
comme elles tressent aussi les nattes et les voiles de leurs 
pirogues. 

Le couteau, fait avec une valve de méleagrina ; charmant 
petit bijou qui n'a que le tort d'être fort incommode comme 
forme et comme solidité ; c'est cependant avec cet instru- 
ment des plus primitifs qu'ils se rasent, coupent, découpent 
le bois, le sculptent et le gravent. 

La pelle à terre en bois et son manche destiné au besoin 
à servir de jalon dans le dressement des tentes. 

Le soufflet, en cocotier, servant d'éventail au besoin. 

Deux gourdes en noix de coco, accouplées au moyen de 
cordelettes finement tressées, servant dans les voyages. 

Le briquet, composé d'un rondin en bois extrêmement 
léger qui doit être Yhibiscus tiliaceus, sur lequel on a creusé 
des rainures longitudinales pour limiter le mouvement du 
frottoir et concentrer son action. 

Ce procédé est le stick-and-groove, employé , dit M. le D r 
■Joly (1), à Tahiti, à Tonga, à Samoa, aux Sandwich, à la 
Nouvelle-Zélande. 



0) Revue scientifique. 



— 165 - 

Le Néo-Calédonien n'excelle guère dans l'art de la sculp- 
ture , c'est là le moindre défaut de son ignorance et de sa 
paresse naturelle ; toutefois, les échantillons présentés à la 
Société ne sont pas absolument dépourvus d'idées ni de 
goût. Ainsi, pour être grotesque, leur masque n'est cepen- 
dant pas difforme. 

Il façonne, dit-on, des statuettes qui ne manquent pas 
d'un certain cachet d'originalité. 

Ils gravent aussi les manches de leurs casse-têtes, de leurs 
haches et aussi les bambous qui leur servent à marquer la 
mesure de leurs danses. 

Celui qui fait partie de cette collection est assez remar- 
quable, moins comme art que comme idée : les poses choré- 
graphiques données à deux, ou trois figurines qui y sont 
gravées ne laissent aucun doute sur l'usage de cet objet , 
qu'à première vue on serait disposé à prendre pour un bâton 
de commandement. Les nombreux dessins qui le couvrent 
représentent la disposition des cases ou huttes, les divers 
genres de culture, etc. 

La description qui précède a été faite d'après les rensei- 
gnements fournis à M le colonel Belleville par M. Beaux, 
un des membres correspondants de la Société , qui a habité 
la Nouvelle-Calédonie. Généralement, ces renseignements 
manquent de clarté, d'exactitude, d'abondance : cela tient 
à ce que les voyageurs ne s'attachent qu'aux choses qui 
frappent superficiellement leur curiosité sans trop se préoc- 
cuper de l'usage auquel elles sont destinées, de telle sorte 
qu'il faut le plus souvent procéder par voie d'induction et 
par cela même s'exposer à des erreurs ; toutefois il a suffi 
de recourir à la notice du capitaine Pierron, dont le manus- 
crit existe à la bibliothèque de la Société, pour y trouver 
une corroboration pleinement satisfaisante. 



Séance du 25 avril. 

Présidence de M. A. de Saint-Simon, Président. 

La correspondance comprend les publications des Sociétés 
savantes et des Revues. 



- 466 - 

M. E. Ti\utat, membre titulaire, fait la communication 
suivante sur les Projections photographiques : 

Depuis quelque temps la photographie semble appelée à 
devenir un puissant auxiliaire à l'étude des sciences natu- 
relles, et pour ne parler que d'un cas particulier, l'usage 
des projections photographiques tend à se généraliser de 
plus en plus. 

Cette méthode n'est cependant pas nouvelle, et c'est en 
France qu'elle a pris naissance. Mais il est arrivé en ceci, 
comme en beaucoup d'autres choses, que cette idée est 
passée inaperçue chez nous : nos aimables Parisiens se 
sont moqués des montreurs de lanterne magique , et la 
méthode nouvelle a reçu toutes les applications dont elle 
était susceptible chez nos voisins. En Angleterre, en Amé- 
rique surtout, l'usage des projections dans les cours publics 
est d'un emploi continuel. Dans ces dernières années, enfin, 
les projections reviennent en France, et après les avoir vues 
employer aux réunions de la Sorbonne, quelques profes- 
seurs essayent de les utiliser dans leurs cours. 

Il semble presque inutile d'insister sur les avantages de 
ce système, et je ne citerai que deux particularités impor- 
tantes. 

La première est la possibilité de mettre sous les yeux d'un 
auditoire nombreux les objets décrits par le professeur, 
avec une amplification suffisante pour que tous les détails 
puissent être nettement perçus : chose si difficile à réaliser 
la plupart du temps. Ou bien, en effet, le professeur possède 
une série de dessins tout préparés et d'une exactitude 
complète, mais toujours dans des dimensions restreintes : 
ils sont alors insuffisants pour la plus grande partie de l'au- 
ditoire ; ou bien le professeur dessine à grande échelle sur 
le tableau noir une figure plus ou moins réussie, mais tou- 
jours incomplète à cause de la rapidité de son exécution. 

Au moyen des projections, ces deux inconvénients n'exis- 
tent plus; tantôt c'est l'objet lui-même reproduit par la 
photographie qui vient se peindre sur l'écran dans de grandes 
dimensions, tantôt l'image est obtenue par la reproduction 
d'un dessin exécuté avec tout le soin nécessaire, et agrandi 
par les appareils dans de larges proportions. 



— 167 — 

A côté de cela existe encore un avantage énorne : je veux 
parler de l'authenticité incontestable des représentations 
photographiques, et en cela je vise surtout les études mi- 
croscopiques. 

Dans le monde scientifique des travailleurs, une observa- 
tion microscopique est admise sans conteste, et on lui 
accorde une réalité tout aussi certaine qu'à toute autre sorte 
d'observations. 11 n'en a pas été toujours de même, et que 
de fois n'a-t-on pas accusé le microscope de faire voir ce 
que l'on voulait. Cette critique , vraie peut-être il y a 
soixante ans, n'est plus acceptable maintenant, et les 
opticiens fabriquent couramment des microscopes qui ne 
peuvent amener aucune illusion. Mais le public se souvient 
toujours de la critique d'autrefois, et bien souvent, lorsque 
vous mettez sous ses yeux un dessin d'objets microscopi- 
ques, il accuse le dessinateur de fantaisie. 

Les représentations photographiques ne permettent aucune 
restriction de ce genre : c'est l'objet lui-même qui vient se 
placer devant les yeux de l'observateur et le doute n'est 
plus possible. 

Avant l'emploi de la photographie, l'on avait bien essayé 
de projeter directement sur un écran les images fournies 
par le microscope solaire ; mais les préparations étaient 
rapidement détruites par la ehaleur intense développée par 
les lentilles éclairantes, et de plus la netteté des images 
laissait beaucoup à désirer. La méthode nouvelle élimine 
tous ces inconvénients, et elle facilite encore la rapidité des 
démonstrations, car la mise au point est la même pour tous 
les sujets, et les images se changent rapidement. 

Elle consiste à prendre d'abord une image photographi- 
que amplifiée de l'objet à étudier, mais en ne donnant à 
cette image qu'une surface assez restreinte pour permettre 
de l'introduire dans une sorte de lanterne magique qui l'am- 
plifiera à son tour. Cette lanterne est éclairée tantôt par la 
lumière électrique, tantôt par la lumière de Drummond, 
ou plus simplement encore par une lampe au pétrole quand 
il s'agit de faibles amplifications. 

M. Trutat fait ensuite passer sous les yeux de la Société 
une série de projections histologiques qui i permettent 
de démontrer d'une manière complète la h importance 
de ce mode d'études. 



- 168 - 

C'est ainsi qu'il décrit successivement le tissu osseux, le 
sang, les appareils de la respiration, les glandes, etc., etc. 



Séance du 9 mai 1877. 

Présidence de M. A. de Saint-Simon. 

On remarque dans la correspondance imprimée les Mé- 
moires de la Société Linnéenne de Normandie. 

M. Peyridieu, membre correspondant, fait don à la So- 
ciété des ouvrages suivants : 4° Réduction de la carte géolo- 
gique de France, par Eiie de Beaumont etDufrenoy ; 2° Traité 
de paléontologie stratigraphique, par Alcide d'Orbigny ; 3° Le 
Jardin des Plantes, par Bernard et Gouaillac. Des remercie- 
ments sont votés au donateur. 

L'auteur donne lecture de la note suivante : 

Note sur un Verbascum hybride , 
Par M. Desjardins, membre titulaire. 

Nous avons cru devoir donner la description de cet hy- 
bride , dont le diagnostic ne correspond avec aucun de 
ceux qui ont été décrits dans les dilïérents ouvrages que nous 
avons pu consulter. 

Cette plante a été observée, en 4875, au Jardin botanique 
de l'Ecole vétérinaire de Toulouse ; le Verbascum a poussé 
spontanément seul à la place occupée par le V. blattaria, 
dans une plate-bande où l'on cultive cinq espèces du même 
genre, qui sont: Verbascum thapsus , sinuatum , lychnitis, 
pulverulentum et blattaria. 

Son aspect est celui du V. blattaria et l'inflorescence celle 
du V. sinuatum ; il a les fleurs en épis un peu interrompus, 
réunies par quatre ou cinq à la base des rameaux, géminées 
ou solitaires au sommet. Panicule très-lâche, très-rameuse, 
à rameaux allongés, un peu violacés, très-effilés, hérissés 
de poils blancs- grisâtres, simples, courts et dressés, non 
glanduleux ; pédicelles grêles, dressés, plus courts que le 
calice pendant la floraison, le dépassant à peine après. Galice 



— 169 — 

vert, pubescent, non glanduleux, à segments lancéolés- 
aigus. Corolle très -grande, plane, jaune-soufre, sans tache 
violette à la gorge. Etamines à filets violets, tous munis de 
poils de la même couleur. Anthères paraissant mal confor- 
mées, sans pollen, celles des deux etamines longues insérées 
latéralement. Stigmate un peu allongé et aplati. Feuilles fer- 
mes, à nervures violacées, très-brièvement pubescentes, à 
poils beaucoup plus rares et plus courts que sur les tiges ; 
les radicales oblongues, sinuées-dentées, à dents courtes, 
atténuées en court pétiole ; les caulinaires décurrentes jus- 
qu'à la feuille immédiatement au-dessous, à l'exception des 
raméales qui ne le sont que jusqu'à moitié. Tige violacée, 
ailée, de 12 à 14 décimètres, dressée, raide, anguleuse, ra- 
meuse dès la base. 

La floraison a été abondante, mais nous n'avons pu voir 
aucune capsule. 

Cette plante, qu'au premier abord on prendrait pour le 
V. blattaria, en diifère : par ses fleurs non solitaires, jaune- 
soufre sans tache à la gorge ; par son calice à segments lan- 
céolés, par ses feuilles décurrentes à dents courtes, pubes- 
centes ; par ses poils non glanduleux, et enfin par ses pédi- 
celles dressés qui ne sont, les uns qu'aussi longs, les autres 
plus courts que le calice. 

Elle a quelques rapports avec le V, sinuatum, par ses 
fleurs agrégées, par ses feuilles raméales un peu décurren- 
tes, et par son inflorescence. 

En outre, elle a aussi des rapports avec le V. Thapsus, par 
les feuilles de la tige qui sont décurrentes jusqu'à celle qui 
se trouve dessous et par ses grandes fleurs jaunes. 

La mère, ou porte-ovules est, certainement, le V. Blattaria; 
le père, ou porte-pollen, d'après les caractères, nous semble 
être le V. sinuatum et peut être un peu le V. thapsus. 

Laissant à de plus savants le soin de dénommer cet hy- 
bride, nous nous contentons de cette simple description qui 
a été faite la plante étant sur pied. 

En 1876 un second hybride provenant de la même mère a 
fleuri; il avait les mêmes caractères, à l'exception des tiges , 
des rameaux et des nervures des feuilles qui étaient verts, 
tandis que dans la plante dont la description est ci-dessus ils 
étaient violacés. 

12 



- 170 - 

Note sur la mâchoire et le ruban lingual 
de quelques Vertigos du sud-ouest de la France; 

Par M. A. de Saint-Simon, membre titulaire. 

Les Vertigos sont si petits, que l'emploi d'un fort grossis- 
sement au microscope composé est indispensable pour 
étudier leurs organes internes et particulièrement les épines 
de l'armature linguale. Je ne connais sur ce dernier ap- 
pareil qu'un seul travail rédigé en 1862 par le docteur 
F.-D. Heynemann sur le ruban lingual du Vertigo venlrosa; 
cette espèce habite les environs de Francfort sur le Mein, 
et paraît n'être qu'un synonyme du Vertiyo Moulinsiana. Le 
Mémoire du docteur Heynemann a paru dans le volume des 
feuilles malacologiques du docteur Peiffer. J'ai lu ces 
observations dans une note du Journal de Conchyliolo- 
gie (1866, 14 e vol., p. 291). Le grand et bel ouvrage de 
M. Moquin-Tandon sur les Mollusques de France contient, 
il est vrai, quelques détails sur l'armature linguale du Ver- 
tigo pwsi//a,mais à cette époque cet organe était peu connu, 
et je ne l'avais vu que très-imparfaitement. J'ai pu depuis 
compléter cette description et soumettre à un examen atten- 
tif le ruban lingual de trois autres espèces. 

Les dents de ces quatre Vertigos sont d'une petitesse pour 
ainsi dire atomique; on peut évaluer à 1/2000 me de millimè- 
tre celle du Vertigo muscorum dont la coquille n'atteint pas 
deux millimètres de longueur. Il faut employer un grossis- 
sement de 700 diamètres pour en voir les détails. 

Avant de signaler ici les particularités des pièces de la 
bouche de ces mollusques curieux, je donnerai quelques 
détails sur ce genre et sur l'habitat des espèces dont il va 
être question. 

Le genre Vertigo a été créé en 1774 par Otto- Frédéric 
Mùller. Le caractère le plus important de cette réunion de 
petites espèces, c'est l'absence complète des tentacules infé- 
rieurs et ce n'est point par suite de la petitesse de l'animal, 
car il existe des Pupa presque aussi petits que les grosses 
espèces (si on peut employer ce mot) de Vertigos. 

Muller n'a décrit qu'une espèce, le Vertigo pusilla, qui 



— 471 - 

n'a pas été encore trouvé dans la Haute-Garonne, mais qui 
habite les Pyrénées-Orientales et l'Aveyron où il m'a été si- 
gnalé par notre savant collègue et ami M. Pons d'Hauterive. 
On retrouve cette espèce dans tout le nord de la France, le 
Danemarck et la Suède. 

En 1821, Gray, dans un travail intitulé Nalural arrange- 
ment, etc., inséré dans le Méd. repos., London, p. 239, pro- 
posa de créer une nouvelle coupe comprenant les espèces 
dont la coquille rappelle pour la forme le Pupa muscorum 
et dont le Vertigo muscorum est le type. Cette coupe a été 
adoptée et porte le nom d'Isthmia. Elle est mentionnée dans 
l'ouvrage de M. Moquin-Tandon sur les Mollusques de 
France. 

11 existe dans notre Sud-Ouest sept espèces de Vertigos, 
deux appartenant aux Isthmia. 
Ce sont : 
1° Le Vertigo muscorum décrit par Draparnaud sous le 
nom de Pupa muscorum et que l'on trouve dans presque 
toute l'Europe. Elle est citée comme ayant existé dans l'Ile 
de Madère ; 

2° Le Vertigo edentula décrit aussi par Draparnaud sous le 
nom de Pupa edentula. Cet auteur ne cite pas de localités 
particulières pour ces deux espèces. Le Vertigo edentula se 
trouve dans toute la France, en Suisse et dans le nord de 
l'Italie. 

Les cinq autres espèces de Vertigo sont les suivantes; ce 
sont les Vertigos proprement dits : 

1° Vertigo antivertigo, décrit aussi par Draparnaud et si- 
gnalé par lui comme habitant la Bresse. C'est une espèce que 
l'on recueille dans de nombreuses localités en France. S'il 
n'a pas été trouvé aux environs de Toulouse, on en recueille 
quelques individus dans les détritus charriés par la Garonne; 
2° Vertigo Moulinsiana, nommé en 18i9 par notre savant 
collègue et ami M. l'abbé Dupuy. Très-rare dans nos allu- 
vions; je l'ai reçu de Suède; elle habite aussi la Suisse ; 

3 e Vertigo pygmœa, décrit par Draparnaud; espèce com- 
mune dans de nombreuses localités en France ; elle se trouve 
aux environs de Toulouse et dans les Pyrénées. 
La coquille de ces trois espèces est dextre. 



- 172 - 

Reste deux espèces sénestres et que l'on recueille dans les 
Pyrénées-Orientales; elles n'ont pas été encore signalées dans 
la Haute-Garonne ni dans les Hautes et les Basses-Pyrénées. 
Ce sont les : 

4° Vertigo pusilla; je viens d'en parler plus haut ; c'est 
sur cette espèce qu'ont été faites par moi les premières ob- 
servations, comme on a pu le voir déjà. 

5° Vertigo angustior. 

M. Gwin-Jetïreys, qui a décrit le premier ce mollusque 
en 1830, signale les noms qui lui ont été donnés. Cette sy- 
nonymie est assez curieuse. 

Ce Vertigo a été décrit par Michaud sous le Vertigo nana; 

Par Held, sous celui de hamata; 

Par A. Mùller, sous celui de plicata; 

Enfin, Rossmâssler et Charpentier lui ont donné celui de 
Venetzii. 

Il habite l'Angleterre, la Suède, la Suisse. On le trouve 
en France, à Lyon, Montpellier, Amélie-les- Bains, sous les 
feuilles mortes, près du Tech, où je l'ai recueilli moi-même. 

M. Moquin donne , dans son Histoire naturelle des Mollus- 
ques de France, le dessin du collier médullaire du Vertigo 
pygmœa; de même que chez les Pupa, les ganglions céré- 
broïdes sont remarquables par leur développement. D'un 
autre côté, les anses nerveuses paraissent assez courtes. 
Quant au système reproducteur, il est remarquable par le 
développement de la matrice, le canal de la poche copula- 
trice est assez court ; les vésicules muqueuses et la poche à 
dard n'existent pas dans cette espèce. 

On trouvera dans le même ouvrage, 1 er volume, p. 190, 191 
et 193, quelques détails sur l'organe de la glaire et de la 
glande en trèfle (talon) du Vertigo pusilla, et 2 me vol., p. 411, 
d'autres observations sur le cœur, la veine pulmonaire et la 
glande pulmonaire (de Bojanus) de cette espèce. 

M. Moquin a bien décrit la mâchoire de la plupart des 
espèces de ce genre; seulement, comme il ne s'est servi que 
du microscope simple, je me bornerai à donner quelques 
détails que m'a fournis le microscope composé; ils complé- 
teront les descriptions contenues dans l'Histoire naturelle 
des mollusques de France. 



— 173 — 

Les espèces que j'ai étudiées sont : 

Les Vertigo muscorum, recueillis à Toulouse ; 

pusilla, dans le département de l'Oise ; 

angustior, à Amélie-les-Bains ; 

antivertigo, dans la même localité. 

4. Vertigo muscorum. 

La mâchoire est, comme le fait remarquer, avec raison, 
M. Moquin (Hist. nat. des Moll. de France, 2 me vol., p. 400), 
comme filiforme et arquée ; elle paraît au microscope atté- 
nuée et pointue aux deux bouts, ceux-ci se relèvent. Elle 
paraît rugueuse et le bord libre est inégalement dentelé. Le 
talon membraneux est très-long, transparent. 

La langue est étroite et très-allongée ; les dents sont très- 
petites, écartées, à peu près parallèles, pointues. 

Nombre (6 + 8 + \ + 8 + 6) x 70 

Gomme dans la plupart des Gastéropodes, les dents mar- 
ginales grossissent en s'éloignant du bord externe de la lan- 
gue ; elles sont composées de deux cuspides droites, allon- 
gées, égales, parallèles et munies d'un support étroit. Les 
latérales portées aussi par un support étroit, sont ovoïdes, 
recourbées en sens contraire et inégales. La lamelle est 
large, échancrée et terminée par deux pointes de longueur 
différente. Les dents durachis, plus petites que les latéra- 
les, sont ovoïdes et munies à la base de deux tubercules 
arrondis assez gros. La lamelle est un peu allongée, échan- 
crée et terminée par deux pointes égales, symétriques et 
assez aiguës. 

Les dents de cette espèce ressemblent d'une manière 
étonnante à celles de VHel. pygmœa var. Simoniana dont les 
mœurs sont les mêmes , elles sont seulement un peu plus 
grandes. La langue est beaucoup plus allongée. La forme gé- 
nérale est celle du P. muscorum, mais dans cette dernière 
espèce, il existe des modifications très-apparentes ; car les 
dents marginales se composent de quatre cuspides, les deux 
externes de celles-ci sont plus grandes, les dents latérales 
sont plus inégales et celles du rachis sont à peu près aussi 
grandes que celles-ci. 



- 174 - 

Les rubans linguaux des Zonites sont plus étroits que ceux 
des Hélix et les dents rachiales petites. Il en est de même 
pour le Rumina decollata et YAzeca tridens. L'organisation 
du radula du V. muscorum se rapproche de celle des mol- 
lusques dont je viens de parler. 

2° Vertigo pusilla. 

La mâchoire paraît, au premier abord, assez large aux 
deux bouts, mais en l'examinant au microscope composé, 
l'on constate qu'elle se termine en pointe; cette pièce est 
ornée de stries verticales, parallèles et très-fines, mais on 
ne voit pas de dentelures sur le bord libre. 

Le ruban lingual n'était pas entier ; je n'ai pu compter 
que : (8+6+1+6 + 8)x 40. 

Mais le nombre des rangées doit être plus considérable ; 
c'est celle que je possède depuis 1854 et que j'ai décrite dans 
l'ouvrage de M. Moquin. 

Les dents marginales et latérales sont des crochets allongés 
et recourbés comme ceux des Zonites ; les marginales présen- 
tent la même inclinaison que celle que l'on observe chez ce 
dernier genre. Les dents du rachis sont plus petites que les 
latérales ; on y remarque une cuspide médiane et deux plus 
courtes de chaque côté, celle-ci divergent un peu et les trois 
sont allongées. 

La mâchoire et le ruban lingual de ce vertigo appartien- 
nent au type carnassier et diffèrent beaucoup de ceux de 
l'espèce suivante, dont la coquille paraît si voisine. 

3° Vertigo angustior. 

La mâchoire présente seize côtes presque verticales qui se 
touchent et sont sinueuses ; les médianes paraissent plus 
grosses et aboutissent vers le bord libre à des denticules ob- 
tuses. Toute la pièce cornée est assez large et les côtes arri- 
vent jusqu'aux deux bouts ; ceux-ci se relèvent brusquement 
en pointe. 

Le ruban lingual présente des dents espacées et dont le 
nombre est de : 

(6 + 10 + 1 +10 + 6) x 56. 

Les dents marginales un peu inclinées présentent un sup- 



— 175 — 

port plus ou moins large ; j'y ai vu deux formes : c'est-à- 
dire que certaines dents se composent de trois cuspides 
écartées et droites qui s'allongent de manière à ce que celle 
du bout marginal est la plus courte et celle du bout interne 
la plus longue ; d'autres dents, munies de supports plus 
étroits, présentent cinq cuspides droites comme celles dont 
je viens de parler, mais celles des deux bouts sont les plus 
longues. 

Les dents latérales sont munies d'un support éehancré 
pour recevoir les cuspides y comme dans les autres espèces 
de Vertigo, celles-ci sont au nombre de deux ; celle qui re- 
garde le bord marginal est très-petite ; l'autre cuspide est 
ovoïde et munie d'une pointe recourbée qui la termine. 

Les dents rachiales sont aussi grosses que les latérales 
pointues et allongées. 

Gomme on a pu le remarquer, la mâchoire et l'armature 
linguale de ce mollusque s'éloigne du type Zonites qui ca- 
ractérise les deux Vertigos précédents. 

4° Vertigo anti-vertigo. 

Les côtes de la mâchoire se touchent ; elles sont plus lar- 
ges et moins nombreuses que chez l'espèce précédente ; j'en 
ai compté douze qui aboutissent, vers le bord libre, à des 
crénelures marquées, un peu obtuses. Les bouts de la mâ- 
choire sont lisses, plus larges et muins pointus que chez le 
V. Angustior. 

D'après la ligure de l'ouvrage de M. Moquin, la mâchoire 
de cette espèce semblerait devoir être lisse. Le grossissement 
employé pour cette observation étant faible, les téguments 
ou le mucus doivent avoir caché les côtes que j'ai vues à un 
grossissement beaucoup plus fort. Peut-être aussi M. Moquin 
a-t-il eu à sa disposition un individu anormal et chez lequel 
les côtes de la mâchoire avaient disparu. 

Les dents du ruban lingual sont plus allongées, plus grê- 
les et plus aiguës que celles du V. plicata. Le nombre des 
rangées que j'ai pu compter est le suivant : 

(6 + 8 + 1 + 3 + 6) X 40. 
Le support des dents marginales est plus large que celui de 
l'espèce précédente. Il s'élargit du côté interne et porte deux 



- 176 — 

cuspides droites, allongées, pointues et un peu inclinées ; 
celle qui regarde le bord marginal est la plus petite. Les 
dents latérales sont plus allongées, plus grêles et plus poin- 
tues que chez le V. plicata ; de môme que pour celui-ci, les 
dents du rachis sont plus grandes que les latérales qui l'avoi- 
sinent. 

Les quatre Vertigos qui sont l'objet de cette note présentent 
par conséquent deux types. Les V. muscorum et pusilla ap- 
partiennent au type Carnivore, caractérisé par une mâchoire 
lisse et une armature linguale dont les dents sont allongées. 
Les dents du rachis sont plus petites que les latérales les 
plus rapprochées. Les V. angustior et antivertigo appartien- 
nent au second type qui, par sa mâchoire côtelée, ses dents 
marginales moins simples, ses latérales plus courtes et plus 
trapues, et celles du rachis plus grosses, rappelle celui qui 
caractérise le groupe d'Hélix dont les Hel. carthusiana caras- 
calensis, nivosa, ericetorum, variabilis, neglecta, Pisana, rvgo- 
siuscula et hispida font partie. L'armature linguale de toutes 
ces espèces présente cette particularité remarquable que 
dans les dents marginales, l'on ne trouve pas ces cuspides 
en ciseaux que j'ai vues dans un grand nombre d'autres espè- 
ces d'Hélices, et les dents rachiales sont aussi grosses que les 
dents latérales les plus rapprochées de celle-ci. 

Dans les quatre Vertigos dont je viens de décrire les pièces 
buccales, les deux bouts de la mâchoire se terminent en 
pointe, c'est un caractère important. 

J'ai parlé de l'analogie qui existe entre le ruban lingual 
du Vertigo muscorum et celui de V Hélix Simoniana; chez 
cette dernière espèce, les dents du rachis sont de moitié 
plus petites que les dents latérales voisines, mais il existe 
chez ce mollusque une particularité remarquable: tandis que 
le ruban lingual est à peu près celui d'un Zonites, la mâ- 
choire est armée de côtes espacées et saillantes, comme 
celles de la plupart des Hélices proprement dites que l'on 
trouve en France. Ces côtes sont au nombre de douze, dé- 
passent le bord libre et se terminent en pointe. 

MM. Crosse et Fischer, dans le Journal de Conchyliologie 
(1869, p. 107), signalent un mémoire publié à Wisby en 
1868, par M. G. Lindstrom. Ce savant anatomisle a étudié la 



— 1Z7 — 

mâchoire et l'armature linguale dePff. pygmœa; malheureu- 
sement, ils ne donnent pas de détails sur ces observations si 
intéressantes et si peu connues. 



Note. — Depuis la lecture de ce travail, mon savant ami 
M. W.-G. Binney, auteur de magnifiques ouvrages sur l'ana- 
tomie des Mollusques terrestres et lluviatiles, a eu l'obli- 
geance de m'envoyer plusieurs de ces travaux. On ne peut 
qu'admirer l'étendue et la profondeur des recherches dont 
ils se composent. Un de ces ouvrages intitulé : Notes on 
American landshells (Notes sur des coquilles terrestres d'Amé- 
rique), contient dans la troisième partie du second volume 
(p. 489 et 190), de nombreux détails sur les Vertigo améri- 
cains. La mâchoire du V. ovata et les armatures linguales de 
cette espèce, ainsi que des V, Gouldi, Bollesiana et ventricosa, 
y sont étudiés de la manière la plus complète par M. Morse. 
J'ai appris dans cet ouvrage que les V. antivertiyo et pyg- 
mœa ont été décrits et figurés par Lehman. On trouve aussi 
dans l'ouvrage de M. Binney, une figure deVHel. pygmœa, 
mais les côtes sont plus larges que celles du Simoniana, et 
en outre elles sont très-obtuses. 

Mon savant ami et collègue Paul Fagot vient de décou- 
vrir le V. angustior à Aulus, c'est-à-dire dans les Pyrénées 
de l'Ariége. 



Séauce du 23 mai 1X77. 

Présidence de M. Bidaud, vice -président. 

La correspondance imprimée comprend les publications 
des Sociétés correspondantes et les ouvrages suivants: 

Enumeratio insectorum Norvegiocorum, de H. Siebke. III 
et IV. 

On some remarkable forms of animal life from the great 
deept ofthe Norwegians coast, par G. Ossian Sars. 

La Société doit l'envoi de ces volumes à M. Gust. Retzius, 
membre correspondant et professeur à Stockholm. 



— 178 — 

M E. Fabrk, membre titulaire, écrit à la Société la lettre 
suivante : 

Note sur l'origine géologique des gorges du 
Tarn (Lozère). 

Je lis dans le Bulletin fséance du 22 mars 4876, p. 193) la 
phrase suivante due à la plume de notre collègue, M. Louis 
de Malafosse : Une immense faille en zig-zag, visible sur la 
carte de l'état-major, donne au Tarn un caractère grandiose et 
'particulier. 

La Société d'histoire naturelle me permettra de rectifier, 
en ce qu'elle peut avoir de trop général et d'erroné, cette 
explication géologique des célèbres gorges du Tarn. 

Le Tarn, à sa sortie du massif granitique du Mont-Lozère, 
vient buter à 2 kilomètres en aval de Florac contre un escar- 
pement abrupt de 300 mètres de hauteur formé par les 
assises jurassiques horizontales du Gausse-Méjean. En ce 
point, il s'inlléchit brusquement à angle droit et prend la 
direction N. N.-O., en coulant au pied de l'escarpement 
calcaire. Cette allure heurtée est en effet le résultat d'une 
faille que j'ai désignée dans un travail antérieur sous le nom 
de Faille de Florac (1). 

Mais à partir d'Ispagnac, le Tarn, qui jusqu'alors coulait 
sur le schiste, s'encaisse brusquement entre de hautes pa- 
rois calc.iires et coule au fond d'une gorge sauvage et gran- 
diose qui ne prend fin qu'à Peyreleau (Aveyron), après un 
développement de plus de soixante kilomètres. 

Ce qui frappe l'observateur le plus superficiel, c'est le dé- 
veloppement gigantesque des rochers verticaux ruiniformes 
de dolomie, qui tantôt s'élancent en aiguilles (2), tantôt se 
développent sous formes de larges falaises unies. 

(\) Bulletin de la Société géologique de France, 3 e série, t. I, p. 305. 

(2) Le Roc aiguille, dans la commune de Suinl-Préjet-du-Tarn, est 
un monolithe de dolomie de 200 mètres de haut, qui est comme penché 
sur l'abîme au fond duquel le Tarn disparaît en bouillonnant dans les 
rochers. C'est le lieu dit le Pas-de-Soucis. La tradition l'a entouré de 
légendes poétiques, mais la science n'y voit que le merveilleux résultat 
d'un éboulement grandiose qui, à une époque relativement moderne, 



— 179 — 

Mais quand l'observateur parvient à embrasser d'un coup- 
d'œil une étendue suffisante de ce paysage grandiose, il 
est immédiatement frappé de l'horizontalité absolue des 
assises et de leur concordance sur les deux rives opposées. 
L'hypothèse des failles , si séduisante à l'inspection de la 
carte d'état- major, ne tient pas un moment devant l'obser- 
vation attentive des faits. 

Il faut donc admettre que les eaux, et les eaux seules, ont 
creusé ce sillon profond de 600 mètres dans les strates cal- 
caires les plus dures. Ce déblai gigantesque de plus de 30 
kilomètres cubes de roches solides, est bien fait pour ef- 
frayer l'imagination, mais il n'a rien d'invraisemblable, si 
l'on veut bien introduire dans les calculs l'élément du 
temps. 

Tout me porte à croire, en effet, que la fin de l'époque 
éocène marque pour la région jurassique des Causses une 
période de grands bouleversements. 

Le début de l'ère oligocène aurait été caractérisé dans la 
région par une ablation gigantesque qui aurait nivelé en 
quelque sorte la surface des plateaux, et aurait pour la pre- 
mière fois accusé un thalweg dirigé insensiblement N.-E. 
S.-O. C'est ce thalweg qui depuis cette époque reculée a 
toujours servi à l'écoulement des eaux du Mont-Lozère. Ces 
eaux ont depuis lors constamment baissé le niveau de leur 
lit, en s'encaissant de plus en plus dans les escarpements 
qu'elles ont façonnés. 

Les preuves de l'ancien état de choses et de sa transfor- 
mation graduelle sont assez difficiles à retrouver ; elles con- 
sistent en dépôts caillouteux de nature, d'âge et d'origine 
divers. Mais, bien que mes études à ce sujet ne soient 
pas encore complètes, je n'hésite pas à affirmer dès mainte- 
nant que : 

4° Les gorges du Tarn ne sont pas le résultat d'une frac- 
ture ou d'une série de fractures ; 

« 

aurait obstrué la gorge de ses débris. Tel qu'il est néanmoins, c'est le 
site le plus remarquable de tout le département de la Lozère, et celui 
dans lequel les escarpements calcaires, toujours et partout si pittores- 
ques, revêlent au plus haut degré un caractère de sauvage et imposante 
grandeur. 



— 180 — . 

2° Elles sont exclusivement dues à l'action érosive des 
eaux, continuée sans cesse depuis l'époque oligocène. 

M. Louis de Malafosse, membre titulaire, fait à propos de 
cette communication les observations suivantes : 

Je n'avais nullement l'intention de traiter géologiquement 
la question des gorges du Tarn, lorsque j'insérai dans un 
rapport sur les cours d'eau de l'Aude la phrase incidente 
relevée par M. Fabre. 

Toutefois, je ne suis pas convaincu par son raisonnement 
au sujet de l'érosion de la vallée du Tarn. En admettant 
l'horizontalité et la concordance des strates des deux flancs 
des falaises, un des points sur lesquels M. Fabre s'appuie 
pour attribuer aux seules érosions des eaux le prodigieux 
encaissement de cette vallée, je ne vois point là une preuve 
contre un accident géologique cause du cours actuel du 
Tarn. 

En effet, cette horizontalité (relative et non absolue, car 
il n'y a pas dans les Gausses de longues strates horizontales 
et elles s'infléchissent très-souvent), peut très-bien exister 
avec une fissure, crevasse, craquelure (le nom importe peu), 
qu'un tassement ou une autre cause que je ne recherche 
pas, aurait produite sur une grande longueur et un très- 
petit diamètre. L'action des eaux aurait eu pour effet d'é- 
largir cette fissure et de lui donner sa forme actuelle. 

Je vois plusieurs raisons pour admettre l'existence de 
cette longue fissure à travers ce plateau calcaire. 

4° Puisque le Tarn coulait N. N.-O., à son origine, dans 
une faille atteignant la base des terrains jurassiques, com- 
ment expliquer son brusque retour au S.-O., s'il n'avait 
rencontré une fissure que ses eaux ont agrandie ? 

D'ailleurs, puisqu'il était très-bas dans les terrains cal- 
caires, s'il lui avait fallu percer ce rempart de 500 m. de 
puissance dans lequel il s'engouffre aujourd'hui, il aurait 
reflué en amont et aurait formé un vaste lac pendant des 
temps très-longs. La trace en serait visible encore aujour- 
d'hui. 

2° La vallée du Tarn n'a point les méandres des vallées 
d'érosion, mais des angles brusques que le mot de zig-zag 
me paraît assez bien définir. C'est là le type des cassures ou 
failles produites dans les terrains calcaires. 



— 181 — 

3° La gorge du Tarn abrupte et rétrécie a un caractère 
qu'on ne retrouve dans aucune vallée d'érosion des mêmes 
terrains. 

Le trait caractéristique d'une vallée d'érosion provenant 
d'un cours d'eau qui a eu dans les temps reculés une puis- 
sance bien autre que de nos jours , est d'être plus large à 
son sommet qu'à sa base. Le cours d'eau actuel, quel qu'il 
soit, aurait été incapable d'une telle érosion, et il coule sur 
un lit qui est peu de chose en comparaison de la largeur de 
sa vallée. 

Le Tarn, au contraire, est à beaucoup d'endroits encaissé 
à plusieurs centaines de mètres de profondeur entre des 
murs à pic, et n'a pas, sur 60 kilomètres de longueur, pu se 
creuser un bassin d'une largeur normale , qui puisse se 
comparer au bassin le moins large des mêmes terrains dans 
cette région. 

4° La concordance des terrains, en l'admettant même 
absolue, n'est point une preuve exclusive de l'existence d'une 
fissure de peu de largeur. 

Sur une plus petite échelle, des fractures de cette nature, 
non parcourues par des cours d'eau et non érodées par 
conséquent, existent dans la région des Causses. Les célèbres 
caves de Roquefort possèdent des crevasses dont les parois 
ont des strates concordantes. Des exemples semblables (sur 
une minime longueur, je le répète), se voient en plusieurs 
régions des plateaux dolmitiques. 

Je ne crois donc pas que l'hypothèse d'une vallée d'éro- 
sion et d'érosion seule , puisse rendre compte de l'encaisse- 
ment de la vallée du Tarn ; il me paraît au contraire que 
l'origine de cette vallée doit être attribuée à une fracture 
ou série de fractures des couches jurassiques, fractures 
agrandies par les eaux. 



Séance du 2© Juin 4877. 

Présidence de M. A. de Saint-Simon, président. 

On remarque dans la correspondance, en outre des publi- 
cations des sociétés savantes, les ouvrages suivants : Voyage 



- 182 — 

scientifique de la frégate Valorem s dans les mers arctiques, 
par L. de Folin et Léon Perrier ; br. in-8% Bordeaux, 
1877. — Note sur l'Adelops meridionalis, par A. Lucante ; 
br. in-8° 1877. — Vœu {présenté à l'Association Française) 
pour la réoi ganisation de la météorologie française, br in-8°; 
1877, — Etude chimique de l'iode et des iodures, par M P. E. 
Gazes, br in-8°; Toulouse, 1877. — Examen chimique de la 
Turnérite, par Pisani , br. in-4°. — Notice biographique sur 
Paul Tournai, par P. de Rouville; in 8 1 , Narbonne, 1876. 

Le secrétaire-général rappelle, afin que le procès-verbal 
en garde le souvenir, la séance extraordinaire tenue le 17 
juin. M. Paul Soleillet, de Nîmes, a bien voulu donner à la 
Société des renseignements sur ses voyages en Afrique et 
ses projets nouveaux. Voici un résumé de cette conférence 
d'un intérêt général : 

Analyse de la conférence sur le Sahara; 

Par M. Paul Soleillet, membre correspondant. 

Appelé, il y a quelques années, à la suite de certaines cir- 
constances, à parcourir le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la 
Tripolitaine et l'Egypte, l'esprit observateur de M. Soleillet 
fut frappé d'un fait particulier à ces régions. Bien que le 
Soudan occidental soit beaucoup plus rapproché de l'Océan 
que de la Méditerranée, le commerce de cette partie de 
l'Afrique avec l'Europe ne se fait pas par l'Océan atlantique, 
mais par le nord de l'Afrique. En outre, les caravanes, qui 
apportent les produits de la Nigritie ou Soudan, se dirigent 
de préférence vers le Maroc par Talfilet, vers Tripoli par 
Ghadamès, ou vers l'Egypte par Mursuk. Des ports du Maroc 
par Gibraltar, de Tripoli par Malte, de l'Egypte par Malte 
encore, Marseille ou l'Italie, les marchandises apportées du 
centre de l'Afrique sont disséminées en Europe. 

Pourquoi les produits du Soudan vont-ils chercher la voie 
de la Méditerranée, au lieu d'atteindre celle de l'Océan par 



- 183 - 
le Sénégal? Pourquoi les caravanes, qui presque toutes pas- 
sent à l'oasis d'In Çalah, dans le Sahara, ne se dirigent-elles 
pas directement vers la Méditerranée, sur le port d'Alger, 
en traversant l'Algérie? Pourquoi nos deux grandes colonies 
d'Afrique, l'Algérie et le Sénégal, n'ont-elles pas attiré vers 
elles ce mouvement commercial ? Quelles sont les causes de 
cet état de choses, nuisible à nos intérêts économiques et 
politiques ? Quel remède pourrait y être apporté ? Tel est le 
double problème que, dans un esprit de désintéressement et 
guidé par son seul patriotisme, voulut résoudre M. Soleillet. 
De patientes études historiques et géographiques lui révélè- 
rent les causes cachées et par lui cherchées. 

Le climat du Sénégal est malsain pour l'Européen. Celui-ci, 
ne peut pénétrer et vivre à l'intérieur. 11 doit attendre à la 
côte l'arrivée des denrées africaines. Le Sénégal n'a pas, en 
outre, des voies de communication faciles et praticables avec 
le Soudan. Les fleuves de l'Afrique occidentale, générale- 
ment barrés à leur embouchure par des sables, sont entre- 
coupés de rapides et de chutes qui s'opposent à toute navi- 
gation. Les marécages, qui avoisinent la mer, ne permettent 
l'emploi, ni de chariots, ni de bêtes de bât. Tous les trans- 
ports doivent s'effectuer à dos d'homme, et seul, l'homme 
de race noire peut y être employé. Avec un pareil mode de 
transport, les marchandises, à éehanger ou à vendre, doi- 
vent présenter une grande valeur sous un très-petit volume. 
Les autres réclameraient des efforts que leur prix de vente 
ne pourrait rémunérer. Cette situation du Sénégal indique 
pour quelle cause, bien que depuis le xiv e et le xv e siècle, 
Français, Portugais et Anglais soient établis sur la côte occi- 
dentale d'Afrique, le commerce de cette partie du monde 
s'est si peu développé et n'est pratiqué que par quelques 
rares maisons européennes. 

Au contraire, dans le nord de l'Afrique, les commerçants 
trouvent des routes praticables pour les bêtes de somme, 
construites, quelques-unes depuis les temps de Carthage et 



- 184 - 
de Rome, pourvues de puits et soigneusement entretenues 
par les tribus dont elles traversent les territoires. A ce pre- 
mier avantage, le nord de l'Afrique en ajoute un second, 
celui d'avoir un climat plus sain que le Sénégal. Sur les 
terrains sensiblement élevés au-dessus du niveau de la mer, 
l'homme de race blanche, l'Européen comme le Berbère ou 
le Maure, peuvent vivre et se développer. Sur ce sol se mê- 
lent ensemble la flore africaine et la flore méditerranéenne. 
Si le noir peut seul vivre dans les terrains déprimés, infé- 
rieurs ou à peine supérieurs au niveau de l'Océan, les terres 
salubres offrent une voie facile vers le Maroc, Tripoli, l'Egypte 
ou l'Algérie, que peuvent parcourir les négociants de toute 
race . 

Mais pourquoi la route par l'Algérie est-elle négligée par 
les caravanes? Est-elle insalubre? Non. Est-ce parce que 
l'Algérie est devenue terre française, et le fanatisme musul- 
man s'oppose-t-il au trafic entre les chrétiens et les secta- 
teurs du Prophète ? L'histoire à la main, M. Soleillet a 
démontré à ses auditeurs que le fanatisme religieux était 
étranger à cette situation anormale, qu'à l'époque même 
des Croisades, au moment où toutes les passions religieuses 
étaient surexcitées, Barcelone, Carthagène, Gênes et les répu- 
bliques italiennes n'avaient pas cessé de commercer avec les 
Etats musulmans. Au moyen-âge, Tlemcem était une ville 
importante, où résidaient des consuls chrétiens dans une 
cité fermée et soumise à leur seul gouvernement. Là étaient 
reçus, et protégés au besoin, les négociants chrétiens. A cette 
époque, les denrées du Soudan ou de la Nigritie arrivaient 
sur les marchés algériens. Ces relations commerciales ne 
cessèrent, et les caravanes ne désapprirent la route de l'Al- 
gérie, qu'à l'époque de la conquête turque, au xvi e siècle. 
La guerre et l'esprit dominateur des Turcs portèrent ombrage 
aux populations sahariennes, très-attachées à leur indépen- 
dance et à leur autonomie. 
Existe-t-il quelque moyen de rétablir ce courant inter- 



— 185 — 

rompu? peut-on ramener vers l'Algérie ce trafic, qui se dirige 
vers le Maroc ou vers Tripoli, faire pénétrer l'influence civi- 
lisatrice de la France vers le Soudan et dans le Sahara ? 
Pour résoudre la question, M. Soleillet a voulu l'étudier sur 
les lieux eux-mêmes. Avec ses ressources personnelles, et 
un léger secours donné parla Chambre de commerce d'Alger, 
il a entrepris deux voyages dans le Sahara. Le second l'a 
conduit à l'oasis d'In-Çaîah, point central où viennent con- 
verger toutes les routes de la Nigritie et du Soudan, allant 
vers le Maroc ou Tripoli. 

L'intrépide explorateur a rapporté de son périlleux voyage 
la conviction profonde que, si la France veut respecter l'au- 
tonomie et l'indépendance des populations sahariennes, ces 
dernières sont toutes disposées à entrer dans la voie des 
échanges. Leur seule crainte est d'être annexées à l'Algérie 
française, et elle a suffi, il y a quelques années, pour jeter 
plusieurs d'entre elles dans les bras du Maroc et leur faire 
reconnaître sa suzeraineté politique. Cette crainte a été 
aussi la cause génératrice des dangers courus par M. Soleil- 
let, que des esprits malveillants représentaient comme un 
officier déguisé, chargé d'étudier la route d'une future expé- 
dition militaire. 

Pour faire cesser cette crainte et tenir, en même temps, 
compte des obstacles naturels qui s'opposent à l'introduction 
dans l'Algérie française des chameaux de race saharienne, 
M. Soleillet a proposé, à plusieurs reprises, la création à 
Lagouhat (possession française), de docks où viendraient 
s'approvisionner les négociants des oasis du Sahara en y 
apportant les produits de l'intérieur, la création d'une foire 
annuelle à El-Goléah, possession française aussi, et l'insti- 
tution de consulats français dans les principales villes du 
Sahara, ou tout au moins à In-Çalah. On reprendrait ainsi 
la tradition interrompue ; car au xm e , xiv e et xv e siècles, les 
chrétiens avaient des consuls en Berbérie. 

Se demandant ensuite quels seraient les éléments de ce 

13 



— 186 — 
mouvement commercial, M. Soleillet remarque que le Sou- 
dan nous offre des productions variées. Les gommiers y sont 
nombreux ; le coton et l'indigo à l'état sauvage. Cultivé sur 
quelques points, le colon est aussi beau que celui dit Géor- 
gie longue soie. Mais les carava es ne peuvent charger que 
les marchandises qui, sous un petit volume, présentent une 
grande valeur, telles que poudre d'or (il en passe annuelle- 
ment pour plus de trois millions à In-Çalah) ivoire, plumes 
d'autruche, etc. Les marchandises lourdes et encombrantes 
ne peuvent être transportées avec profit à dos d'âne ou de 
chameau, le prix moyen du transport étant de fr 40 c. 
par tonne et par kilomètre, D'un autre côté, les produits ma- 
nufacturés français à échanger contre les produits africains 
présentent un certain volume. Comment vaincre cette diffi- 
culté, qui s'oppose à l'extension d'un commerce sérieux et 
rémunérateur. 

Par la créalion d'un chemin de fer, répond M. Soleillet, 
chemin qui, construit économiquement, conduira peu à peu 
d'Alger à In-Çalah, de cet oasis à Tombouctou, et de Tom- 
bouctou à Saint-Louis du Sénégal. Avec et par ce chemin 
de fer, Tombouctou, grand centre commercial, ville très- 
importante, occupant une situation toute exceptionnelle- 
ment favorable, sera en communication directe avec l'Océan 
et avec la Méditerranée. M. Soleillet a démontré à ses audi- 
teurs la possibilité de l'établissement de cette voie ferrée, 
la fertilité du pays traversé, du Sahara (terre des pâturages), 
partout où l'homme cultive, la nécessité d'attirer au désert 
les bras des noirs du Soudan en les arrachant à l'esclavage 
et à la domination idiote et sanguinaire des principicules 
africains, dont tous les voyageurs ont pu constater la cruauté 
imbécile. Prévoyant l'objection que ce chemin de fer ne 
trouvera pas au Soudan et au Sahara un mouvement com- 
mercial suffisant pour alimenter son exploitation, M. Soleillet 
répond que le nègre cultive déjà le coton, qu'il n'est pas 
paresseux quand il prévoit un salaire ou un prix en espèces 



— 187 — 
sonnantes, qu'il cultivera sur une plus grande échelle le 
coton, divers textiles et l'indigo, dès qu'il sera assuré d'un 
débouché et d'une rémunération. Les choses ne se sont pas 
autrement passées pour l'Arachide et pour Y Alfa. Ce chemin 
de fer obéira à la grande loi économique , en vertu de 
laquelle toute création de voie de transport est un énergique 
stimulant pour la production industrielle ou agricole. 

En outre, M. Soleillet croit qu'à la France appartient la 
haute mission d'introduire la civilisation moderne dans le 
Sahara, et par le Sahara dans l'Afrique centrale et occiden- 
tale. L'influence française doit solidement s'établir en Afri- 
que. 

La France y trouvera à la fois honneur et profit ; elle., 
enrichira ses sujets tout en rendant service à l'humanité. Si 
donc l'œuvre est évidemment nationale, tous doivent s'y 
associer et y concourir. Mais les cités du Midi de la France 
ne trouveront-elles pas. dans sa réalisation, la satisfaction 
d'intérêts spéciaux, ou bien Toulouse et la région circon- 
voisine sont-elles, à ce point de vue, dans la même situation 
que toute autre contrée de la France? M. Soleillet ne le 
pense pas. 

Le commerce du Sahara demande des produits, clans la 
création ou la mise en œuvre desquels excellent nos indus- 
tries méridionales, entre autres le savon , la bougie, les 
mouchoirs imprimés , les draps communs ; ces derniers 
étaient autrefois presque entièrement fournis aux Echelles 
barbaresques, par les fabriques de Nîmes, Lodève, Saint- 
Pons, Saint-Chinian, Castres et autres villes du Midi. M. Isi- 
dore de Saint-Olon, ambassadeur du roi de France au 
Maroc, en 1693, constate ce courant commercial. Depuis* 
les Anglais, pour diverses causes, nous ont supplanté. Si la 
route commerciale du Soudan et du Sahara passait par 
l'Algérie, il serait facile de faire reprendre aux produits de 
nos manufactures françaises le chemin de l'Afrique occiden- 
tale et centrale. C'est une tentative dont la réussite est 



— 488 — 

presque assurée. Gérard Rhollfs, un voyageur allemand, a 
remarqué que les Sahariens donnent volontiers la préférence 
aux objets manufacturés d'origine française. 



L'auteur donne lecture du mémoire suivant : 

L'art chez les chasseurs de rennes de l'Europe 
préhistorique. 

Par M. Emile CARTAILHAC, Membre titulaire fondateur, 
(avec deux planches doubles). 

11 en est des divisions en géologie comme des limites oro- 
graphiques des plaines : on aperçoit une montagne à l'hori- 
zon et cette chaîne paraît une borne franche et nette, mais 
si le voyageur se rapproche, il se trouve en présence de colli- 
nes, de plateaux, de vallées, de pics et rien n'est plus diffi- 
cile pour lui que d'établir exactement la ligne séparatrice 
des deux versants, cette ligne même devra souvent être 
conventionnelle. 

Ainsi un examen plus approfondi du contact des pério- 
des tertiaire et quaternaire, a montré qu'on ne peut pas 
dire où commence l'une, où finit l'autre ; mieux étudiés les 
phénomènes que l'on croyait simples se compliquent infini- 
ment : telle est la question des glaciers avec leurs retraits et 
leurs retours, telle est la question de la faune avec ses 
aspects tantôt tropicaux, tantôt arctiques et aussi l'un et 
l'autre en même temps. 

On trouve sous l'abri d'un rocher une masse d'ossements 

accumulés par l'homme ; mais ce n'est point là le dépôt d'un 

jour de chasse ; l'homme a pu venir l'été, puis l'hiver, et 

elon les saisons il trouvait un gibier différent ; peut-être 

venait-il deloin et apportait-il comme matière première, pour 



— 489 - 

fabriquer ses armes et ses parures, des ossements d'espèces 
étrangères. 

Toutefois malgré ces causes d'incertitudes on peut recon- 
naître qu'aux débuts de l'époque quaternaire le climat est 
chaud avec VElephas antiquns et le Rhinocéros merkii. Avec 
VElephasprimigenius (Mammouth), et le Rhinocéros ticho* 
rhinus protégés par leur toison de laine et de crins, le climat 
est humide et froid, c'est le moment de la grande extension 
des glaciers. Le reirait des glaces prouve un relèvement de 
la température et la disparition de l'humidité nécessaire ; le 
froid revient, mais sec, et l'on voit se développer sur notre 
sol le Renne, qui donne son nom à la période dont je vais 
m'occuper, époque bien déterminée, et d'une haute anti- 
quité. 

Tous ces gisements offrent le même aspect; c'est une 
accumulation d'ossements entiers et surtout cassés, souvent 
travaillés, de silex taillés, débris de cuisine, rejets de l'in- 
dustrie abandonnés sur le sol qui s'est ainsi exhaussé quel- 
quefois de six ou dix mètres ! 

Une statistique faite en 1876 les signale clans 51 départe- 
ments, 261 communes — soit dans 500 cavernes; en 
Belgique, en Bavière, en Suisse, il n'y avait pas moins de 
50 cavernes avec dépôts de l'âge du Renne ; en Angleterre 
et dans le centre de l'Europe le nombre de pareils gisements 
augmente tous les jours. 

11 est très vrai qu'il y a une certaine limite au delà de 
laquelle le Renne, l'animal caractéristique, ne se rencontre 
pas. On ne l'a encore vu ni en Espagne ni en Italie ; mais si 
l'on se transporte en Orient, on trouve qu'à la même époque 
en Syrie, les bords du Lycus, ainsi que les rivages delaPhé- 
nicie. ont servi de retraite à des troglodytes vivant de la 
chasse d animaux en partie disparus du pays et se servant 
d'outils de silex absolument identiques à ceux de nos 
chasseurs préhistoriques d'Aqui laine : à ce moment en 
effet, l'humanité était partout sauvage encore. C'est tout au 



— 190 - 

plus si l'on peut admettre qu'il y avait des peuplades ayant 
déjà franchi l'intervalle industriel qui sépare l'âge de la 
pierre taillée de notre âge de la pierre polie. 

L'abondance du Renne caractérise une époque parfaite- 
ment déterminée : il est entouré d'espèce qui ne peuvent 
vivre, comme lui, que dans les pays froids. C'est dans le 
nord que s'est retiré le Glouton, le Renard polaire ; c'est sur 
les hauts plateaux de l'Orient qu'il faut chercher l'Antilope 
Saïga ; c'est dans les régions froides de l'Amérique qu'à 
survécu le Wapiti et le Canis lagopus, le bœuf musqué, 
C'est vers les hauteurs que sont relégués le Bouquetin et le 
Chamois. 

Bien qu'il y ait en outre une quantité d'espèces qui vivent 
encore aujourd'hui au milieu de nous, dans nos bois ou dans 
nos montagnes, il n'en est pas moins positif que la faune 
dans son ensemble nous rappelle un climat pareil à celui de 
70° de latitude nord sur la limite des neiges. 

On a eu la chance de trouver en Wurtemberg, à Schussen- 
ried, au contact d'un riche dépôt de l'âge du Renne, des 
mousses assez bien conservées pour pouvoir être détermi- 
nées. Or Vhypnum sarmentosum qui ne descend dans les 
vallées qu'au Spitsberg, au Labrador, et en Groenland a 
pour véritable patrie la région des neiges éternelles. 

Donc la Faune et la Flore sont d'accord. On a objecté que 
le Renne était peut-être réduit en domesticité comme il l'est 
de nos jours en Laponie ; il y a des raisons très sérieuses 
qui militent contre cette hypothèse. Mais d'ailleurs, il ne 
dépend pas de l'homme de faire vivre longtemps une espèce 
dans un climat qui ne lui conviendrait point 

De nos jours les Rennes existent en grands troupeaux sur 
les hauts plateaux de la Norwège ;mais ils ne paraissent pas 
descendre plus bas que la limite du bouleau, à peu près 
3,700 pieds au-dessus du niveau de la mer Ils ne fréquen- 
tent pas les épaisses forêts de pins qui revêtent les pentes 
les plus basses des montagnes. 



— 191 — 

La période que nous appelons âge du Renne se termine 
avant un phénomène général , la formation de la tourbe ; 
on cite un très petit nombre de tourbières, même en Dane- 
mark, dans lesquelles on ait trouvé quelques rares osse- 
ments de cet animal. Il ne se rencontre jamais dans les Kjo- 
kenmôddings du nord ; jamais dans les ruines des cités 
lacustres, jamais dans les monuments et les stations de lage 
de la pierre polie. 

Il caractérise donc à merveille une longue, très longue 
période dont la fin se place bien avant les âges histori- 
ques. 

Les stations de chasseurs de Renne devaient être fort 
nombreuses. Toutes celles qui étaient en plein air ont subi 
les injures du temps ; les objets périssables ont disparu. 

Mais sous l'abri des grands rochers, à l'entrée des caver- 
nes les explorateurs se sont trouvés en présence de traces 
énormes ayant conservé tout l'attrait de la vie journalière 
des sauvages. 

Les objets en bois sont à jamais perdus, mais l'os ouvré 
sous mille formes s'est conservé jusqu'à nous; l'armement et 
l'outillage, les parures, tout le matériel de la civilisation nous 
est connu. 

Le fait le plus grave et le plus étonnant c'est la constata- 
tion d'un sentiment de l'art très développé chez ces peupla- 
des, c'est un talent tout exceptionnel et tout particulier pour 
le manifester. Cette découverte qui soulève un des plus 
curieux problèmes de la civilisation mérite quelques recher- 
ches historiques. 

En 1851 et 1852, M. Joly Leterme, architecte à Saumur, 
avait fait des fouilles dans certaines grottes entre Givray et 
Charroux, commune de Savigné. M. Worsaae, l'illustre 
archéologue Danois, voyageant alors en France pour étu- 
dier nos monuments les plus anciens, vit ses trouvailles et 
l'engagea à les donner à un musée, ce qui eut lieu en effet. 
Elles sont conservées au musée de Gluny et l'on peut voir, 



— 192 — 

parmi des silex, et ossements travaillés, un os sur lequel sont 
gravés en creux et au trait deux herbivores. Ce sonl-là les 
premières œuvres d'art de l'âge du Henné que l'on ait décou- 
vert ; on n'en comprit pas d'abord toute l'importance. 

En 1863 on avait oublié la trouvaille de M. Joly Letcrme 
et son os gravé du musée de Cluny, MM. Edouard Lartet et 
H.' Christy firent exécuter leurs touilles classiques dans les 
gisements devenus célèbres des bords de la Vezère. Ils ren- 
contrèrent avec surprise des images ou représentations 
d'animaux de ces temps préhistoriques, transmises par des 
traits gravés sur des plaquettes de pierre ou sur des ossements 
Dans la Revue Archéologique, livraison d'avril 1863, parut 
leur mémoire considérable « sur les figures d'animaux gra- 
vés ou sculptés et autres produits d'art et d'industrie rappor- 
tables aux temps primordiaux de la période humaine. » 

A partir de ce moment les découvertes se multiplient, 
MM. Lartet et Christy, de Yibraye, Fontan, Brun, Garrigou, 
Pcccadeau de l'Isle, Dupont en Belgique eurent la bonne 
fortune de recueillir en assez grand nombre ces œuvres d'art 
qui figurèrent dans une vitrine d'honneur de l'Exposition 
Universelle, de 1867, galerie de l'histoire du travail. Depuis 
cette époque les plus heureux explorateurs à ce môme 
point de vue ont été M Massenat, (vallée de la Vezère) et 
M. E. Piette (Pyrénées). 

D'ailleurs presque tous les gisements de l'âge du Renne 
recèlent ces gravures et sculptures sur os et sur pierre ; aussi 
lesrencontre-t-on dans une foule de collections publiques et 
privées. En Belgique on ne fait plus de recherches, on ne 
peut donc rien trouver ; mais en Suisse la grotte de Thayn- 
gen a été particulièrement riche, et les gisements contempo- 
rains de la Grande-Bretagne et la Pologne ne font pas excep- 
tion. 

On a pris l'habitude de choisir une station type pour carac- 
tériser par son nom chaque période préhistorique. 

J.Ypoque du grand développement du Renne, et des artis- 



- 493 — 

tes quaternaires s'appelle Y époque de la Madeleine ou Mag - 
dalenienne. 

Un coup d'œil jeté sur les dessins et les planches qui 
accompagnent cet article permettra de se rendre compte du 
genre de dessin et de sculpture dont il s'agit. 11 y a des 
gravures en creux, simples traits creusés sur des surfaces 
unies, délimitant le contour de divers animaux, quelquefois 
indiquant le détail du corps, le poil et l'ombre ! 

Il y a des bas-reliefs ou demi-bosses reproduisant divers 
sujets en reliefs plus ou moins accentués. 

En in des rondes-bosses ou véritables sculptures. 

Il n'est point probable que cet art soit sorti du cerveau 
humain sans tâtonnements et sans exercices préparatoires. Il* 
serait curieux de pouvoir en retracer l'histoire ; pour cela 
il faudrait que toutes les fouilles eussent été faites avec une 
grande attention et un soin infini. 

Il faudrait connaître les objets trouvés à la base, au milieu 
en haut des dépôts. Une seule personne a tenté de baser des 
conclusions sur des observations de ce genre. Mais M. Piette 
n'a observé que deux gisements, ce qui n'est pas suffisant. 

Dans une station célèbre qui appartient en majeure partie 
à un âge antérieur à l'époque magdalénienne, à Solutré 
(Saône-et-Loirej, on a recueilli deux petites sculptures repré- 
sentant des cervidés; les têtes sont cassées, le corps est très 
bien figuré; les pattes collées contre le ventre, sont rame- 
nées les unes vers les autres, comme les chasseurs ont l'ha- 
bitude de le faire, quand ils veulent emporter une pièce un 
peu forte. 

Ces deux uniques sculptures sont-elles suffisantes pour 
faire admettre que la sculpture a été inventée avant le 
dessin au trait? Je ne crois pas. 

Do même, il serait imprudent de dire qu'on a com- 
mencé d'abord à sculpter ou graver la pierre et qu'on a pos- 
térieurement travaillé l'os. Il y a dans tous lescas une troisième 
matière première qui ne s'est pas conservée jusqu'à nous, le 



— 194 — 

bois ; et c'est fort malheureux car nous avons sans doute 
perdu ainsi à jamais bien des choses précieuses. 

Il faut avoir essayé de ciseler du bois de Cerf ou de Renne 
avec du silex, pour se rendre compte de la difficulté que sur- 
montaient les artistes primitifs qui n'avaient à leur disposi- 
tion que des burins en silex taillé. Ils procédaient par 
raclage ou frottage, méthode fort longue et les résultats 
témoignent d'une patience considérable. 

Pourquoi faisaient-ils ces travaux? Ce n'était pas seule- 
ment pour orner des objets, armes, outils ou parures.; on 
trouve en effet ces dessins sur des morceaux d'os informes, et 
l'on peut croire qu'ils les avaient exécutés, dans le seul 
but de satisfaire leur sentiment artistique, d'obtenir une 
jouissance 

MM. Lartet et Christy ont fait connaître un de ces bois de 
Renne troués que l'on est convenu d'appeler bâton de com- 
mandement (tig. 39j. Un trou a fait disparaître la moitié d'une 
gravure représentant un cheval. La grotte de ïhaingen a 
livré une pièce tout a fait analogue, (fig. 32) ; la grotte de 
Lortet renfermait un bois de Cerf couvert de gravures admi- 
rables, troupeau de cerfs et poissons ; la moitié de ce bâton a 
été raclée, on ignore dans quel but, mais les gravures 
ont été ainsi impitoyablement effacées. 

M. G. deAlortillet regarde ce fait comme une preuve que 
les hommes de cette époque avaient l'esprit léger, sans 
réflexion, sans prévoyance , comme diverses populations 
sauvages contemporaines, parce qu'il suppose qu'ils ne ter- 
minaient leurs pièces d'un emploi usuel qu'après les avoir 
complètement ornées. Le travail industriel détruisait en par- 
tie l'œuvre d'art. 

Lorsque l'artiste avait dessiné un animal, il lui arrivait 
souvent de retourner la plaque d'os et d'en dessiner d'autres 
Il nous faut une certaine attention pour nous reconnaître 
au milieu de tous ces traits qui sont entrecroisés. On trouvera 
(lig. 41), la copie d'une ardoise qui a inspiré à des esprits 



— 195 — 

pleins d'imagination tout une page : Ce seraient les Amours 
du Renne ; le vainqueur après avoir abattu ses rivaux 
s'approche amoureusement de sa femelle 1 

Pour mon compte je suis disposé à croire que l'artiste 
n'a pas eu l'intention de faire un tel tableau, Je ne suis 
pas davantage disposé à admettre l'existence d'une relation 
quelconque entre le Renne mâle dont les jambes et le ven- 
tre se voient à côté ou au dessus d'une image de femme 
enceinte, (fig. 4) 

Il y a une pièce célèbre dite la chasse à l'Aurochs, dans 
laquelle derrière un Aurochs splendide apparaît un homme 
lançant un trait, il semble bien que l'homme chasse l'aur 
rochs, et cela forme un tableau réel. Je donne fig. 44, la 
représentation d'un os gravé sur lequel on voit des têtes de 
chevaux énormes relativement au petit homme qui se pro- 
mène à côté d'eux une gaule sur l'épaule. Un énorme reptile 
ou poisson, deux tois long comme l'homme est en travers de 
lignes qui semblent figurer une forêt ou une palissade. Ce 
défaut de proportions est un des caractères de l'art de 
l'âge du Renne. 

On admirera la fig. 34 qui représente une loutre ayant l'air 
de manger un poisson. Mais les scènes, les tableaux de ce 
genre sont très rares ; ce qui se voit surtout ce sont les ali- 
gnements, les groupements en file des mêmes espèces; nos 
planches fournissent de bons exemples du fait ; les animaux 
sont entièrement reproduits, ou bien leur tête est seule 
figurée. Si les artistes quaternaires avaient été plus habiles, 
ils auraient fait beaucoup plus qu'on ne peut attendre de 
populations qui à tant d'égards sont encore dans une civilisa" 
tion él mentaire. 

Il y a des sauvages qui leur sont comparables. Ainsi des 
Esquimaux qui ont su grouper leurs personnages et dessiner 
par exemple toute une scène de chasse et de pêche (fig. 1). 
Mais combien il y a loin en général de ces grossières images 
aux petits chef-d'œuvres de nos ancêtres. 



— 196 — 

Ceux-ci tracent l'esquisse de leurs gravures avec hardiesse ; 
en quelques traits l'animal est indiqué avec ses caractères, 
son allure ordinaire; il est copié sur le vif. Souvent le des- 
sin est retouché, minutieusement ciselé ; les ombres sont 
indiquées, le poil, les crinières, les sabots, le sexe, tous les 
menus détails sont indiqués et l'on a pu reconnaître très 
souvent le genre, l'espèce même qu'on a voulu figurer. 

Naturellement tous les animaux qui composent la faune 
quaternaire se retrouvent dans ces portraits ; ainsi a été prou- 
vée aux plus exigeants la conlemporaneité de l'homme et du 
mammouth (fig. 42 et 44}. Mais il faut être très prudent en ma- 
tière de détermination. On a des images qui se rapportent à 
des animaux de pays lointains ; par exemple dans une 
caverne des Landes et dans une autre des Pyrénées on a 
trouvé la figure incontestable du phoque (fig. 42). Les figures 
que l'on ne t jeut pas nommer se rapporteraient-elles à des 
espèces vues par les chas eurs de Rennes dans leurs voyages 
que l'on sait avoir été considérables? Ne serait-ce pas l'ex- 
plication de cette image de singe que M. Piette a trouvée 
dans la grotte de Gourdan ? 

J'ai figuré sous les numéros 28 et 31 une tête sculptée en 
bois de renne que l'on s'accorde à attribuer à une figurine 
de bœuf musqué. Mais n'est-ce point par hazard que les 
cornes sont ramenées en avant? 

Nos artistes primitifs ne pouvaient pas les isoler ; c'eut 
été un trop grand travail et la pièce eût été facile à casser. 
Les cornes, les bois sont appliqués le long du corps et 
précisément la figure 14 nous montre un bâton de com- 
mandement en bois de renne avec tête d'antilope en relief; 
d'un côté la corne est appliquée régulièrement le long du dos 
de l'animal; de l'autre elle est ramenée en avant tout-à-fait 
comme dans la statuette du prétendu Bo* moschatus, 

Les sculpteurs savaient à merveille se plier aux exigences 
de la matière. Dans un poignard en bois de renne iig. 10 , la 
tête est retournée, les jambes de devant sont repliées, celles 



oire Naturelle de Toulouse -I877. 




À 



I 




: 



. Vu- . ; - ; ' 



Pianciie fïï. 



-.,. , ^ .«^= 



*• • " T, 



I 







W3V 



5 a 







I ISEMENTS SCULPTES ET GRAVÉS DE LAUGERIE-BASSE ; Collection E.MASSENAT. 

Reproduction interdite. 






été 3 Hi3 l ûire Naturelle de Toulouse -l8 77- 



Planche IV. 









3 a 
















1 ' 1^ 

• 




-^ 



4 










a. .; 



\w 






7 



f 



^^ 



X-S; 



J 



"'-■/;."fc&' 



'••'-i'S 






OSSEMENTS SCULPTES ET GRAVES DE LAUGERIE-BASSE ; Collection E.MASSENAT. 

Reproduction interdite. 



— 197 — 

de derrière se confondent avec le poignard, tout l'ensemble 
est fort élégant, cette poignée sculptée n'offrait ainsi aucune 
aspérité à la main. 

On a été frappé de ce fait que les artistes qui représen- 
taient si bien les animaux et quelquefois les plantes, 
savaient fort mal rendre l'être humain. M. de Quatrefages 
explique le contraste entre les représentations de l'homme 
et des animaux par quelque idée superstitieuse analogue 
à certaines croyances modernes. Lorsque Gatlin eut ter- 
miné son premier portrait de Peau Rouge, une partie de 
la tribu le regarda comme un sorcier dangereux qui avait 
enlevé au modèle quelque chose de son individu. Quelque 
idée analogue empêchait-elle les artistes de la Vezère d'étu- 
dier l'être humain ? Toujours est-il que, lorsqu'ils se hasar- 
dent à le reproduire, leur burin hésite et perd toutes ses 
qualités. Le nombre de ces repré entions est fort limité ; 
on aura une idée suffisante de leur valeur en examinant les 
fig. 3, 4 et 34. Les figures de femme n'ont pas eu de chance. 
La petite femme, (fig. 3) statuette en ivoire de Laugerie basse, 
a eu la tête cassée par un ouvrier que M. de Vibraye avait 
mécontenté. La plaque 4 a été cassée juste à l'endroit où est 
dessiné le collier que la femme enceinte portait à son cou. 

On possède de Laugerie basse et de Bruniquel trois ou qua- 
tre figures humaines dessinées à la manière des enfants, un 
rond avec les principaux traits mal indiqués. M Massenat a 
trouvé a Laugerie basse en outre de l'homme à l'aurochs, 
une homoplate sur laquelle est gravée légèrement une 
silhouette d'homme nu tendant un bras monstrueux vers 
un célacé, partiellement reproduit. 

Ajoutez, une grossière ébauche de femme (planche III, 
fig. %. Une mauvaise statuette (fig. 47 et une sculpture 
fig. 46) qui semble un portrait satirique ! 

C'est là je pense tous les cas de portraits de l'homme pré- 
historique peint par lui-même ! On ne peut pas en tirer 
grand'chose sur les traits et les proportions de la race. 



— 198 — 

Toutes les images de l'être humain sont nues, mais c'est 
par suite d'une convention de cet art primitif ; car nous 
avons les aiguilles, preuve de l'existence des vêtements et 
soit dans le Périgord soit dans les Landes (lîg. 11), on a 
trouvé des dessins qui représentent sans doute des brassards 
avec gants, tout à fait comparables à ceux des Esquimaux et 
des Lapons. 

Maintenant si l'on nous demande d'entrer dans le champ 
des hypothèses nous hésiterons. Les dessins avaient-ils un 
sens qui nous échappe, était-ce autre chose dans bien des cas 
qu'une ornementation, était-ce une écriture? des marques 
de propriété ? Un symbole religieux? Nous ne le savons 
pas et nous ne le saurons peut-être jamais. 

Ce qui est certain c'est que l'art, et un art véritable fut un 
des caractères particuliers non pas de populations isolées, 
mais bien d'une large partie des habitants de l'Europe pen- 
dant une époque tout entière; c'est un fait capital dans l'his- 
toire de l'humanité. Cet art était supérieur à celui qu'on 
remarque chez certaines peuplades sauvages plus ou moins 
nos contemporaines 

Cet art disparaîtra complètement à l'époque suivante, à 
l'âge de la pierre polie, de la poterie, des animaux domes- 
tiques. Les ornements géométriques reparaîtront, mais rien 
ne dit qu'il y ait eu filiation d'une à l'autre, au contraire ; 
deux ou trois fois clans toute l'Europe, on trouvera une re- 
présentation d'animal à l'époque néolithique (fig. 5). Ces 
exceptions n'infirment pas nos conclusions. 

La jouissance de vivre et le contentement sont les premiè- 
res conditions nécessaires de tout développement du senti- 
ment artistique. Telle est la raison donnée par les auteurs 
pour expliquer l'art des cavernes ! « L'adoucissement relatif 
des conditions climatériques, dit M. de Quatrefages, la dimi- 
nution des grands animaux féroces amenant la multiplica- 
tion des espèces utiles et surtout celles du Renne, placèrent 
à cette époque l'homme de Cro-magnon dans des conditions 



— 499 - 

de bien être inconnu à ses prédécesseurs. Il en profita pour 
développer d'une manière bien inattendue ses aptitudes les 
plus élevées. » 

Je ne puis partager cette manière de voir. Les hommes 
qui succèdent aux chasseurs de Renne jouissent d'un climat 
plus doux; il y a moins encore d'animaux féroces; aux 
ressources immenses tirées de la faune sauvage, se joint 
l'avantage de posséder des animaux domestiques, une 
demeure fixe, un lendemain plus assuré. Eh bien, l'art dis- 
paraît cependant. 

Les populations des régions septentrionales qui dessinent 
et sculptent ne connaissent guère le bien être ; elles vivent 
dans un climat rigoureux et luttent sans cesse pour l'exis- 
tence, et quelle existence ! Nous avons vu qu'elles montrent 
pour les arts du dessin une aptitude comparable à celle de 
nos chasseurs du Renne. 

Non, il est inutile de chercher une raison. Il en est des 
races comme des individus : nos chasseurs de Renne sont 
nés artistes. Ils n'ont point transmis leur art ; le sentiment 
artistique devait souvent dans la suite des âges naître, se 
développer et disparaître, et cela dans bien des lieux et 
chez des peuples bien divers. 

Mais n'est-il pas juste de tenir en haute estime cet art 
quaternaire le plus ancien qui nous soit connu, ces images 
habiles et vraies , plus anciennes qu'aucune des statues 
Egyptiennes, qu'aucun des monuments Assyriens. 



- 200 




fan 

fa 



— 204 — 




Ftg. 2. — Tête de cheval gravée au verso de la figeire de la femme enceinte. 
Laugerie basse. 



Fig. 3. — Femme 
sculptée en ivoire. 
Laugerie basse. 




Fig. 4. — Femme enceinte? Jambes d'un renne? 
Gravure sur os, Laugerie basse. 

44 



— 202 - 



in 




Fig. 5.— Figu- Fig. 6. — Inscription sur rocher figurant des hommes et 
re d'animal , des animaux, de Ceara, Brésil, 

gravée sur os 
Danemark. 



\ 



1 12Si° 2 ^- 



Tiimiiinji 




Fig. 7. — Gravure sur rocher en Suède, Combat Naval. 



/ 



- 203 



.f *.!'., 



'V> 



Fig. 8. 



Fige 10. 



Divers dessins grayés sur os et sur bois de renne. Laugerie basse. 



204 - 




Fig. 11. — Dent d'ours offrant sur les deux faces, de chaque côté de la partie convexe, 
deux gravures qui pourraient représenter des mains ou des gantelets. Grotte de 
Duruthy (Landes). 




Fig. 12. — Dent d'ours avec la représentation d'un phoque gravée au 
trait. Grotte de Duruthy. 




Fig. 13. — Dent d'ours avec l'image gravée en relief d'un poisson. Grotte de 

Dnruthy. 



— 205 — 




m 






— 206 — 




Fig. 16. — Manche de poignard en bois de renne sculpté. 




Fig. 17. — Glouton gravé au trait sur os. Les Eyzies. 




Fig. 18. — Bœuf (?) gravé sur os. Grotte de Lourdes. 




Fig. 19. — Têtes de bœuf accolées, sculpture en bois de renne. Laugerie basse. 



- 207 - 




Fig. 20. — Têle d'antilope Saïga (?) gravée sur os. Gourdan (Haute-Garonne). 




Fig. 21. — Tête de cheval gravée sur os. 
Laugerie basse. 




».w 



Fig. 22. — Têtes 
gravées sur os. 
Lacrouzade, Aude 



Fig. 23. — Tête 
de bœuf gra- 
vée sur os. 
Laugerie b. 




Fig. 24. — Tête de cheval gra- 
vée sur os. Laugerie basse. 



— 208 — 




Fig. 25. — Sus gravé au trait sur os. Grotte de Thaïngen. 





Fig. 26 et 27. — Têtes de chevaux gravées sur os. Thaïngen. 




Fig. 2». — Tête d'ovibos moschalus (?) sculptée en bois de renne. 
Grotte de Thaïngen. 






- 209 — 




Fig. 29. — Cheval gravé sur os. Grotte de Thaïngen. 




Fig. 30. — Renne gravé au trait sur os. Grotte de Thaïngen. 




Fig. 31. — Tête d'ovibos moschatus (?) sculptée en bois de renne. 
Grotte de Thaïngen. 



- 210 — 




o 

te 
a 
'S 
-a 
H 



ai 



s. 



te 



211 - 




__ 9)2 




mWJlIft 




j 



Ri 



35 à 37. — Cheval et ccrviJés gravés au trait sur un humérus. 
Grotte de Lortet (Hautes-Pyrénées). 



213 — 




Fiff. 38. — Bois de renne percé de irons et orné de dessins géométriques . - 39 — Bois 
de renne percé d'un trou et orné de dessins figurant des chevaux. — 40. — Balon de 
commandement en bois de renne des indiens du Maekensie. 




Fig. il.— Plaque schisteuse avec renues gravés, Laugerie. 



- 214 - 







- 215 - 




Fig. 43. — Homme, têtes de chevaux, serpent, etc., gravure sur os. La Madeleine. 





Fig. 44 et 45. — Plaquette en os, fragment d'omoplate, avec gravures 
au trait figurant le mammouth. Vallée de la Vézère (Dordogne). 



— 216 — 





Fig. 46. — Figure humaine sculptée à l'extrémité d'un fragment de bois de 
renne. Grotte de Rocheberthier (Charente). 




Fig. 4T. — Statuette en bois de renne, homme (?) Laugerie basse. 



-- 217 — 
Les auteurs, membres titulaires, communiquent le travail 
suivant : 

Catalogue des Mollusques terrestres et fluvia- 
tiles vivants observés dans le département 
de la Lozère, 

Par MM. Paul FAGOT et Gaston de MALAFOSSE 



INTRODUCTION. 
La faune malacologique du département de la Lozère n'a 
jamais encore été l'objet d'une étude sérieuse. A peine pour- 
rons-nous relever çà et là quelques indications confuses, 
éparses dans les ouvrages publiés sur l'histoire naturelle du 
département. 

Ainsi, dans une brochure imprimée en 1730, sous le titre 
de « Discours pour servir de plan à l'Histoire naturelle du 
Gévaudan, par M. le docteur Blanquet, » il est seulement fait 
mention des « perles (mulettes) qu'on trouve dans quelques 
ruisseaux. » 

Plus tard, M. Broussous, auteur d'un travail sur la statis- 
tique de la Lozère, terminé en l'an X, et dont le manuscrit 
est déposé aux archives du département, signala l'existence 
dans la contrée de quelques mollusques dont il donne les 
noms français. Ce sont : 

La limace brune (Arion ater). 
La limace marbrée (Limax variegatus). 
La limace cendrée (Limax cinereus). 
L'hélice jardinière (Hélix nemoralis et hortensis). 
L'escargot (Hélix pomatia). 
Le planorbe corné (Planorbis corneus). 
La présence de ce dernier mollusque dans le département 
n'est nullement probable. 

Aux espèces que nous venons d'énumérer, il faut joindre 
seulement la Valvata Moquiniana, mollusque indigène, dé- 
couvert en 1851 dans les alluvions du Lot à Mende. Nous 
aurons ainsi terminé l'insignifiant historique des études de 
malacologie lozérienne. 

15 



— 248 — 

Il nous a paru assez intéressant de dresser pour la pre- 
mière fois le catalogue des mollusques qui vivent dans le 
département dont nous nous occupons, et de combler ainsi 
une lacune, minime il est vrai, de la faune française. Nous 
avons donc exploré avec quelque soin le bassin du Lot 
et la partie inférieure de celui du Tarn. Nos collègues 
MM. Gabriel d'Espinassoux et Paparel nous ont aidés dans 
la plus large mesure en nous communiquant les résultats 
de leurs nombreuses observations, et M. Gustave Molines 
nous a envoyé diverses espèces des environs de Florac. 
Malgré l'abondance et la sûreté des renseignements que 
nous avons recueillis par nous-mêmes ou par nos corres- 
pondants, la liste que nous nous décidons à publier doit 
encore être regardée comme assez incomplète, surtout en ce 
qui touche aux mollusques fluviatiles et aux espèces terres- 
tres de très-petite taille. Sans doute, lorsqu'il nous aura été 
donné d'étendre nos recherches aux bassins de l'Allier et 
des Gardons , nous pourrons ajouter à notre travail actuel 
un important appendice. 

Tel qu'il est néanmoins, notre catalogue ne nous a pas 
semblé indigne d'être publié. Mais avant de commencer 
l'énumération des espèces observées dans la Lozère, il est 
indispensable de donner ici quelques indications sur la 
configuration et la nature géologique du sol de ce dépar- 
tement (4). 

Région montagneuse, la Lozère est formée dans toute sa 
partie septentrionale par les vastes plateaux granitiques et 
basaltiques de la Margeride et de l'Aubrac. 

Au S.-O., on voit de larges étendues de marnes et de 
calcaires jurassiques, s'appuyant en général sur une forma- 
tion de roches schisto-cristallines. Là s'élèvent les causses, 
énormes et arides massifs oolithiques, ondulés à leur surface 
et limités par des falaises souvent verticales. 

(1) Voir dans le Bulletin de la Société d'Hist. nat., t. VI (1 872), p. 5 : 
Recherches sur le Lias de la région de Marvëjols, par G. de Malafosse. 



— 219 — 

Enfin, au S.-E., se dresse le mont Lozère, chaîne graniti- 
que au pied de laquelle s'étendent vers le Sud les gorges 
profondes des Cévennes, creusées dans les micaschistes. 

La majeure partie du sol lozérien est donc de nature 
cristalline. Quand nous aurons ajouté que nulle contrée 
en France n'a sans doute souffert plus que la Lozère de 
l'excès des déboisements (4), nous aurons expliqué la pau- 
vreté relative de sa faune malacologique. Les cours d'eau 
sont nombreux dans le département : on en compte plus de 
470, et la moyenne pluviométrique atteint m ,94 par an. 
Mais la terre ne boit qu'une faible partie des eaux qu'elle 
reçoit; elles grossissent dans d'étonnantes proportions les 
moindres torrents et amènent souvent des inondations sou- 
daines et redoutables, qui ravinent les pentes, bouleversent 
les vallées et les parsèment quelquefois de blocs énormes 
arrachés aux sommets voisins. 

De là vient que les mollusques fluviatiles ne peuvent être 
fort nombreux dans les eaux du département, où leurs co- 
quilles sont constamment brisées par les pierres que roulent 
les flots et où d'ailleurs ils ne trouveraient, en général, qu'une 
nourriture très-insuffisante. 

Le climat contribue aussi à l'appauvrissement de la faune ; 
ce climat est plus rigoureux en hiver (2) que ne le feraient 
présumer la latitude de la contrée (entre 44° et 45°) et son 
altitude, qui va du maximum de 1703™, sur le sommet du 
mont Lozère, au minimum de 200 m , élévation du point où 
le Gardon de Mialet sort du département, non loin de Saint- 
Etienne-vallée-française (3). 

(1) Les forêis n'occupent que les 6/100 du sol. 

(2) La température a baissé parfois à Marvéjols et à Mende jusqu'à 
près de — 20» si ce n'est au-delà. 

(3) La configuration du sol lozérien est trop tourmentée pour qu'il y 
ait quelque intérêt à établir l'altitude moyenne du département, repré- 
sentée par un chiffre unique. Ce chiffre serait une sorte d'abstraction 
ne donnant qu'une idée très-peu juste de la véritable élévation de la con - 
trée au-dessus du niveau de la mer. 

A défaut de cette moyenne générale, voici quelques indications, d'ail- 



— 220 — 

Ces quelques remarques suffiront à donner une vue d'en- 
semble de la région que nous avons explorée. Nous avons 
d'ailleurs eu soin, dans le catalogue qui va suivre, d'indi- 
quer, lorsque cela nous a paru intéressant , l'altitude et la 
nature du sol des diverses localités où nous avons recueilli 
les espèces énumérées par nous. 



GASTÉROPODES. 

Genus 4. — Arion. 
i. Arion ater. 

Limax ater. Linnœus, Syst. nat. édit. X, p. 652, 4758. 

Arion ater. Michaud. Gomplém. Drap., p. 4, n° 2, 4831. 

Partout, dans les prairies humides, les jardins. — Sailhens, 
près Saint-Amans, sur la Margeride (1,067 m granit). Bois du 
Sapet, commune de Lanuéjols, sur le mont Lozère (4,250™ 
granit). G. G. G. 

Var. Marginatus. Vallée du Rioulong, près Chirac (mica- 
schistes) R. 

2. Arion hortensis. 

Arion hortensis. Férussac, Hist. moll., p. 65, pi. II, fig. 7, 
1849. 

leurs fort approximatives, sur l'altitude moyenne des divers massifs de 
la région : 

Mont Lozère. . . . 4,400™ à 1,600™ 

Margeride 1,100™ à 1,200™ 

Aubrac . 900 m à 1,000™ 

Causses 800™ à 900™ 

Cévennes 700™ à 800™ 

Voici, enfin, pour les trois principaux cours d'eau naissant dans la 
Lozère, l'altitude de leur source et du point où ils sortent du dépar- 
tement : 

Allier . 4,480™ à 730™ 

Lot 1,428™ à 512™ 

Tarn 1,550™ à 350™ 



— 221 — 

Pineton, bois de Monplaisir, près Marvéjols (643 m infra- 
lias) : sur les feuilles mortes. Peu commun. 

Genus 2. — Milax. 

4. Milax pyrrichus. 

Limax marginatus. Moquin-Tandon , Hist. nat., moll. 
France, t. Il, p. 24, pi. II, fig. 14-47, 4855 (4). 

Milax pyrrichus. J. Mabille, Limac, France, p. 24. (Ext. 
Annal, malac). Juin 4870. 

Bois de Monplaisir, près Marvéjols : sur les feuilles mor- 
tes, les murs humides. A. R. 

Genus 3. — Limax. 

4. Limax agrestis. 

Limax agrestis. Linnseus, Syst. nat. édit. X, t. ï, p. 652, 
4758. 

Partout, sur les coteaux boisés, dans les vallées arrosées. 
C'est avec VArion ater, le limacien le plus répandu. 

2. Limax arborum. 

Limax arborum. Bouchard Chantereux , moll. Pas-de- 
Calais, p. 28, 4838. 

A la lisière du bois de Retz, entre Marvéjols et Chirac 
f700 m micaschistes) : sur un mur en pierre sèche. R. 

3. Limax cinereus. 

Limax cinereus. Mûller, Verm., hist., t. II, p. 5, 4774. 
Très-répandu dans les bois, les jardins, les près humides ; 
sur les murs après la pluie. 

(1) Voir Limax marginatus. Mûller, 1774. Espèce différente. 



— 222 - 

GeISUS 4. VlTRINA. 

4. Vitrina Draparnaldi. 

Vitrina Drapalnaldi. Guvier, Règne anim., t. II, p. 47 (note), 
1821. 

Dans les bois, sous les mousses et les pierres. 

Bois de Retz, près Marvéjols. Mende, coteau de Chalde- 
coste (800 m , lias moyen] . Sailhens, près Saint- Amans, sur 
la Margeride (4067 m , granit). 

Genus 5. — Succinea. 

1 . Succinea Charpentieri. 

Succinea Charpeniieri Dumont et Mortillet , Gat. crit. 
Malac. Léman, p. 23, 4857. 

Var. Mimatensis. 

Prairies de Lempery, aux environs de Marvéjols (640 m , in- 
fralias) : sur les herbes, au bord des rigoles, sur la mousse 
humide, autour des sources. 

Forme nouvelle, que M. Bourguignat se propose de faire 
connaître plus tard. 

2. Succinea putris. 

Hélix putris. Linnseus, Syst. nat. édit. X, t. I, p. 774, 
1758. 

Succinea putris. De Blainville, in Dict. scienc. nat., t. I,. 
p. 224, pi. XXXV, fig. 7, 4824. 

Ce n'est point le type de cette espèce que nous avons 
trouvé, mais une forme très-voisine de la var. limnoidea. 
Bords de la Golagne, prairies de Lempery, auprès de Mar- 
véjols. 

Var. hypnoïdes. Mende : sur les mousses humides, auprès 
du Pont-Roux. 



- 223 — 

3. Succinea Pyrenaica. 

Succinea Pyrenaica. Bourguignat , aperçu espèc. franc., 
genr. succinea, p. 12, 1877. 

Var. B. minor. Coquille, ne différant du type que par une 
taille moindre. 

Prairies de Lempery. R. 

4. Succinea debilis. 

Succinea debilis. MoreIet,mss. inL. Pfeiffer, monogr. helic. 
viv., t. IV, p. 811, 1859, et Bourguignat, Malac. Alger. I. 
p. 65, tab. III, fig 32-35. 1864. 

Prairies de Lempery. Pas-de-Souci , près les Vignes, au 
bord du Tarn (400 m , oolithe). A. G. 

5. Succinea Pfeifferi. 

Succinea Pfeifferi. Rossmâssler, Icon. der land und 
susswass.moll. I. Heft. p. 6, fig. 46, 1835. 

Marvéjols, bords de la Golagne ; prairies de Lempery . sur 
les herbes humides. Florac : sur les mousses, au bord de 
la source du Pêcher (580 m ). 

Genus 6. — Zonites. 

1 . Zonites cellarius. 

Hélix cellaria. Millier, Verm. hist. t. II, p. 28, n° 230, 
1774. 

Zonites cellarius. Gray, inTurtonman. ofland, etc., p. 170, 
1840. 

Pineton, près Marvéjols : au bord du canal, sous les pier- 
res. Commun. 

2. Zonites chersus. 

Zonites chersus. Bourguignat, in Sched., 1877. 
Même localité. R. 



— 224 — 

Espèce inédite du groupe du Zonites cellarius, que notre 
ami M. Bourguignat se réserve de publier ultérieurement. 

3. Zonites nitidus. 

Hélix nitida. Mùller, Verm. Hist., t. II, p. 32, n° 234, 
4774. 

Zonites nitidus. Moquin-Tandon, Hist. nat. moll. France, 
t. II, p. 72. 1855. 

Dans les mousses. Bois sur les bords de la Colagne, au 
nord de Marvéjols (700™, micaschistes). 

4. Zonites glaber. 

Hélix glabra. Studer, in Férussac, Tabl. Syst., p. 45, 
n° 215, 1821, et Charpentier, Gâtai, moll. Suisse, p. 91, 
pi. 4, fig. 22, 1837. 

Zonites glaber. Moquin-Tandon , Hist. nat. moll. France, 
t. II, p. 80. 1855. 

La Malène, au bord du Tarn (440 m , oolithe) : sous les pier- 
res, au pied des vieux murs. A. G. de grande taille. 

5. Zonites nitens. 

Hélix nitens. Gmelin, Syst. nat. édit XII, p. 3633, n° 66, 
1788. 

Zonites nitens. Bourguignat, Gâtai, coq. d'Orient, in voy. 
mer Morte, p. 8 (note), 1853. 

Pineton, près Marvéjols. — Avec le Z. cellarius. 

La plupart des individus ont une tendance à se rapprocher 
du Zonites Dutayllianus. 

J. Mabille, archiv. malac, 5 e fasc, p. 53, mars 1868. 

6. Zonites Aider i. 

Hélix Alderi. Bean. mss. in Brit. mus. teste Gray. in Turton 
man. of land., etc., 1840. 
Même localité. 1 individu. 



— 225 - 

- 

7. Zonites radiatulus. 

Hélix radiatula. Aider, Gâtai, p. 42, n° 60, et in Newcast. 
transact., t. T, p. 38,1831. 

Zonites radiatulus. Gray. in Turton man. of land, etc., 
p. 173, n* 52, tab. X, fig. 137, 1840. 

Bois au-dessous du Lignon, au nord de Marvéjols, sur les 
rochers humides (micaschistes), R. 

8. Zonites diaphanus. 

Hélix diaphana. Studer, Kurzes Verzeichn., p. 86, 1829. 

Zonites diaphanus. Moquin-Tandon, Hist. nat. moll.* France, 
t. II, p. 90, pi. IX, fig. 30-32, 1855. 

Marvéjols, coteau de Rodemiole (650 m , infralias) : sous les 
mousses , au bord d'une source. Pas-de-Souci , au bord 
du Tarn : dans les racines des plantes croissant sur les 
rochers. 

9. Zonites cristallinus. 

Hélix cristallina. Mûller, Verm. hist. t. II, p. 23, n° 233, 
4774. Draparnaud, Hist. moll. France, n° 56, p. 118, pi. VIII, 
fig. 43-47, 4805. 

Zonites cristallinus. Leach Brit. moll. p. 405.1820. 

Bois de Monplaisir, bois du Lignon, près Marvéjols : dans 
les mousses. 

Genus 7. — Hélix. 

4 . Hélix pygmœa. 

Hélix pygmœa. Draparnaud, Hist. moll. France, p. 444, 
no 54, pi. VIII, fig. 8-40, 1805. 
Coteau de Rodemiole, à Marvéjols ; 1 individu. 

2. Hélix rotundata. 
Hélix rotundata. Mûller, Verm. Hist. t. II, p. 29, n° 231, 



— 226 — 

1774. Draparnaud, Hist. moll., p. 114, n° 52, tab. VI1L, 
fig. 4-7, 1805. 

Marvéjols, Mende, Florac, sur les coteaux calcaires : col- 
lée aux pierres. Sailhens, près Saint-Amans (granit) : sous les 
mousses. 

3. Hélix obvoluta. 

Hélix obvoluta. Millier, Verm. Hist., t. II, p. 27, n° 229, 
1774. Draparnaud, Hist. moll., France, p. 112, n° 48, pi. VII, 
iig. 27-29, 1805. 

Au pied des arbres des bois de Retz, au bord de la Gola- 
gne, entre Marvéjols et Chirac (micaschistes) : profondément 
enfouie parmi les débris végétaux. R. R. 

4. Hélix cornea. 

Hélix cornea. Draparnaud, Tabl. moll., p. 89, n° 34, 1801, 
et Hist. moll. France, p. 110, n° 43, pi. VIII, fig. 1-3, 
1805. 

Vallon de Lempery, près Marvéjols : dans les fentes des 
murs en pierre sèche. A. R. Florac (580 m ), plus répandue. 

Ne sort qu'après la pluie. 

5. Hélix lapicida. 

Hélix lapicida. Linnœus, Syst. nat. édit. X, t. I, p. 768, 
n° 572, 1758. Draparnaud, Hist. moll., p. 1H,n°47, tab.VII, 
iig. 35-37,1805. 

Mende. Marvéjols. Florac. Très-commune sur les rochers 
et les murs. Ghastelnouvel, près Mende (1035 m , grès infra- 
liasiques). Causse de Mende (1035 m , oolith.). Causse de Cha- 
nac (920 m ). Bords du Tarn à la Malène, à Saint-Chély, etc. 

6. Hélix pulchella. 

Hélix pulchella. Mùller, Verm. Hist. t. II, p. 30, n° 232, 
1774. Draparnaud, Hist. moll. Franc., tab. VII, fig. 33-34, 
1805 (Hélix pulchella. Var. B. explic, planche). 



_ 227 -— 

Marvéjols : dans les jardins, sous les bordures, parmi les 
débris végétaux. Bois de Castres, près Antrenas (infralias) : 
sous les feuilles mortes. Vallon de Lempery. Florac : dans 
les jardins. Pas-de-Souci, au bord du Tarn : dans les mous- 
ses ; assez rare. 

7. Hélix costata. 

Hélix costata. Millier, Verm. Hist., t. II, p. 31, n° 233, 
4774. Draparnaud, Hist. moU. Franc., pi. VII, fig. 30-32, 
1885. (Hélix pulchella). 

Avec l'espèce précédente, mais incomparablement plus 
répandue. Mende. Marvéjols. Florac. Bords du Tarn, à Saint- 
Ilaire, entre la Malène et les Baumes (430 m , oolithe) (I). 

Observation. Draparnaud a pris pour type de son Hélix 
pulchella VHelix costata de Mùller. 

8. Hélix nemoralis. 

Hélix nemoralis. Linnaeus, Syst. nat. édit. X, t. I, p. 773, 
n° 604, 1758. Draparnaud, Hist. moU. France, p. 94, n° 22 , 
tab. VI, fig. 3-5, 4805. 

Extrêmement commune dans les vallons; habite surtout 
les jardins ; moins répandue et de petite taille dans la vallée 
du Tarn. 

Variétés nombeuses : Punicolore rougeàtre est commune à 
Marvéjols. 

9. Hélix hortensis. 

Hélix hortensis. Mùller, Verm. Hist., t. II , p. 52, n° 249, 
4774. Draparnaud, Hist. moll. France, p. 95, n° 25, tab. VI , 
fig. 6, 4805. 

Beaucoup plus rare que la précédente dans les régions de 
Mende et de Marvéjols. Bois de Retz, près Marvéjols, R. R. 

(i) Saint-Ilaire est une petite chapelle bâtie sur la rive droite du 
Tarn, à quelques kilomètres en aval de la Malène. 



— 228 - 

Assez commune et de petite taille, vers les limites des dé- 
partements du Gard et de l'Ave\ron. Pas-de-Souci, au bord 
du Tarn. Meyrueis (760 m , oolithe) Dans l'arrondissement de 
Milhau (Aveyron), limitrophe de la Lozère, VH. hortensis est 
beaucoup plus répandue que VH. nemoralis. 

10. Hélix aspersa. 

Hélix asper sa. Muller, Verm. Hist., t. II, p. 59, n° 253, 
4774. Draparnaud, Hist. moll. France, p. 89, n° 18, tab. V, 
iig. 23, 4805. (Fig. 22, explic. planche). 

Très-rare et acclimatée dans quelques jardins des environs 
de Marvéjols. Rare autour de Mende. Commune à Florac ; 
sur les bords du Tarn : Pas-de-Souci, la Malène, St-Chely- 
du-Tarn, etc. 

1 1 . Hélix pomatia. 

Hélix pomatia. Linnaeus, Syst. nat. édit. X, t. I, p. 774, 
n° 597, 1758. Draparnaud, Hist. moll., p. 87, n° 45, 
tab. V, fig. 20, 4805. 

Très-commune, colorée et de belle taille. Sur le penchant 
des coteaux boisés, dans les taillis, les haies. Mende. Mar- 
véjols. Florac ; moins répandue dans ce dernier arrondisse- 
ment. La var. albida est assez commune, sans l'être autant 
que le type. 

12. Hélix aculeata. 

Hélix aculeata. Millier, Verm. Hist, t. II, p. 81, n° 279, 
4774. Draparnaud, Hist. moll., p. 82, n° 9, pi. VII, fig. 10- 
44, 4805. 

Marvéjols : bois de Monplaisir, sous les feuilles mortes. R. 

13. Hélix rupestris. 

Hélix rupestris. Stutler, Faun. Helv. in Coxe Traw. Switz, 
t. 111, p. 430(nomen), 1789, Draparnaud, Tabl. moll., p. 74, 
n*4, 1801, et Hist. moll., p 82, n° 8, pi. VU, fig. 7-9,1805. 



— 229 — 

Très-commune sur les rochers calcaires ou schisteux et 
dans les fentes des murs en pierre sèche. La Ganourgue 
(680 m , grès permien). Gausses de Ghangefège, de Mende, de 
la Bazalgette ; rochers du causse Méjean à Florac (900 m ooli- 
the). Saint-Ilaire , près la Malène , au bord du Tarn (430 m , 
oolithe). 

14. Hélix hispida. 

Hélix hispida. Linnaeus, Syst. nat. édit. X, t. I, p. 771, 
n» 91, 1758. Draparnaud, Hist. moll. France, p. 103, n°35, 
pi. VII, fig. 20, 1805. 

Sous les pierres, sur les mousses, dans les lieux frais ; 
Pineton, Saint-Lambert, près Marvéjols. Mende. Florac : au 
bord de la source. 

15. Hélix elaverana. 

Hélix elaverana. J. Mabille , Testac. Novar. diagnos., in 
Bullet. Soc. zool. France, 2 e année, 3 e et 4 e part., p. 305, 
Oct. 1877. 

Florac : au bord de la source; plus rare que l'espèce pré- 
cédente. 

Espèce du groupe de V Hélix vendeana Letourneux, carac- 
térisée par une coquille presque glabre, une coloration blan- 
châtre et des tours à croissance très-lente. 

16. Hélix sericea. 

Hélix série ea. Draparnaud, Hist. moll. France, p. 103, 
no 34, pi. vil, fig. 16-17, 1805. 
Florac: auprès de la source et dans les prairies. R. 

17. Hélix saporosa. 

Hélix saporosa. J. Mabille, Testac. Novar. diagnos. in 
Bull. Soc. zool. France, 3 e et 4 e part., p. 305, octobre 1877. 

Prairies à 2 kilomètres de Marvéjols, sur la route de Gré- 
zes, au-dessous du Serre. R. R. 



- 230 — 

Espèce appartenant au groupe de VHclix sericea dont elle 
se distingue par une coquille plus déprimée, moins hispide, 
le dernier tour moins développé, etc. 

18. Hélix carthusiana. 

Hélix carthnsiana. Millier, Verm.Hist., t. II, p. 15, n° 214. 
1774. 

Prairies au-dessous du Viala, près les Vignes, au bord 
du Tarn (400 m , oolithe). R. Cette espèce est commune dans 
l'Aveyron. 

19. Hélix unifasciata. 

Hélix unifasciata. Poiret, Prodrom. coq. fluviat. et terr. 

Aisne et envir. de Paris, p. 41, n° \7. Avril 1801. 
Très-répandue dans les fourrages et sur les causses. 
Marvéjols : prairies, rochers du Serre de Brugers (infra- 
lias). Mende : au Pont-Roux. Florac : prairies. Le Viala, 

près les Vignes, id. 

20. Hélix costulata. 

Hélix costulata. Ziegler in Pfeiffer. Deutschl. moll. t. III, 
p. 32, pi. VI, fig. 21-22. 1828. 

Généralement associée à l'espèce précédente. 

Vallon de Lempéry, près Marvéjols. Coteau de Chalde- 
coste à Mende. Bois de Blachères, près Lanuéjols, canton 
de Mende (850 m , calcaire du lias moyen). Florac : au bord 
du causse Méjean. 

21. Hélix intersecta. 

Hélix intersecta. Michaud. compl. Drap., p. 42, pi. XIV, 
fig. 33-34, 1831. 

Assez commune dans les jardins, sous les bordures, dan 
les prairies. Mende, Marvéjols, Florac. 



- 231 — 
22. Hélix neglecta. 

Hélix neglecta. Draparnaud, Hist. moll., p. 408, tab. VI, 
fig. 42-13, 4805. 

Marvéjols : dans les prairies avec l'espèce suivante , mais 
bien plus rare. 

23. Hélix ericetorum. 

Hélix ericetorum. Mùller, Verni. Hist., t. Il, p. 33, n° 236, 
4774. 

Partout, dans les prairies naturelles et artificielles; dans 
les jardins, sur les arbres fruitiers. Mende : flancs du Gausse. 
Bois de Blachères, près T.anuéjols. Marvéjols, tout le vallon. 
Florac : bords du causse Méjean. 

Genus 8. — Bulimus. 
4. Bulimus obscurus. 

Hélix obscura. Millier, Verm. Hist., t. II, p. 403, n° 302, 
4774. 

Bulimus obscurus. Draparnaud. Tabl. moll., p. 65, n° 1, 
1801, et Hist. moll., pi. IV, fig. 23, 4805. 

Sous les feuilles mortes, les pierres plates. Marvéjols : bois 
de Monplaisir, de Retz, de Tarbettes. Mende : coteau de 
Ghaldecoste. Florac : causse Méjean. 

2. Bulimus détritus, 

Hélix detrita. Muller, Verm. Hist., t. II, p. 401, n° 300, 
4774. 

Bulimus détritus. Studer, teste J.-A. Charpentier, Gâtai, 
moll. Suisse, p. 14, n° 55, 1837. 

Très-commun sur les coteaux calcaires pierreux, les caus- 
ses. Trucs du midi, de Malevieille, près Marvéjols. 

Gausses de Mende, de la Bazalgette. Florac. 



- 232 — 
3. Bulimus quadridens. 

Hélix quadr idem. Mùller, Verm.Hist., t. II, p. 107, n°306, 
1774. 

Bulimus quadridens. Bruguières, fincycl. méth., vers. II, 
p. 351, n° 9, 1792. 

Répandu surtout sur les coteaux pierreux et les plateaux 
des causses. Trucs des environs de Marvéjols. Causse de 
Sauveterre. Florac : dans les prairies. Sainte-Enimie : sur 
les flancs du causse (900 m ) 

Genus 9. — Ferussacia. 

1. Ferussacia subcylindrica. 

Hélix subcylindrica. Linnaeus , Syst. nat. édit. XII , 
p. 1248, 1767. 

Ferussacia subcylindrica. Bourguignat, des Fér. Alger, in 
Amén. malac, t. I, p. 209, 1854. 

Sous les pierres, dans les lieux frais. Pineton, près Mar- 
véjols. A. R. 

Genus 10. — Coecilianella. 

1 . Cœcilianella acicula. 

Buccinum acicula. Mùller, Verm. Hist., t. II, p. 150, n° 340, 
1774. 

Cœcilianella acicula. Bourguignat, in Amén. malac, 
1. 1, p. 217, pi. XVIII, fig. 1-3, 1854. 

Lerapery, près Marvéjols : dans les fentes du mur du che- 
min. Saint-Ilaire, près la Malène. Sainte-Enimie : dans les 
mousses des rochers. R. 

2. Cœcilianella eburnea. 

Acicula ebumea. Risso, Hist. nat. Europ., mérid., t. IV, 
p. 81,1826. 

Cœcilianella eburnea. Bourguignat, Etud. syn. Risso moll. 
Alp. Marit., p. 43, pi. I, fig. 20-22, 1861. 



- 233 — 

Saint-ïlaire , près la Malène , avec l'espèce précédente. 
R. R. 

Genus 11. — Clausilia. 
1. Clausilia lammata. 

Turbo laminatus. Montagu. Test. Brit., p. 395, tab. 11, 
fig. 4, 1803. 

Clausilia laminata. Turton, Man. of the Land and Fresh. 
Wat. Schell. Brit., p. 70, 1831. 

Pas-de-Souci, près les Vignes, au bord du Tarn : subfos- 
sile dans les fentes des rochers. R. R. — Espèce recueillie 
vivante par M. Paparel aux environs de Mende, et par 
MM. Gabriel d'Espinassoux dans la vallée du Rioulong, 
près Chirac, sous l'écorce des vieux châtaigniers. 

2. Clausilia obtusa 

Clausilia obtusa. G. Pfeiffer, naturg. Deutsch. land., etc., 
t. I, p. 65, tab. III, fig. 33-34, 1821. 

Vallon de Lempery, près Marvéjols : sur les murs du che- 
min, après les pluies. Bois de Retz, près Marvéjols: dans les 
mousses. 

3. Clausilia nigricans. 

Turbo nigricans. Pultney, Gat. of Dorset. édit. 2, p. 51, 
tab. XIX, fig. 10, 1799. 

Clausilia nigricans. Jelïreys, synops. test, in Transac. 
Linn. London, t. XVI, p. 351, 1828. 

Bois de Retz, Pineton, près Marvéjols. Bois de Blachères, 
près Lanuéjols, canton de Mende. 

4. Clausilia perexilis. 

Clausilia perexilis. P. Fagot in Bourguignat, Hist. Clausil. 
France, viv. et foss. (extr. Annal, scienc. nat.) f 3 e part., p. 11, 
août 1877. 

Marvéjols. Saint-ïlaire, près la Malène. R. 

16 



- 234 - 

5. Clausilia parvula. 

C lausilia parvula. Studer. Kurz Verzeichn., p. 89,1820. 

Très-commune partout. Marvéjols : var. diverses fort abon- 
dante sur les micaschistes du PontPessil. Florac : jardins 
et flancs du causse Méjean. Sainte-Enimie , la Malène , 
Saint-Ilaire : sur les rochers, les murs. Gausse de Monde. 
Bois de Blachères, près Lanuéjols : dans les mousses , au 
pied des chênes. 

Genus 12. — Balia. 

1 . Balia perversa. 

Turbo perversus. Linnseus. Syst. nat. édit. X, p. 767, 
n» 567, 1758. 

Balia perversa. Bourguignat, Notic. genr. Balia in Amén. 
malac, t. II, p. 68, pi. XIII, fig. 1-3, 1858. 

Le Boy, près Lanuéjols, canton de Mende (800 m ) : sur les 
murs. C. G. Brugers. près Marvéjols : même habitat. Gran- 
drieu : dans les mousses. Florac. 

Genus 13. — Pcpa. 

1 . Pupa avenacea. 

Bulimus avenaceus. Bruguières, Encycl. meth. vers. t. VI, 
2* part., p. 355, n° 97, 1792. 

Pupa avenacea. Moquin-Tandon, moll. Toulouse. In Acad. 
Scienc. Toul., p. 176, n° 18, et tirage à part, p. 8, 1843. 

Espèce extrêmement commune sur les rochers, les murs 
en pierres sèches exposés au N. qu'elle habite en compagnie 
de la Cl. parvula et des H. lapicida et rupestfis. Marvéjols : 
coteau de Lachamp , vallon de Lempery , Truc du Midi. 
Mende: coteaux de Chaldecoste, de Saint-Privat. Le Boy. 
Gausses de Mende, de Ghaiigefége. Florac : flancs du causse 
Méjean. Vallée du Tarn. 



— 235 — 
2. Pupa Farinesii. 

Pupa Farinesii. Des Moulins, Descript. quelq. moll. Franc, 
nouv. ou peu conn. in Act. Soc. Linn~ Bordeaux, t. VII, 
p. 165, n« 4, pi. II, fig. E, 4-3, 1835. 

Sainte-Enimie. Pas-de-Souci, près les Vignes, au bord du 
Tarn : sur les rochers. R. 

3. Pupa secale. 

Pupa secale. Draparnaud. Tabl. moll., p. 59, n° 42, 1801, 
etHist. moll.. pi. III, fig. 49-50. 1805. 

Causse deMende, au-dessus de Malaval. Le Boy, près La- 
nuèjols, canton de Mende. Pas-de-Souci, près les Vignes. 
Sainte-Enimie : sur les rochers, les murs en pierres sèches. C. 

4. Pupa multidentata. 

Turbo multidentatus . Olivi. Zool. Adriat., p. 47, pi. V, 
fig. 2. 1792. 

Pupa multidentata. Moquin-Tandon. Hist. nat. moll. France, 
p. 374. 1855. 

Gausses et coteaux pierreux. Gausse de Mende. Cham- 
perboux, sur le causse de Sauveterre. Sainte-Enimie. Truc 
du Midi. Serre de Brugers, près Marvéjols. G. G. 

5. Pupa doliolum. 

Bulimus doliolum. Bruguières, Encycl. méthod. vers. t. VI, 
2 e part., p. 351. No 7. 1792. 

Pupa doliolum. Draparnaud. Tabl. moll., p. 58, n° 7, 1801 , 
etHist. moll., p. 62, n° 8, pi. III, fig. 44-42. 4805. 

Vallée du Tarn; Saint- llaire, près la Malène. A. R. 

6. Pupa umbilicata. 

Pupa umbilicata. Draparnaud Tabl. moll., p. 58, n° 6, 
4801, etHist. moll., p. 62, pi. III, fig. 39-40. 1805. 
Commun dans la région du Tarn. Florac: bords delà source, 



- 236 — 

sur les mousses ; jardins, sous les débris végétaux. La Ma- 
lène, Saint-Ilaire, Pas-de-Souci, près les Vignes. G. G. 

7. Pupa muscorum. 

Turbo muscorum. Linnœus. Syst. nat. édit. X, p. 767, 
1758. 

Pupa muscorum. Lamark, Hist. nat. Anim. sans vert. t. VI, 
2 e part., p. 111, 1822 (non Draparnaud). 

Sur les rochers, dans les mousses. Avec l'espèce sui- 
vante, mais moins répandu. 

8. Pupa triplicata. 

Pupa triplicata. Studer, Kurz. Verzeichn, p. 89. 1820. 

Espèce commune aux environs de Marvéjols : rochers du 
Pont-Pessil ; vallon de Lempery. Gausse de Mende. Coteaux 
pierreux : sous les petites dalles de calcaire. 

Genus 14. — Vertigo. 

1. Vertigo muscoram. 

Pupa muscorum. Draparnaud, Tabl. moll., p. 56, n° 1, 
1801, et Hist. moll., p. 50, tab. III, fig. 36-37, 1805. 

Vertigo muscorum. Michaud, Gompl. Drap., p. 70, n° 1, 
1831. 

Marvéjols : dans les jardins sous les bordures, parmi les 
débris végétaux , avec Y H. costata. Vallon de Lempery, près 
Marvéjols: sur les murs, les rochers, sous les pierres. Mende : 
même habitat. A. G. 

Genus 15. — Garychium. 
i. Carychium minimum. 

Carychium minimum. Millier, Verm. Hist., t. II, p. 125, 
no 321, 1774. 

Marvéjols, bois de Monplaisir : sous les feuilles mortes ; 
coteau de Rodemiole : dans les mousses. R. 



— 237 — 

2. Carychium tridentatum. 

Saraphia tridentata. Risso. Hist. nat. Europ. merid., t. IV, 
p. 84, 4826. 

Carychium tridentatum. Bourguignat, in Amém. malac, 
t. II, p. 44, tab. XV,fig. 12-13, 4857. 

Avec le précédent, mais plus rare. 

Genus 46. — LiMN,EA. 

4. Limnœa limosa. 

Hélix limosa. Linnaeus, Syst. nat. édit. X, p. 774, n° 615, 
4758. 

Limnœa limosa. Moquin-Tandon, Hist. nat. moll. France, 
t. II, p. 465,4855. 

Marvéjols : dans la Golagne ; vallon de Lempery : dans les 
rigoles des prairies, les mares G. G. et de petite taille. Mende : 
rigoles des près du Chapitre ; bassins d'arrosage, etc. 

2. Limnœa peregra. 

Buccinum peregrum. Millier, Verm. Hist. t. II, p. 430, 
n° 324, 1774. 

Limneus pereger. Draparnaud, Tabl. moll., p. 48, n° 2, 
4801, et Hist. moll. : pi. II, fig. 34-37, 4805. 

Marvéjols: dansla Golagne ; rare et de petite taille. Mende: 
rigoles des prairies de Fontanille, au-dessous de la pépinière, 
sur la route de Bagnols. G. 

3. Limnœa palustris. 

Buccinum palustre. Mùller, Verm. hist., t. II, p. 431, 
no 326, 1774. 

Limneus palustris. Draparnaud, Tabl. moll., p. 50, n°4, 
4 801, et Hist. moll., pi. II, fig. 40-41, 1805. 

Marais, dits la Sagne de Blaze, à Montgrosset, près Nasbi- 
nalssur l'Aubrac (1220 m , granit); trouvée par M. Paparel. 
R. R. 



- 238 - 
A. Limnœa truncalula. 

Buccinum truncatulum. Mùller, Verni. Hist., t. II, p. 430, 
no 325, 1774. 

Limneus truncatulus. Jeffreys. Sinops. Test, in Trans. Linn. 
London, t. XVI, p. 377, 1828. 

Très-commune partout, dans les petits ruisseaux, les sour- 
ces, les rigoles, sur les rochers suintants. Mende. Marvéjols. 
Florac : dans les prairies. 

Genus 17. — Ancylus. 
1 . Ancylus simpîex. 

Lepassimplex. Buchoz. Aldrov. Lotharing, p. 326, n° 4130, 

4774. 
Ancylus simplex. Bourguignat, Catal. Genr. Ancyl. in 

Journ. Conchyl., p. 187, 1853. 

Mende : bassins d'arrosage , rigoles, sources de la Vabre ; 

source de Fontmaure, près Langlade (750 m , calcaires du 

lias moyen). Marvéjols : dans la Golagne; vallon de Lempery. 

Sailhens, près Saint-Amans, sur la Margeride. Grandrieu. 

Sainte-Enimie, la Malène, le Viala, dans la vallée du Tarn. 

Genus 18. — Cyclostoma. 

4. Cyclosloma elegans. 

Nerita elegans. Mùller. Verm. Hist., t. II, p. 177, n° 363, 
1774. 

Cyclostoma elegans. Draparnaud, Tabl. moll., p. 38, n° 1, 
1801, et Hist. moll., p. 32, pi. I, fig. 5-8, 1805. 

Flancs du causse de Ghangefège , au-dessus de Balsièges 
(750 m , oolithe). Sainte-Enimie, la Malène, et toute la vallée 
du Tarn, où il est moins commun que le suivant. 

2. Cyclostoma physetum. 

Cyclostoma sub-elegans. Bourguignat, moll. terr. et Auf. 



— 239 — 

diluvium env. Paris, p. Il, pi. III, fig. 35-37, 4869 (non. 
d'Orbigny). 

Cyclostoma physetum. Bourguignat , in Sched. teste J. 
Mabille. Gyclost. Franc, in Rev. et Magas. zool., 3 e sér., t. III, 
n°4, p. 448, 4875. 

Sur les rochers, les coteaux, avec le Cycl. elegans ; habite 
surtout l'arrondissement de Florac. 

GENUS 49. — POMATIAS. 

4. Pomatias septempiralis. 

Hélix septempiralis, Razoumowski, Hist. nat. mont Jorat, 
t. I, p. 278, 4789. 

Pomatias septempiralis. Grosse, in Journ. Gonchyl., t. XII, 
p. 28, 1864. 

Florac : rochers de la source. Sainte-Enimie : sur le pen- 
chant du causse Méjean ; la Malène , Pas-de-Souci , le 
Viala, près les Vigne?, et toute la vallée du Tarn. 

Genus 20. — Paludinella. 

4. Paludinella opaca. 

Paludinella opaca. Ziegler in Frauenfeld, Ueb. d. Gatt. 
Paludinella; et Paladilhe, descript. espèc. nouv. Paludin. 
Franc, p. 34. (Extr. Anal.scienc. nat.), 4 er août 4874. 

Cette espèce se trouve dans les plus petits cours d'eau, 
collée aux pierres submergées, ou rampant sur les mousses et 
les plantes aquatiques. Elle est extrêmement commune dans 
toutes les vallées et sur beaucoup de montagnes. Sailhens, 
Saint-Denis, sur la Margeride (4 460™, granit). 

Genus 24 . — Valvata. 

4. Valvata. 

Sur le flanc du causse Méjean, à Sainte-Enimie, nous 
avons recueilli un échantillon de Valvata entier, mais à 



— 240 - 

l'état subfossile. Il nous a été impossible de déterminer 
avec exactitude cet unique spécimen qui paraît se rappro- 
cher de la Valvata piscinalis. Var. depressa {Valvata de- 
pressa. Pfeiff.). 

2. Valvata Moquiniana. 

Valvata Moquiniana. Reyniès in Dupuy, Hist. moll. Franc, 
5* fasc, p. 586, tab. XXVIII, fig. 15, 4851. 

Cette espèce, très-douteuse, créée sur un échantillon pro- 
venant des alluvions du Lot, n'a pas été retrouvée depuis 
l'époque où M. de Reyniès la signala. 

Gemts 22. — Neritina. 
4 . Neritina fluvialilis. 

Nerita fluviatilis. Linnseus. Syst. nat. édit. X, t. I, p. 777, 
1758. 

Neritina fluviatilis. Lamark, Hist. nat. anim. s. vert., t. VI, 
2« part., p. 188, 1822. 

Sur les rochers, dans le Tarnon et dans le Mimente son 
affluent, auprès de Florac (580 m , micaschistes); espèce re- 
cueillie par M. Paparel. 

Genus 23. — Margaritana. 
1. Margaritana margaritifera. 

Mya margaritifera. Linn., Syst. nat. édit. X, t. I, p. 671, 
n° 20, 1758. 

Margaritana margaritifera Dupuy, Gâtai, extram. Galliaî, 
testac, n° 213, 1849. 

Dans la Golagne, en amont de Combettes (900 m , micas- 
chistes). Ruisseau de Rimeize, à Reauregard, près Aumont 
(1144 m , granit). Dans le Ghambon, la Truyère, le Chapeau- 
roux, près Laval-Atger (800 m , micaschistes) , le Rès, les cours 
d'eau de l'Aubrac. G. 



- 241 — 
Genus 24. — SphjErium. 
1. Sphœrium corneum. 

Sphœrium corneum. Scopoli. Introd. ad Hist. nat.., p. 398, 
4777. 

Dans une source, au bord du marais dit Sagne de Blaze , 
près Mongrosset, sur l'Aubrac (1220 m , granit); trouvé par 
M. Paparel. C. G. 

Gencs 25. — PlSIDIUM. 

1. Pisidium amnicum. 

Tellina amnica. Mùller, Verm. Hist. t. II, p. 205, n° 389, 
4774. 

Pisidium amnicum. Jenyns. Monogr. Gyclad. in Transact., 
Cambridge, t. IV, p. 309, pi. 49, fig. 2, 1833. 

Vallon de Lempery, près Marvéjols : dans les ruisseaux, 
les mares, au bord de la route ; enfoncé dans la vase ou 
rampant au milieu des plantes aquatiques. G. G. 

2. Pisidium Cazertanum. 

Cardium Cazertanum. Poli, testac. utriusq. Sicilise, p. 65, 
pi. XVI, fig. 4, 4791. 

Pisidium Cazertanum. Bourguignat, Gâtai, coq. d'Orient, 
in Voy. mer Morte, p. 80, 1853. 

Florac : prairies. Mende : rigoles des prairies de Fonta- 
nille, sur la route de Bagnols. 

3. Pisidium limosum. 

Pisidium limosum. Gassies, moll. Agenais, p. 206, n° 3, 
pi. II, fig. 10, 1849. 
Mende, avec l'espèce précédente. 

4. Pisidium Henslowianum. 

Tellina Henslowiana. Sheppard, descript. Brit. schells. in 
Transact. Linn. London, t. XIV, p. 149, 4823. 



242 

Pisidium Henslowianum. Jenyns.monogr. cyclad. in Tran- 
sact. Cambridge, t. IV, p. 308, pi. XXI, fig. 6-9, 4833. 
Prairies de Florac : dans les rigoles. 



Si l'on considère dans son ensemble la faune dont nous 
venons d'esquisser le tableau, on reconnaîtra promptement 
qu'elle ne possède pas un caractère vraiment original , mais 
qu'elle présente au contraire de grandes analogies avec les 
faunes malacologiques des départements voisins : Aveyron, 
Cantal, Haute-Loire et Gard. 

Ce fait pouvait d'ailleurs être prévu avant toute étude ; 
car la Lozère ne constitue point une unité géographique 
distincte et nettement circonscrite : ses diverses régions, 
disparates entre elles, se rattachent par leur aspect et la 
composition de leur sol aux contrées limitrophes. Il est 
d'autre part facile de constater que l'influence du centre al- 
pique est prépondérante dans la composition de notre faune. 
La présence des Hélix unifasciata, costulata, des Bulimus 
détritus , Clausilia parvula , Pupa secale , multidentata, 
doliolum, triplicata et du Pomatias septemspiralis, ne peut 
laisser de doute à cet égard. L'influence maritime est pres- 
que insensible ; seules les Hélix intersecta et neglecta repré*- 
sentent dans la Lozère la population malacologique du 
littoral. Enfin, deux espèces se rattachent au centre hispa- 
nique : ce sont les Succinea Pyrenaïca et Pupa Farinesii. 

Il serait très-difficile d'indiquer avec précision la répar- 
tition générale des types au double point de vue de l'altitude 
et de la composition minéralogique du sol. Nous devons 
nous tenir à ce sujet dans une prudente réserve et craindre 
de marquer des divisions tranchées là où la nature n'en a 
point établi. Quelques indications très-sommaires nous suf- 
firont, après les nombreux détails donnés dans le corps du 
catalogue. 



— 243 — 

Nous pouvons noter les mollusques suivants comme re- 
cueillis sur les montagnes granitiques, au-dessus de 1,000 m : 

Arion Ater. Ancylus simplex. 

Vitrina major. Paludinella opaca. 

Hélix rotundata. Margaritana margaritifera. 

Balia perversa. Sphœrium corneum. 
Limnœa palus tris. 

La faune des plateaux oolithiques, ou causses, comprend 
surtout les espèces ci-après énumérées : 

Hélix lapicida, Çlausilia parvula. 

— rupestris. Pupa avenacea. 
— < unifasciata. — secale. 

— costulata. — multidentata. 
Bulimus détritus. — triplicata. 

— quadridens. Cyclostoma physetum. 

La plupart de ces espèces se retrouvent d'ailleurs dans les 
vallées, et nous en devons dire autant de celles que nous 
avons avons observées sur les massifs granitiques. 

On peut remarquer que les mollusques terrestres habitant 
cette dernière région ont tous le test fragile et corné. Sur les 
causses, au contraire, se rencontrent souvent des mollus- 
ques à test solide, fortement chargé de calcaire, comme le 
Bulimus détritus et le Cyclostoma physetum. Il y a long- 
temps que ce fait très-naturel a été signalé par divers 
auteurs. 

Au point de vue de la distribution géographique des espè- 
ces, nous ne donnerons qu'une seule indication, celle des 
types propres à la région méridionale du département, qui 
sont : 

Hélix carthusiana. Pomatias septempiralis. 

Pupa doliolum. Neritina fluviatilis. 



C 



— 244 — 

Le tableau suivant résumera notre étude et montrera la 
répartition des espèces entre les genres, les ordres et les 
classes : 



Genres. 


Nombre d'espèces 
observées. 


Arion 


2 


Milax 


1 


Limax 


3 


Vitrina 


4 


Succinea. . . . 


5 


Zonites 


9 


Hélix 


23 


Bulimus 


3 


Ferussacia. . 


\ 


Cœcilianella. 


2 


Clausilia . . . 


5 


Balia 


\ 


Pupa 


8 



Genres. 



Nombre d'espèces 
observées. 



Vertigo 1 

Carychium 2 

Limnœa 

Ancylus 

Cyclostoma 

Pomatias 

Paludinella 

Valvata , 

Neritina 

Margaritana 

Sphœrium 

Pisidium 



sa \Gastêropodes 
\22 genres 



(terrestres, 4 5 genres , 67 es- 
] fluviatiles, 2 genres , 5 es- 
pèces, 
terrestres , 2 genres, 3 es- 
pèces, 
fluviatiles , 3 genres , 4 es- 
pèce. 



I Operculés 



79 espèces. 

Lamellibranches. 
3 genres 
6 espèces 

Total général : 25 genres, 85 espèces 









mV 



Société d'Histoire naturelle de Toulouse. 1Ô77 



fi j 1 

I : 



■?■ 



M 

















PZ. 6. 



■ 'on ' 
Ictérine, ff>pa/aâ /rferina. 2.Hypolaïs P0I3 

atte, Caiamoierpe jtauufaacea. 4. Roussel : 



— 245 — 

Hypolaïs ictérine, Hypolais ictérina (Z. Gerbe ex 
Vieillot). — Hypolaïs polyglotte , Hypolais po- 
lyglotta (Z. Gerbe ex Vieillot). — Rousserolle ef- 
farvata , Calamoherpe arundinacea (Boie ex 
Gmel).— Rousserolle verderolle, Calamoherpe 
palustris (Boie ex Bechst) ; 

Par M. LACBOIX, membre titulaire. 

Les plus grandes difficultés que Ton rencontre dans l'étude 
des oiseaux est, sans contredit, la détermination des -becs- 
fins ; pour éviter à d'autres les difficultés que j'ai rencon- 
trées, je crois être utile aux ornithologistes en leur donnant 
une bonne description et surtout un dessin des caractères, 
pour ainsi dire infaillibles, qui serviront à bien faire con- 
naître les quatre espèces qui nous occupent dans cet arti- 
cle. Les sujets qui ont servi à ce travail ont été déterminés 
par notre savant ami et correspondant, M. Howard Saun- 
ders, de Londres; nous nous sommes rendu compte que la 
coloration de ces oiseaux variait selon l'époque de l'année 
et l'âge ; mais l'aile de chacune de ces espèces permet d'ar- 
river à les bien distinguer et obtenir une détermination 
exacte. 

Hypolaïs ictérine, Hypolaïs ictérina (Z. Gerbe ex Vieill.). 
Sylvia ictérina, Vieill. N. Dict. (1817), t. XI, p. 194, et Faun. 

franc., p. 211. 
Sylvia Hippolaïs, Temm. M., 2 e édit. (1820), t. I, p. 222. 
Hypolaïs ictérina. Z. Gerbe , Rev. zool. (1844), t. VIII , 
p. 240. 

— Z. Gerbe, Rev. zool. (1846), t. IX. p. 433. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Eur. (1867, t. I, 

p. 498. 

— Lacr., Cat. r. des ois. des Pyr. franc. 

(1873-1875), p. 96 (Bull, de la Soc. 
d'hist. natur. de Toulouse, 1873. 



— 246 — 

Tout le dessus de l'oiseau olivâtre, parties intérieures 
jaune, ailes au repos s'étendant au-delà du milieu de la 
queue. 

Taille, 135 à 138 mill., notre sujet a 138 mill.; se ren- 
contre principalement dans le nord de la France ; très-rare 
dans les environs de Toulouse (1) ; recherche les lieux frais 
et ombragés, établit son nid le plus souvent sur les lauriers- 
tins et les touffes de lilas ; ce nid est très-artistement 
construit, tantôt posé à la bifurcation de plusieurs branches, 
d'autres fois suspendu à la manière des Loriots ; est com- 
posé en dehors d'herbes sèches, entrelacées de toiles d'arai- 
gnées en dedans, il est garni de laine et de duvet cotonneux 
de diverses plantes, mêlés à des crins et des brins d'herbes 
fines; il contient, vers -le 15 à 20 mai, ordinairement cinq 
œufs, rarement quatre , de forme oblongue et à fond de 
couleur rose-violet ou lilas, couverts plus ou moins de petits 
points ronds, brunâtres ou noirs, avec quelques traits irré- 
guliers de même couleur. 

Hypolaïs Polyglotte, Hypolaïs Polyglotta ( Z. Gerbe ex 

Vieil.). 
Sïlvia Polyglotta (Vieill.), N. Dict., 1817, t. XI, p. 200, 

Faune fr., p. 212. 
Hyppolaïs Polyglotta (Z. Gerbe), Rev. zool., 1844, t. Vil. 

p. 440; 1846, t. IX, p. 434. 

— (Degland et Gerbe), Ornith. europ., 1867. 

t. I, p. 502. 

— (Lacr.), Gâtai, des ois. des Pyr. franc., 

1873-1875, p. 97 (Bull, de la Soc. 
des scienc. nat. de Toulouse, 1873). 
Parties supérieures, olivâtre ; parties inférieures, jaune 
plus ou moins vif, selon l'âge et le sexe; ailes au repos, n'ar- 



(O Beaucoup plus rare que je ne le croyais lorsque je publiais mon 
Catalogue des oiseaux des Pyrénées françaises, en \ 873-1 875. 



- 247 - 

rivant pas au milieu de la queue; taille : 4 20 à 430 mill., 
notre sujet a 120 mill. 

Très-commune dans toute la France , mais plus particu- 
lièrement dans le Midi, l'Italie, l'Espagne et le Portugal, 
elle est très-abondante dans les environs de Toulouse : on 
rencontre facilement trente Polyglottes contre une Ictérine; 
c'est l'inverse qui a lieu dans le nord de l'Europe. Elle re- 
cherche les mêmes lieux et niche de la même manière que 
l'espèce précédente , pond également cinq œufs, rarement 
quatre, de même couleur, ce qui les rend fort difficiles à 
distinguer. Cette espèce imite avec une perfection étonnante 
le chant et le mode d'appel des autres oiseaux, de là son 
nom de Polyglotte. Je ne connais aucun oiseau qui s'appro- 
prie mieux le chant des autres espèces : tantôt il imite le 
rossignol, d'autres fois la fauvette à tête noire, puis la mé- 
sange ; en un mot, il est impossible d'attribuer un chant par- 
ticulier à cette espèce. 

Rousserolle Effarvate , Calamoherpe arundinacea ( Boie ex 

Gmel). 
Motacilla arundinacea, (Gmel.), Sis. liât., 1788, t. I, p. 992. 
Sylvia arundinacea; Temm. Man., 2 e édit., 1820, t. II, p 434. 
Calamoherpe arundinacea (Boie, Isis), 1822, p. 992. 

— (Degl. et Gerbe), Ornith. europ., 1867, 

t. I, p. 516. 

— (Lacroix), Cat. des ois. des Pyr. ft\, 

4873-4875, p. 99, et Bull, de la Soc. 
d'hist. nat. de Toulouse, 4874. 

Brune roussâtre en dessus, croupion roux plus clair, par- 
tie intérieure blanchâtre ; taille, notre sujet a 30 mill., varie 
peu ; commune en Italie, en Espagne, en Portugal et dans 
toute la France. Pendant toute la belle saison, on la rencon- 
tre très-fréquemment dans les environs de Toulouse, partout 
où il y a des mares ou ruisseaux bien pourvus de roseaux. 
Sa présence est bien vite dévoilée par son chant désagréa- 



- 248 - 

ble, qu'elle ne cesse de faire entendre en sautillant conti- 
nuellement d'une branche à l'autre. Lors d'une course que 
je fis en compagnie de MM. Marquet et d'Aubuisson, sur 
les bords de l'étang de Vendres , près Béziers , nous ne 
pouvions nous entendre tant était assourdissant le chant 
des Effarvates. Elle établit au milieu dos roseaux un nid 
artistement construit, assez profond; il est fixé à plusieurs 
tiges de roseaux ou autres plantes aquatiques élevées, aux- 
quelles elle l'attache avec des petites herbes marécageuses; 
elle pond ordinairement quatre ou cinq œufs, qui sont d'un 
vert olivâtre ou cendré-verdâtre obscur, avec de grandes et 
petites taches d'un brun-olive plus rapprochées au gros 
bout. 

Rousserolle Verderolle , Galamoherpe Palustris ( Boie ex 

Bechst) . 
Sylvia Palustris (Bechst. Nat. Deut.), 1807, t. III, p. 639 
Sylvia Palustris (Temm. M.), 2 e édit., 1820, t. I, p. 192. 
Galamoherpe Palustris (Boie, Isis), 1822, p. 502. 

— (Degl. et Gerbe), Ornith. eur., 1867, 

t. I, p. 518. 

— (Lacroix), Cat. des ois., des Pyr. f r , 

1873-1875, p. 100 (Bull, de la Soc. 
d'hist. nat. de Toulouse, 1874). 

Brun-olivâtre en dessus au printemps et roussâtre égale- 
ment en-dessus en automne, croupion gris-verdâtre clair, 
roux-blanchâtre en-dessous ; taille de notre sujet, 128 mill. 

Se rencontre plutôt dans l'Europe orientale que partout 
ailleurs ; on l'a cependant observée en Allemagne, en Hol- 
lande, en Belgique, en Suisse, en Italie, très-rarement en 
France; jamais en Espagne, ni en Portugal ; ce n'est qu'ac- 
cidentellement que je l'ai rencontrée dans les environs de 
Toulouse, seulement dans les grands ramiers du Moulin du 
Château Narbonnais; c'est dans cette île que j'ai découvert 
son nid, placé et construit de la même manière que celui de 



— 249 — 

laRousserolle effarvate; ses œufs, au nombre de 4 (sur deux 
nids que j'ai trouvés, je n'ai eu que quatre œufs chaque fois), 
sont bleuâtres ou cendrés-verdâtre, marqués de taches plus 
ou moins grandes d'un gris brun-verdâtre sombre, forment 
habituellement une couronne au gros bout, et diffèrent 
beaucoup des œufs de la Rousserolle effarvate. Le chant 
que le mâle fait entendre pendant le printemps et surtout 
lorsque la femelle couve, est assez varié. Gomme i'Hypolaïs 
Polyglotte, il imite le chant de plusieurs espèces, telles que 
les Mésanges, Pouillot, Chardonneret, Pinson, et surtout le 
Rossignol. 

M. Gajrcin , membre titulaire, communique un mémoire 
intitulé : Nouvelle théorie rationnelle des sources intermit- 
tentes , Geysers, etc. A la suite de cette lecture, plusieurs 
membres font observer que la théorie en question n'est pas 
nouvelle et surtout qu'elle n'est plus au courant de la 
science. L'hypothèse proposée par Tyndall rend compte de 
tous les faits et paraît définitive. 



Séance du 4 Juillet. 

Présidence de M. A. de Saint-Simon. 

La correspondance comprend, en outre des publications 
de nombreuses sociétés savantes et des revues ordinaires, 
un certain nombre d'anciens ouvrages sur les eaux miné- 
rales de Saint-Sauveur, d'Ussat, de Cransac, de Bagnères- 
de-Luchon, d'Audinac, du Vernet, etc., offerts par M. E. 
Gartailhac, divers travaux de Géologie et de Malacologie de 
M. A. Issel (don de l'autour). — Examen chimique de la 
Turnerite, par Pisani ; in-4°. (don de l'auteur). — Carte 
d'ensemble des rapports entre la France, l'Algérie, la Séné- 
gambie et le nord de l'Afrique, une carte (don de l'auteur, 
M. Soleillet). — Itinéraire de l'oasis d'el Golea à l'oasis d'in 

17 



— 250 - 

Çalah, par le même. — Select plants readily eligible for in- 
dustrial culture or naturalisation in Victoria, par le B. ferd 
Von Mueller; Victoria 1876 (don de l'auteur). — Etude chi- 
mique de l'iode et des iodures, par P. E. Cazes ; br. in-8°, 
Toulouse, 1877 (don de l'auteur). 

L'auteur, membre titulaire, donne lecture de la note sui- 
vante : 

Note sur l'Hélix Signata de Rossmassler ; 

Par M. A. de Saint-Simon. 

Ayant recueilli au mois de mai de l'année dernière, et sur 
les pentes du Mont-Cassin, quatre individus appartenant à 
une Hélice que je n'avais encore vue nulle part, j'ai été 
embarrassé pendant longtemps de savoir si c'était une es- 
pèce inédite. En outre, il m'était difficile de lui assigner sa 
véritable place dans la classification. La coquille bombée, 
blanche et ornée d'une bande rouss&tre, ressemblait vague- 
ment à celle de V Hélix sylvatica ; mais, d'un autre côté, le 
péristome, très-peu réfléchi vers le bord columellaire, étroit, 
l'opacité du têt, tendaient à éloigner cette espèce de celle 
des Alpes. L'anatomie de l'animal m'a démontré que son 
organisation interne est très-voisine de celle des Hélix mu- 
ralis et serpentina, qui habitent d'autres régions en Italie. 
On verra plus loin la preuve de ce que je viens d'avancer 
relativement à ce mollusque. 

Avant de parler de YHelix signata, je désirais savoir si 
cette espèce avait été décrite et figurée, car il arrive souvent 
que les auteurs, trompés par une ressemblance plus ou 
moins grande, rapportent à un type connu des formes voisi- 
nes de celui-ci mais entièrement distinctes. Il m'a été donné 
de résoudre complètement cette question pendant mon der- 
nier voyage en Italie. 
En examinant la belle collection de mon savant ami et 



— 251 — 
collègue M. Arthur Issel, à Gênes, j'ai vu des individus pro- 
venant du Mont-Cassin et complètement semblables à ceux 
que j'ai recueillis dans la même localité. Ils étaient désignés 
sous le nom de Hélix siynata Ferussac. Je m'empressai de 
profiter de cette indication , et comme je ne connaissais 
personne à Toulouse qui possédât les ouvrages de Ferussac, 
j'ai eu recours à l'obligeance de mon savant et dévoué ami 
M. Bourguignat. Grâce à lui, je puis communiquer à la So- 
ciété les renseignements précieux qui feront connaître d'une 
manière précise l'histoire de cette Hélice et dont je vais ren- 
dre compte en peu de mots. 

L'ouvrage dans lequel le nom de signata figure pour la 
première fois, est le grand ouvrage posthume de Ferussac, 
publié et complété par le- baron de Ferussac fils, et G. P. 
Deshayes, de 1819 à 1851. D'après M. Bourguignat, ces au- 
teurs ont confondu sous le nom ci-dessus énoncé une variété 
de Y H. sylvatica et deux formes voisines du globularis , es- 
pèce sicilienne qui se rapproche du muralis, mais dont la 
coquille est plus bombée que celle de l'Hélice de Rome. 
Celle-ci présente des rides qui manquent chez le globularis. 
Ce nom de signata devrait être supprimé si Rossmàssler ne 
l'avait pas repris et appliqué à l'espèce du Mont-Cassin 
dont il a donné la description et la figure. D'après M. Bour- 
guignat, et je partage son avis, c'est Y Hélix signata Ross- 
màssler que l'on doit inscrire dans les catalogues et non 
celui de Ferussac, qui s'applique à des espèces décrites sous 
des noms antérieurs. (Voir Hélix signata Rossmàssler, Icon. 
der. Lond. und Sussw. Moll. XI, Heft., 1842. p. 2, fig. 686. 

Il cite en synonymie YHelix signata de Ferussac. Hist. 
Moll. Tab XXX, f. 3, et.l'fl. ficuum de Muhlfeld, mss. 
L'habitat signalé de cette espèce est : Piedimonte d'Alife 
(royaume de Naples). 

La coquille de Y H. signata présente un diamètre de quinze 
millimètres; elle est très bombée et se compose de cinq 
tours qui croissent graduellement ; elle est d'un blanc de 



— 252 — 

porcelaine. Il existe chez le type une bande presque inter- 
rompue, roussâtre, et une ligne très-line de taches rousses 
située près de la suture. L'ouverture de la coquille est de 
grandeur médiocre, presque ronde, munie d'un péristome 
étroit; celui-ci est très-peu réfléchi ; il présente une bordure 
linéaire de couleur roux foncé ; la base de la columelle est 
marquée par une tache de même couleur. 

Il existe deux variétés plus rares que le type ; dans l'une, 
la bande principale est linéaire, interrompue; la seconde 
bande n'existe pas ; l'autre variété, munie de la tache co- 
lumellaire, est entièrement dépourvue de bandes et de 
taches. 

L'animal, de couleur claire , présente la plus grande 
analogie avec ceux des H. muralîs et serpentina. Le cou est 
orné des deux bandes noires que l'on observe chez ces deux 
espèces. On verra plus loin que leurs principaux organes se 
ressemblent beaucoup dans leur structure. 

La mâchoire est large de 1 mill. 1/4 environ, assez tra- 
pue, arquée, d'un roux fauve, les extrémités sont bilobées, 
arrondies. Au microscope, on voit que les deux côtés sont 
formés par les restes de la mâchoire primitive qui sont 
beaucoup plus clairs et constituent une lamelle assez étroite, 
presque parallèle à la portion récente de la mâchoire; 
celle-ci est plus large, peu transparente, arrondie à l'extré- 
mité; les côtes médianes sont au nombre de trois, très- 
larges, saillantes ; elles se touchent et sont tronquées vers 
le bord libre ; elles paraissent comme rubanées et se des- 
sinent sur le talon membraneux ; la côte médiane dépasse 
les deux autres contre celui-ci qui affecte la forme d'un 
écusson dont la base embrasse la mâchoire, et l'extrémité 
paraît arrondie. 

Le ruban lingual est long de 4 mill., et large de de 1,5, 
Sa formule est la suivante : 

(13+12 + 1+12+13) X 80. 



— 253 - 

Les dents marginales sont munies d'un support assez 
étroit et se composent de deux grandes cuspides qui appar- 
tiennent au type en ciseaux, si commun dans les Hélices de 
France et d'Italie. Une troisième cuspide beaucoup plus pe- 
tite est située à la base des précédentes, vers le côté exté- 
rieur. Après la dixième dent on voit apparaître la lamelle 
et la petite cuspide tend à disparaître ; les deux autres se 
rapprochent. Les dents latérales sont fortes, ovoïdes, ornées 
d'une cuspide grosse et obtuse ; le support est assez étroit, 
et la dent rudimentaire manque. La lamelle est large. Les 
dents du rachis sont aussi grandes que les latérales et pré- 
sentent à peu près la même disposition. 

Je vais résumer brièvement les particularités qui caracté- 
risent les mâchoires et les rubans linguaux des H. signala, 
muralis et serpentina. 

La mâchoire de ces trois espèces présente trois côtes 
médianes ; mais celles-ci sont très-obtuses et ne dépassent 
pas le bord libre chez YH. signata, tandis qu'elles sont 
pointues et écartées chez les deux autres espèces. Celle du 
serpentina de Pise ne diffère que très-peu du même appareil 
que j'ai observé chez VH. muralis ; seulement elle est moins 
arquée, plus sombre, et ses trois côtes médianes sont plus 
espacées que chez l'Hélice si commune à Rome. 

Chez les trois Hélices, les dents rachiales et latérales 
manquent de dents accessoires. Les marginales sont munies 
de deux cuspides en ciseaux, mais celles-ci sont moins tra- 
pues dans le signata ; les dents marginales de ces trois es- 
pèces présentent les mêmes éléments : deux cuspides en 
ciseaux et une plus petite ; mais le support est contourné 
dans le signata, large chez le muralis, et plus étroit dans le 
serpentina; les cuspides des mêmes dents sont beaucoup 
plus allongées chez cette dernière espèce que celle des mu- 
ralis et signata. 

On voit que l'armature linguale n'est pas tout-à-fait la 
même dans les trois espèces , bien qu'elle soit organisée 



- 254 — 

d'après le même plan. Il en est de même pour la mâ- 
choire. 

Le système reproducteur est caractérisé : 

1° Par une poche à dard ovoïde, assez allongée, d'un gris 
ardoisé teinté de brun ; 

2° Par deux vésicules assez allongées, plus foncées que 
la poche à dard. La vésicule droite se divise en deux bran- 
ches sinueuses aussi longues que la branche-mère. La vési- 
cule gauche présente la même disposition, seulement une 
des branches donne naissance à deux autres branches : ce 
qui constitue en tout cinq ramifications ; 

3° L'oviducte et la prostate sont remarquables par leur 
longueur ; il sont en même temps très-étroits ; 

4° La poche copulatrice est très-petite, entièrement sphé- 
rique et munie d'un canal à peu-près aussi long que l'ovi- 
ducte etla prostate ; 

5° L'organe de l'albumine est grand, linguiforme , re- 
courbé, d'un gris d'ardoise ; 

6° Le talon est digitiforme, appliqué à la glande précé- 
dente et présente une teinte ardoisée ; 

7° Le canal déférent est grêle, à sinuosités écartées. 

Je n'ai pas pu examiner le système reproducteur des H. 
serpentina et muralis d'Italie ; mais je vois que chez YH. 
muralis de Provence et Y H. serpentina de Corse, étudiés 
par M. Moquin-Tandon, les vésicules muqueuses, sans être 
semblables à celles de YH. signala, sont les analogues de ce 
dernier. Ainsi, elles sont au nombre de deux chez les F. 
muralis et serpentina. Bien plus, dans cette dernière espèce,, 
chacune des vésicules se dichotomise; il en résulte que- 
cette structure est bien voisine de celle qu'on observe 
chez l'Hélice du Mont-Gassin, comme je l'ai dit plus haut. 

Il me reste à parler du collier médullaire de YHelix 
signata. 

Les ganglions cérébroïdes sont pyriformes ; on peut voir 
qu'ils sont le produit de la soudure de trois ganglions; celui 



Société d'Histoire naturelle de Toulouse 1877 



PL. 5. 




HELIX MURALIS 
Mâchoire 2è 4. Dents du Cartilac 



mgual 



iiffl Cassait, Toulouse. 
HELIX SIGNATA 

5. Mâchoire 6 à 9 . D ents du Cartilage lingual. 



- 255 — 

qui donne naissance au nerf tentaculaire est allongé et 
pointu; les deux autres paraissent ovoïdes. 

L'anse antérieure v est courte et fortement arquée. 

Gomme dans les Hélices de France que j'ai eu l'occasion 
de voir, il existe deux commissures assez longues de chaque 
côté. Les ganglions sous-œsophagiens sont sécuriformes. 
Chacun d'eux se compose de deux ganglions soudés. 

N'ayant eu qu'un individu vivant à ma disposition, je n'ai 
pas pu voir les ganglions sous-œsophagiens postérieurs et la 
poche des otolithes. 

Il résulte des observations que je viens d'énumérer : que 
YH. signata est caractérisé par une mâchoire assez arquée et 
munie de trois côtes médianes qui se touchent ; le type de 
cet appareil se rapproche de celui clans lequel les côtes sou- 
dées constituent le rostre que l'on observe chez le leucochroa 
candidissima, mollusque à mâchoires de Zonites et à ruban 
lingual d'Hélix; 

Que l'armature linguale de cette espèce, tout en apparte- 
nant au type des Hélices européennes, présente une simpli- 
cité relative dans son organisation. Les dents marginales ne 
se composent que de trois cuspides; les dents rachiales sont 
aussi grosses que les latérales, et toutes sont dépourvues de 
dents accessoires ; 

Que le système reproducteur est caractérisé par deux vé- 
sicules muqueuses très-peu ramifiées, une poche à dard sim- 
ple, une oviducte et une prostate très-étroites; enfin, par 
une poche copulatrice très-petite; en revanche, le canal de 
celle-ci est très-long ; 

Que le collier médullaire présente des ganglions cérébroï- 
des composés chacun de trois ganglions soudés et que l'on 
remarque dans chaque ganglion sous-œsophagien antérieur, 
deux ganglions qui tendent à se confondre ; 

Et pour dernière conclusion, que les H. signata, muralis 
et serpentina, bien que voisins les uns des autres, présen- 
tent dans leurs organes des différences qui permettent de 
voir dans ces trois types des espèces bien tranchées. 



— 256 - 
L'auteur fait la communication suivante : 

Les moraines de l'Arboust ancien glacier d'Oo 

Par M. E. Trutàt, membre titulaire. 

Tous les touristes que Luchon attire chaque année ont 
certainement fait la course du lac d'Oo : course facile , 
même pour les malades, car les voitures arrivent au seuil 
de la montée du lac, aux cabanes d'Astos, et les chevaux 
montent jusqu'au lac même. La route suit d'abord une 
gorge profonde, où la vue ne peut s'étendre bien loin ; ce 
n'est qu'à partir de la montée du cap de. Saint-Aventin, à 
l'entrée de la vallée de l'Arboust, que les montagnes s'écar- 
tent et laissent entre elles un large espace. 

Pour tout observateur, même superficiel, cette région 
présente une physionomie toute particulière : de riches 
prairies occupent les parties basses; au-dessus, les terres 
cultivées forment une série de gradins que dominent, sur 
la rive droite, des forêts de sapins et les arêtes élancées du 
Géciré ; sur la rive gauche, des croupes arrondies, aux mai- 
gres pâturages. Mais, d'un côté comme de l'autre, dans le 
bas comme sur les sommets, d'énormes blocs de rocher 
attirent le regard et frappent par leurs allures insolites. 

Effectivement, ces blocs sont de véritables émigrés , et 
tout chez eux diffère de ce qui les entoure : ils sont tous, 
ou à peu près, de granit, et le sol sur lequel ils reposent est 
schisteux ; leurs angles sont à peine arrondis et ils ne por- 
tent aucune trace de l'action des eaux courantes; tout au- 
tour d'eux le sol est recouvert de menus débris de roches 
de toutes sortes, de boue et de sable ; enfin, pour arriver 
dans les points qu'ils occupent, ils ont dû parcourir des 
distances considérables, franchir des vallées profondes et 
remonter des pentes rapides. 

Pour le géologue , ces caractères indiquent, sans nul 
doute, la cause de cet état de choses, et toute cette vallée 



- 257 - 

n'est qu'une immense moraine, dernier vestige de l'ancien 
glacier d'Oo : glacier qui, pendant une longue période, a 
comblé les bas-fonds et transporté au loin les blocs de 
granit que les agents atmosphériques détachaient des crê- 
tes des montagnes environnantes et jetaient sur le fleuve 
glacé. 

Moins favorisées que les Alpes, nos montagnes des Py- 
rénées ne possèdent pas ces immenses moraines qui s'éten- 
dent bien avant dans les plaines , mais elles ne sont pas 
absolument privées de restes de ce genre, et quelques loca- 
lités peuvent encore attirer l'attention du géologue et du 
touriste. Seulement, dans les Alpes, les anciennes moraines 
sont connues depuis longtemps, elles ont été étudiées avec 
le plus grand soin, les blocs importants sont religieusement 
conservés ; tandis que, dans les Pyrénées, elles sont en- 
core peu connues ; enfin, les blocs erratiques sont regardés 
comme d'ennuyeux voisins parles montagnards, qui ne lais- 
sent échapper aucune occasion de les détruire : il est vrai 
que jusqu'à présent ils ignorent complètement l'intérêt qui 
peut s'attacher à ces débris. 

J'ai déjà eu l'occasion d'énumérer, mais d'une manière 
générale, les traces glaciaires du versant nord de la chaîne 
des Pyrénées [\); et j'espère bien arriver quelque jour à 
publier une étude un peu complète des dépôts erratiques 
des vallées françaises ; tous les ans apportent à ce travail 
quelque renseignement nouveau, mais il me reste encore 
bien des localités à étudier. 

Dans ces derniers temps il m'a été possible, grâce au con- 
cours dévoué de mon excellent collègue M. Maurice Gourdon, 
de Luchon, de terminer l'exploration détaillée des moraines 
de l'Arboust ; une carte des blocs principaux (376) et un 
catalogue détaillé de tous les blocs importants (2,616) ont 
été dressés en commun. 

(1) Essai sur les Pyrénées. — Bulletin de la Société d'histoire natu- 
relle de Toulouse, t. VIII, p. 379. —3 juin 1874. 



— 258 - 

Ce relevé était devenu indispensable, et il était urgent de 
le faire, car, dans ces dernières années, des défrichements 
incessants ont fait disparaître un grand nombre de ces blocs, 
et il est à craindre que d'ici à peu de temps tous ceux, du 
bas de la vallée ne soient détruits par les habitants. 

Notre carte comprend seulement la partie moyenne de 
l'ancien glacier d'Oo, mais c'est de beaucoup la plus intéres- 
sante ; elle s'étend à la région limitée au Sud par les crêtes 
qui dominent la rive gauche du torrent de PArboust , au 
Nord par la vallée d'Oueil ; à l'Est, elle s'arrête au port de 
Peyresourde et, à l'Ouest, au confluent de l'Arboust et de 
l'Oueil au cap de Saint-Aven tin. 

Nous avons marqué les blocs principaux avec de grands 
numéros rouges (peinture au minium), et j'espère bien que 
les pluies ne détruiront pas trop rapidement cette prise de 
possession ; mais je ne compte pas autant sur les habitants 
du pays, et déjà les bergers ont commencé à gratter quel- 
ques numéros malgré la difficulté que présente pareille 
besogne; mais, quand il faut détruire, rien n'est trop diffi- 
cile, rien n'est trop long pour un berger. 

376 blocs ayant été ainsi marqués, et 2,616 d'une taille 
moindre catalogués, c'est donc un total de près de 3,000 
blocs que nous avons reconnus dans cette région. 

La répartition primitive de ces blocs paraît avoir été assez 
régulière ; en un point cependant, que nous avons appelé 
Promontoire d'Oo, une accumulation considérable semble 
indiquer une longue station de l'extrémité du glacier. 

Dans les bas-fonds les blocs visibles maintenant ne sont 
pas plus abondants que sur les sommets ; mais lorsqu'un 
accident, tel que les inondations de 4875, enlève les terres 
superficielles, on voit bien vite que tout le fond de la vallée 
est encombré de blocs ; mais ici cette accumulation est 
toute secondaire, elle a été produite longtemps après le re- 
trait du glacier par les eaux qui démolissaient le dépôt pri- 
mitif et par les écoulements qui arrachaient des dépôts 
supérieurs les blocs mal équilibrés. 



— 259 — 

Tous ces blocs, sauf quelques rares exceptions, sont gra- 
nitiques, et ils proviennent des hautes régions du port d'Oo : 
origine facile à reconnaître aux grands cristaux d'orthose 
dont la roche est pétrie. Sans doute, le glacier a transporté 
des blocs de nature différente, et les grauwackes, les phyl- 
lades, les calcaires des contre-forts d'Oo ont fourni leur 
contingent ; mais ces roches moins solides, plus faciles à se 
désagréger, ont disparu plus rapidement que les granits. 

Le bloc le plus volumineux qui existe encore porte le 
n° 47 ; il est situé au-dessous de la chapelle de San-Tritous, 
un peu avant d'arriver au village d'Oo, sur le promontoire 
qui domine la route du lac ; ce bloc mesure 480 mètres 




Bloc n« il. 



cubes. Sur ce même promontoire, mais plus avant dans 
la vallée, presque au-dessus du village, je signalerai les 
numéros ; 

52 — 96 met. cubes. 

77 — 360 — 

Ce dernier est un des plus curieux de la contrée. De forme 
rhomboédrique, il repose par une de ses petites arêtes sur 
une surface polie et fortement inclinée, et il semblerait 
que la moindre secousse va le précipiter en bas du talus 
qu'il domine et sur lequel est situé le village d'Oo. Aussi 
les habitants ont-ils soin de placer sous le bloc des cales en 
bois pour empêcher sa chute. 



— 260 — 

Autrefois les prairies de ce bas-fond possédaient un ro- 
cher bien plus remarquable encore par sa forme et par ses 
dimensions, et, grâce à un dessin de M. Collomb, le souve- 
nir en a été conservé; un énorme bloc était placé en équili- 
bre sur d'autres débris moins volumineux, qui lui formaient 
un véritable piédestal ; ce groupe a été détruit il y a une 
quinzaine d'années. 




Bloc n» 77. 

Nous citerons encore parmi les blocs de forte taille les 
numéros : 

18 — 240 met. cubes. 

40 — 480 — 

72 — 400 — 

Comme on le voit, aucun d'eux n'atteint le volume de ces 
grands blocs des Alpes sur lesquels des habitations ont été 
élevées. 

Les montagnards donnent à quelques-uns des noms par- 
ticuliers : 
N° 27 — Caillaou de Magraous ; 
28 — Caillaou de Sagal ; 
64 — Caillaou d'Arrioupardin ; 
4 — Table de Boisgaron. 
Cette dernière désignation, table, est ordinairement appli- 



— 261 — 

quée aux monuments mégalithiques : ainsi la table de 
Roland. Ici la tradition peut bien avoir dévié de son origine 
première ; car, en plusieurs points de ces moraines ancien- 
nes, les matériaux d'apport glaciaire ont été utilisés par 
d'anciennes populations, contemporaines ou peu éloignées 
du peuplé des dolmens. 

Nous avons souvent rencontré dans nos explorations des 
enceintes circulaires, des allées de pierres brutes. 

11 y a une dizaine d'années déjà, la ville de Luchon avait 
fait pratiquer des fouilles dans les buttes de la chapelle de 
San-Tritous, et, à côté d'objets évidemment gallo-romains, 
quelques sépultures avaient présenté des vases en poteries 
grossières d'une époque plus ancienne. Ces objets, recueillis 




Bloc no 88. 

avec soin par M. Fourcade, sont déposés dans le musée de 
Luchon, où M. Lézatles conserve précieusement. 

En 4870, M. Ghaplain-Duparc pratiquait au-dessus du 
village d'Oo des fouilles minutieuses et mettait à découvert 
un cimetière tout entier ; malheureusement ses découvertes 
n'ont pas été publiées in extenso ; les objets recueillis dans 
ces sépultures seraient, paraît-il, analogues à ceux des tom- 
bes les plus anciennes de San-Tritous. Il n'existe plus rien 
de cette station ; M. Ghaplain-Duparc avait mis le plus 
grand soin à conserver tous les cercles de pierres, et à déga- 
ger toutes les sépultures sans en détruire une seule ; le pro- 
priétaire, malgré sa promesse, a tout fait enlever, et main- 
tenant les pierres forment un mur de clôture. 



— 2G2 — 

M. Gourdon a décrit, dans les Matériaux pour servir à 
Vhistoire primitive de Vhomme, des sépultures semblables 
situées sur la montagne de Benqué. 

MM. Piette et Sacaze ont également fait de nombreuses 
fouilles, et, plus heureux que leurs devanciers, à côté de 
vases remplis d'ossements humains brûlés, ils ont rencontré 
un fragment de bracelet en bronze. 

D'après tout ce que j'ai vu de ces stations, je crois qu'il 
faut les attribuer au premier âge du fer des archéologues, 
âge ancien, il est vrai, mais qui est relativement récent si 
on le compare à l'antiquité des âges de la pierre. 

Les Pyrénées semblent posséder de nombreuses stations 
de ces époques qui touchent au seuil de l'histoire, et toutes 
les grandes vallées donneront certainement un large tribut 
aux archéologues qui voudront les interroger. Tout derniè- 
rement M. Gourdon a découvert dans la haute vallée d'Aran 
une série considérable de sépultures semblables à celles de 
Benqué. 

Les cailloux rayés abondent dans toute cette région, aussi 
est-il facile de faire d'abondantes récoltes dans les champs 
nouvellement défrichés ; dans les moraines de fond encore 
en place, la compression a été d'une telle intensité qu'il est 
alors très-difficile d'arracher un seul débris. Le granit n'a 
jamais donné de cailloux rayés ; ce sont toujours des frag- 
ments de roches schisteuses ou calcaires, qui ont conservé 
ces traces du passage des glaciers. 

Les accumulations de boue glaciaire prennent en plu- 
sieurs points une importance considérable. Je signalerai plus 
particulièrement deux localités du plus haut intérêt : l'une 
est située à Saint-Aventin, l'autre à Saint-Paul. 

A Saint-Aventin la route a été établie en tranchée en 
pleine moraine profonde, et le village tout entier est établi 
sur les matériaux accumulés en ce point par le glacier. Ici 
la pression des masses supérieures de glace a été tellement 
forte que tous ces débris se sont agglomérés en une masse 



— 263 



cohérente et que les ponts et chaussées ont pu pratiquer , 
sans le moindre danger, un talus vertical de plus de 10 mè- 
tres de hauteur, et cela sans compromettre en rien les 
maisons bâties jusqu'à l'extrême bord de cet escarpement. 

Saint-Paul-d'en-bas est situé sur le revers opposé de la 
montagne de Benqué, dans la vallée d'Oueil. La compres- 
sion semble avoir été beaucoup moins forte en ce point ; le 
dépôt est plutôt appliqué sur le flanc de la montagne. Aussi 
les eaux qui descendent des sommets pendant les orages 
parviennent-elles à entamer ces dépôts et elles forment 
alors des ravines pittoresques. 

C'est dans l'une d'elles que j'ai rencontré, il y a quelques 
années, des tables glaciaires : les tables de Saint-Paul. Le 
mode de formation de ces tables de boues glaciaires est ab- 
solument semblable à celui des tables de glace : ici un bloc 
de forte taille préserve 
des effets de l'érosion 
les débris agglomérés 
qui sont au-dessous de 
lui ; mais peu à peu les 
pluies qui viennent frap- 
per obliquement cette 
colonne de cailloux ci- 
mentés par la boue gla- 
ciaire, en diminuent le 
volume , l'érodent de 
chaque côté, et le bloc arrive à déborder de toutes parts en 
formant un véritable chapeau. 

C'est grâce à ces amas de boues glaciaires que les habi- 
tants réussissent à cultiver quelques céréales, orge, blé, 
avoine. Défrichés convenablement, ces dépôts donnent en- 
core quelques bonnes récoltes, et dans les bas-fonds ils per- 
mettent d'établir des prairies excellentes. Il est vrai que 
dans ce cas les canaux d'arrosage concourent pour une large 
part à cette fertilité ; mais en revanche ils rendent parfois 




Tables de Saint-Paul. 



— 2G4 - 

les recherches du géologue difficiles ou tout au moins désa- 
gréables, car ces terrains se détrempent facilement et il est 
souvent impossible de les traverser. 

C'est au port de Sarrieste que se trouvent les blocs les 
plus élevés, à \ .900 met. d'altitude environ. Si nous pre- 
nons la hauteur du thalweg de la vallée dans le point le plus 
rapproché, soit le village d'Oo, 934 met., nous pourrons 
évaluer l'épaisseur moyenne du glacier : elle sera de 1,000 
met. environ. Ainsi donc, lorsque les blocs encombrant le 
Promontoire d'Oo (1,150 met.) se sont déposés, une couche 
de glace de près de 800 met. s'était fondue depuis l'époque 
où le glacier transportait les blocs du port de Sarrieste. 

Cette question du retrait des glaciers nous amène à nous 
demander s'il est permis de chercher à évaluer le temps qui 
s'est écoulé depuis le retrait de l'ancien glacier d'Oo : 
pouvons-nous, avec les données recueillies jusqu'à présent, 
établir quelques chiffres? 

On sait depuis longtemps que les glaciers se retirent len- 
tement dans la montagne, et partout la tradition confirme 
les observations modernes ; mais ici, comme dans bien 
d'autres questions du domaine du géologue, l'exception sem- 
ble dominer la règle. 

Les glaciers reculent avec une certaine régularité, il est 
vrai, si les calculs portent sur un temps considérable, et les 
différences que l'on peut observer entre tel et tel glacier 
n'ont qu'une faible importance si l'on considère la question 
en grand, ou pour mieux dire si l'on prend une moyenne 
sur un nombre d'années assez important. Mais cependant il 
me paraît absolument nécessaire de ne pas faire abstraction 
des détails en cette question, car, aussitôt que l'on étudie 
pas à pas la marche d'un glacier quelconque, on voit que 
le retrait se fait par oscillations inégales. Tantôt le glacier se 
retire en quelques années d'une quantité considérable; tan- 
tôt, au contraire, dans un espace de quelques mois, il re- 
prend sa marche en avant et dépasse tout d'un trait la limite 



- 26$ - 

qu'il occupait antérieurement ; nous n'avons donc pas affaire 
à un phénomène continu, mais au contraire à une série 
d'oscillations que les conditions atmosphériques expliquent 
le plus ordinairement. Toutefois ces oscillations sont iné- 
gales, et rien, absolument rien, ne nous permet d'en fixer 
la valeur. 

Il en est ici, à peu de choses près, comme des dépôts 
d'alluvion : voici en quelques mots ce qui se passe dans ce 
cas. Dans une coupe faite à travers les dépôts d'une grande 
vallée, dans laquelle les conditions d'uniformité des phéno- 
mènes de stratification sont les meilleures, nous trouvons, 
par exemple, au-dessous de la terre arable, une couche de 
dépôt d'une épaisseur déterminée renfermant des objets du 
moyen âge ; au-dessous, une autre couche, nettement sépa- 
rée, contient des monnaies romaines d'époque certaine ; 
nous pouvons donc savoir le temps qu'a mis à se déposer 
cette couche moyenne, puisque nous savons l'époque ou 
elle a commencé ; nous pouvons également connaître l'é- 
paisseur du dépôt formé pendant un siècle ; aussi, conti- 
nuant plus profondément l'exploration du dépôt, il semble 
très-rationnel de conclure de ces données l'âge d'objets pro- 
venant d'une civilisation complètement inconnue et qui au- 
ront été trouvés à des profondeurs considérables. 

Ce système de chronomètre a été employé par bien des 
auteurs, surtout lorsqu'il s'agissait de recherches préhisto- 
riques, comme dans l'exemple que nous venons de citer, et 
cependant pareil calcul serait absolument faux et ne pour- 
rait soutenir le plus léger examen. 

L'observation la plus simple prouve bien vite, en effet, 
que la régularité des dépôts d'alluvion n'est qu'apparente ; 
et souvent une forte inondation emporte en quelques ins- 
tants des couches qui avaient mis des siècles à se former, ou 
tout au contraire abandonne sur son passage des amas d'une 
puissance considérable. 

Nous avons tous été témoins, dans la vallée de la Garonne, 

48 



— 266 - 

d'effets d'une puissance incroyable lors des inondations de 
1875, et cependant la hauteur maxiraa des eaux n'était que 
de 10 met. ; quels effets pouvait produire le fleuve dont les 
berges étaient distantes de plus de 20 kil. , et qui mesurait 
40 met. de profondeur? 

11 en est de même pour les glaciers ; les intermittences 
certaines de leur marche rendent tout calcul impossible. 
Aussi serait-il puéril de chercher à donner une évaluation 
quelconque. 

Mais l'étude des anciens glaciers permet, au contraire, 
d'expliquer certaines particularités remarquables de la ré- 
gion et plus spécialement des plaines qui s'étendent aux 
pieds des Pyrénées. Nous restreindrons nos observations à la 
seule vallée de la Garonne : grâce à ses larges dimensions , 
les faits dont nous voulons parler ont acquis plus d'impor- 
tance que partout ailleurs, et ils sont ainsi devenus plus fa- 
ciles à saisir. 

L'observateur le moins attentif est certainement étonné 
de la quantité de matériaux d'apport (cailloux roulés) qui 
encombrent la vallée de la Garonne à une distance considé- 
rable du lit actuel du fleuve. Ces cailloux étaient autrefois 
encore plus nombreux, et les lits successifs du fleuve ont 
occupé des surfaces considérables. Les anciennes berges 
sont encore visibles ; elles . forment, de chaque côté de la 
vallée et plus particulièrement sur la rive gauche, trois ter- 
rasses superposées qu'il est facile de suivre assez avant dans 
la plaine. Le lit du fleuve mesurait jusqu'à 21 kil. de largeur 
et 40 mètres de profondeur, roulant ainsi une masse d'eau 
énorme et d'une puissance d'action colossale par suite de la 
pente assez forte de la vallée. 

Les premiers géologues qui se sont occupés des Pyrénées 
ont cherché à expliquer ce phénomène par des catastrophes 
diluviennes, arrivées brusquement et d'une intensité énorme. 
Mais là ne semble pas être la solution vraie de la question, 
et il est bien plus rationnel d'attribuer les terrasses à la fonte 



- 267 - 

lente des glaciers primitifs dont nous retrouvons les traces 
irrécusables dans les vallées de la montagne. Le glacier le 
plus étendu , le plus ancien probablement , a donné nais- 
sance au fleuve qui déposait les cailloux de la terrasse su- 
périeure, terrasse de Pujaudran : la fusion, diminuant peu à 
peu le glacier, diminue aussi l'étendue de la nappe d'eau , 
de nouvelles berges se forment; le fleuve se retire encore, 
et ainsi de suite jusqu'à l'époque inconnue où le régime ac- 
tuel des eaux s'établit d'une manière continue. 

La vallée de la Garonne possède trois terrasses , et leur 
régularité est telle que tout semble indiquer trois phases 
brusquement interrompues dans le régime des glaciers : 
pareille chose s'est également passée dans la vallée de 
l'Adour, et là aussi les terrasses sont au nombre de trois. 

Malheureusement, rien jusqu'à présent ne nous permet de 
relier ces deux phénomènes l'un à l'autre. 

Ainsi donc, fleuve immense, glaciers considérables : voilà 
deux conséquences qui découlent d'une façon aussi ration- 
nelle que plausible de l'étude des faits observés, d'une part 
dans la plaine et de l'autre dans la montagne. 

Mais un fait intéressant entraîne encore une nouvelle con- 
séquence, et nous pouvons ajouter que la présence du Renne 
et du Mammouth, dans les dépôts des terrasses, apporte un 
argument de plus à l'existence d'une période glaciaire ; en- 
fin, la présence d'outils en pierre éclatée, recueillis avec les 
ossements de ees animaux à l'Infernet par M. Noulet, permet 
aujourd'hui d'affirmer que l'homme primitif a vu nos grands 
glaciers Pyrénéens, et qu'il a assisté à leur disparition. 



Séance du 8 août. 



La correspondance comprend en outre des publications 
des Sociétés et des Revues les ouvrages suivants: 4° Don 
de M. E. Cartailhac, Les Mondes, revue hebdomadaire , le 



— 268 — 

tome 43 et les livraisons de l'année courante. — La Revue 
Géographique, mensuelle; année courante ; — un certain 
nombre de brochures scientifiques. 

2° Don de M. Arthur Issel : Appunti paleontolcgici fossile 
délie marne de Genova; in-8° ; Genova, 1877.— Observationi 
geologiche sul Monte Negro. — Degli utensili e délie armi in 
uso presso, i Bogos. — Nuovo documenti sulla Liguria prêts- 
lorica. — Intorno ai Chiton del mare di Genova : M. Issel 
est l'auteur de ces divers ouvrages. 

3° Select plants readily eligible for industrial culture or 
naturalisation in Victoria, by Baron ferd. von Mueller ; 
in-8°, Victoria, 1876. Envoi de l'auteur. 

Le Président entretient la Société de diverses affaires 
d'administration intérieure. 

Les séances de l'année académique 1876-1877 sont ter- 
minées. 

Le Secrétaire-Général , 

E. CaRTAILDAC. 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages 

Etat des membres de la Société au 1 5 février 1877 5 

Liste des Académies et Sociétés savantes avec lesquelles la Société 

est en correspondance M 

Séance de rentrée du 22 novembre 1 876 45 

Discours de M. A. de Saint-Simon, vice-président 16 

Travaux scientifiques de M. Gourdon (Jean), président, décédé. 23 

Allocution de M. E. Cartailhac, secrétaire-général 29 

Séance du 3 décembre. — Elections du bureau et des commis- 
sions 32 

Catalogue des mollusques des petites Pyrénées de la Haute-Ga- 
ronne comprises entre Cazères et Saint-Martory, par M. P. 

Fagot 33 

Séance du 20 décembre 81 

Le massif de la Maladetta et la station de la Dent de la Maladetta, 

par M. E. Trutat 51 

Avec une varte-me, trois gravures et une planche 
pho to-lithographiée . 



— 270 - 

Pages 
Plantes nouvelles et 'nouvelles localités pour quelques plantes 

rares aux environs de Tonlouse, par M. Desjaudins 73 

Séance du 3 janvier 1 878 78 

Rapport sur les archives et la bibliothèque, par M. le colonel 

Belleville 78 

Sur un quartzite taillé quaternaire des Varennes (Haute-Garonne), 

par M. Gaston de Malafosse 8 » 

Avec deux gravures. 
Les plus anciennes œuvres de l'homme aux environs de Tou- 
louse, par M. E. Cartailhac 82 

Avec sept qravures et une carte. 
Observations ornithologiques pendant les années 1873 à 4 877, 

par M. Adrien Lacroix 97 

Séance du 1 7 janvier 107 

Note sur les dislocations dans les terrains du sud-ouest de la 
France, systèmes du Quercy, du Castrais, des Pyrénées et de 

l'Auvergne, par M. Ret Lescure 4 07 

Noie sur la composition de la source vieille des Eaux-Bonnes, par 

M. le D r Garrigou HO 

Rapport de M. Marquet sur un mémoire concernant les coléop- 
tères parasites des guêpes ou vespides, par M. Rouget 1 1 2 

Sur l'observatoire du Pic du Midi, par M. Trutat 114 

Séance du 21 février 415 

Compte-rendu des travaux de la Société Toscane des sciences na- 
turelles, par M. Gaston de Malafosse 115 

Rapport sur les comptes du trésorier ; Budget 116 

Note sur l'Hélix nubigena, par M. A. de Saint-Simon 118 

Séance du 7 mars 123 

Rapport par M. E Cartailhac sur. un volume de M. de Rochas, 

Les parias de France et d'Espagne 1 22 

Grotte du Mas-d'Azil (Ariége), par M. F. Regnault 128 

Avec trois gravures et une planche. 
Note sur la présence du Gecinus Sharpii S. (Variété espagnole 
du Pic vert) dans les Pyrénées françaises, par M. Adrien 

Lacroix 4 33 

Séance du 21 mars 4 36 

Notes pour servir à l'histoire naturelle des insectes orthoptères du 



— 271 - 

Pages 

Languedoc, par M. Marquet 137 

Avec une planche. 

Séance du 4 4 avril 160 

Sur une collection ethnographique de la Nouvelle-Calédonie, par 

M. le colonel Belleville 160 

Séance du 25 avril 4 65 

Sur les projections photographiques, par M. E. Trutat 4 66 

Séance du 9 mai 4 68 

Note sur un Verbascum hybride, par M. Desjardins 4 68 

Note sur la mâchoire et le ruban lingual de quelques vertigos du 

sud-ouest de la France, par M. A. de Saint-Simon 470 

Séance du 23 mai 4 77 

Note sur l'origine géologique des gorges du Tarn, Lozère, discus- 
sion entre MM. E. Farre et Louis de Malafosse 4 78 

Séance du 20 juin 484 

Analyse d'une conférence de M. P. Soleillet sur le Sahara 4 82 

L'art chez les chasseurs de rennes de l'Europe préhistorique, par 

M. Emile Gartailhac 4 88 

Avec trente gravures et deux planches. 
Catalogue des mollusques^ terrestres et tluviatiles vivants, obser- 
vés dans le département de la Lozère, par MM Paul Fagot et 

Gaston de Malafosse 217 

Sur l'Hypolaïs ictérine, l'Hypolaïs polyglotte, la Rousserolle 
effarvata et la Rousserolle verderolle, par M. Adrien Lacroix. 245 
Avec une planche. 

Séance du 4 juillet 249 

Note sur l'Hélix signata de Rossmassler, par M. A. de Saint- 
Simon 250 

Avec une planche. 
Les moraines de l'Arboust, ancien glacier d'Oo, par E. Trutat... 256 
Avec quatre gravures. 



Typographie Bojnnal et Gibrac, rue Sain t- Rome , 44.